Les mots de Le Pen
Que cachent les discours de Marine Le Pen ? Derrière un langage policé et consensuel, contre le terrorisme, contre les spéculateurs, contre les fraudeurs, pour la République, pour la laïcité, pour la justice sociale, Marine Le Pen a échafaudé un discours à double étage, dont le premier niveau parle à tous, en l’éloignant apparemment de son père, et dont le sous-texte parle aux militants pour les rassurer sur le fond qui, lui, n’a pas changé.
Cécile ALDUY, professeure de littérature à Stanford, nous aide à décrypter ses paroles, en commençant par le discours de clôture de l’Université d’été du Front National à La Baule, prononcé par Marine Le Pen le 23 septembre 2012 :
« Nous voyons la nécessité de réaffirmer partout la République, quand le communautarisme et le fondamentalisme avancent.
Et on me traite d’intégriste pour oser dire ces vérités ?
On me traite d’intégriste parce que je défends la laïcité, parce que je ne vois que des Français parmi les Français, parce que je voudrais que chacun soit fier de son drapeau, de nos trois couleurs ?
On me traite d’intégriste parce je crois en l’assimilation, au rouleau compresseur républicain, à condition qu’on ne transige jamais sur nos lois, sur nos valeurs, sur nos principes, et qu’on mette un coup d’arrêt à une immigration légale et clandestine aujourd’hui hors contrôle ?
Mais qu’ils me traitent d’intégriste si ça les amuse ! Moi au moins, je suis intègre !
Je suis entière, sincère, je ne fuis pas les débats et les questions qui fâchent ! »


