Gérard Mordillat : « sans liste de gauche unique aux européennes, nous ne voterons pas » Abonnés

Le

Jair Bolsonaro au Brésil, Netanyahou en Israël, Trump aux États-Unis, Erdoğan en Turquie, Orbán en Hongrie, Salvini en Italie… fascistes de tous les pays, réjouissez-vous, un vent mauvais vous porte !

En Autriche, le nouveau chancelier Sebastian Kurz gouverne sans état d’âme avec l’extrême droite (Freiheitliche Partei Österreichs, Parti de la liberté d’Autriche), comme la Pologne avec Droit et justice (Prawo i Sprawiedliwość, PiS) ; en Hongrie, le Jobbik soutient Victor Orbán, xénophobe et raciste, sans oublier Aube Dorée en Grèce, ni l’AFD (Alternative für Deutschland) en Allemagne…

Le néofascisme croît et prospère partout en Europe : en Italie, en Slovaquie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Danemark, en Norvège, soutenus par des partis ouvertement néonazis. Comme l’écrit l’historien américain Robert O. Paxton : « le fascisme du futur – réaction en catastrophe à une crise encore non imaginée – n’a nul besoin de ressembler trait pour trait, par ses signes extérieurs et ses symboles, au fascisme classique [1] ».

Sous prétexte que l’histoire ne repasse pas les plats, les médias (et les responsables politiques) préfèrent d’ailleurs éviter les termes fasciste, néofasciste, nazi, néonazi, préférant parler pudiquement d’extrême droite, de droite dure (au fond, l’extrême droite, c’est toujours la droite et il n’y a pas de quoi s’affoler), de populisme (c’est-à-dire du vulgaire), de partis anti-système (et pourtant profondément ancrés dans le système !), de conservateurs, de souverainistes, etc.

Dans le domaine de la peinture, on pourrait comparer cette offensive de camouflage textuel au sfumato cher à Léonard de Vinci. En détournant sa définition, on parlerait alors d’enfumage. Il ne s’agit plus de nommer les choses par leur nom, ni de déterminer ce qu’ils recouvrent, mais de nous embrumer. Les mots sont des fusées, des leurres qui produisent des images fantômes destinées à brouiller notre regard. Le réel serait-il à ce point aveuglant que le simple fait de le nommer effraie ? Ou, plus cruellement, sous cet évitement, y aurait-il une adhésion sournoise à ce que l’on prétend hypocritement dénoncer ?

Dans la perspective des prochaines élections européennes, en France, par exemple, deux forces semblent s’opposer. D’un côté une droite ultralibérale, autoritaire et xénophobe (Macron et les macronistes), et de l’autre une droite extrême, néofasciste, nationaliste, islamophobe, homophobe et raciste (Le Pen, Wauquiez, Ciotti et consorts). La première voudrait s’imposer au nom du « moindre mal » face à la seconde agitée comme un épouvantail à électeurs. Faut-il être atteint de strabisme pour ne pas voir que celui qui se présente comme le chevalier blanc (ni droite, ni gauche, en marche ! comme le proclamait Mussolini) et le chevalier noir plus noir chaque jour (la France aux Français !) sont en réalité les deux faces d’une même pièce ? Après le néolibéralisme, quelle sera la prochaine rime en isme ?

Gérard Mordillat

Abonnez-vous pour accéder à tous nos contenus, c’est très simple !

Depuis 1989 à la radio, Là-bas si j’y suis se développe avec succès aujourd’hui sur le net. En vous abonnant vous soutenez une manière de voir, critique et indépendante. L’information a un prix, celui de se donner les moyens de réaliser des émissions et des reportages de qualité. C’est le prix de notre travail. C’est aussi le prix de notre indépendance, pour ne pas être soumis financièrement aux annonceurs, aux subventions publiques ou aux pouvoirs financiers.

Je m'abonne J'offre un abonnement

Déjà abonné.e ?
Identifiez-vous

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

Une sélection :

Les « invididus cagoulés », idiots utiles de Macron ? Une enquête de Dillah Teibi MANIP DE MANIFS ! AbonnésÉcouter

Le

« — L’histoire du flic déguisé en black bloc, vous la connaissez ? Et l’histoire des CRS qui avaient pour consigne de "les laisser casser" ? Si c’est vrai, alors les "individus cagoulés" qui brûlent des McDo seraient des idiots utiles manipulés pour faire diversion ?
— Ça alors, chef, vous croyez ?
— Écoute le reportage de Dillah Teibi, tu vas tout comprendre. »

Un entretien de Daniel Mermet avec Laurence De Cock et Gérard Noiriel Gérard Noiriel : une histoire populaire de la France AbonnésVoir

Le

Rares, très rares sont les intellectuels qui mettent le savoir non pas au service du pouvoir, mais au service du contre-pouvoir. L’historien Gérard Noiriel fait partie de ce courant-là, de ceux qui partagent les armes et les clés pour l’émancipation de tous. Depuis des années, avec notre film sur Howard ZINN, Une Histoire populaire américaine, on nous demande si un tel livre d’histoire existe sur la France. Et bien le voilà !

La bataille des retraites est lancée. Un entretien de Jérémie Younes avec Christophe Ramaux Comment Macron va baisser nos retraites AbonnésVoir

Le

Après la casse du code du travail et de la SNCF, la suppression des cotisations salariales et de l’impôt de solidarité sur la fortune, la prochaine grande régression sociale que nous propose Emmanuel Macron consiste à « réformer », une nouvelle fois, notre système de retraites. Ou plutôt, à l’affaiblir, afin de préparer l’entrée des compagnies d’assurance privées.

Monsieur Macron, prenez un quart d’heure pour recevoir Karima ! Un reportage de Gaylord Van Wymeersch Karima la Galère veut rencontrer Jupiter AbonnésÉcouter

Le

« Faire plus pour ceux qui ont moins. » C’est Macron qui a dit ça en présentant son « plan pauvreté ». Mais qui croit encore la com’ du président des riches, à part Karima ? Karima, c’est la galère, Karima, c’est la misère, mais son idée fixe, c’est de rencontrer Macron, rencontrer Jupiter. Depuis des années, elle lui écrit, elle téléphone à l’Élysée, c’est son combat. On la connait dans son quartier, on l’encourage. Nous aussi. C’est vrai, ça, Monsieur Macron, ça vous coûterait quoi de recevoir Karima ?