Mais pourquoi ont-ils viré Mermet ?

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Daniel Mermet en 2002 (photo : Patrick Messina)

Article publié le 06/07/2014, dans LES INROCKS

La nouvelle directrice de France Inter, Laurence Bloch, a annoncé l’arrêt de l’émission de Daniel Mermet, “Là-bas si j’y suis”. Vingt-cinq ans après sa création, le phare de la radio documentaire s’éteint. Mais la mobilisation commence.
“Là-bas si j’y suite.” C’est par ce jeu de mots plein d’espoir que Daniel Mermet avait baptisé jeudi 26 juin la dernière de la saison de Là-bas si j’y suis, l’émission de reportages au long cours fortement ancrée à gauche qu’il présentait depuis 1989. La veille, il avait déjà fait part à ses auditeurs de bruits de couloir inquiétants selon lesquels le programme ne serait peut-être pas reconduit à la rentrée. Les réactions, via le fameux répondeur de l’émission, n’avaient pas tardé : s’il fallait venir à Paris, manifester sauvagement devant le siège de France Inter ou boycotter la station pour que la direction fasse machine arrière, ils le feraient.

Vendredi 27 juin au matin, la nouvelle directrice de la station, Laurence Bloch, (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) déclarait dans une interview lapidaire au site Ozap : depuis “vingt-cinq ans, Là-bas si j’y suis nous fait vivre des moments forts, mais l’émission a perdu 100 000 auditeurs en deux ans donc on va l’arrêter”. Un groupe Facebook “Sauvons Là-bas si j’y suis” a vu le jour, et une pétition circule pour que l’émission ne disparaisse pas (le samedi 5 juillet, elle avait déjà recueilli 65 000 signatures). Quand des soutiens de Là-bas si j’y suis se sont rassemblés, le 5 juillet à 14 heures, devant la Maison de la radio.

Dans un dernier souffle, le taulier de l’émission, le Joe Bar des ondes, avait susurré : “On ira jusqu’au bout, on ne lâchera rien.” En fond sonore, l’habituelle Harley-Davidson pétaradante du jingle s’éloignait.

Une “anomalie dans le paysage radiophonique”

Là-bas si j’y suis parcourait les contrées de France et hors de France, à la recherche du non-dit, de l’événement qui ne parvenait pas à percer la chape de plomb médiatique. Elle débusquait l’idée dissidente au libéralisme dominant, le mouvement social qui, quand bien même il était sectoriel, n’en méritait pas moins d’être relaté, la lutte qui, mise bout à bout avec les autres, pourrait enfin faire basculer le rapport de force en faveur des damnés de la terre. Elle tendait son micro tantôt aux plus grands penseurs de la gauche critique (Noam Chomsky, Eric Hobsbawm, Frédéric Lordon, Daniel Bensaïd…), tantôt à la multitude des anonymes investis dans les combats les plus variés.

Au départ pourtant, la dimension politique de l’émission n’était pas explicite. Il s’agissait d’un projet de reportages au long cours. Mais, en ces années 90 de plans d’ajustements structurels successifs, Daniel Mermet se rapproche de l’équipe du Monde diplomatique, et Là-bas si j’y suis devient le lieu où s’invente quotidiennement un monde alternatif, le point vers lequel converge tout ce que la France compte d’utopistes, de réfractaires et de militants de l’idée égalitaire.

C’est ainsi que, presque par accident, l’émission devient cette “anomalie dans le paysage radiophonique”, selon l’expression de François Ruffin, rédacteur en chef de Fakir, et reporter de Là-bas si j’y suis entre 2005 et 2012. “Si l’on avait présenté à la direction de France Inter, en 1989, le brûlot qu’elle allait devenir, elle aurait sans doute refusé de la mettre à l’antenne”, estime-t-il aujourd’hui.

Une réaction immunitaire de Radio France

De fait, l’émission n’a pas échappé aux coups d’estoc politiques, camouflés en justifications économiques ou commerciales. En 2006, par exemple, le directeur de France Inter, Frédéric Schlesinger, décide de la changer de tranche horaire en la passant de 17 heures à 15 heures – créneau traditionnellement déserté par les auditeurs et risquant de diviser l’audience de moitié. Avec le recul, François Ruffin envisage à sa façon la dimension politique de cette décision : “Pendant la campagne sur le traité constitutionnel européen, en 2005, Là-bas si j’y suis avait été un point de rassemblement de la gauche critique, et de remotivation des militants. Elle avait été très efficace. Or, en 2006, à l’approche de l’élection présidentielle, elle aurait pu remplir la même fonction, donc on l’a passée à 15 heures.” Mais les auditeurs suivront.

Radio France a une réaction immunitaire à Là-bas si j’y suis : ses anticorps libéraux s’acharnent sur elle jusqu’à ce qu’elle cède. On l’ampute de dix minutes de retransmission. Puis on lui retire le vendredi. Jusqu’à aujourd’hui et sa disparition. “Il est de notoriété publique que les directions successives de France Inter essaient de faire la peau à Mermet et à Là-bas si j’y suis depuis très longtemps, sans y être jamais parvenues. Il fallait bien qu’au bout d’un moment une tentative réussisse”, constate amèrement l’économiste Frédéric Lordon, journaliste au Monde diplomatique et invité récurrent de Là-bas si j’y suis. Au-delà du producteur charismatique de l’émission, c’est aussi l’avenir de ses cinq reporters qui est en jeu.

“Des jeunes, il y en a !”

