Élections américaines

Amy Goodman : les médias pourrissent les élections

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Amy GOODMAN, la célèbre journaliste de DEMOCRACY NOW !, dénonce les médias qui roulent tous pour TRUMP et qui écrasent SANDERS. Les élections américaines sont tout sauf démocratiques. Concentré entre les mains de quelques financiers, notre système médiatique est le même, ici aussi il faut des grains de sable dans la machine. SOUTENEZ LÀ-BAS, ABONNEZ-VOUS !


Amy Goodman : les médias pourrissent les élections
par Là-bas si j'y suis

De même que le financement est chaque fois plus délirant, de même les médias américains se déchaînent un peu plus à chaque élection. Cette fois, c’est surtout contre Bernie Sanders, le candidat « socialiste ». Ainsi du 6 au 7 mars, en l’espace de 16 heures, le Washington Post a publié 16 articles défavorables à Bernie SANDERS. Ainsi Donald TRUMP a 23 fois plus de temps de télé que Bernie SANDERS.

Pourtant SANDERS ne lâche rien. Même s’il est le plus populaire des candidats avec 41% d’opinions favorables selon CBS-NYT, même s’il arrive en tête chez les moins de 45 ans, même si les sondages le donnent gagnant face à TRUMP, il a peu de chances d’emporter les primaires démocrates le 25 juillet prochain. Le système électoral américain est ainsi fait. Imaginez où en serait Bernie SANDERS s’il avait la même couverture médiatique que TRUMP !

DEMOCRACY NOW !, aujourd’hui pilier du journalisme alternatif, diffusé sur 700 chaînes de radio et de télévision, a commencé en 1996. Pas de publicité, pas de financement d’entreprise, mais des dons du public ou venant de fondations pour un budget de 4 millions de $ par an. Présentée par AMY GOODMAN et JUAN GONZÁLES, la chaîne est accessible gratuitement partout dans le monde sur internet en texte, audio, vidéo et téléchargement.

Amy GOODMAN explique sur AJ+, la chaîne en ligne du réseau Al Jazeera, comment la candidature de Donald Trump est encouragée par le système médiatique :

« Fox, MSNBC, ou CNN : souvent vous n’arrivez pas à faire la différence. Vous zappez d’une chaîne à l’autre, mais il n’y en a que pour Trump.

C’est Trumpland !

Les médias sont comme une grande table de cuisine qui s’étendrait dans le monde entier. Une table autour de laquelle on s’assiérait tous pour débattre des enjeux les plus importants du moment : la guerre et la paix, la vie et la mort. Et tout ce qui est moins important ne peut que desservir une société démocratique.

Il est crucial, l’année d’une élection, d’écouter comment la politique affecte la vie des gens sur le terrain. Pas d’écouter les experts, mais d’écouter les gens eux-mêmes.

On invite toujours les experts, et c’est le cas sur toutes les chaînes : les experts, qui en savent tellement peu sur tellement de choses, et nous expliquent le monde en se trompant complètement.

Les médias fabriquent le consentement, en faveur d’une guerre, en faveur d’un candidat à une élection, par exemple en parlant davantage d’une personne, comme Donald Trump. Il s’immisce dans chaque maison. Il peut rester tranquillement dans l’un de ses palaces dorés à New York ou en Floride, alors que les autres candidats doivent arpenter tous les États.

Comment parvient-il à bénéficier de ce tuyau branché directement sur le cerveau, les yeux et la conscience de chacun ?

C’est très important. Le Tyndall Centre a écrit un rapport en 2015. Ils ont examiné l’année entière : Donald Trump a eu 23 fois plus de couverture médiatique que Bernie Sanders.

Ils ont calculé que l’émission ABC World New Tonight a consacré presque 81 minutes à Donald Trump en 2015. Et je crois me souvenir que c’est 20 secondes qu’ils ont accordé à Bernie Sanders.

Bernie Sanders est en train de battre tous les records. C’est la seule raison pour laquelle les médias s’intéressent à lui maintenant. Les médias devraient avoir honte.

