Connaissez-vous Théophile Alexandre Steinlen ?

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Si vous ne le connaissez pas, sachez que les chats le connaissent. Surtout les chats noirs. Sur les toits, sur les tombes, sur les gouttières, ils en parlent encore, surtout les chats de Montmartre, vers la rue Caulaincourt, sa maison s’appelait Cat’s cottage. Pourtant il n’était pas anglais, il était né à Lausanne en 1859.

Peintre, graveur, illustrateur, affichiste, sculpteur, il fut un des artistes parmi les plus populaires de son temps, dans le tourbillon de 1900, dans ce que ces vaches de bourgeois appelaient la « Belle Époque ». Il a montré le contraire. La misère, la galère, la guerre, les ouvrières, le paysan qui tire la charrue devant le gros propriétaire ventru. Mais attention, il n’incite pas à la compassion ni à la charité, mais à la lutte, à la différence de la plupart de ses congénères, les artistes dont cette même bourgeoisie gloutonne allait faire une bohème d’opérette, pittoresque et inoffensive. Steinlen est un libertaire, dans l’esprit d’Élisée Reclus ou de Camille Pissaro. Il fréquente les anciens communards, il rend hommage à Louise Michel, il illustre L’Internationale de Degeyter et Pottier. Anarchiste oui, mais proche aussi des socialistes et des communistes de ce temps-là, il raconte cet élan puissant et profond que la guerre en 14 allait ruiner pour longtemps.

Le Montmartre où il vit, pauvre et vivant, plein de guinguettes, de jardinets et de baraques, c’est là qu’est née la Commune de Paris, le 18 mars 1871, quelques années avant qu’il n’arrive à Paris en 1881. Dans son dos, jusqu’à sa mort en 1923, s’accomplira ce crime des revanchards contre le peuple de Paris, pour expier les crimes de la Commune, la construction du Sacré-Cœur, cette verrue qui attend toujours ses dynamiteurs.

Si Steinlen tient la route, c’est grâce à sa merveilleuse maîtrise du dessin et grâce à sa puissance d’expression qui désarçonne même ses adversaires. C’est l’âge d’or du dessin. La presse se développe, la photo est encore limitée, les revues satiriques fleurissent. C’est le temps des chansons de cabaret, le temps d’Alphonse Allais, de Jean Richepin et de Charles Cros avec son Hareng saur. C’est le temps d’Yvette Guilbert, d’Aristide Bruant et du Chat noir, un dessin de Steinlen, le plus fameux. Steinlen dessine le peuple et les chats. Des centaines de dessins, peintures, lithographies, sculptures de chat. Comme pour dire, il n’y a pas que ça. Il ouvre d’autres portes et d’autres fenêtres. Il jongle avec les styles. Le dessin rapide à la mine de plomb, dans la rue à la volée, sur un carnet. Les aplats modern style pour les affiches ou pour torcher une réclame pour une marque quelconque. Et il revient au social, aux inégalités, à la survie, à la guerre. Il sait lire et dire les corps, l’attitude, l’affaissement, l’élan, le poids du malheur, la résolution, il touche le cœur d’abord, les titres de ses dessins en disent long, Les Petits martyrs, La Blanchisseuse, Les Prolétaires, Les Mineurs, Le Locataire, Les Veuves de Courrières, Le Cri des opprimés ou la libération.

On ne peut pas évoquer Steinlen sans parler de Masseida, une jeune danseuse africaine qu’il rencontre en 1911, après la mort de sa femme. Elle devient sa gouvernante, puis son modèle, puis sa compagne. Les dessins et les toiles qu’elle lui inspire ouvrent des perspectives nouvelles. Leur histoire enfièvre les contes et légendes de Montmartre. Elle a 22 ans et lui 52, il dessine et il peint son dernier amour.

Mais presque tout Steinlen est dans Le Baiser de 1895, où l’on peut voir les signes annonciateurs de la période dite « bleue » de Picasso. Steinlen aurait inspiré Picasso ? Pourquoi pas. L’art est un long fleuve pas tranquille du tout. Avec des chutes, des écueils, des barrages, des truites et des noyés. Les artistes s’agrippent les uns aux autres. Picasso est devenu une divinité écrasante, une divinité de pèlerinage culturel qui n’a rien à voir avec Picasso. Steinlen est un petit maître, un caricaturiste, bien trop populaire pour le beau monde et les beaux musées. Tant mieux, il est moins intimidant. « Tout vient du peuple, tout sort du peuple et nous ne sommes que ses porte-voix », dit-il. Peintre du peuple et des chats, le poing serré, le cœur ouvert, Steinlen n’est pas un ténor d’opéra avec des grands airs, c’est un chanteur de rue, comme celui qui passait dans la cour de la rue Berthe en tournant sa manivelle :

