Pour beaucoup, Le Temps des cerises est une chanson qui commémore la Commune de Paris. Peut-être parce que son auteur, Jean Baptiste Clément, en fut un membre actif, y compris les armes à la main, sur les barricades. La chanson, pourtant, précède la Semaine sanglante, elle a été écrite en 1866, et elle rencontrait déjà un grand succès avant 1871. Retour sur cette chanson qui alimente l’imaginaire de la gauche depuis 150 ans, d’Yves Montand à Joan Baez, de Juliette Gréco à Leny Escudero, jusqu’à… Coluche.
Jean Baptiste Clément, Le Temps des cerises, 1966
Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous en serons au temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur
Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant
Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Évitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d’amour
J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et dame Fortune, en m’étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

