45 % des élèves français sont dans des établissements qui manquent de personnel enseignant. C’est une des conclusions du PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) qui vient d’être publié avec des résultats accablants pour la France, avec des différences importantes entre élèves « favorisés » ou « défavorisés ».
Réputée la plus inégalitaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’école en France ne fait que suivre l’augmentation des inégalités de patrimoine et de revenus qui atteignent leur plus haut niveau depuis trente ans.
Inégalité sociale, linguistique, économique ou culturelle, la ségrégation scolaire s’installe dès l’école maternelle et persiste ; la pauvreté en France s’élève à 20 % pour les moins de 18 ans alors qu’elle atteint 15 % pour l’ensemble du pays.
Les enfants de milieux populaires ont six fois moins de chances d’accéder aux filières d’excellence que les enfants des cadres.
Souvent à la fois isolés et désolés, les enseignants résistent malgré tout dans des conditions difficiles. Pourtant l’inégalité n’est pas une fatalité. Le recours à l’impôt en 1918 ou la création des États-providences ont considérablement réduit les écarts de richesse au siècle dernier. Repartis à la hausse, ils sont à leur plus haut niveau depuis une trentaine d’années selon des orientations idéologiques et politiques qui peuvent être renversées.
Les dégâts de ces politiques d’abandon handicapent surtout les enfants des milieux dits « défavorisés ».
Mais que disent ces enfants eux-mêmes ?
Depuis 2017, l’association ATD Quart monde a lancé une grande enquête sur l’école et les raisons pour lesquelles les enfants pauvres sont quasiment systématiquement orientés dans les filières de relégation.
Dans cette recherche, les militants d’ATD, eux-mêmes anciens élèves pauvres, et les chercheurs œuvrent côte à côte pour rencontrer les enfants, dialoguer avec eux et mettre en place des dispositifs pédagogiques.
Ils enregistrent des heures de paroles d’enfants qui, tous, témoignent de leur attachement et de leur confiance dans l’école.
La question étant de savoir pourquoi celle-ci finit par les trahir…

