LA SANTÉ DOIT ÉCHAPPER AUX LOIS DU MARCHÉ. Entretien de Daniel MERMET avec le professeur André GRIMALDI

À 20 heures, on applaudit nos héros en blouse blanche Abonnés

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Des lits installés dans un centre de convention à Wuhan, en Chine, pour accueillir les personnes infectées par le coronavirus © AP/SIPA

Ça fait un bien fou, ces fenêtres qui applaudissent désormais à 20 heures. Bravo à nos héros en blouse blanche qui se battent pour nous en première ligne !

Mais attention, l’image et l’hommage ne doivent pas cacher le combat essentiel : « LA SANTÉ DOIT ÉCHAPPER AUX LOIS DU MARCHÉ. » Cette crise sanitaire montre le désastre de l’hôpital public géré comme une entreprise commerciale depuis des années. Cette fois, ce n’est plus seulement le monde hospitalier qui se révolte, c’est tout le monde. À tel point que Macron s’est soudain posé en défenseur de l’État-providence ! Le voilà qui défend « la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession ». On ne pourra le croire que lorsque le financement nécessaire sera sur la table, et non pas quelques miettes avec le paiement des heures supplémentaires comme pourboire pour le petit personnel.

C’est un combat fondamental face à un choix : la vie ou le profit. Deux choses incompatibles, à vous de choisir. C’est le combat du professeur André GRIMALDI depuis des années. Ancien chef de service de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, il ne cesse de dénoncer – avec le MDHP (Mouvement de défense de l’hôpital public), depuis 2009 – l’hôpital malade de la rentabilité et la santé écartelée entre santé publique et business.

Aujourd’hui, face au coronavirus, on recrute en toute hâte aussi bien des étudiants que des médecins « jeunes retraités », alors que des dizaines de milliers d’emplois et 69 000 lits ont été supprimés en 15 ans. Devant la saturation totale des services de réanimation dans le Haut-Rhin, faute de lits, il faut déjà « prioriser » les patients, c’est-à-dire trier des êtres humains selon un « score de fragilité » entre ceux que l’on tente de sauver, et ceux que l’on ne tente pas de sauver. Les médecins appellent ça de la « médecine de guerre », sauf que trente ans de néolibéralisme nous ont privés d’armes, nous voici désarmés. Il y a plus de 20 ans, nous n’étions pas très nombreux à répéter : « il faut désarmer les marchés ». Aujourd’hui, on constate que c’est au contraire les marchés qui nous ont désarmés.

Alors, aujourd’hui, camarades confinés, AUX ARMES !

Daniel Mermet
[EXTRAIT] À 20 heures, on applaudit nos héros en blouse blanche [RADIO]

Un entretien de Daniel Mermet avec le professeur André Grimaldi.

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.