150 ans de la Commune : Olivier Besancenot publie « Marx à Paris, 1871 »

Olivier Besancenot : remettre la Commune en commun Abonnés

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À chacun sa Commune ! Ça fait 150 ans que tout le monde tire la Commune de Paris à lui, socialistes, trotskistes, anarchistes, communistes, et même jusqu’à une certaine extrême droite – farouchement anti-républicaine – descendante de Drumont, qui fait de la Commune de Paris une révolution nationale écrasée par la République !

Plus récemment, c’est la maire sociale-démocrate de Paris, Anne Hidalgo, qui a lancé les commémorations officielles le 18 mars dernier, avec le slogan « nous la Commune » : « égalité, émancipation des femmes, laïcité, justice : tant d’avancées sociales et démocratiques sont issues de cet épisode historique inscrit dans l’histoire et la mémoire de notre ville ».


Au fond tant mieux, la surenchère de mémoire vaut mieux que l’oubli des – au moins – 20 000 Communardes et Communards massacrés par l’armée versaillaise pour mettre fin à l’insurrection parisienne. « L’héritage politique de la Commune appartient à tous et toutes », dit Besancenot. Attention quand même à ce que l’abondance de production culturelle, de livres, de bandes dessinées, de documentaires, de podcasts, d’images ne vide pas la Commune de sa substance subversive et ne transforme pas Louise Michel en une Minnie à côté de laquelle on poserait pour la photo à Disneyland.

La figure de Louise Michel réalisée par Régis Léger (Dugudus), dans le cadre de son exposition itinérante « Nous la Commune » (DUGUDUS / LE DUQ, 2021)

Pour Olivier Besancenot, le soulèvement du peuple de Paris doit continuer d’inspirer la gauche aujourd’hui, y compris dans la façon dont les idées pouvaient circuler sans s’embarrasser d’étiquettes : un anarchiste comme Bakounine peut regretter l’absence d’armée révolutionnaire pour contrer les Versaillais, tandis qu’un Karl Marx se réjouit d’une « révolution contre l’État lui-même, cet avorton surnaturel de la société [1] ». Louise Michel, elle, n’est pas encore anarchiste en mars 1871, mais « blanquiste », c’est-à-dire socialiste.

Pour essayer de retranscrire ce soulèvement d’idées dans cette deuxième moitié du XIXe siècle, Olivier Besancenot s’est lancé avec Michaël Löwy dans une fiction qui imagine la visite clandestine de Karl Marx, avec sa fille Jenny, à Paris, quelques jours pendant la Commune : de là naissent rencontres fictives et discussions politiques avec quelques grandes figures de la Commune comme Léo Frankel, Charles Longuet, Élisabeth Dmitrieff, Eugène Varlin… et enfin Louise Michel qui enfin rencontre Karl Marx ...

Un entretien de Daniel Mermet avec Olivier Besancenot, qui publie avec Michael Löwy Marx à Paris, 1871. Le cahier bleu de Jenny (éditions Manifeste !, 2021).

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journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong et Cécile Frey
son : Alexandre Lambert et Jules Krot

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Notes

[1Karl Marx, La Guerre civile en France, 1871.

Voir aussi

-  À LIRE :

Michael Löwy et Olivier Besancenot, Marx à Paris, 1871. Le cahier bleu de Jenny, éditions Manifeste !, 2021

Kristin Ross, L’Imaginaire de la Commune, La Fabrique, Paris, 2015

- À VOIR :

Joël Farges, La Semaine sanglante, 1978, 57 min, 1976

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Dans les livres

  • Les écrivains contre la Commune

    Le 18 mars 1871, une révolution populaire éclate à Paris. La Commune sera matée deux mois plus tard, le 28 mai, après une semaine sanglante où 30 000 hommes, femmes et enfants seront massacrés à mitrailleuse. Ce livre n’est pas l’histoire de cet épisode sanglant mais celle de la haine, de l’effroi et de l’hystérie qu’il a provoqué chez les hommes de lettres. À l’exception de Vallès, Rimbaud, Verlaine puis Hugo, tous ont été violemment contre la Commune : Théophile Gautier, Lecomte de L’Isle, Edmond de Goncourt, Ernest Feydeau, Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola. Ces textes quasiment ignorés agissent comme un révélateur, un miroir sans indulgence, des aspects méconnus et glaçants de ces écrivains, patrimoines de la littérature… Lire la suite

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