Chaque vendredi, la revue de presse indispensable !

Qui menace vraiment l’IVG ? Abonnés

1

Le

Le droit à l’IVG est menacé en France ! C’est pourquoi le président de la République, en rendant hommage à Gisèle Halimi le 8 mars dernier, a annoncé qu’il souhaitait graver dans la Constitution la « liberté des femmes à recourir à l’interruption volontaire de grossesse » : « parce que des idéologies réactionnaires espèrent tenir leur revanche, sans doute, sur les avocates, les activistes, les engagées qui les ont jadis fait plier, parce que le droit des femmes est toujours une conquête fragile ». Mais qui menace vraiment l’IVG ? La poignée d’extrémistes catholiques fondamentalistes qui butera désormais sur la Constitution pour revenir sur le droit à l’avortement, ou bien la poignée d’extrémistes néolibéraux dont les politiques de santé fragilisent l’accès à l’IVG sur tout le territoire ?

Le 8 mars dernier, le président de la République profitait de l’hommage national qu’il rendait à Gisèle Halimi pour annoncer que la « liberté des femmes à recourir à l’interruption volontaire de grossesse » serait prochainement gravée dans le marbre de la Constitution de la Ve République française. Il répondait ainsi positivement à une demande des députés qui avaient voté quelques mois auparavant une proposition de loi allant dans ce sens. Mais quel rapport, certains s’étaient alors demandé, entre l’IVG et notre constitution ? Qu’est que l’IVG a à faire avec l’organisation de nos institutions politiques ?

Le président de la République justifie sa décision « parce que des idéologies réactionnaires espèrent tenir leur revanche, sans doute, sur les avocates, les activistes, les engagées qui les ont jadis fait plier, parce que le droit des femmes est toujours une conquête fragile ». Pour le dire encore plus clairement, le sénateur de l’Isère André Vallini déclarait à France Info : « on ne sait jamais ce que pourrait décider une majorité parlementaire si elle était rétrograde ou anti-féministe, ça peut arriver et ça arrive dans certains pays en Europe. Il faut que ce droit des femmes soit inscrit dans la Constitution ». Vu comme ça, on s’est donc tous réjoui que le droit à l’avortement soit ainsi sanctuarisé. Mais il faut aussi avoir à l’esprit que le président de la République agite une menace qui n’existe pas vraiment. Le Rassemblement national par exemple, par la voix de sa présidente, ne remet plus en cause le droit à l’IVG (ce qui n’était effectivement pas le cas il y a quelques décennies). On peut toujours imaginer que Marine Le Pen changera d’avis quand elle accédera au pouvoir, mais pour l’instant, le parti d’extrême droite semble avoir évolué sur cette question. Même Éric Zemmour, pas franchement le plus acharné zélateur de la liberté des femmes, qui s’était d’ailleurs opposé pendant la campagne présidentielle à l’allongement de la durée légale de recours à l’IVG de 12 à 14 semaines, affirme qu’il ne reviendrait pas sur la loi Veil s’il était élu.

Mais alors, à part quelques extrémistes catholiques fondamentalistes, qui menace vraiment le droit à l’IVG ?

On a le droit de se réjouir que l’IVG devienne irrévocable parce que marquée dans la Constitution, mais ça n’empêche pas de s’interroger sur les motivations qui poussent le président de la République à faire ça. Or, sur désormais à peu près tous les sujets, la stratégie du président, c’est l’orwellisation. On se souvent du slogan dans le roman Mille neuf cent quatre-vingt-quatre : « la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force. » Et ça, dire l’inverse de ce qu’on est en train de faire, c’est devenu l’alpha et l’oméga de chaque discours présidentiel : on nous explique que la réforme des retraites apportera plus de justice, surtout pour les femmes ; en réalité, c’est l’inverse, la réforme est injuste, et elle est d’autant plus injuste qu’on est une femme. Et le problème, c’est que c’est la même chose pour l’IVG. Inscrire l’IVG dans la Constitution, ça fait bien, et surtout ça permet de masquer que le droit et l’accès effectif à l’IVG sont menacés précisément par les propres politiques néolibérales de Macron. La semaine dernière, c’est l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicaments, une association fondée par deux anciens d’Act Up, qui alertait sur la pénurie de pilules abortives :