Il a soulevé environ 44 millions de dollars en mars. Hillary Clinton en a soulevé 29 millions et quelques. 44 millions de dollars ! C’est inédit.

Mais ça n’engendre qu’un faible écho sur les écrans radars médiatiques. Ça laisse imaginer ce que ce serait s’il avait la même couverture médiatique que l’autre candidat. Vous imaginez où il en serait maintenant ?

Dans ce monde numérique high-tech, rempli de télévisons HD et de radios numériques, la réalité est brouillée par un voile de distorsions, de mensonges, d’altérations et de demi-vérités.

Nous attendons des médias qu’ils brouillent à leur tour ce signal : en critiquant, en s’opposant, en interférant.

Nous avons besoin de médias pour poursuivre le pouvoir, pas pour le suivre.

Nous avons besoin de médias qui soient un quatrième pouvoir, et non pas au service des autres pouvoirs.

Nous avons besoin de médias qui parlent des mouvements, qui créent des interférences et qui font l’Histoire. »

traduction : Jonathan DUONG
merci à Will STENBERG

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    D’ordinaire, la violence est utilisée pour discréditer un mouvement. Mais voilà, ça ne prend plus, et depuis treize semaines, une petite musique monte : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » « Le mouvement s’essouffle. » Chaque semaine, les experts sont unanimes, « le mouvement s’essouffle ». Et chaque semaine, le nombre de manifestants est en baisse, selon le chiffre du ministère de l’Intérieur - un détail que les experts oublient souvent d’indiquer. Ajoutez l’hostilité assumée de la plupart des médias et les accusations permanentes contre les « gilets jaunes » : homophobie, xénophobie, insultes raciales, infiltration par « les extrêmes » et même antisémitisme, suite à un tag découvert sur une vitrine alors qu’absolument aucun manifestant n’était présent dans ce quartier et que le tag – selon le commerçant lui-même – a été fait durant la nuit précédente !

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    Je te le dis sans barguigner, ami abonné, on vit une époque bien chamboulée, bien chtarbée. Ça déconne à plein tube de partout, tout particulièrement du côté Les Républicains, complètement à la ramasse depuis quelques mois. Leur chef reçoit Éric Zemmour en fanfare, comme si c’était l’arrière-petit-fils du Général. Un député Les Républicains du Pas-de-Calais s’invite à la télé de l’Assemblée nationale pour y faire des propositions constructives, comme la gouvernance par l’assassinat : un mode de gouvernance qui a certes cours dans de nombreux pays, mais bon, chez nous, on n’a pas encore trop l’habitude. Au moins d’en parler à la télé.

Une sélection :

« Le Président des ultra-riches », le nouveau livre des Pinçon-Charlot (Zones, 2019) LA VIOLENCE DES ARROGANTS : JUSQU’OÙ ? AbonnésVoir

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Rien à faire, malgré les gros moyens, la com’, les médias, la frime et les débats, l’entourloupe Macron ne marche plus. Il ne reste qu’à faire tirer contre le peuple, faire arracher les yeux et les mains des gueux, le samedi de préférence. Mais les gueux résistent et les Français sont avec eux. À l’appui de cette guerre de classes, les Pinçon-Charlot apportent des armes et des outils efficaces et tranchants contre cette oligarchie aux pieds d’argile. En attendant l’autopsie finale. Un entretien avec Monique Pinçon-Charlot, qui publie avec Michel Pinçon Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron (Zones, 2019).

À La Courneuve, les « gilets rouges » de la CGT réinventent un service public au service du public AbonnésÉcouter

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« L’électricité, c’est la vie, et nous, on est des "gilets rouges" ! » La formule est de Nicolas Noguès, un militant CGT. Avec des collègues syndicalistes, il occupe une ancienne boutique EDF à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Leur opération a débuté le 14 novembre 2018, soit trois jours avant le premier acte des « gilets jaunes ». Alors c’est vrai, c’est moins spectaculaire. Et du coup, il y a moins de journalistes pour couvrir l’événement. Pourtant, là aussi, dans ce coin du 93, il est question de proximité et d’accès aux services publics pour des usagers sacrifiés sur l’autel de la dématérialisation.

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