France-Paraguay, ce samedi 4 juillet, un record d’audience historique, 12,2 millions à regarder le match en France. Et combien dans le stade immense de Philadelphie ? Et combien au total dans le monde ont repris La Marseillaise ? Qu’un sang impur abreuve nos sillons !
J’avoue que je ne m’y ferai jamais. Comme tous, je sais que c’est un hymne révolutionnaire contre la tyrannie, je salue tous nos patriotes et nos résistants qui sont morts face aux balles en chantant l’hymne sacré, devant ceux-là « qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes ».
Mais je ne m’y habitue pas. Quand La Marseillaise démarre aux terrasses, aux fenêtres, dans toute la ville, moi je fais tatin-tatin-tatin, quand la caméra nous montre chaque joueur en gros plan pour prouver que chacun chante et articule, moi je continue, tatin-tatin-tatin…
Comme la boulangère et mon marchand de légumes, j’aime bien cette équipe de France bigarrée et j’aime ce mot qui leur va bien. Bigarré : qui a des couleurs variées, qui est formé d’éléments disparates.
Et comme beaucoup, j’aime quand Kylian Mbappé emmerde le Front national ! « Je sais ce que ça signifie et quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays lorsque des gens comme eux arrivent aux commandes ». [1]
Il n’est pas le seul sportif à parler comme ça et ça fait du bien.
Tant qu’ils gagnent, bien sûr. S’ils perdent, ils deviendront des singes et des pédés. On fustigera ces insupportables supporters. On se demandera comment lutter contre le racisme en épargnant ceux qui le fabriquent et le propagent. En voilà un petit échantillon à travers les années. Dans l’année électorale qui vient, ils vont se dépasser, vous pouvez compter sur eux. L’homme est capable du meilleur et du pire mais c’est dans le pire qu’il est le meilleur.
Contre ça, nous avons un mot : bigarré.
Et la victoire en finale !