Une tension confirmée par l’Agence nationale de sécurité du médicament. Quand on allait sur son site, à la rubrique « Disponibilité des produits de santé », l’ANSM confirmait encore le 18 avril une tension d’approvisionnement sur une déclinaison du misoprostol, le MisoOne, une tension qui devait prendre fin fin avril. Puis, le 19 avril, une mise à jour de la fiche sur le site de l’ANSM a supprimé la date de remise à disposition du médicament, sans qu’on sache donc pour l’instant quand la molécule serait de nouveau disponible. Or il se trouve que ce MisOone est un médicament indispensable pour pratiquer une IVG. Ce qui fait dire à la députée insoumise Clémence Guetté : « cette indisponibilité compromet concrètement le droit à l’IVG ».


Mais alors, la question se pose : pourquoi les pharmacies n’arrivent-elles plus à se procurer du misoprostol ? Eh bien parce que la France n’a plus aucune souveraineté sur les médicaments, et qu’elle est dépendante du bon vouloir ou du bon fonctionnement de laboratoires pharmaceutiques étrangers. En l’occurrence, d’un seul laboratoire pharmaceutique américain qui détient un monopole de fait sur les médicaments utilisés pour une IVG. Comme le disait le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes en 2020 déjà, « la production des médicaments utilisés pour les IVG médicamenteuses est dans les mains d’un seul producteur, le groupe Nordic Pharma, avec des risques de rupture de production et d’approvisionnement et de pression sur les prix. [1] »

Nous sommes donc entièrement dépendants pour garantir le droit effectif à l’IVG d’un seul groupe pharmaceutique nord-américain qui possède les brevets sur les médicaments en question. Cette dépendance exclusive à un seul fournisseur rend cet approvisionnement très fragile, comme on le voit depuis quelques jours. La solution ? La solution, elle était donnée depuis longtemps par la présidente du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, Sylvie-Pierre Brossolette, une ancienne journaliste passée par L’Express, Le Figaro magazine et Le Point, une autorité intellectuelle et morale donc :


Là voilà, la solution ! Suspendre les brevets sur les médicaments en tension, nationaliser et relocaliser la production du misoprostol et d’autres molécules à travers un pôle public du médicament. Ça fait quelque temps que des soignants le réclament, sauf que lever les brevets et nationaliser la production des médicaments, ça fait pas trop « start-up nation ». Non, la « start-up nation » de Macron, c’est plutôt la fermeture des maternités. Or, quand on ferme une maternité, on ferme aussi souvent un centre IVG qui lui est adossé. D’après le Planning familial, « 130 centres IVG ont été fermés ces 15 dernières années et d’autres encore sont menacés. » En cause, « depuis 2009, la loi Hôpital Patient Santé Territoire et la généralisation de la T2A (Tarification à l’activité) », qui ont conditionné la survie des établissements de santé à leur rentabilité. Le Monde rappelle ainsi que «  17,2 % des avortements en France sont réalisés hors du département de résidence des femmes [2] ». Lesquelles sont donc contraintes de se rendre dans un département voisin pour trouver un centre IVG qui les acceptera dans un délai raisonnable, à cause des politiques de santé pratiquées depuis vingt ans et perpétuées par Emmanuel Macron.

Enfin, une dernière chose réclamée par les associations pour rendre véritablement effectif le droit à l’IVG en France, c’est de mettre fin à la clause de conscience des médecins pour pratiquer – ou non – une IVG. Cette clause de conscience, comme l’indique le code de la santé publique, prévoit qu’ « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention ». Concrètement, cette clause réduit le nombre de soignants accessibles pour pratiquer une IVG, et surtout, on va bientôt être dans un cas de figure remarquable, où en même temps, l’IVG va être inscrite dans la Constitution, et en même temps la loi autorisera les soignants à ne pas pratiquer une IVG. Inscrire l’IVG dans la Constitution, c’est donc bien, mais ça ne devrait pas dispenser Macron – au contraire, même, ça devrait l’inciter ! – de rendre ce droit possible et effectif.