« C’est la musique incomprise
Qui fait vomir et qui grise
Et qui tue…
À la fin, on s’y habitue
 [1] »

Daniel Mermet

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Théophile Alexandre Steinlen, Tournée du Chat noir, 1896

Théophile Alexandre Steinlen, Chat sur un fauteuil, 1900-1902, huile sur toile, 46,2 cm × 55 cm

Théophile Alexandre Steinlen, Chat et chatte, 1903

Théophile Alexandre Steinlen, L’Apothéose des chats à Montmartre, 1905

Théophile Alexandre Steinlen, Il n’y est pas ! Sûr c’est un lapin ! il devait me donner un louis aujourd’hui

Théophile Alexandre Steinlen, Filles et souteneurs au Moulin Rouge, Buenos Aires, musée national des beaux-arts d’Argentine

Théophile Alexandre Steilen, Poilu, 1917, Paris, musée d’Orsay

Théophile Alexandre Steinlen, Sans famille, 1916

Théophile Alexandre Steinlen, La Marseillaise, 1915

Théophile Alexandre Steinlen, Gare de l’Est, estampe, 1916-1917

Théophile Alexandre Steinlen, L’Exode - 1915, 1915

Théophile Alexandre Steinlen, Des Sénégalais passent, 1917, Bibliothèque nationale de France

Théophile Alexandre Steinlen, Escouade sous la pluie, 1917, estampe, Bibliothèque nationale de France

Theophile Alexandre Steinlen, Les Internés. Entrée dans les geôles allemandes, 1915, estampe, Bibliothèque nationale de France

Theophile Alexandre Steinlen, Les Internés.Sortie des geôles allemandes, 1915, estampe, Bibliothèque nationale de France

Théophile Alexandre Steinlen, Aujourd’hui, 1894

« MIMILE par Jean Richepin », couverture de Gil Blas, 10 juin 1894

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Jean Richepin, La Chanson des gueux, édition intégrale décorée de 252 compositions de Steinlen, éditions d’art Édouard Pelletan, Paris, 1910

Théophile Alexandre Steinlen, Les Pauvres gens, 1914, estampe

Théophile Alexandre Steinlen, Les Trimardeurs, 1913

Théophile Alexandre Steinlen, Chemineau sous un ciel d’orage, 1914

Théophile Alexandre Steinlen, Les Trieuses de charbon

Théophile Alexandre Steinlen, Dans l’omnibus

Théophile Alexandre Steinlen, Tu t’en iras les pieds devant !, 1895

Théophile Alexandre Steinlen, Le Petit Sou, journal de défense sociale, 1900

Théophile Alexandre Steinlen, Vision de Paris, vers 1898, peinture en grisaille sur toile, esquisse, musée d’Orsay

Théophile Alexandre Steinlen, Deux femmes, Bibliothèque nationale de France

Théophile Alexandre Steinlen, 1930, Bibliothèque nationale de France

Théophile Alexandre Steinlen, Le Rêve d’une mère, 1897

Théophile Alexandre Steinlen, 1921, Bibliothèque nationale de France

Théophile Alexandre Steinlen, 1914

Théophile Alexandre Steinlen, Les Deux modèles nus, 1902

Théophile Alexandre Steinlen, Aicha, 1917

Théophile Alexandre Steinlen, Nu de profil

Théophile Alexandre Steinlen, Le Baiser, 1895

Théophile Alexandre Steinlen, Le Baiser

Théophile Alexandre Steinlen, Le Baiser

Théophile Alexandre Steinlen, Le Baiser

Théophile Alexandre Steinlen, Le Baiser

Pablo Picasso, L’Étreinte, 1900

Théophile Alexandre Steinlen, Autoportrait, encre sur papier, 13,5 x 11,5 cm

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Notes

[1Jules Depaquit, L’Orgue de Barbarie.

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  • « Se mettre en lutte est une victoire » : ÉPISODE 06 PAROLES DE « GILETS JAUNES » : « on parle avec des personnes très racistes ou avec des papys très mignons » Abonnés

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    Me voilà au centre-ville de Morlaix, avec ses belles maisons à colombages. Quand j’étais dans le campement des « gilets jaunes » du côté du rond-point du Leclerc, sous la petite cabane qui prenait le vent, il y avait une petite jeune fille qui a dû partir très vite et qui avait envie qu’on se revoie. Nous avons rendez-vous dans un bar, « L’Aurore », sous la pluie. Il y a trois jeunes en terrasse, elle n’est pas venue toute seule, c’est Awena.

