"Là-bas si j’y suis" côté coulisses

Le

Des auditeurs nous interrogent régulièrement sur le fonctionnement de notre émission, condition de travail, rémunérations, contrats, précarité, responsabilités...
Beaucoup d’erreurs préjudiciables à l’émission et à l’équipe circulent en effet, y compris à Radio France. Des syndicats ont ainsi publié des articles sur Là-bas qui dénotent une méconnaissance de nos conditions de travail.
Notre entreprise est divisée en autant de « catégories de personnels » qui souvent ignorent le fonctionnement des autres catégories, et notamment des cachetiers qui collaborent à la partie « programme » de France inter, ceux qu’on appelait hier « les saltimbanques ».
Afin de limiter malentendus et rumeurs, une mise au point nous semble utile sur la situation et le fonctionnement de Là-bas.

Des auditeurs nous interrogent régulièrement sur le fonctionnement de notre émission, condition de travail, rémunérations, contrats, précarité, responsabilités...

Beaucoup d’erreurs préjudiciables à l’émission et à l’équipe circulent en effet, y compris à Radio France.
Des syndicats ont ainsi publié des articles sur Là-bas qui dénotent une méconnaissance de nos conditions de travail.

Notre entreprise est divisée en autant de « catégories de personnels » qui souvent ignorent le fonctionnement des autres catégories, et notamment des cachetiers qui collaborent à la partie « programme » de France inter, ceux qu’on appelait hier « les saltimbanques ».

Afin de limiter malentendus et rumeurs, une mise au point nous semble utile sur la situation et le fonctionnement de Là-bas.

1 - CONCLUSIONS DE L’ENQUETE DU CHSCT

« Le dossier est vide, Daniel Mermet n’a pas franchi la ligne rouge »

Le 26 juin 2013, un long réquisitoire portant de lourdes accusations contre Daniel Mermet, contre les collaborateurs de l’émission et contre les syndicats de Radio France, a été publié sur un site alternatif sous la signature d’Olivier Cyran, en défense de deux collaborateurs non reconduits à la rentrée 2011.

Si certains auditeurs ont pu croire à ce délire accusatoire, d’autres, plus attentifs et mieux informés
ont vite dénoncé les grosses ficelles rédactionnelles et la mauvaise foi assumée de ce règlement
de compte entièrement à charge.

En réponse, des collaborateurs de l’émission ont publié des témoignages sur la réalité des conditions de travail et des rapports de Daniel Mermet avec l’équipe de Là-bas, ce qui a eu pour effet immédiat de dégonfler ce déballage délirant.

Et c’est finalement en septembre que l’article a été totalement discrédité par la conclusion de la longue et minutieuse enquête menée par le CHSCT de Radio France dont le président a finalement déclaré : « Le dossier est vide, Daniel Mermet n’a pas franchi la ligne rouge »(Télérama, 18 septembre 2013).

L’enquête du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) a été lancée en janvier 2012, à la requête de deux anciens cachetiers de l’émission dont la collaboration n’était pas reconduite.

Tout d’abord présentée par la direction de France Inter comme une recherche sur le lien entre précarité et risques psychosociaux à France Inter, une fuite a dévoilé que la cible était en fait Daniel Mermet, accusé de toutes les turpitudes par les deux anciens collaborateurs.

Les représentants élus des six syndicats, soit douze personnes, ont donc d’abord entendu les témoignages des deux collaborateurs plaignants qui avaient déposé de longues accusations écrites très détaillées.

Puis, en juin 2012, le comité a longuement interrogé tour à tour à huis clos, sept collaborateurs de l’émission (anciens ou en poste) à raison de deux heures environ chacun. Puis ce fut le tour de Daniel Mermet.
Feu roulant de questions, prises de notes, résumés, rapports, les douze élus syndicaux du CHSCT ont donc interrogé au moins dix personnes et entendu environ 25 heures de témoignages.

En conclusion, il n’y a aucune charge contre Daniel Mermet.

