L’île du droit à la caresse

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S’effleurer, se toucher, se caresser, se serrer, s’étreindre, se pénétrer. Voilà la vie. Bien avant la voix, avant le regard, avant le flair, avant tout, il y a ces gestes. De loin d’abord, salut, adieu, coucou, puis on s’approche, vous dansez ?

Partout, n’importe où, depuis la nuit des temps et même pendant, comme autant de langages différents, comme autant d’alphabets, selon les époques et selon les cantons du monde, selon qu’on est du fleuve ou du delta, de Châteauroux ou de Bahia, on ne confond pas s’embrasser et s’embraser, s’enlacer et se lasser, s’étreindre et s’éteindre, mais toujours et partout, de la chair de poule à la fleur de peau, la vie commence par la caresse.

Or, manque de pot, depuis des semaines, nous sommes en manque de peau. Et de tous les manques, celui-là restera peut-être le plus marquant. Nous nous évitons, nous nous méfions des autres, ah, oui, vraiment , l’enfer, c’est les autres. Gardez vos distances. On ne sait quel crétin officiel a trouvé l’expression « distance sociale ». Comment retrouver la fusion de la manif, les grappes humaines du « tous ensemble », la grande partouze de la lutte après ça ?

En attendant, pour rebondir, voici une histoire d’île et de caresses.

On dit que pour fuir le virus, des milliardaires achètent des îles désertes. Il y a un marché de l’île déserte. Mais je préviens ces gros rupins, l’île du droit à la caresse n’est pas à vendre. Pourtant, c’est une île qui existe, puisque je l’ai inventée. C’était pour faire rire mes enfants, il y a pas mal de temps, et faire rire les gens qui écoutent le poste. Par la suite, c’est devenu un livre réalisé par le génial et regretté Patrick Couratin, traduit dans plusieurs langues, avec de somptueux dessins de Henri Galeron.

J’ai pensé que ça vous plairait en ce moment, cette histoire. C’est plus qu’une histoire, c’est un projet, c’est un projet révolutionnaire, ne le répétez pas, nous nous battrons jusqu’au bout, dans le monde d’après, la caresse comme la paresse seront des droits !

Mais d’abord – et cela non plus, ne le répétez pas –, nous achèterons un marteau neuf pour taper sur les doigts des imbéciles qui utilisent les mots que nous avons remplis d’un sens trop fragile.

Daniel Mermet, 22 avril 2020
[RADIO] L’île du droit à la caresse [INTÉGRALE]

Programmation musicale :
- CocoRosie : Candyland

conte : Daniel Mermet
réalisation : Yann Chouquet et Jérôme Chelius

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    Les égoutiers sont en tête parmi les « premiers de corvée ». Ils sont fortement exposés à un nombre incalculable de bactéries et à des maladies graves, comme la leptospirose, qui s’attrape par l’urine de rat, ou l’hépatite E qui s’attaque au foie. Ils ont une espérance de vie inférieure de sept ans à la moyenne des Français, et même de dix-sept ans par rapport à un cadre. Aujourd’hui, face au virus présent dans les eaux usées, ils demandent des protections et des garanties. Sans réponse, ils se sont mis en grève.

    Pendant le confinement, à Paris, ils étaient quarante en service à nettoyer nos égouts, en échange de leur salaire bien sûr et d’une prime. Mais depuis le 11 mai – le début du déconfinement –, ils sont tous appelés à reprendre le travail. Ils sont 285 à Paris. Sauf que, des études l’ont montré, les eaux des égouts, qu’on appelle les eaux usées, ont été fortement contaminées par le coronavirus. Maintenant que le pic de la pandémie est derrière nous, ces eaux usées sont-elles toujours contaminées ? Un peu ? Beaucoup ? Il n’est pas rare qu’un égoutier se prenne des projections d’eaux usées dans les yeux, donc ce serait bien de le savoir. Et pourquoi la mairie ne s’est-elle pas empressée de trouver des protections adaptées pour ces égoutiers ?

