Violences policières et libertés en danger, un entretien de Daniel Mermet avec l’avocat Arié Alimi

Arié Alimi : Attention ! L’état d’exception contamine le droit commun Abonnés

1

Le

Partout et toujours, le pouvoir ne manque jamais une occasion de raccourcir la laisse et de resserrer la muselière du bon peuple. L’occasion c’est une catastrophe, un attentat, un choc quelconque.

Au printemps 2020, pour faire face au Covid-19, le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire de France est instauré, s’inspirant de l’état d’urgence décrété pendant la guerre d’Algérie en 1955. Du jour au lendemain, l’intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d’aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d’entreprendre.

Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n’est plus un sujet de droit mais un « sujet virus ».

Mais qui s’en inquiète ? Qui proteste ?
Il y a une force majeure sans précédent. L’important c’est la sécurité, nous sommes unanimes. Sauf que c’est là, précisément, que les libertés publiques sont menacées.

Alors que l’état d’exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d’une tache d’huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s’étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l’arbitraire de l’exécutif ?

Pour Arié Alimi pas question de se résigner. Avec pour modèle Henri Leclerc ou Gisèle Halimi, il est de ces avocats qui pensent que le droit est un moyen de lutter. On l’a vu partout dans les affaires de violences policières, dont il a contribué à faire le symptôme et le symbole d’un pouvoir discrédité.

L’état d’urgence sanitaire vient d’être reconduit jusqu’en juin prochain. Arié Alimi l’affirme, face à ce « coup d’état d’urgence », il est encore temps de réagir.

Un entretien de Daniel Mermet avec Arié Alimi, avocat pénaliste, défenseur de nombreuses victimes de violences policières et membre de la Ligue des Droits de l’Homme, auteur du livre « Le coup d’état d’urgence. Surveillance, répression et liberté » (Seuil, 2021).

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

Violences policières, impunité, une tradition française [ARCHIVES] Charonne, un crime d’État Accès libreÉcouter

Le

8 février 1962. La police charge, les manifestants s’écrasent dans l’escalier du métro Charonne, les flics cognent et balancent des grilles d’arbres sur la foule. Neuf morts, des dizaines de blessés. Une émotion énorme. Il aura fallu attendre 60 ans pour que l’État du bout des lèvres rendent aujourd’hui hommage aux victimes mais en se gardant bien d’évoquer les vrais responsables de ce crime d’État. Voici notre émission de 2002, avec Pierre Vidal-Naquet, Alain Cuniot, Didier Daeninckx, et nos amis de la Compagnie Jolie Môme qui avaient créé une chanson pour ce reportage. Sans oublier Leny Escudero...

L’édito du mercredi, c’est le Mercredito ! Par Daniel Mermet (VIDÉO et PODCAST) Le Mercredito #29 | Il y a 80 ans, la bataille de Stalingrad AbonnésVoir

Le

Stalingrad, 2 février 1943. La victoire au bout de 200 jours et deux millions de morts. Comme prévu, Poutine n’a pas manqué de récupérer cet anniversaire dans le conflit actuel, en rapprochant l’Ukraine de l’Allemagne nazie. Un nouveau buste de Staline a notamment été inauguré pour l’occasion. Dans la crainte d’être soupçonné d’apporter de l’eau à son moulin, les grands médias n’ont guère évoquer cet anniversaire, alors qu’il s’agit d’un des plus grands évènements du XXe siècle, que nous vous racontons dans ce Mercredito spécial.