Un entretien de Jonathan Duong avec Cédric Gouverneur

Faut-il arrêter de manger du saumon ?

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  • 01. L’impact environnemental de l’élevage de saumons

    - MP3 - 27.6 Mo

  • 02. Le risque sanitaire de la consommation de saumon

    - MP3 - 23.6 Mo

[RADIO] Cédric Gouverneur : faut-il arrêter de manger du saumon ?

Une publicité pour le saumon de la marque bio Naturalia (groupe Monoprix)

Dans les années 1980, un brillant esprit chilien s’est aperçu des similitudes géographiques entre le Chili et… la Norvège ! Doté de fjords aux eaux froides et profondes, il n’en fallait pas plus pour que le Chili se lance dans l’élevage de saumons et devienne en quelques décennies le deuxième pays producteur de saumons au monde.

Sauf qu’en juillet dernier, à la faveur d’une tempête, 690 000 saumons d’élevage se sont fait la malle et ont rejoint les eaux du Pacifique. Avec une grosse incertitude sur l’impact environnemental de cette évasion : soit les saumons survivent, et ils risquent alors de bouleverser la chaîne alimentaire en se nourrissant des poissons plus petits qu’eux ; soit ils ne survivent pas dans ces eaux qui n’ont jamais abrité de saumons sauvages, et ce sont 690 000 cadavres de saumons bourrés d’antibiotiques et de polluants qui vont recouvrir les fonds marins. Les joies de l’élevage de saumons…

Mais le saumon sauvage, est-ce que c’est vraiment mieux ? Cédric Gouverneur en doute, puisque le saumon est un poisson gras, qui a la propriété d’accumuler les polluants. Et une étude de 60 Millions de consommateurs, publiée en 2016, a montré que les saumons sauvages, ou même les saumons d’élevage bio (donc nourris de poissons sauvages), contenaient en réalité davantage de polluants que les saumons d’élevage classiques, puisque l’alimentation des poissons sauvages n’est pas contrôlée comme dans un élevage… [1]

Un entretien de Jonathan Duong avec Cédric Gouverneur, journaliste, auteur des articles « Saumon, du mets de luxe au fléau écologique » et « Intouchables élevages de Norvège » dans Le Monde diplomatique de septembre.

Programmation musicale :
- Jean-Louis Aubert : Saumon
- Hervé Cristiani : Les Saumons
- Serge Lama : Oh comme les saumons

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.