Lundi 20 août, la Grèce sort des plans d’aide de l’U.E. Retour sur nos émissions et nos reportages depuis 2011 [DOSSIER]

Grèce : la réalité n’affecte pas le dogme

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Le 16 septembre 2011, un homme s’immole par le feu devant une banque de Thessalonique, au nord de la Grèce (photo : REUTERS/Nodas Stylianidis)

La Grèce sort des plans d’aide imposés depuis huit ans par l’Union européenne. Les faucons européens sont bien contents : « la Grèce retrouve son autonomie ». En fait, rien ne change et l’austérité va continuer. Le bilan de ces huit ans est désastreux. La population a baissé de 400 000 personnes. Plus de 300 000 jeunes ont quitté le pays, surtout les diplômés, les salaires et les retraites ont baissé d’environ 40 %, les ménages ont perdu un tiers de leurs revenus, des dizaines de milliers d’entreprises ont fermé, le chômage est à 20 %, 35 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, bref, le bilan est catastrophique, l’avenir n’est pas moins sombre et la dette est toujours là.

Mais les doctrinaires du néo-libéralisme n’en démordent pas, la main sur le cœur ils l’affirment, il n’y avait pas d’alternative, c’est de la faute des Grecs. Il faut rappeler que ces prêts généreux – 260 milliards d’euros en trois prêts –, ça rapporte ! Au total, 7,8 milliards d’euros entre 2012 et 2016 en versement d’intérêts aux gentils prêteurs, dont la France, et surtout l’Allemagne, qui en a tiré 2,9 milliards d’euros d’intérêts pour cette période. On comprend que ces braves gens ne soient pas trop pressés que la dette grecque soit revue à la baisse.

Daniel MERMET

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