Les motifs invoqués sont les mêmes qu’en 2006 : l’audience, d’abord, serait en train de se tasser. Daniel Mermet réfute pourtant formellement cette hypothèse :

“Lorsque nous avons été placés sur cet horaire en 2006, l’audience de cette tranche était de 150 000 auditeurs. Aujourd’hui elle est à 450 000 auditeurs, donc Là-bas si j’y suis a amené au moins 300 000 auditeurs à France Inter : c’est la plus grosse audience sur cette tranche dans l’histoire de la station. S’il y a eu un léger tassement cette dernière année, c’est parce qu’ils ont amputé eux-mêmes l’émission d’une heure le vendredi, et de dix minutes à la fin de chaque émission.”

La direction de France Inter invoque également une “envie de renouvellement”. Il est vrai que le baroudeur des ondes n’est plus tout jeune (bientôt 72 ans). Mais, là encore, l’argument ne tient pas : ” On veut rajeunir l’antenne ? Très bien ! Des jeunes, il y en a ! Son équipe est très jeune… On veut juste tirer le rideau de fer, et que la boutique n’existe plus, ce n’est pas la même chose”, remarque Frédéric Lordon. Selon Daniel Mermet, une transition a bel et bien été envisagée, sans que la direction ne donne son agrément. De plus, le concept de l’émission n’a pas pris une ride, et sa singularité demeure incontestée.

“Je pense que cette émission continuait à être pertinente, et à avoir une place sur le service public, estime Antoine Chao, reporter à Là-bas si j’y suis depuis quatorze ans. Il est important que ce genre d’émission avec un ton différent, une vision des choses différente, existe. C’est un gage de pluralisme.” Pour Daniel Mermet, les motifs de son éviction ne font donc aucun doute : “Quand vous avez débusqué ces mensonges arrogants, il reste que c’est une décision politique. C’est une émission qui déplaît, à cause de sa ligne éditoriale, à l’actuelle direction de Radio France, tout simplement.”

“Intolérance croissante et radicale de l’oligopole propagandiste”

Certains éléments, récemment ajoutés à la biographie de Daniel Mermet, ont cependant nui à sa réputation, ce qui pourrait avoir pesé dans la décision de la direction. En juin 2013, un article du journal Article 11 égratignait violemment l’image du producteur-présentateur : autoritarisme, humiliations, travail non-payé… Il apparaissait sous le jour d’un indéboulonnable grand timonier de la radio. La décision de Laurence Bloch ne laisse cependant pas de surprendre. Là-bas si j’y suis fournissait en effet une caution de gauche à peu de frais à France Inter. Pourquoi s’en débarrasser aussi brusquement, et prêter le flanc de manière aussi ostentatoire aux critiques, alors que la prise de fonction de Mathieu Gallet à Radio France n’avait fait aucune vague ? Et qui sera capable de faire plus d’audience que Mermet à 15 heures ? Daniel Mermet évoque évasivement “des attitudes de revanche personnelle qui peuvent dicter la conduite de cette direction”. Revenu à Radio France comme le numéro 2 de Mathieu Gallet, chargé du contenu éditorial de toutes les antennes du groupe, Frédéric Schlesinger garderait un souvenir cuisant de la mobilisation de 2006 : une pétition de soutien contre le changement d’horaire de l’émission avait recueilli 216 000 signatures. Schlesinger n’avait sans doute pas apprécié. Pour Frédéric Lordon, cependant, cette suppression est aussi un symbole du temps :

“Je n’exclus pas l’hypothèse de l’erreur managériale pure, additionnée d’une hypothèse auxiliaire, qui est celle de l’intolérance croissante et radicale de l’oligopole propagandiste. Il y a une espèce de radicalisation néolibérale extrêmement impressionnante et perceptible aussi bien dans le domaine des politiques publiques que dans le domaine du débat public. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que les deux aillent de pair.”

“La gauche critique perd son principal bastion”

L’exécution sommaire de l’émission de Daniel Mermet est en effet un coup dur pour la gauche radicale et sa représentation dans l’espace public médiatique. Elle avait créé une relation fusionnelle avec ses auditeurs, surnommés les AMG (pour “auditeurs modestes et géniaux”), qui se réunissaient non seulement autour de leur poste radio, mais aussi lors de cafés repaires qui essaimaient l’utopie partout sur le territoire.

Selon Mermet, la direction de France Inter s’égare : “Elle trahit les potentialités de cette maison, et sa vocation à être un haut lieu de l’éducation populaire. C’est à pleurer de constater que ce potentiel est entre les mains de médiocres.” Et de conclure par un aphorisme assassin : “Les médiocres sont de retour dans la vallée fertile.” François Ruffin confirme que beaucoup vont se sentir orphelins après cette disparition : “Dans la bataille des idées en cours, c’était la seule émission qui servait de trait d’union entre les différents courants de la gauche critique, et qui lui donnait un écho au-delà de nos habituels publics respectifs. Aujourd’hui, la gauche critique perd son principal bastion.” C’est un monument de la radio publique qu’on abat, et un îlot de parole indocile qui se tait.

Mathieu Dejean

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Mais qui sont ces casseurs ? Nous en connaissons un. Pas de masque, pas de cagoule, le casseur le plus violent, c’est lui, lui et le petit monde dont il est le fondé de pouvoir.

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Pas de masque, pas de cagoule, pas de gilet jaune, pas besoin de courir, ni de hurler, et leur violence ne date pas d’hier. Leur violence est admise, elle est si naturelle qu’on ne la remarque même plus, mais elle détruit beaucoup plus, depuis beaucoup plus longtemps. C’est d’abord cette violence-là que la lutte des Gilets jaunes a mise en évidence.

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