D’« Octobre » à En Marche, cent ans de propagande Abonnés

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« Ce n’est pas une image juste, c’est juste une image. » Godard, pour le coup, voyait juste. À chaque idéologie sa propagande, à chaque propagande son film mythique, fondateur. Le suprémacisme blanc aux États-Unis a eu Naissance d’une nation de D. W. Griffith en 1915. Le communisme en URSS a eu Octobre de Sergueï Eisenstein et Grigori Aleksandrov en 1927. Le nazisme en Allemagne a eu Le Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl en 1935.

Mais c’est fini tout ça. Aujourd’hui, on en rigolerait. Sauf que… Sauf qu’à y regarder de plus près, Les Coulisses d’une victoire, ce documentaire qui retrace la campagne d’Emmanuel Macron, diffusé sur TF1 le lendemain même de sa victoire à la présidentielle, c’est un peu la même chose, en fait, non ?

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chronique : Gérard Mordillat
journaliste : Jonathan Duong
réalisation : Kévin Accart
image : Cécile Frey
son : Alexandre Lambert

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Dossier : Octobre 17

Qu’est-ce que vous préférez, l’étoile rouge ou le couteau entre les dents ? Le 20ème siècle s’est construit et s’est déchiré sur ces deux images engendrées par la Révolution d’Octobre 1917, admiration aveugle ou rejet épouvanté, espoir ou repoussoir. La page est tournée aujourd’hui, les dix jours qui ébranlèrent le monde ne mettent plus le feu aux tempes. Pour ce centième anniversaire, on entend juste le bruit des pantoufles des éditorialistes qui nous rappellent que Lénine, c’est comme Staline, et Staline, c’est comme Hitler, et Mélenchon, c’est comme Le Pen.

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  • Que faire de 1917 ?

    « Une centaine d’années plus tard, la révolution russe mérite d’être dégagée du mausolée ou de la fosse commune où l’ont respectivement enterrée le stalinisme et le capitalisme », écrit Olivier Besancenot. C’est donc à une contre-histoire de 1917, ce moment « qui a incarné un immense espoir politique », que s’est attelé le porte-parole du NPA, deux fois candidats à la présidentielle pour la LCR. Dans son livre, il a voulu redonner toute la place au véritable héros de cette période, « le peuple russe (…) qui s’est dressé contre le tsarisme et la guerre ». Il est question de liberté, d’émancipation et de l’espoir d’un affranchissement toujours aussi vifs hier qu’aujourd’hui.
  • Octobre 17, la révolution trahie

    Le centième anniversaire d’octobre 1917 est l’occasion pour les éditions Lignes de rassembler les textes de Daniel Bensaïd qui n’a cessé d’effectuer « un retour critique sur la révolution russe ». Entreprise nécessaire aux yeux de ce théoricien de trotskysme mort en 2010 qui s’est toujours intéressé à cet évènement considérable dont le vingtième siècle a dépendu. Parce que pour lui, l’avenir dépend de ce que nous faisons du passé. Parce qu’il a cherché à distinguer cette révolution de sa terrible postérité antirévolutionnaire, bureaucratique et stalinienne avec laquelle on s’est employé à la confondre. Ce livre est présenté par Sophie Wahnich.
  • Les Russes, l’esprit d’un peuple

    Historien, spécialiste de la Russie et de l’Union Soviétique, Marc Ferro a été un des premiers à avoir accès, en URSS, aux archives du Parti Communiste. Lors de ses nombreux voyages et recherches, il a vécu le stalinisme, la perestroïka, les bouleversements politiques et la vie quotidienne d’un peuple qu’il connait très bien. 2017 est l’occasion de parler de la Révolution de 1917 et du régime soviétique, apporter sa propre analyse et évoquer quelques souvenirs personnels, conversations avec les témoins de cet évènement considérable.
  • 10 jours qui ébranlèrent le monde

    « Il est temps que toi et les autres connaissiez la véritable situation politique en Russie en ce moment crucial. » écrit, en octobre 1917, John Reed à un de ses amis. Le journaliste américain qui avait parcouru le Mexique révolutionnaire et l’Europe en guerre, se trouve à Petrograd quand éclate la révolution soviétique. Il la vivra aux côtés de ceux qui la font. De retour aux États-Unis, John Reed rédigera ces 10 jours qui ébranlèrent le monde, texte qui deviendra un best-seller. Il y raconte le tourbillon révolutionnaire dans lequel on peut se perdre tant la densité des évènements est forte, les retournements de situations sont nombreux et les acteurs multiples. Le centenaire de la révolution d’Octobre est l’occasion d’une nouvelle publication de ce monument de journalisme. Avec, en prime, des textes inédits de John Reed, correspondance, articles, récits et documents iconographiques… Lire la suite

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Les Rendez-vous des Repaires

  • Le transhumanisme veut améliorer les capacités humaines, qu’elles soient physiques ou mentales. Son ambition est de fabriquer un être humain supérieur, artificiel, voire immortel. Le modèle de l’homme devient la machine et celui du cerveau l’ordinateur. Le mouvement transhumaniste est sujet à de (...)

  • Pour ce café repraire d’Octobre à Vierzon, deux villageois de Tarnac viendront nous raconter leur histoire, et leur point de vue sur le traitement médiatique de l’affaire du groupe de "Tarnac". Venez nombreux

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Une sélection :

Mourir pour des idées, un mythe dépassé ? Deux entretiens de Daniel Mermet avec Arthur et Siyah « – Tu as tué ? – Oui, sans doute. » Témoignages exclusifs de combattants français contre Daech AbonnésÉcouter

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Djihadistes, islamistes, on a beaucoup parlé de ces Français radicalisés partis combattre aux côtés de Daech, mais beaucoup moins des autres, de ces volontaires français qui, au contraire, sont allés se battre contre Daech, contre l’État islamique, aux côtés des Kurdes du Rojava. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Quel est cet anarcho-communo-féminisme dont ils se réclament ? Quel est ce Rojava pour lequel ils se disent prêts à mourir en martyr ? Écoutez les témoignages de deux d’entre eux, deux parcours, deux engagements, à l’heure où « mourir pour des idées » semble un mythe dépassé.

[TEXTES À L’APPUI] Entretien avec Cornelius Castoriadis (novembre 1996) LE TRIOMPHE DE L’INSIGNIFIANCE Accès libreLire

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Il y aura vingt ans cette année, nous avons diffusé cet entretien avec Cornelius CASTORIADIS, quelques mois avant sa mort, un entretien fondamental et lumineux, qui est devenu une référence et une source d’inspiration pour beaucoup d’auditeurs de LÀ-BAS.

En voici la transcription dans la collection des TEXTES À L’APPUI que nous vous proposons désormais.

CONTRE L’ÉCOLOGIE DE MARCHÉ (RADIO 50’51) ANDRÉ GORZ, LEUR ÉCOLOGIE ET LA NÔTRE Accès libreÉcouter

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« Une politique écologiste est une politique nécessairement anticapitaliste » Dés le début des années 70, André GORZ, le père spirituel de l’écologie politique, dénonçait la récupération de l’écologie par la puissance capitaliste. La COP21 a montré la totale domination des grandes entreprises sur les États. On dit merci à EDF, Exxon, BNP-Paris Bas, Chevron et tout leurs amis qui ont financé la conférence. Grâce à vous désormais les tigres ne mangeront que de la salade verte. Pour ceux qui en douteraient, nous vous proposons cette heure avec André GORZ (...)

Entretien, Daniel Mermet avec Christophe Fourel. (Archives de l’émission « À voix nue » (France Culture, Marie-France Azar, 1991).