Spéciale Révolution russe

Octobre 17

Le

Qu’est-ce que vous préférez, l’étoile rouge ou le couteau entre les dents ? Le 20ème siècle s’est construit et s’est déchiré sur ces deux images engendrées par la Révolution d’Octobre 1917, admiration aveugle ou rejet épouvanté, espoir ou repoussoir. La page est tournée aujourd’hui, les dix jours qui ébranlèrent le monde ne mettent plus le feu aux tempes. Pour ce centième anniversaire, on entend juste le bruit des pantoufles des éditorialistes qui nous rappellent que Lénine, c’est comme Staline, et Staline, c’est comme Hitler, et Mélenchon, c’est comme Le Pen.

Qu’est-ce que vous préférez, l’étoile rouge ou le couteau entre les dents ? Le 20e siècle s’est construit et s’est déchiré sur ces deux images engendrées par la Révolution d’Octobre 1917, admiration aveugle ou rejet épouvanté, espoir ou repoussoir. La page est tournée aujourd’hui, les dix jours qui ébranlèrent le monde ne mettent plus le feu aux tempes. Pour ce centième anniversaire, on entend juste le bruit des pantoufles des éditorialistes qui nous rappellent que Lénine, c’est comme Staline, et Staline, c’est comme Hitler, et Mélenchon, c’est comme Le Pen. Pour ceux qui n’en seraient pas tout à fait convaincus, voici notre SPÉCIALE RÉVOLUTION RUSSE.

La foi dans l’impossible

En mars 17, c’est d’abord les femmes qui se soulèvent à Petrograd, pour le pain, pour la paix, contre le tsar. À l’Ouest, c’est la guerre, les hommes meurent par milliers sur le front, en quelques semaines la révolte gagne, le tsar abdique, soldats et ouvriers s’unissent, c’est la création du soviet de Petrograd, Lénine en train rentre de son exil, la Révolution a donné le pouvoir à la bourgeoisie, c’est le prolétariat qui doit prendre le pouvoir.

Le 7 novembre 1917, l’insurrection est victorieuse. Un beau jour, mais beaucoup de lendemains, et des lendemains qui ont plutôt déchanté. Comment une telle espérance a pu virer au totalitarisme et à la terreur sanglante ? C’était fatal ou non ? Un siècle plus tard, les questions sont toujours là. Est-ce qu’il y a des choses à garder dans toute cette histoire ? L’horreur stalinienne a-t-elle à jamais aboli le vieux rêve communiste du Manifeste ? Il y a trente ans, lors de la chute du mur, ces questions ne se posaient même plus, c’était la fin de l’Histoire, mais aujourd’hui, devant les désastres sociaux et environnementaux, c’est tout le système néo-libéral qui est de plus en plus rejeté. Il y a ceux qui voient le monde comme il est et qui ne demandent pas pourquoi, et il y a ceux qui voient le monde tel qu’il pourrait être et qui demandent pourquoi pas. Bien sûr, l’histoire ne repasse pas les plats, mais ceux qui ne renoncent pas encore, ceux qui osent poser la question de l’émancipation humaine peuvent trouver et retrouver dans les gravats du commencement de cette histoire ce qu’Edgar Quinet appelait « la foi dans l’impossible ».

D.M.

À écouter

À voir

À lire

Dans les livres

  • Que faire de 1917 ?

    « Une centaine d’années plus tard, la révolution russe mérite d’être dégagée du mausolée ou de la fosse commune où l’ont respectivement enterrée le stalinisme et le capitalisme », écrit Olivier Besancenot. C’est donc à une contre-histoire de 1917, ce moment « qui a incarné un immense espoir politique », que s’est attelé le porte-parole du NPA, deux fois candidats à la présidentielle pour la LCR. Dans son livre, il a voulu redonner toute la place au véritable héros de cette période, « le peuple russe (…) qui s’est dressé contre le tsarisme et la guerre ». Il est question de liberté, d’émancipation et de l’espoir d’un affranchissement toujours aussi vifs hier qu’aujourd’hui.
  • Octobre 17, la révolution trahie