Mais si l’accès à l’IVG n’intéresse pas vraiment Macron, c’est peut-être parce que ce problème touche d’abord les femmes les plus précaires. Un rapport de la Dress, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques qui est pilotée par l’Insee, le chiffrait en 2020 : « les femmes aux revenus les plus faibles ont plus souvent recours à l’IVG  ». « Les femmes dont le niveau de vie est dans les 10 % les plus élevés ont une probabilité de recourir à l’IVG dans l’année inférieure de 38 % à celle des femmes ayant un niveau de vie médian, et celles dont le niveau de vie est classé parmi les 10 % les moins élevés une probabilité supérieure de 40 % », a calculé le rapport [3].

Le droit et l’accès à l’IVG, c’est comme l’égalité sur le fronton des mairies, il ne suffit pas de la proclamer, il faut aussi la conquérir. C’est une bataille de classe, qu’il faut mener au nom des femmes les plus précaires, aujourd’hui comme hier. Et ça, celle à qui Emmanuel Macron prétendait rendre hommage le savait déjà, il y a 50 ans, au moment du procès de Bobigny. Elle avait cité comme témoin le professeur Milliez, doyen de la faculté de médecine Broussais-Hôtel-Dieu et fervent catholique, qu’elle avait convaincu de venir raconter les avortements qu’il avait pratiqués : « il n’est pas d’exemple qu’une Française riche ne puisse se faire avorter, soit très simplement en France, soit à l’étranger. On a toujours assez d’argent dans ces cas-là pour un avortement fait dans de bonnes conditions. Les femmes pauvres, je ne les voyais qu’une fois qu’elles avaient fait leur tentative d’avortement. Mais quelle tentative et dans quelles conditions ! J’ai vu mourir des dizaines de femmes après des avortements clandestins [4] ». Alors aujourd’hui, au lieu de se draper dans la Constitution, le président devrait agir pour que les « femmes pauvres » aient vraiment la possibilité de choisir.

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • De quoi Aya Nakamura est-elle le nom ? Abonnés

    -

    Lire

    C’est une affaire qui remonte à quelques semaines et qui ne vous a sans doute pas échappé : au choix d’Aya Nakamura pour chanter à la cérémonie d’ouverture de la très prochaine grande foire olympique ont succédé quelques polémiques bien senties dans les médias bien pensants. Deux camps se sont immédiatement opposés. D’un côté, notre bonne vieille extrême droite raciste s’est sans surprise insurgée de ce qu’une femme noire aux origines douteuses puisse représenter notre bon pays chrétien lors d’un événement tout de même retransmis en mondovision. De l’autre, les autres. Ceux qui s’alarment de ce que le racisme le plus grossier puisse encore à ce point imprégner l’air du temps. C’est à ce camp-là que je veux m’adresser aujourd’hui. Le camp des antiracistes. Le mien. Le nôtre. Le camp des gentils.

  • Avec Peter MERTENS, secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique) qui publie MUTINERIE (Agone), VIDÉO et PODCAST MUTINERIE : remettre la lutte des classes au milieu du village mondial Abonnés

    -

    Voir

    Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins. Et ce vent du changement est déjà là. Pas de doute pour Peter Mertens, secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique), qui publie MUTINERIE : le vent est en train de tourner. « Nous sommes à la croisée des chemins, dans un monde polarisé qui peut basculer dans plusieurs directions. Il faut s’emparer des transformations du monde. Les monstres ne sont jamais loin. »

  • Pour des commandos « Robin des Bois » ! Chronique VIDÉO/PODCAST Il faut prendre l’argent là où il est : chez les pauvres Abonnés

    -

    Voir

    Fini le chômeur qui se dore la pilule ! C’est la troisième fois sous Emmanuel Macron que le gouvernement s’attaque aux chômeurs dans l’optique de rééquilibrer les comptes publics. Mais ce qui étonne Dillah, c’est que Gabriel Attal ne regarde pas du côté des 84 % de Français favorables à la taxation des superprofits des entreprises. Pas non plus du côté de la semaine des 32 heures. Étonnant, non ?

