Entretien avec Stathis Kouvelakis

BREXIT, UN CHOC HISTORIQUE, UNE CHANCE HISTORIQUE Abonnés

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Pour ceux qui sont du côté ensoleillé de la rue, le BREXIT est une catastrophe intolérable. Ceux qui ont voté pour le Brexit sont des racistes, des populistes, des xénophobes, des homophobes, des vieux, des chômeurs, des parasites. Le Royaume-Uni s’effondre, c’est le retour à l’âge de pierre, c’est la fin de la civilisation. Et ce sera bientôt notre tour. Mais pour Stathis KOUVELAKIS, si le BREXIT est un choc historique, c’est aussi une chance historique.


On nous disait, il faut choisir, l’Europe ou la guerre. Ce chantage originel ne marche plus, votre Europe, votre Union Européenne, on n’en veut plus, on a compris. L’UE est un projet lancé dans les années 1950 sous la pression des États-Unis, c’est un puissant moyen de répandre et d’imposer le néo-libéralisme, de casser partout les acquis sociaux et le droit du travail, de violer la souveraineté des peuples et d’ accroître encore le chômage, la précarité et les inégalités, ça y est, merci, on a compris.

Le BREXIT, c’est vrai, est une « sortie moche » [1] . Extrême droite, xénophobie, populisme réactionnaire, ce BREXIT ne sent pas bon. Mais qu’attendre d’autre quand la gauche ne répond plus aux souffrances sociales, quand ces souffrances s’accumulent désespérément depuis plus de trente ans sans issue, sans espoir ?

En 2013, une étude d’OXFAM montrait que deux millions de Britanniques souffraient de malnutrition, en indiquant qu’un parent sur dix « se prive de nourriture pour subvenir aux besoins de la famille ». L’année précédente, en 2012, David Cameron et son Parti conservateur lançaient une offensive contre la protection sociale (Welfare Reform Act) avec une réduction de 16,4 milliards d’euros du régime de protection sociale. Une politique punitive dirigée contre les pauvres, ces parasites assistés. Plus d’un million de britanniques se trouvèrent immédiatement privés de leurs allocations. Comment ne pas faire un lien avec le Brexit ?

(photo : Daniel MERMET)

Margaret Thatcher avait prévenu, pas d’alternative. En avril 2013, nous étions aux funérailles de Maggie. À Londres mais aussi dans le Yorkshire, à Goldthorpe, dans l’ancien pays minier où l’on chantait joyeusement et rageusement « The WITCH IS DEAD » en jetant son cercueil dans un grand feu de joie. Retrouvez ici notre émission du 18 avril 2013, la Fête à TINA.

Cette détresse ravage au moins la moitié de la Grande-Bretagne depuis des décennies et aucune réponse pendant plus de trente ans. En France, notre histoire nous laisse croire que la classe populaire est naturellement à gauche, Front populaire, Libération, Mai 68, etc., mais quand elle souffre, cette classe s’oriente là où elle croit trouver une issue, à droite, à l’extrême droite parfois.

Il y a la fameuse formule de Léon Trotski, « quand le peuple ne trouve pas d’issue dans l’espoir révolutionnaire, il trouve une issue dans le désespoir contre-révolutionnaire. » Le BREXIT est donc le résultat des politiques imposées par ceux qui bénéficient du système depuis des années. Le néo-libéralisme est à l’origine du rejet du néo-libéralisme imposé par l’UE.

Alors ? Peut-on réformer l’UE ? Reconstruire sur d’autres bases ? Rompre avec le néolibéralisme passe par la rupture avec l’euro et avec cette Europe-là. Il faut reprendre à l’extrême droite ce qu’elle nous a volé, sinon, dans un an, sur la plage, nous feuilletterons distraitement un reportage sur la visite de la présidente française Madame Marine LE PEN au président américain Donald TRUMP. Le temps presse.

Daniel MERMET

Les différentes séquences de l’émission :


Merci à Stathis KOUVELAKIS.

Programmation musicale :
 Jonathan Starkey : Brexit : EU Exit Song

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Sylvain RICHARD
vidéo : Jonathan DUONG et Jeanne LORRAIN

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

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    Soutenu par des médias très majoritairement contrôlés par la droite, genre Fox News Bolloré, il n’utilise que deux mots : INSÉCURITÉ/IMMIGRATION. Les deux mots-clés de l’extrême droite qui gagne un peu partout : Argentine, Salvador, Équateur, Bolivie… et bien au-delà.

