En décembre 1988 sort l’un des plus célèbres albums d’Higelin, Tombé du ciel, vendu à plus de 400 000 exemplaires, certifié disque de platine. Si tout le monde connaît la chanson qui a donné son nom à l’album et qui a confirmé la très grande popularité du chanteur, peu de gens se souviennent que la face B contient une chanson anticoloniale. Interprétée avec la chanteuse d’origine kabyle Djura, Le Drapeau de la colère rappelle les engagements de ses interprètes. Cette semaine, Olivier Besancenot rend hommage à Jacques Higelin et à Djura.
Jacques Higelin et Djura, Le Drapeau de la colère, 1988
Je te vois dans la nuit des temps
Visionnaire occidental
Bâtir à l’ombre des cathédrales
L’empire d’un dieu tout puissant
Dont le pouvoir allait s’étendre
Jusqu’aux remparts de l’Orient
Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du guerrier
Je te vois dans la nuit des temps
Missionnaire occidental
Ouvrant les portes de l’Eldorado
Aux invasions coloniales
Je te vois portant le fléau
Sous la bannière et la croix
Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du paria
Qui se bat pour défendre ses frères
Pour qu’on respecte ses droits
Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du paria
Qui se bat pour défendre ses frères
Pour qu’on respecte ses droits
Je vois le drapeau de la colère
J’entends battre le tambour
Née d’un sourire du sable
Sur les lèvres du vent
Je suis celle que l’amour illumine
Je suis celle qui ranime
La flamme de ta foi
Dans les déserts hostiles de l’Occident
Je suis celle dont l’ombre du regard
S’étend jusqu’aux frontières de tes racines
Je te vois dans la nuit des temps
Visionnaire occidental
Bâtir à l’ombre des cathédrales
L’empire d’un dieu tout puissant
Je te vois porter le fléau
Sous la bannière et la croix
Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du paria
Qui se bat pour défendre ses frères
Pour qu’on respecte ses droits
Devant le drapeau de la colère
Dans le poing du paria
Qui se bat pour défendre ses frères
Pour qu’on respecte leurs droits