  • « Si j’aurais su », notre nouveau rendez-vous proposé par Laurence De Cock Philippe Meirieu : « Nous sommes dans une période non pas de grand remplacement mais de grand renoncement » Abonnés

    -

    Voir

    Qu’est-ce qu’un pédagogue ? Quelqu’un qui conjugue la théorie et la pratique. Jean-Jacques Rousseau n’était donc pas un « pédagogue », mais plutôt un philosophe de l’éducation. Philippe Meirieu, lui, est bien un pédagogue. C’est même lui qui en donne cette définition dans le deuxième épisode de ce nouveau rendez-vous proposé par Laurence De Cock.

    Philippe Meirieu est chercheur et militant en pédagogie, membre du parti Les Écologistes, ancien conseiller régional de la région Rhône-Alpes et actuellement vice-président des Céméa, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active. Cela fait quarante ans que Philippe Meirieu travaille et milite sur les questions de pédagogie.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #25 : « Hasta siempre, Comandante » Abonnés

    -

    Voir

    « Aquí se queda la clara
    La entrañable transparencia
    De tu querida presencia
    Comandante Che Guevara »

    Il est rare qu’un chant hagiographique soit aussi bouleversant. C’est pourtant le cas avec cette chanson écrite par le chanteur cubain Carlos Puebla au moment où le Che quitte définitivement la vie politique cubaine pour apporter sa contribution à d’autres fronts révolutionnaires, au Congo et en Bolivie. Olivier Besancenot revient cette semaine sur cette chanson écrite en 1965, une année charnière dans la vie du Che et dans l’histoire de Cuba. C’est d’ailleurs à la révolution cubaine que la chanson emprunte son titre : hasta la victoria siempre !

  • Hier le Rwanda, aujourd’hui Gaza Rwanda, douleur fantôme Accès libre

    -

    Lire

    Rwanda, douleur fantôme. C’est une douleur dans la main qu’elle n’a plus. Chaque année, au printemps, la douleur revient et tout un cortège d’images reviennent la hanter jusque dans le noir de la nuit, dit-elle. Surtout pour les anniversaires, les dix ans, les vingt, les trente ans comme ces jours-ci. Génocide du Rwanda, trente ans. Les médias ressortent les mêmes articles, les mêmes spécialistes, les mêmes écrivains roublards, les mêmes débats, les mêmes images – attention – qui peuvent choquer surtout les enfants.

  • La revue de presse indispensable du vendredi Balkany chez Hanouna : de l’art de transformer un coupable en victime Abonnés

    -

    Voir

    « Face à Hanouna », c’est la nouvelle émission proposée depuis deux mois par C8, chaîne du groupe Bolloré. Enfin, « nouvelle », pas exactement, puisqu’il s’agit de la déclinaison le samedi et le dimanche de l’émission phare « Touche pas à mon poste ! », les deux étant présentées par un Cyril Hanouna qui ne s’arrête donc jamais, même pas le week-end. Dimanche 24 mars, le débat de l’émission était consacré à la « polémique » (encore une) Michel Sardou. Et qui Cyril « Baba » Hanouna avait-il trouvé pour venir défendre le chanteur ? Un amoureux de la chanson française, un proche de l’artiste, un ami d’enfance : Patrick Balkany. Âmes sensibles, s’abstenir.

  • Arrêtons de nous faire rouler par « Big Tobacco » (VIDÉO | durée : 17’17) TABAC : PAS DE LIMITE, ON VEUT LE CANCER POUR TOUS ! Abonnés

    -

    Voir

    Vive le libéralisme ! La France vient de supprimer le seuil d’une cartouche de cigarettes qu’un particulier était autorisé à rapporter d’un autre pays de l’Union européenne. Notre gouvernement avait le choix entre s’aligner sur le droit européen qui autorise de ramener 4 cartouches de cigarettes, c’est déjà beaucoup, ou de ne donner aucune limite. Macron a décidé, aucune limite. Les candidats au cancer du poumon sont heureux. Il faut rappeler que le tabagisme qui est la première cause de mortalité évitable en France tue chaque année 75000 fumeurs. Ajoutons que fumer provoque 9 cancers du poumon sur 10 !

