Procès de Farida C. Deux mois de prison avec sursis ont été requis. Délibéré le 3 mai

« Mes mains ne blessent pas : elles soignent, et mes paroles réconfortent »

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« Mes mains ne blessent pas : elles soignent, et mes paroles réconfortent. » Parlant de son rôle d’infirmière, Farida a ému le tribunal et le public venu nombreux la soutenir ce lundi 22 février. Rappelons qu’elle était là pour répondre des faits d’outrage, de violences et de rébellion contre des forces de l’ordre, mais c’est l’épuisement des soignants et l’état désastreux de l’hôpital public qui était en question. Nous avions rencontré Farida en juin dernier :

Le crime de Farida, c’est d’avoir jeté deux cailloux en direction des flics, sans les atteindre, et d’avoir fait un doigt d’honneur : « oui, mais l’État doit prendre conscience des doigts d’honneur qu’il adresse à l’hôpital depuis des années, a dit Farida au tribunal, ça fait vingt ans qu’on est en train de voir l’hôpital dépérir. Quand je ne peux pas soigner mon patient, je suis frustrée et en colère. »

Sa colère, c’était le 16 juin dans la manif des soignants à Paris. Les images des policiers dans leurs armures s’y mettant à plusieurs contre une infirmière d’1,55 m, avec sa blouse blanche tachée de sang, ont été vues des milliers de fois. Les vidéos ont été projetées à l’audience. On entend Farida demander aux policiers : « donnez-moi ma Ventoline, je suis asthmatique ». Des images qui avaient suscité l’indignation générale, si bien que l’exécutif avait dû monter au créneau pour défendre ses braves forces de l’ordre contre l’infirmière terroriste.

Au tribunal, le commissaire explique que, dans la bagarre générale, il voit Farida à 10 ou 15 mètres : « elle vient prendre ces pavés, ces énormes morceaux de bitume qu’elle jette dans notre direction, elle nous insulte en nous traitant de putes à Macron, et de sales flics de merde. »

Là, la présidente du tribunal s’étonne :
— « Vous avez pu l’entendre distinctement à 15 mètres de distance ?
— Oui, distinctement. »

Malgré la finesse auditive du commissaire, le tribunal n’a pas été convaincu. Pour le procureur, ces injures ne sont pas assez caractérisées, mais il a tout de même requis une peine de deux mois de prison avec sursis contre l’infirmière. Le jugement sera rendu le 3 mai.

À la sortie, toutes les caméras et tous les micros entouraient Farida et son avocat. Juste à côté, un syndicaliste donnait à qui voulait son sentiment sur cette journée : « le seul procès qu’il faut faire, c’est le procès de la violence sociale. »

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Frédéric LORDON publie« Figures du communisme » aux éditions La Fabrique. Un entretien en deux parties Frédéric Lordon, le capitalisme nous détruit, détruisons le capitalisme (1/2) AbonnésVoir

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Il est remonté Lordon, et son bouquin vous remonte, un vrai coup de printemps dans cette odeur de renfermé et de renoncement flageolant. Angoisse, précarité, inégalités, réchauffement, asphyxie et maintenant pandémie. Ça fait beaucoup et c’est clair, le capitalisme détruit nos vies. On peut essayer de lui limer les griffes, lui mettre du caoutchouc sur les crocs, lui apprendre à manger de la salade, lui faire des petits bisous, il s’en fout. On en voit à gauche tout penauds, qui négocient comme au temps de l’esclavage on aurait négocié la longueur de la chaîne et le poids des boulets. Il faut choisir : ou bien on dit « un autre capitalisme est possible » et on le réforme et on le corrige et on lui trouve des chouettes idées et on le renforce. Ou bien on comprend qu’il nous mène au désastre général et qu’il faut tout changer. Tout en profitant de la période qui finit, celle du développement matériel, à nous d’inventer enfin l’histoire du développement humain. Voilà qui vous remet de l’air dans les bronches !

« On lâche rien », c’est eux qui chantent ça, les larbins du capitalisme, tous en chœur dans leurs Covid parties, on lâche rien sauf les chiens, sauf les chars. Les chars, oui. Lordon rappelle 1973 à Santiago du Chili, quand un vrai socialisme était là pour de vrai. On peut rappeler la Semaine sanglante, on peut rappeler ceux qui ont préféré Hitler au Front populaire, on peut évoquer les véhicules blindés qui furent envoyés par Macron contre les « gilets jaunes », et aujourd’hui la spéculation sur les vaccins qui va laisser pourrir des milliers d’êtres dans le monde. Et bien sûr, un capitalisme propre sur lui, bien déguisé en démocratie comme le loup qui se déguise en gentille grand-mère. Des élections, ah oui, très bien, à condition que les blancs bonnets remplacent les bonnets blancs, et le contraire aussi dans un affrontement passionnant. Mais pas davantage. Sinon revoyez les aventures de la Grèce en 2015. Tout le bouquin de Lordon peut se résumer à la phrase de Bertolt Brecht : « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, il est son évolution par temps de crise ».

Émission spéciale « Doléances et Résistances » en public HAYANGE, CEUX QUI FONT FACE AU FRONT [INTÉGRALE RADIO] AbonnésÉcouter

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C’est curieux, le maire d’Hayange n’a pas aimé notre affiche, il l’a fait arracher et même il l’a fait repeindre en bleu ! Lui qui aime tant le cochon, lui qui fait la Fête du cochon. Hayange est l’une des onze nouvelles villes conquise par le Front National lors des municipales de 2014. Ancien militant de Lutte Ouvrière et de la CGT,le jeune maire d’Hayange est devenu célèbre en se convertissant subitement à l’extrême-droite. Il est aussi très malin pour lancer des petites ou des grosses provocations qui font le beurre et le bonheur des médias qui viennent du monde entier dans cette ville de Moselle frappée par les politiques néo-libérales.