    Pourtant l’immigration irrégulière est limitée au Chili et la criminalité est une des plus basses d’Amérique latine, mais la propagande a installé un climat de peur qui pousse une partie de l’opinion à souhaiter le retour de la dictature, et c’est plutôt la jeunesse qui revendique l’ordre hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

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    Génocide ? Pogrom ? Antisémitisme ? Depuis deux ans, tout tourne autour de ces trois mots. Trois mots qui fâchent entre la poire et le fromage comme dans le confort des plateaux de télévision ou le courageux anonymat des réseaux. Les mots ici, les morts là-bas. Gaza n’est plus à la « une » mais la souffrance continue. Imaginez en France, deux millions de morts sous les bombes dont 400 000 enfants. Six millions de blessés et d’amputés. Le pays détruit à 80 %. C’est l’équivalent de Gaza rapporté à la France.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Renaud : « Son bleu » Abonnés

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    En ce mois de novembre 1994, François Mitterrand est toujours président de la République, pour quelques mois encore.

    Depuis quatorze ans, le nombre de chômeurs a doublé, bondissant de 1 376 000 en 1980 à 2 605 000 en 1994. La création des « Restos du cœur » en 1985 a rendu visibles et concrètes les conséquences du « tournant de la rigueur » adopté par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983. La ratification du traité de Maastricht en 1992 a entériné la soumission de la politique économique et sociale à des « critères de convergence » budgétaires. La conversion des socialistes au capitalisme néolibéral a précipité la désindustrialisation du pays et la destruction de centaines de milliers d’emplois.

    C’est donc en novembre 1994, à la toute fin des deux septennats de celui qu’il a naguère soutenu, que Renaud publie son onzième album, À la Belle de Mai, sur laquelle figure cette chanson, Son bleu. L’une des préférées de Renaud, paraît-il, que vous raconte aujourd’hui Olivier Besancenot.

  • Laurence De Cock reçoit la députée communiste Elsa Faucillon « Une dame vient me voir : elle avait son bébé mort, elle ne savait pas quoi en faire » Abonnés

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    « Une dame vient me voir : elle avait son bébé mort, elle ne savait pas quoi en faire ». C’est ce qu’une militante associative du Pas-de-Calais a raconté à Elsa Faucillon.

    La députée communiste a été invitée à Calais par les associations et les ONG qui voient la situation se dégrader dramatiquement sur les côtes de la Manche. Depuis les accords du Touquet en 2003, c’est l’État français qui est chargé de protéger la frontière britannique sur le sol français (et financé par la Grande-Bretagne pour ça).

    Mais à vouloir dissuader les exilés de tenter la traversée vers l’Angleterre, les forces de l’ordre ne font que rendre ces traversées plus difficiles, et donc plus dangereuses. 89 personnes sont mortes en 2024 en tentant de traverser la Manche pour gagner l’Angleterre. Le Monde et Lighthouse Reports viennent de révéler que « pour stopper les embarcations, les autorités s’apprêtent à expérimenter une technique jusque-là jugée trop dangereuse pour la vie des passagers », qui consiste à jeter des filets dans les hélices des moteurs.

    De retour du Calaisis, la députée Elsa Faucillon est venue raconter à Laurence de Cock ce qui se passe, dans l’indifférence quasi-générale, sur les côtes françaises.

  • Des milliers d’enfants volés sous la dictature de Franco. Deux archives historiques en PODCAST Les enfants volés d’Espagne, un scandale qui n’en finit pas Accès libre

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    Il y a des morts qui engendrent des explosions de joie.

    Ce fut le cas il y a cinquante ans lorsqu’au bout d’une interminable agonie racontée minute par minute, dans les moindres détails, par tous les médias du monde mourait enfin le dictateur espagnol Francisco Franco après trente-neuf ans, un mois et cinq jours d’une dictature féroce dont les violences et les tortures hantent toujours l’Espagne, corps et âme.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Tracy Chapman : « Talkin’ Bout A Revolution » Abonnés

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    Et si on parlait révolution ? En 1988, c’est une jeune de fille de 24 ans qui décide de faire de cette phrase le premier titre de son premier album. Elle s’appelle Tracy Chapman, et Talkin’ Bout A Revolution, avec son simple accompagnement à la guitare et son refrain entêtant, va devenir un succès mondial. À l’époque, de l’autre côté de l’Atlantique, un petit Français de 14 ans entend cette chanson et se dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de parler de révolution. Il s’appelle Olivier Besancenot, et vous raconte son lien avec cette chanson.

  • Mordillat fête la libération de Nicolas Sarkozy « C’est le Christ aux outrages ! » Abonnés

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    Et si la (brève) incarcération de Nicolas Sarkozy avait été une occasion formidablement manquée de parler des conditions de vie, ou de survie, déplorables des 84 311 détenus dans une prison française ?