  • Gérard Mordillat : « Vive l’école publique ! » Abonnés

    -

    Voir

    C’est un séparatisme qui ne dit pas son nom, mais qui est déjà à l’œuvre de manière éclatante dans la capitale : à Paris, 40 % des lycéens sont scolarisés dans un établissement privé. À l’échelle nationale, la proportion d’élèves scolarisés dans le privé est moindre, mais elle ne cesse de croître. Tout ça est la lointaine conséquence de la loi Debré, adoptée le 29 décembre 1959, qui institutionnalisa le financement public de l’enseignement privé. Durant l’année 1959 déjà, de nombreuses manifestations avaient eu lieu pour s’opposer à ce détournement de fonds publics au profit de l’enseignement privé. Et devinez : qui se trouvait parmi les manifestants ? Gérard Mordillat, bien sûr.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #24 : « Here’s to you » Abonnés

    -

    Voir

    « Here’s to you, Nicola and Bart,
    Rest forever here in our hearts,
    The last and final moment is yours,
    That agony is your triumph. »

    Tout le monde ou presque connaît ces quatre vers, qui sont les uniques paroles de cette chanson répétées en boucle par Joan Baez. Ce qu’on sait moins, c’est que cette chanson a d’abord été composée par Ennio Morricone pour un film. C’est même deux chansons que Joan Baez a enregistrées en 1971 pour le film de Giuliano Montaldo, Sacco et Vanzetti, qui raconte l’histoire des deux anarchistes italiens condamnés – sans preuves – à mort et exécutés en 1927.

  • Les VINGT ANS de l’association 4ACG : les anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (reportage RADIO|PODCAST|durée : 47’35) Ils ont perdu leur jeunesse dans les Aurès, mais voilà ce qu’ils ont fait de leur mémoire : 4ACG Abonnés

    -

    Écouter

    Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre : 4ACG. Une association créée il y a vingt ans par quatre anciens appelés en Algérie à la fin des années 1950, quatre paysans du Tarn qui refusaient de toucher leur retraite de combattant (465 euros environ par an), mais qui voulaient l’utiliser pour des actions engagées. Avec plus de 400 adhérents, ils ont pu aider et fraterniser, en Algérie comme en Palestine, et intervenir dans les écoles « pour éveiller l’esprit de résistance ». Nous étions invités à la célébration de leurs vingt ans, le 17 mars à Mauges-sur-Loire. C’est une des grandes fiertés de LÀ-BAS que d’avoir, il y a vingt ans, contribué au démarrage de cette aventure. Une joie de se retrouver là et de retrouver l’ami RÉMI SERRES, l’un des quatre paysans qui a lancé cette superbe histoire.

  • SI J’AURAIS SU ! Un nouveau rendez-vous LÀ-BAS avec LAURENCE DE COCK CONTRE LA DESTRUCTION DE L’ÉCOLE PUBLIQUE DANS LE 93 ! Abonnés

    -

    Voir

    Laurence de Cock reçoit trois enseignantes du 93, Servanne, Louise et Amandine qui n’ont pas envie de laisser le pouvoir aux destructeurs de l’école publique. Leur but est clair : lutter à fond contre cette destruction, montrer les dégâts, et appeler toutes et tous à la castagne. Oui, entre privé et public c’est la vraie lutte des classes.

  • La revue de presse indispensable du vendredi On a des idées pour aider Bruno Le Maire à équilibrer les comptes publics Abonnés

    -

    Voir

    Alors qu’il y a encore quelques mois les principaux ministres du gouvernement renâclaient à répondre aux sollicitations du Journal du dimanche nouvellement contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a moins de pudeur quand il s’agit de promouvoir son dernier livre, le sixième depuis qu’il est en poste à Bercy. Une occasion rêvée pour se lancer dans une diatribe contre ce que la gauche a fait de pire : « nous devons remplacer l’État providence par l’État protecteur. Partout en Europe mais surtout en France, l’État providence a fini par devenir une machine à empiler de nouvelles dépenses publiques, sans examen de leur pertinence ni de leur efficacité, sans remise en cause non plus des dépenses précédentes. Nous devons reprendre la maîtrise de ce système devenu incontrôlable. Quel est en fait son but ultime ? La gratuité de tout, pour tous, tout le temps : c’est intenable ! » Sans craindre de se contredire, le pompier pyromane crie que les caisses sont vides en oubliant que c’est lui qui en est largement responsable, ministre des Finances qu’il est depuis sept ans. Petit rappel des faits.