En effet, dès avril 2013, le président du CHSCT Christian Mettot, déclarait :
« le dossier est vide », ajoutant : « Mermet respecte le règlement intérieur ».

Olivier Cyran avait d’ailleurs lui-même fourni cette information à ceux qui étaient parvenus à la fin de son très long article.

L’information avait été confirmée à Daniel Mermet par sa direction, fin juin 2013.

En somme l’article est long mais le dossier est vide.

2 - LA-BAS, CONDITIONS DE TRAVAIL

Pour 
comprendre les causes de cette « affaire » il est utile d’expliquer nos conditions de travail qui sont aussi celles des équipes qui assurent les programmes d’Inter. 


CDD / CDI /CDDU ?

A Radio France, les personnels administratifs, les techniciens, les attachés de production, les chargés de réalisation, ainsi que les journalistes des rédactions sont, pour la plupart, en CDI, les autres collaborateurs sont en CDD.

Le recours abusif au CDD est régulièrement dénoncé par les personnels et les syndicats, et donne lieu à des actions en justice au détriment de l’entreprise (1) ; ce qui a poussé Radio France à infléchir sa politique. A France Inter, les attachés de production et les metteurs en onde ont été intégrés en CDI au cours des dernières années. La critique de la gestion par la précarité se fait de plus en plus pressante.
Rappelons que Radio France est le premier employeur d’intermittents du spectacle en France (2).

Programme/ Info ?

A France Inter, l’« Information » et les « Programmes » constituent des univers différents marqués par des conditions salariales différentes.

L’Information : Assurée par des journalistes de la rédaction en CDI.
Mais aussi en CDD. Sur les 700 journalistes de Radio France, une centaine - surtout des débutants - sont en contrat précaire dans l’attente de leur titularisation.

Les Programmes : Chaque émission est animée par un « Producteur délégué » et des « collaborateurs spécialisés » qui sont des reporters et des chroniqueurs, tous précaires en CDD.

La plupart ont recours au régime des intermittents. Ils sont souvent journalistes avec carte de presse. C’est le cas des reporters de Là-bas comme de Daniel Mermet. Ils perçoivent également des droits d’auteurs (SCAM). Daniel Mermet n’a jamais demandé ses indemnités d’intermittent.

L’équipe de Là-bas comprend :

Le Producteur délégué

Le Chargé de réalisation

Le Coréalisateur

L’Attaché de production

Le Responsable du répondeur (mi-temps)

Et Cinq Reporters

Producteur délégué :

Le titre de Producteur délégué est trompeur. Son rôle se limite à animer une équipe et une émission dont il est souvent le créateur. Il en assure la responsabilité éditoriale, le choix et l’élaboration avec les reporters ; son rôle est celui d’un rédacteur en chef. Mais c’est la direction de France Inter qui fixe et contrôle étroitement le budget attribué à l’émission, le montant des salaires et des cachets des collaborateurs et qui établit les contrats.

Le producteur délégué n’est donc pas l’employeur étant lui-même rémunéré au cachet à l’émission avec un contrat en CDD pour la saison (Contrat de grille) que la direction peut choisir de ne pas renouveler. Il est donc dans la même précarité que les autres collaborateurs de l’équipe. Ainsi Daniel Mermet enchaîne les CDD depuis...1976 !
Selon Radio France cette répétition de CDD est parfaitement légale, car il s’agit de CDDU (CDD d’Usage). Cependant Radio France, tout comme France Télévision, sont régulièrement condamnés devant les tribunaux, la répétition de CDD équivalant à un CDI au regard de la loi, dès lors qu’il ne s’agit pas de remplacer un salarié absent ou d’emplois par nature temporaires comme les emplois saisonniers (vendanges par exemple).
Selon les syndicats, Radio France préfère cette solution moins coûteuse que des CDI, car pour compenser, les précaires en CDD ont recours aux indemnités chômage des intermittents du spectacle.

Le Chargé de Réalisation (Metteur en onde) :

A partir de 2006, les réalisateurs sont passés progressivement en CDI. Aujourd’hui il n’ y a plus de CDD en principe sur ce poste, sauf pour les remplacements.


