Premier mai

Le bonheur de faire péter tout ça !

Le

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Théophile Alexandre Steinlen, 1894


C’est le jour d’en prendre de la graine. Il y a 140 ans, à Chicago, des travailleurs perdaient la vie pour la gagner. Pour gagner un triangle rouge. Un côté pour les huit heures de travail, un côté pour les huit heures de sommeil, un côté pour les huit heures pour la vie. Une révolution. Ceux qui leur faisaient tirer dessus étaient de la même espèce que ceux d’aujourd’hui. Nous les avons fait reculer, mais ils reviennent toujours, déguisés autrement, ils arrivent par derrière, mêmes chiens de garde, même sourire de serpent, même sac de farine pour nous rouler dedans.

La fête des travailleurs, Pétain en avait fait la Fête du travail, il avait enlevé le rouge de l’églantine qu’on marie au muguet. Églantine ou aubépine ? C’était un débat quand j’étais gamin dans notre banlieue rouge. Mais il fallait toujours un petit ruban rouge avec ton muguet pour emmerder Pétain et sa descendance.

La fleur rouge, c’était aussi à la mémoire de Maria Blondeau, tuée dans la manif du 1er mai 1891 à Fourmies avec son compagnon Kléber Giloteaux, les « fiancés du 1er mai » morts parmi les neufs morts et les 35 blessés, le tableau de chasse des vaches d’en face. Retailleau, Macron , Attal, ou Hollande, ils sont toujours là. Là-bas c’est Trump, Hegseth, Elon Musk, etc. Et partout dans le monde, règne leur Internationale à eux.

Mais pas question de plier. Déprimer c’est collaborer, c’est se coucher avant que les violeurs n’entrent dans la pièce.

On ne perd pas toujours, on n’a pas toujours perdu. Le 1er Mai raconte aussi les victoires et les progrès.

Résistance, ni martyre ni musée, résistance !

Le 1er mai, c’est le jour d’en prendre de la graine.

Daniel Mermet

P.S. Voilà un superbe Premier mai avec des tubes et des perles à reprendre en chœur !

Le bonheur de faire péter tout ça ! [30 avril 2004]
Voilà un superbe Premier mai avec des tubes et des perles à reprendre en chœur.

programmation musicale : Jacqueline Danno, Il est cinq heures
Champi avec les chœurs des grévistes de la Nouveauté, Chanson de grève
Compagnie Jolie Môme, Son bleu
Pete Seeger, Eight-Hour Day
Denis Cacheux : Le Grand métingue du Métropolitain
Chicho Sanchez Ferlosio, Libertad A Durruti
Marty, L’impôt sur les feignants
Gaston Ouvrard, L’Internationalisation
Mireille et Jean Sablon, Fermé jusqu’à lundi

Sur notre site

À lire

  • Réponse à Marie-Yvonne Oizan-Chapon suite à notre chronique du Premier mai

    Couvrez ce sein… Accès libre

    Lire
    Cette lithographie de Théophile Steinlen (1859-1923) figurait à la « une » du journal Le Chambard socialiste le 17 mars 1894, signée « Pierre », nom de presse de Steinlen. Entre un paysan (la faux) et un ouvrier (le marteau), avec à (…)

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Faut-il avoir foi dans sa propre parole pour penser qu’en douter menace pareil édifice. Ainsi va l’hégémonie culturelle, pleine et entière. Habitée par sa mission : ici le doute n’a pas sa place. Légitime à dire le réel, la bourgeoisie médiatique dispose d’un droit endogène sur les choses du Vrai. Sa pensée souveraine distille une raison qu’elle assume chimiquement pure. Elle sait, la fake news c’est les autres. Elle les a nommés : complotistes, populistes, anti-système – la barrière est précise, infranchissable ; ne souffre nulle conteste. La bourgeoisie médiatique n’est pas du bon côté, elle est le bon côté – de façon native, propriétaire. C’est de bon droit qu’elle parle. Elle parle, on l’écoute : que vous faut-il de plus. Et la voilà piquée lorsque la multitude vient lui gâcher la fête.

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perchée

Ça lui va bien perchée, ça fait oiseau, oiseau excentrique, oiseau dingo qui va d’une branche à l’autre, d’un ciel à l’autre à sa guise en chantant bien au-dessus des sentiers battus, exactement là où on ne l’attend pas et où elle ne s’attend pas non plus elle-même.

Déconcerter, c’est résister, les résistants l’oublient.

Créer, inventer, perturber, tout ça s’oppose aux conservatismes, au maintien de l’ordre et à la glu réactionnaire qui nous colle de partout.

LA GRANDE MANIF DE DROITE. Un PODCAST historique ! LA GAUCHE EST FOUTUE, LA DROITE EST DANS LA RUE ! Accès libreÉcouter

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LES HOMMES DEVANT, LES FEMMES DERRIÈRE !

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LES RICHES À VERSAILLES, LES PAUVRES SUR LA PAILLE !

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Voilà quelques-uns des slogans de la GRANDE MANIF DE DROITE à Paris le 12 juin 2007. C’était juste après la victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai et son discours triomphal place de la Concorde.

Enfin la vraie France osait s’exprimer dans la rue pour dire tout son rejet de l’esprit pervers et destructeur de MAI 1968 qui avait amené le pouvoir socialo-communiste de 1981. Cette MANIF de DROITE, à la fois acte de résistance et de vérité, fut une renaissance qui allait ouvrir la porte à la France qui vient !