    C’est l’opinion de Gérard Mordillat, qui s’appuie notamment sur le constat de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Dominique Simonnot, qui fut aussi journaliste à Libération et au Canard enchaîné, vient justement de publier un podcast pour témoigner de la réalité de l’enfermement en France. Ça s’appelle « Les Enfermé·es », et vous pourrez foncer l’écouter juste après Gérard.

  • Quand le « Guide du routard » devient le « Guide du droitard » Jeremy Corbyn fera-t-il mieux que Mélenchon ? Abonnés

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    Be careful : le cauchemar des conservatives fait son come back. Si aux États-Unis il s’appelle Zohran Mamdani et en France Jean-Luc Mélenchon, en Grande-Bretagne le péril woko-islamo-antisémite a le visage de Jeremy Corbyn.

    L’ancien leader du Parti travailliste a rompu avec le Labour pour lancer un nouveau mouvement, « Your Party ». Une stratégie applaudie par le premier des insoumis français. « L’Internationale antisémite se serre les coudes », en conclut le JDD !

    Corbyn arrivera-t-il à détourner le regard des Britanniques obnubilés par les hordes d’étrangers qui viennent violer et assassiner les petites Anglaises ? Réponse dans le Guide du droitard de la semaine, revu et corrigé par Dillah Teibi.

  • Laurent Mauduit, « Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires » (La Découverte) Collaborations Abonnés

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    La France est à un point de bascule. Pour la première fois depuis Vichy, notre démocratie est menacée de l’intérieur, la responsabilité est collective mais la responsabilité des milieux d’affaires est écrasante, dit Laurent Mauduit. Longtemps responsable des pages économiques du Monde puis co-fondateur de Mediapart, il se consacre à des enquêtes. Cette fois, il s’intéresse à ce bon vieux couple : extrême droite et milieux d’affaires.

Une sélection :

Les nouveaux négationnistes Accès libreVoir

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« Gaza brûle. » C’est avec ces deux mots très clairs que le ministre israélien de la Défense a qualifié mardi 16 septembre l’offensive terrestre menée par l’armée israélienne pour « prendre le contrôle » de la ville de Gaza.

Même les autorités françaises, pourtant diplomates, ont dénoncé « cette campagne destructrice, qui n’a plus de logique militaire ». Le jour même, une commission d’enquête internationale de l’ONU sur le territoire palestinien occupé « estime qu’Israël est responsable du génocide commis à Gaza ».

Pendant ce temps, en France, certains continuent à estimer qu’« Israël n’est pas responsable d’une famine à Gaza » (Bernard-Henri Lévy, 24 août 2025), que « la détestation d’Israël sur la base d’un mensonge médiatique invraisemblable, la fausse famine, le faux génocide, est à son comble » (Gilles-William Goldnadel, 14 septembre 2025) et même qu’« il n’y a AUCUN journaliste à Gaza. Uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs d’otages avec une carte de presse. » (Raphaël Enthoven, 15 août 2025). Gérard Mordillat revient aujourd’hui sur ceux qui s’évertuent à nier la réalité du massacre à Gaza, ces « nouveaux » négationnistes.

Tout un été Là-bas pour se refaire la cerise ! COMMENT LE FASCISME GAGNE LA FRANCE AbonnésÉcouter

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Nationaliser le bonheur commence par virer ces passions tristes qui nous bouffent comme des punaises de lit et rétrécissent la surface de la cage. Contre ça il faut des biscuits, il faut des provisions, il faut des armes. Là-bas si j’y suis vous en donne tout l’été, comme cette émission avec le sociologue Ugo Palheta à l’occasion de la nouvelle édition de son livre Comment le fascisme gagne la France. De Macron à Le Pen parue en mai aux éditions La Découverte.

On vise les affects et non la pensée Rima Hassan, sorcière terroriste AbonnésLire

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Fachos, droite et extrême droite, de Retailleau à Marion Maréchal en passant par les 94 sénateurs qui exigent la levée de son immunité parlementaire, une chasse délirante est ouverte contre la députée européenne Rima Hassan suite à son entretien avec Jean-Jacques Bourdin le 27 février.

Voilà le pourquoi et le comment d’un lynchage ordinaire.

Charmant dessin daté du 3 mars. Le virage réac du dessinateur Plantu ne date pas d’hier mais il a le mérite de montrer une droitisation générale de plus en plus déboutonnée. Si on suit Plantu, le « dessinateur citoyen », ces dernières années, on arrive à Gaza devenu le Auschwitz du Hamas avec LFI qui garde le camp ? (images trouvées par le site Contre Attaque)