L’employé de la semaine de Là-bas (EXTRAIT de Didier Porte Hebdo)

Le plan du voiturier

Le

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Notre employé de la semaine dans la revue de presse de Didier Porte, c’est le petit Dany, le stagiaire de la rédaction, qui nous dévoile un bon plan Là-bas… ah, il ira loin, le gamin !

Vous êtes dans la galère, vous êtes dans la misère ? Voilà un bon plan pour en sortir, pour frimer et même pour vous balader en amoureux dans une bagnole de luxe le jour de la Saint-Valentin : c’est le plan du voiturier.

Il vous suffit d’une casquette de voiturier. Une belle casquette de voiturier, ça coûte à partir de 50 euros sur le net. Un petit investissement, mais qui vaut la peine… Mais si vous ne pouvez pas, faites-vous copain avec un voiturier qui vous prêtera la sienne un jour de congé.

Donc vous voilà avec votre casquette devant le resto super chic ou le palace plein de rupins. Et voilà une grosse BMW qui arrive, ou une Porsche Cayenne : vous ouvrez la portière à la rombière du gars, vous lui ouvrez sa portière à lui, et sans même vous regarder, il vous file ses clefs. Et là, à vous la liberté, à vous la Mercedes, à vous la grosse cylindrée ! En voiture Simone, cigare, champagne et radada !

Et après ? Vous aurez pris contact avec des spécialistes de l’évasion automobile qui vous en donneront un bon prix : une belle BMW, ça coûte 90 000 €, la Mercedes coupé 120 000 €, la Porsche Cayenne Turbo c’est 140 000 €. Même si on vous en donne 10% en liquide, ça vaut le coup.

Qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci Là-bas si j’y suis !

C’est génial, mais restons modestes, il faut d’autres idées contre la galère et la misère : en France, en 2017, selon la fondation Abbé Pierre, 141 500 personnes sont à la rue, dont plus de 30 000 enfants. Les personnes mal logées en France sont 3 798 000 [1]. Le nombre de logements vacants est de 2 995 000 [2].

Et puis rappelons le nombre de pauvres dans notre beau pays, selon l’INSEE : entre 5 et 9 millions selon les bases de calcul adoptées [3].

Et les bureaux ? Il y a 3,9 millions de mètres carrés de bureaux vides rien qu’en Île-de-France, c’est-à-dire l’équivalent de 132 000 studios de 25 m2

Voilà au moins 30 ans que le DAL se bat pour que dalle, l’oligarchie s’en fout. Une question : est-ce qu’on va continuer d’être gentil éternellement ?

Pour le logement, une seule solution : la réquisition !

On connaît tous une maison, un appartement vide depuis des années, que les propriétaires se gardent comme un bon gros placement alors que des familles avec des mômes couchent dans la rue. Pour réquisitionner un logement, il suffit qu’il soit vide depuis 12 mois. Pour trouver des locaux vacants, il suffit de voir du côté du compteur électrique, ou du compteur d’eau, ou même du téléphone.

C’est en principe le préfet qui décide de la réquisition, mais tout ça est bien mou, ça ne se fait pas beaucoup, les spéculateurs sont les plus malins et les plus forts, ils organisent la pénurie : ce qui est rare est cher, moins il y a de logement, plus ils s’engraissent gentiment.

Alors faisons nous-mêmes la réquisition ! Organisons-nous : on repère des logements vacants et on réquisitionne en même temps 50, 100, 200 logements, c’est possible ! On assure du côté eau et électricité avec des camarades compétents (ça existe !). Et pour ouvrir les portes ? On peut appliquer la méthode pied de biche et perceuse électrique, mais on peut aussi simplement appeler un serrurier : « Monsieur le serrurier, j’ai perdu mes clefs ! » Et hop, le serrurier vous ouvre la porte.

Et vous imaginez ? Allons-y, 500, 1 000, 2 000 logements d’un seul coup.

Et après ça, on peut discuter avec le propriétaire, on peut établir un bail, il y a des propriétaires très gentils, mais si, mais si… Et s’ils refusent ? On peut les pendre.

On va quand même pas être gentil éternellement, si ?

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    Salle d’audience 2.05 du tribunal de grande instance de Paris, à la porte de Clichy. « Vous trouverez facilement, c’est la cour des miracles », nous glisse un avocat. C’est tous les jours de la semaine, à 9h et 13h30, et c’est ouvert au public. Ici, vous ne risquez pas de voir Cahuzac ou Balkany, pas de cols blancs ni de barons voleurs, c’est la justice des pauvres, expéditive, violente, ici, c’est la misère qui comparaît.

    Selon une étude de 2008, la plus récente à ce sujet, 68,7 % des prévenus jugés en comparution immédiate sont sans ressources ou avec des ressources faibles.

    Et pas besoin de grands chiffres pour le savoir : il suffit de lire les récits de Dominique Simonnot, tous les mercredis, dans Le Canard enchaîné. L’année dernière, cette procédure de justice directe a été massivement utilisée contre les « gilets jaunes » : plusieurs centaines d’entre eux, arrêtés et placés en garde à vue le samedi, ont été jugés en comparution immédiate le lundi.

    Alors qu’un fossé se creuse entre l’institution judiciaire, de plus en plus perçue comme un instrument de sauvegarde de l’ordre social, et les citoyens, nous avons passé une journée ordinaire dans cet endroit loin du paradis. Pas de caméra, pas de photos, pas de micro, téléphone éteint : juste un crayon et du papier.

  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte essaie d’élever le débat grâce à Louis Sarkozy (mais c’est pas gagné) Abonnés

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  • Avec Gérard Filoche Macron fait payer les mesures « gilets jaunes » par la Sécu ! Abonnés

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LE CRIME EST PRESQUE PARFAIT. Entretien avec Fabrice NICOLINO PESTICIDES ? PAS DE SOUCI ! AbonnésVoir

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