Il n’y a que l’Huma qui dit ça

Macron dépouille discrètement les personnes sous tutelle Abonnés

1

Le

Lundi 28 janvier, nous avons appris avec inquiétude l’étendue des difficultés financières auxquelles était confronté le journal l’Humanité. [1] Rien d’étonnant, après tout, la presse papier dans son ensemble traverse de violentes secousses depuis le décollage internet. Mais cette fois-ci, c’est grave : le journal de Jaurès pourrait disparaître. L’Humanité est en « cessation de paiement », placée sous la « protection » du tribunal de commerce de Bobigny, qui doit rendre son verdict ce jeudi 7 février. [2]

Ainsi depuis le début de la semaine dernière, toute la gauche et même une partie de la droite lancent des grands appels pour que l’Huma ne disparaisse pas. Evidemment, Là-bas s’associe à ces appels et apporte un soutien immodéré aux confrères de la rédaction de l’Humanité. Mais au lieu de nous contenter des grands appels au pluralisme de la presse, à la sauvegarde du patrimoine de la gauche française, nous voulions vous donner un exemple, concret, journalistique, de pourquoi l’Huma est absolument indispensable à l’information, et donc à la démocratie.

Saviez-vous qu’Emmanuel Macron avait, par un décret du 31 août 2018, modifié les modalités de financement des mandataires chargés de la protection juridique des personnes sous tutelle ? Avec, pour principal effet « de demander aux personnes accompagnées, dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté, de participer davantage au coût de leur protection » ? Que selon certains calculs, cette augmentation s’élevait à 340% pour une personne sous tutelle gagnant 850 euros par mois ? Non ? C’est normal. Il n’y a que l’Humanité qui en a parlé.

Voilà, rien qu’un petit exemple de ce qui différencie l’Huma du reste des quotidiens nationaux. Et qui signe son caractère indispensable. Quel autre moyen aurions-nous eu d’apprendre cette discrète entourloupe de Macron, sans l’Humanité ?

Quand Là-bas a été virée d’Inter, Christiane Taubira avait parlé de « mutilation de la pensée » [3]. Si on ne veut pas assister à un nouveau rétrécissement des idées autorisées, il est urgent de soutenir l’Humanité, même (et surtout) si on n’est pas communiste. C’est une question politique, démocratique, et surtout pas comptable. Alors rendez-vous le 22 février à la Bellevilloise, pour la soirée de soutien.

L’Humanité est un bien commun, plaçons-la sous protection populaire.

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Les Rendez-vous des Repaires

Dernières publis

Une sélection :

La bataille des retraites est lancée. Un entretien de Jérémie Younes avec Christophe Ramaux Comment Macron va baisser nos retraites AbonnésVoir

Le

Après la casse du code du travail et de la SNCF, la suppression des cotisations salariales et de l’impôt de solidarité sur la fortune, la prochaine grande régression sociale que nous propose Emmanuel Macron consiste à « réformer », une nouvelle fois, notre système de retraites. Ou plutôt, à l’affaiblir, afin de préparer l’entrée des compagnies d’assurance privées.

Avec Gérard Filoche Macron fait payer les mesures « gilets jaunes » par la Sécu ! AbonnésÉcouter

Le

Vous vous souvenez des quelques mesures « lâchées » par Emmanuel Macron, début décembre 2018, pour tenter de calmer les « gilets jaunes » ? Hausse de la prime d’activité, exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires, baisse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraites inférieures à 2 000 euros… Ce mardi 20 octobre, presque un an après, l’Assemblée nationale va voter le budget 2020 de la Sécurité sociale. Et que découvre-t-on, à l’article 3 du budget ? C’est la Sécu qui va payer les mesures « gilets jaunes » !

Reportage aux urgences de Chinon Colère dans le cathéter AbonnésÉcouter

Le

Les urgences hospitalières sont en grève depuis la mi-mars : un mouvement de grande ampleur lancé hors syndicats par le collectif L’Inter-Urgences, constitué notamment de jeunes professionnels du milieu hospitalier. Plus de 150 établissements sont mobilisés à travers la France. 10 000 nouvelles embauches, un salaire mensuel revalorisé de 300 euros : ce sont les principales revendications des urgentistes en grève. Notre reporter Dillah Teibi a passé quelques jours dans le service des urgences de l’hôpital de Chinon.