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  • TOUT UN ÉTÉ LÀ-BAS Qui cache son fou, meurt sans voix Abonnés

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    La folie fait peur, la folie du fou, la folie de l’autre, mais aussi la folie du fou qu’on a en nous. En France, douze millions de personnes sont touchées chaque année par une maladie mentale. Un français sur cinq. Rien que la dépression affecte 2,5 millions d’entre nous. Or dans les hôpitaux, à Rouvray, à Amiens, comme ailleurs la machine gestionnaire a pris le pouvoir, la situation se dégrade autant pour les patients que pour les familles et les soignants. Jusqu’où ?

  • TOUT UN ÉTÉ LÀ-BAS Connaissez-vous Gerhard Haderer ? Abonnés

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    On ne remerciera jamais assez le cancer et Jésus.

    Oui, tout d’abord, merci au cancer. Car s’il n’avait pas eu un cancer en 1985, à 34 ans, Gerhard Haderer aurait eu la vie indigente d’un « créateur » publicitaire. Or, c’est lorsqu’il fut opéré (et guéri) qu’il a tout laissé tomber et s’est tourné à fond vers le genre de dessins que vous allez (re)découvrir, si puissants, si violents qu’ils se passent de tout commentaire, à part quelques gloussements, quelques éclats de rire et pas mal de silences dans le genre grinçant.

    Ensuite, merci à Jésus. Et surtout à Monseigneur Christoph Schönborn, cardinal, archevêque de Vienne. En 2002, Gerhard Haderer publiait La Vie de Jésus, un surfeur drogué à l’encens, ce qui faisait un peu scandale dans la très catholique Autriche, si bien que le cardinal archevêque, hors de lui, crut bon de donner l’ordre à l’auteur de présenter ses excuses aux chrétiens pour avoir ridiculisé le fils de Dieu. Au passage, on le voit, l’Islam n’a pas le monopole du refus des caricatures, mais celles-ci eurent beaucoup moins d’écho chez nos défenseurs de la liberté d’expression. Et bien entendu, comme toujours, la censure assura le succès de l’album, qui atteignit 100 000 exemplaires en quelques jours.

    Le capitalisme est comparable à une autruche qui avale tout, absolument tout. Mais là, quand même, il y pas mal de dessins de Gerhard Haderer qui lui restent, c’est sûr, en travers de la gorge. On peut rêver et c’est déjà beaucoup.

  • TOUT UN ÉTÉ LÀ-BAS POURQUOI BRÛLER DES BIBLIOTHÈQUES ? Retour à Nantes Abonnés

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    70 bibliothèques ont été incendiées en France entre 1996 et 2013. Vous le saviez ? À Nantes en juillet dernier, lors des nuits d’émeutes qui ont suivi la mort d’Aboubakar Fofana 22 ans, tué par un policier, une bibliothèque a été brûlée, 10 000 livres sont partis en fumée. Pourquoi ? Vandalisme idiot ? Revanche culturelle ? Erreur de cible ? Pourquoi un tel sacrilège ? "C’est pour faire mal à l’Etat " nous dit un des incendiaires. Pourquoi brûler des bibliothèques ? À Nantes, un reportage de Dillah Teibi :

  • TOUT UN ÉTÉ LÀ-BAS Connaissez-vous Jean-Jacques Lequeu ? Abonnés

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    Atypique, hors norme, extravagant, dérangeant… Des mots tellement usés et abusés quand il s’agit d’art et d’artistes qu’ils sont depuis longtemps vidés de leur sang et de leur sens. Mais voilà que l’œuvre surprenante de Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), qui vient d’être exposée pour la première fois, redonne toute sa vigueur au mot « déroutant », et c’est assez rare pour qu’on s’attarde et qu’on se perde dans ses étranges dessins.

    Pas si étranges en apparence. Jean-Jacques Lequeu est dessinateur d’architecture, contemporain des plus grands de son temps, comme Soufflot, Ledoux ou Boullée. Sauf que lui, aucun de ses innombrables projets ne sera réalisé. De même que les jardins qu’il dessinait dans les moindres détails, dans le style classique ou rococo. Tout restera sur le papier, accompagné de ses curieux commentaires écrits. Pourtant, sa vie traverse les plus grands bouleversements de notre histoire, les Lumières, la Révolution, l’Empire, la Restauration. Les esprits se déchaînent, les utopies aussi, les idées, les grandeurs, les folies, l’histoire rue dans les brancards, mais lui, non, tout reste dans ses cartons.

  • TOUT UN ÉTÉ LÀ-BAS Connaissez-vous Laurie Lipton ? Abonnés

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    Si, comme beaucoup, vous ne faites plus que des cauchemars sans surprise, qui ne vous réveillent plus en hurlant, le dos glacé de peur, les dessins de Laurie Lipton vont repeupler vos nuits et vos jours. Je dis « repeupler » pour vous ménager, mais le vrai mot est « hanter ». Au bureau, en famille, en vacances, rien ne sera tout à fait comme avant, car Laurie Lipton a trouvé le moyen de fendre cette armure molle de banalité qui nous sert aujourd’hui d’uniforme.

