Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural soumises aux lois du marché

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[EXTRAIT] Comment les Safer font des affaires [RADIO]

Les Safer, ce sont les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural. Inventés en 1960 afin « de régler, d’orienter, d’organiser, de tempérer » la cession des terres agricoles – selon les mots du ministre de l’Agriculture du général de Gaulle, Edgard Pisani –, ces organismes censés réguler le marché du foncier agricole ont vu leur financement étatique définitivement supprimé en 2017 [1]. Depuis, financées par le produit de la vente des terres, les Safer font l’inverse de ce qu’elles étaient censées faire : les prix des terres s’envolent. L’inflation intéresse les investisseurs extérieurs au monde agricole, et la spéculation menace l’installation de nouvelles exploitations. La journaliste Lucile Leclair nous raconte comment ces Safer, hier puissant instrument de régulation du marché foncier agricole, aujourd’hui font des affaires.

Un entretien de Jonathan Duong avec Lucile Leclair, journaliste, auteure de l’article « La bagarre de l’hectare » dans Le Monde diplomatique de juillet.

Programmation musicale :
- Les Glottes Rebelles : Le chant des paysans
- Ricet Barrier : Le Vieux

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journaliste : Jonathan Duong
réalisation : Sylvain Richard
montage : Jérémie Younes

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Notes

[1« Nous assistons trop souvent à l’ acquisition de terres par des personnes étrangères à la vie paysanne et inaptes à exercer le métier d’agriculteur. Le développement, dans certaines zones, de ces acquisitions pose des problèmes graves, parce qu’il décourage l’exploitant agricole de tradition paysanne. À cet égard, il nous faut pouvoir éviter les abus. Il ne s’agira pas d’intervenir à tout propos et dans toutes les conditions : il s’agira seulement de régler, d’orienter, d’organiser, de tempérer les orientations qui nous paraissent à tous dangereuses à la longue. Il va sans dire que ce droit de préemption s’inscrit après le droit de préemption préexistant, en particulier celui du fermier », Edgard Pisani, ministre de l’Agriculture, Assemblée nationale, 13 septembre 1961.

Voir aussi

- À LIRE :

Le Monde diplomatique du mois de juillet, en kiosques et en ligne sur www.monde-diplomatique.fr

Lucile Leclair, « La bagarre de l’hectare », Le Monde diplomatique, juillet 2019

Gaspard d’Allens et Lucile Leclair, Les Néo-paysans, Seuil, Paris, 2016

- À VOIR :

Raymond Depardon, La Vie moderne, France, 2008, 1h28

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.