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  • TETSU : dessins des QUE et des Q CONNAISSEZ-VOUS TETSU ? Abonnés

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    « Mes personnages sont des gens sérieux qui se sont mis dans des situations bizarres. » C’est ce que disait Tetsu de ses dessins.

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    En réalité, Tetsu s’appelait Testu, Roger Testu. Il avait fait différents boulots, directeur dans la distribution de la presse, patron d’une savonnerie, marchand de tableaux et en 1951, à presque 40 ans, il s’est mis à peindre, puis à dessiner. Un grand succès, des livres, des prix, il n’a pas arrêté, il aurait fait 20 000 dessins. À 94 ans, en 2008, il a refermé son encrier. Il a fait l’admiration des meilleurs, Willem, Siné, Lefred-Thouron ou Topor, qui disait : « Gloire à Toi / Ô Tetsu / Dont la plume ne nous a jamais déçus ».

  • Chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte tenté par le reconfinement Abonnés

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    Pas de Didier Porte cette semaine, il profite du pont de l’Ascension pour se reconfiner provisoirement sur son yacht. En attendant son retour, Didier a demandé à notre « employé de la semaine » quasi permanent, Jonathan Duong, de le remplacer au pied levé pour cette revue de presse hebdomadaire. Au menu cette semaine :
    - coronawashing, suite, les marques voient enfin le bout du tunnel avec ce déconfinement synonyme pour elles de réouverture des magasins ;
    - contrairement aux idées reçues, certains bourgeois aussi ont souffert du confinement, essentiellement à cause de l’absence de personnel qui est habituellement à leur service ;
    - et un hommage à Michel Piccoli.

  • Comment en est-on arrivé là en si peu de temps ? Voilà la réponse dans une super BD ! LA GRIPPETTE DU PANGOLIN Abonnés

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    C’est passé si vite… Une histoire de pandémie, de confinement et de résidence secondaire : voilà qu’un éternuement de pangolin en Chine fait trembler le monde entier. Enfin, presque le monde entier. Parce qu’en France, la clairvoyance présidentielle nous a évité de tomber dans la panique, puis de paniquer parce qu’il était temps. De ne pas porter de masques inutiles, puis de porter des masques indispensables. De confiner, de déconfiner. On passe son temps sur Internet à essayer de comprendre ce qui nous tombe sur la tête et on finit noyé sous le flot d’informations continues. Alors arrêtons-nous un instant. Prenez le temps – grâce à Mathieu Colloghan – de regarder ce qui s’est passé depuis le rhume du pangolin.

Une sélection :

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Par les temps qui courent, incertains, ouverts au pire comme au meilleur (et à l’abus de clichés idiots, déjà comme je le prouve lamentablement en cet instant même), il est fortement recommandé de se moquer des puissants (ça apaise), en premier lieu évidemment de nos dirigeants, tous plus à la ramasse les uns que les autres, mais aussi et surtout de ceux qui nous dirigent vraiment (attention, irruption imminente d’un cliché odieusement populiste), à savoir les puissances d’argent.

Pour Gérard FILOCHE, MACRON fait plus fort que PÉTAIN ! La plus violente attaque contre le code du travail depuis 75 ans AbonnésÉcouter

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Profitant de la panique générale, Macron et sa bande imposent une série de « lois d’urgence sanitaire » qui constituent une attaque monstrueuse contre le code du travail. Parfaite mise en œuvre de la « stratégie du choc », ces lois prétendument provisoires risquent de passer ensuite dans le droit courant. Même si c’est difficile, c’est maintenant qu’il faut résister, sinon ce sera le retour à la normale, mais en pire.

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« Misérables égoutiers ! » C’est comme ça que l’avocat Richard Malka qualifie ceux qui ont publié les photos de son client Benjamin Griveaux. Une insulte pour les égoutiers, au moment même où ils se battent contre la réforme des retraites qui va repousser l’âge du départ, alors que les risques et la pénibilité de leur métier sont depuis longtemps reconnus. Un reportage avec les égoutiers en lutte contre ce mépris révoltant.