    Il y a vingt ans, Cornelius Castoriadis parlait d’une « montée de l’insignifiance » pour qualifier l’effet du grand bond en arrière néolibéral. Le temps lui donne raison, mais cette médiocratie ne se limite pas au champ politique et intello-médiatique. La loi du marché et de la com’ a réussi à domestiquer, à aseptiser, à rétrécir la moindre recherche, la moindre audace intellectuelle ou artistique, le moindre déraillement. Depuis longtemps – disons au moins depuis Marcel Duchamp avec son lavabo et son Porte-bouteilles –, l’oligarchie a su parfaitement désarmer toutes les provocations et tous les outrages, en retournant les signes les plus subversifs à son avantage, en montrant par sa largesse la largeur de son esprit.

  • TOUT UN ÉTÉ LÀ-BAS Connaissez-vous Manfred Deix ? Abonnés

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    Détester les Autrichiens est une spécialité autrichienne. Aucun peuple au monde n’est aussi féroce avec lui-même, et Manfred DEIX compte parmi les plus virulents. Pas très connu en France où on l’a comparé à Reiser, un « Reiser autrichien ». Leurs styles sont complètement opposés, mais il est probable qu’en descendant dans la culotte de peau des bas-fonds de l’âme autrichienne, Manfred DEIX a dû rencontrer REISER et son gros dégueulasse.

  • TEXTE A L’APPUI " Se mettre en lutte est une victoire " ÉPISODE 3 PAROLES DE GILETS JAUNES : « J’espère que nos enfants diront, on a connu les Gilets Jaunes, ils se sont battus, ma mère y était » Abonnés

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    Les Gilets jaunes auront-ils changé la vie ? En tout cas, eux, leur vie a changé. « Qu’est-ce que la lutte a changé pour vous, personnellement ? » Nous vous proposons une version écrite des réponses inattendues et encourageantes d’une « sous-France » qui pour longtemps a relevé la tête. Episode 3.

  • Début de notre série « Paroles de Gilets jaunes ». Un texte de Daniel Mermet SE METTRE EN LUTTE EST UNE VICTOIRE Accès libre

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    Les médias c’est une gomme, une grosse gomme qui efface alors qu’elle prétend montrer, c’est la fabrique de l’oubli, c’est l’ardoise magique. Des trésors disparaissent ainsi, des bijoux, des boussoles, des lumières, des plans d’évacuation, des équations mirobolantes, des brins de bruyère et des traits de génie. D’où l’envie pour préparer la rentrée de revenir sur ces paroles envolées, en radio bien sûr, mais aussi en noir sur blanc, fidèlement transcrites.

  • LES GRANDS REPORTAGES DE LÀ-BAS. DOSSIER HIROSHIMA. HIROSHIMA, 6 Août 1945. L’HUMANITÉ DEVIENT CAPABLE DE SE DÉTRUIRE ELLE-MÊME Accès libre

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    Anniversaire du 6 Aout 1945. Le maire de HIROSHIMA appelle le Japon à signer le traité de l’ONU sur l’interdiction de l’arme atomique. Approuvé en 2017 par 122 pays, signé par la moitié d’entre eux, mais rejeté par TOUTES les puissances nucléaires, dont la France. L’occasion de retrouver notre grand dossier HIROSHIMA.

Une sélection :

Le tourisme de masse, c’est dégueulasse ! AbonnésÉcouter

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Le tourisme, c’est très sympa. Ça permet de découvrir des œuvres d’art, de visiter des monuments historiques, de se plonger dans la culture d’un pays. Ça apporte aussi beaucoup de richesses aux régions visitées, puisque le touriste consomme, et donc le touriste crée de la croissance, et donc le touriste crée de l’emploi. Oui, sauf quand le touriste n’est pas le seul à avoir eu l’idée géniale de visiter cet endroit unique au monde. Et le tourisme, ça devient beaucoup moins sympa quand il y a trop de monde : attirés à grand renfort de campagnes publicitaires, les touristes finissent par détruire ce qu’ils étaient venus admirer. Exemple avec l’inscription à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, un « label » décerné par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Une consécration ou un cadeau empoisonné ?

Une série de reportages en dix épisodes Vous êtes seul, célibataire ? Là-bas vous aide à rencontrer quelqu’un ! [INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

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Tout le monde ne se pose pas la question, mais beaucoup quand même : comment rencontrer quelqu’un ? Où choper un mec ? Où draguer une fille ? Dans la rue, dans un bar, au bureau ? Sur un site de rencontre, avec une application ? Pour une nuit, pour la vie ? Chacun ses trucs, mais au fait, comment font les autres ? Sophie Simonot est allée vous poser la question. Une série de reportages en dix épisodes, dans des milieux et des générations différentes, des réponses et des silences inattendus…