  • Chaque mardi, Olivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #23 : « Strange Fruit » Abonnés

    -

    Voir

    « Les arbres du Sud portent un fruit étrange
    Du sang sur les feuilles, du sang sur les racines
    Un corps noir se balançant dans la brise du Sud
    Étrange fruit pendant aux peupliers »

    Une chanson peut-elle changer le cours de l’histoire ? À elle seule, peut-être pas, mais c’est sans doute ce qu’a contribué à faire cet étrange fruit, ce « strange fruit » chanté par Billie Holiday pour la première fois en 1939 au Café Society, à New York. À l’époque, Time Magazine qualifia la chanson d’« œuvre majeure de propagande musicale pour la NAACP », la fameuse organisation de défense des droits civiques aux États-Unis.

  • De l’usage ordinaire d’un certain journalisme : cloisonner les sujets pour taire l’indicible Abonnés

    -

    Lire

    Vous l’avez sûrement remarqué : ces jours-ci, le très social-démocrate président de la Cour des comptes Pierre Moscovici saute comme un cabri de plateaux télé en studios radio pour alarmer comme il se doit sur une indispensable réduction des dépenses publiques. Mardi 12 mars, notre prédicateur officiait en direct sur France Culture, émission après laquelle j’ai fait un mail à la rédaction où je m’agaçais de ce que personne ne fît remarquer à l’illustre argentier de gauche que la somme envolée en évasion fiscale dépassait quand même de très loin le chiffre qu’il brandissait en nécessaire et urgente réduction des dépenses. Jean Leymarie, éditorialiste politique et co-intervieweur ce jour-là, m’a poliment répondu ceci :

    « J’attache autant d’importance que vous à la question de l’évasion fiscale. La rédaction aussi. J’y ai consacré plusieurs sujets ces dernières années, et j’y reviendrai bientôt. Bien cordialement ».

    Ce qui est exact et certainement sincère. Et qui appelait donc une réponse un peu développée. La voici.

    Olive Laporte

Une sélection :

Avant le grand procès de Macron, le 07 mai, un tour dans les archives de Là-bas (juin 2006) BHL : LE PROCÈS DU POMPEUX CORNICHON Accès libreÉcouter

Le

Attendu par le monde entier, le Grand Procès de Macron aura donc lieu le 7 mai à la Bourse du travail de Paris à 18 heures. C’est le sixième procès du tribunal de Là-bas, créé en ...2003 à l’initiative du dessinateur CABU et de l’équipe de LA-BAS. Enregistrés au théâtre Dejazet à Paris devant des salles combles, d’importantes personnalités ont comparu : CHIRAC Jacques (2003) SARKOZY Nicolas (2005), KOUCHNER Bernard (2008), DSK Dominique (2011). C’est le procès du français le plus entarté au monde, LEVY Bernard-Henri dit BHL diffusé en juin 2006 que nous vous proposons de (re)découvrir aujourd’hui.

Le 13 mars 2010 Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas... FERRAT, C’EST NOUS TOUS ! Des chansons, des archives, des inédits… Accès libreVoir

Le

Il y a 13 ans, le 13 mars, Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas, car Ferrat, c’est nous tous. La montagne, c’est chez nous, les marins de Potemkine, c’est nos frères, ma môme, c’est la mienne, la nuit et le brouillard, c’est en nous, c’est nous qui ne guérissons pas de notre enfance, c’est nous qui aimons à perdre la raison.

Une série d’histoires dans les luttes pour l’émancipation, racontées par Olivier Besancenot Qui a inventé le 8 mars ? AbonnésVoir

Le

C’est maintenant à peu près acquis pour tout le monde, le 8 mars n’est pas la journée « de la femme », mais la « journée internationale des droits des femmes ». Un jour de manifestations et de grèves qui semble connaître un nouveau souffle avec le mouvement féministe récent, qui lutte autant contre les violences sexistes et sexuelles que pour réduire les inégalités salariales et améliorer les conditions de travail des métiers majoritairement exercés par des femmes. Mais saviez-vous qu’aux origines de cette journée du 8 mars se trouvait l’Internationale socialiste des femmes ?