Depuis que Louis XIV décida en 1670 de raser l’enceinte de Charles V pour la transformer en promenade plantée d’arbres, le « Boulevard » nouvellement créé n’en finit pas de susciter le désir.
Des bourgeois venus s’encanailler aux prolos à la recherche de distractions qui « font plaisir et ne coûtent rien », en passant par les spectateurs du « boulevard du Crime », les Grands Boulevards ont toujours attiré toutes sortes de Parisiens et surtout de banlieusards. Les mômes des années 1950 rêvaient des Grands Boulevards en écoutant Montand sur la TSF du salon. Devenus grands, ils courent après « deux yeux angéliques » croisés sur les Boulevards. Lesquels en vont vu passer des flâneurs, mais aussi des manifs et des barricades. Olivier Besancenot vous convie aujourd’hui à une balade historico-politique sur les Grands Boulevards.
Musique de Norbert Glanzberg, paroles de Jacques Plante, Grands Boulevards, 1952
J’aime flâner sur les Grands Boulevards
Y a tant de choses, tant de choses
Tant de choses à voir
On n’a qu’à choisir au hasard
On s’fait des ampoules
À zigzaguer parmi la foule
J’aime les baraques et les bazars
Les étalages, les loteries
Et leurs camelots bavards
Qui vous débitent leurs bobards
Ça fait passer l’temps
Et l’on oublie son cafard
Je ne suis pas riche à millions
Je suis tourneur chez Citroën
J’peux pas me payer des distractions
Tous les jours de la semaine
Aussi moi, j’ai mes petites manies
Qui me font plaisir et ne coûtent rien
Ainsi, dès le travail fini
Je file entre la porte Saint-Denis
Et le boulevard des Italiens
J’aime flâner sur les Grands Boulevards
Y a tant de choses, tant de choses
Tant de choses à voir
On y voit des grands jours d’espoir
Des jours de colère
Qui font sortir le populaire
Là vibre le cœur de Paris
Toujours ardent, parfois frondeur
Avec ses chants, ses cris
Et de jolis moments d’histoire
Sont inscrits partout le long
De nos Grands Boulevards
J’aime flâner sur les Grands Boulevards
Les soirs d’été quand tout le monde
Aime bien se coucher tard
On a des chances d’apercevoir
Deux yeux angéliques
Que l’on suit jusqu’à République
Puis je retrouve mon petit hôtel
Ma chambre où ma fenêtre donne
Sur un coin de ciel
D’où me parviennent comme un appel
Toutes les rumeurs, toutes les lueurs
Du monde enchanteur
Des Grands Boulevards