    Le centième anniversaire d’octobre 1917 est l’occasion pour les éditions Lignes de rassembler les textes de Daniel Bensaïd qui n’a cessé d’effectuer « un retour critique sur la révolution russe ». Entreprise nécessaire aux yeux de ce théoricien de trotskysme mort en 2010 qui s’est toujours intéressé à cet évènement considérable dont le vingtième siècle a dépendu. Parce que pour lui, l’avenir dépend de ce que nous faisons du passé. Parce qu’il a cherché à distinguer cette révolution de sa terrible postérité antirévolutionnaire, bureaucratique et stalinienne avec laquelle on s’est employé à la confondre. Ce livre est présenté par Sophie Wahnich.
  • Les Russes, l’esprit d’un peuple

    Historien, spécialiste de la Russie et de l’Union Soviétique, Marc Ferro a été un des premiers à avoir accès, en URSS, aux archives du Parti Communiste. Lors de ses nombreux voyages et recherches, il a vécu le stalinisme, la perestroïka, les bouleversements politiques et la vie quotidienne d’un peuple qu’il connait très bien. 2017 est l’occasion de parler de la Révolution de 1917 et du régime soviétique, apporter sa propre analyse et évoquer quelques souvenirs personnels, conversations avec les témoins de cet évènement considérable.
  • 10 jours qui ébranlèrent le monde

    « Il est temps que toi et les autres connaissiez la véritable situation politique en Russie en ce moment crucial. » écrit, en octobre 1917, John Reed à un de ses amis. Le journaliste américain qui avait parcouru le Mexique révolutionnaire et l’Europe en guerre, se trouve à Petrograd quand éclate la révolution soviétique. Il la vivra aux côtés de ceux qui la font. De retour aux États-Unis, John Reed rédigera ces 10 jours qui ébranlèrent le monde, texte qui deviendra un best-seller. Il y raconte le tourbillon révolutionnaire dans lequel on peut se perdre tant la densité des évènements est forte, les retournements de situations sont nombreux et les acteurs multiples. Le centenaire de la révolution d’Octobre est l’occasion d’une nouvelle publication de ce monument de journalisme. Avec, en prime, des textes inédits de John Reed, correspondance, articles, récits et documents iconographiques… Lire la suite

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

Migrants. L’Italie ne fait que mettre en œuvre le programme européen Italie : expulser les Roms à coups de pelleteuses ! Accès libreÉcouter

Le

« Expulser les Roms à coups de pelleteuses. » Un dingue raciste après quelques bières ? Non, c’est Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien lorsqu’il était en campagne. Patron de la Ligue du Nord, aujourd’hui ministre du gouvernement d’extrême droite qui vient de prendre le pouvoir en Italie, il déclare : « et maintenant, on va recenser tous les Roms, sauf les Tziganes italiens car ceux-là, on doit malheureusement se les garder ».

La chronique écosocialiste de Corinne Morel Darleux En Arctique, le réchauffement climatique est bon pour le business AbonnésVoir

Le

L’Arctique est un endroit du globe intéressant pour étudier comment certains voient dans le dérèglement climatique une nouvelle manière de faire des affaires et du business. Et ça remonte d’ailleurs à déjà quelques temps, puisque dès la fin de la guerre froide, les Russes ont senti venir la fonte des glaces dans l’Arctique et ont senti l’eldorado derrière ça : puisque l’Arctique, ce n’est pas juste de la banquise qui fond, c’est aussi des réserves de pétrole et de gaz absolument faramineuses.

Les « invididus cagoulés », idiots utiles de Macron ? Une enquête de Dillah Teibi MANIP DE MANIFS ! AbonnésÉcouter

Le

« — L’histoire du flic déguisé en black bloc, vous la connaissez ? Et l’histoire des CRS qui avaient pour consigne de "les laisser casser" ? Si c’est vrai, alors les "individus cagoulés" qui brûlent des McDo seraient des idiots utiles manipulés pour faire diversion ?
— Ça alors, chef, vous croyez ?
— Écoute le reportage de Dillah Teibi, tu vas tout comprendre. »

Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte vous souhaite un été plein d’amour AbonnésVoir

Le

Pour ce 40ème épisode de ta revue de presse en images préférée, ami abonné, entonnons de concert le nouvel hymne armoricain : ils ont, non pas des chapeaux ronds, mais des Panamas et des pompes bicolores, vive les Bretons ! Je ne sais pas toi, mais moi, depuis que le chef de l’État a dénoncé au souverain pontife la mainmise de la Cosa Nostra des Côtes-d’Armor sur nos institutions, je rechigne à retourner passer mes vacances sur l’île de Groix.