Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties

Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (2/2) Abonnés

1

Le


Depuis longtemps on se répète : « on sait pas ce qu’on veut, mais on sait ce qu’on veut pas ». Si Lordon reprend la formule, c’est tout d’abord pour dire que ce qu’on ne veut pas, c’est le capitalisme. Nous n’avons plus le choix, c’est lui ou nous, il n’y a plus d’arrangement possible. Comme dit un AMG, « repeindre le capitalisme en noir ne suffit plus ». Oui, c’est vrai, déplorer, dénoncer, condamner, s’indigner à longueur d’année nous conduit à l’impuissance et à la résignation, c’est-à-dire là où nous sommes aujourd’hui.

Mais un beau jour, il faut bien commencer à se demander : « qu’est-ce qu’on veut ? ».

Dans l’émission précédente au sujet de son livre, Frédéric Lordon propose un truc nouveau et qui n’a jamais existé, selon lui : le communisme. Oui, le communisme. Étonnant, non ? Le plus important pour Lordon, c’est d’abord de rendre ce communisme désirable. Pour ça, il propose des « figures », il dessine ce que serait ce communisme-là, le travail, le revenu, la santé, la propriété, à quoi ça ressemblerait. Ce n’est pas une gentille utopie. Il pense aux embûches, aux contrecoups, aux lois, à l’ordre. Ça fait envie bien sûr. Ça fait longtemps qu’on n’a plus de futur, mais comment on fait pour y arriver ? Les armes, les urnes, les petits pas ? En votant pour la vraie gauche à la présidentielle de 2022 ? En installant des ZAD un peu partout dans l’horizontalité et la frugalité ? En militant dans des chouettes mouvements écolos responsables et citoyens ? En sortant les fourches et en fonçant sur l’Élysée ?

Une chose certaine, il faut être prêt à sauter dans tes bottes quand le cheval de la révolution passera au galop par ici.

D.M.

Seconde partie de l’entretien de Daniel Mermet avec Frédéric Lordon, qui publie Figures du communisme (La Fabrique, 2021).

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong
image : Florent Michaux
montage : Amélie Brunet

L'équipe de Là-bas attend vos messages dans les commentaires et sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Voir aussi

-  Frédéric Lordon, Figures du communisme, La Fabrique, Paris, 2021

- Witold Gombrowicz, Ferdydurke, 1937, Pologne

Sur notre site

À voir

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

DÉSENTUBAGE. Un démontage d’une émission de Tébéo-TébéSud Heureusement que tous les journalistes ne font pas comme Inès Léraud ! AbonnésVoir

Le

Depuis des années, Inès Léraud enquête sur les horreurs de l’agroalimentaire en Bretagne. Pas facile. Ce beau monde est très malin pour s’entourer de silences et de connivences. Il faut de l’entêtement et du temps. Pour être têtue, elle est têtue, Inès. On la connaît, c’est une ancienne modeste et géniale de Là-bas. Et pour avoir le temps, elle s’est installée pendant quatre ans dans un village au cœur de la Bretagne.

Rencontre avec l’archéologue britannique David Wengrow, qui publie une « nouvelle histoire de l’humanité » avec David Graeber Et si l’histoire de l’humanité n’était pas celle que vous croyiez ? AbonnésÉcouter

Le

Et si l’histoire de l’humanité n’était pas celle que vous croyiez ? C’est la promesse ambitieuse du dernier livre de David Graeber, Au commencement était… Une nouvelle histoire de l’humanité. Anthropologue et anarchiste britannique, David Graeber est connu aux États-Unis pour son engagement dans le mouvement Occupy Wall Street. En France, on se souvient de lui pour ses travaux sur l’histoire de la dette (Dette : 5 000 ans d’histoire), sur la bureaucratie (Bureaucratie, l’utopie des règles) et sur les boulots à la con (« bullshits jobs »). Avant de mourir d’une maladie en 2020, David Graeber avait eu le temps de terminer cette nouvelle histoire de l’humanité avec l’archéologue David Wengrow.

Première guerre mondiale : la mémoire des auditeurs de Là-bas. Un reportage de Thierry Scharf (2002) Les lettres de Craonne Accès libreÉcouter

Le

En novembre 1998, Là-bas si j’y suis avait proposé aux auditeurs une série d’émissions pour commémorer la 1ère Guerre mondiale et les centaines de milliers de sacrifiés de cette Grande boucherie. Quatre émissions qui ont beaucoup marqué les auditeurs, à la suite desquelles nous avions reçu des dizaines de témoignages, de lettres manuscrites, de messages sur le répondeur. Une avalanche de souvenirs que (...)