Le Coréalisateur :

Par contre ce poste est en CDD (régime intermittent).


L’ Assistant (e) de production (Attaché de production) :

Poste en CDD non intermittent.
(2250 Euros brut, « avec les primes », selon l’administration)
Une porte d’entrée pour certains reporters ; Giv Anquetil, Pascale Pascariello et Charlotte Perry ont débuté à ce poste.

Le Répondeur :

N’exige pas de formation spéciale. C’est un mi-temps en CDD à 1 320 euros brut (tarif saison 2012/13). Souvent le collaborateur du répondeur fait aussi du montage, ce qui améliore ses revenus. Christophe Imbert, devenu réalisateur (CDI) a commencé au répondeur.
Ce poste donne la possibilité de recourir au régime des intermittents.
Donc, un CDI, trois CDD, intermittent ou non... Quatre postes, quatre statuts différents dans la même équipe !...

Reportage Là-bas :

Daniel Mermet et cinq autres journalistes au cachet assurent les reportages de l’émission.

Equipe actuelle : Giv Anquetil, Antoine Chao, Charlotte Perry, Gaylord Van Wymeersch, Anaëlle Verzaux.

Budget annuel cachets reporters (2012/2013) :
130 000 euros pour 10 mois soit 13 000 euros/mois
Ce qui permet d’assurer une dizaine de reportages chaque mois.

Les frais de déplacement relèvent d’un budget différent.
Un reportage de 25 minutes monté est payé 1 200 euros bruts (à quoi s’ajoutent les droits d’auteurs SCAM et les Congés spectacles). C’est (relativement) le meilleur tarif pour le reportage à Radio France.

(Jusqu’à la rentrée de septembre 2012, le tarif « reportage débutant » était de 1 000 euros)

Choix des sujets

Les sujets sont élaborés avec le producteur, sur sa proposition ou sur celle du reporter.
On estime à trois tiers la part de travail dans une émission : un tiers reporter, un tiers réalisation, un tiers producteur.

Chaque reportage, une fois commandé par le producteur, fait l’objet d’un ordre de mission et d’un contrat en CDD avec France Inter. Le reporter ne doit pas entreprendre son reportage sans que ce contrat soit établi avec l’administration de France Inter. Des cas d’urgence peuvent cependant être tolérés.

Dans des cas très rares où le reportage terminé n’est pas diffusé, le cachet est versé au reporter.

Nouveaux reporters

Le reportage radiophonique est un métier. Qu’il dure une minute ou une heure, le reportage radiophonique (comme le documentaire) est lié à l’identité originale de Radio France.

S’adressant à 600 000 auditeurs chaque jour, Là-bas est une émission exigeante sur le fond comme sur la forme. C’est « une hebdo tous les jours » avec une réalisation très élaborée et une pression soutenue comme celle d’une rédaction de presse quotidienne, ce qui exige un engagement et une cohésion de toute l’équipe.

Des divergences et des incompatibilités d’humeur peuvent se manifester comme dans n’importe quelle équipe et comme dans n’importe quelle entreprise humaine. Le caractère indépendant et critique de cette émission explique son succès et sa longévité mais aussi des inimitiés tenaces. Comme Pierre Bourdieu le disait de sa sociologie, « Là-bas est un sport de combat. »

Pour une personne motivée et déjà formée au journalisme, il faut plusieurs mois « sur le tas » pour maitriser la prise de son, le montage et s’initier aux formes du reportage.

Si les journalistes de la rédaction sortent le plus souvent des écoles de journalisme, en revanche pour les programmes, aucune formation n’est prévue par Radio France. C’est donc au producteur de se débrouiller pour trouver des reporters et les former. C’est une possibilité d’ouvrir la porte à des personnalités originales mais la formation est une charge de travail supplémentaire pour toute l’équipe. Cette formation est un atout pour le reporter qui pourra ensuite travailler pour d’autres émissions de reportage à Radio France ou ailleurs.
Les reportages étant payés à la diffusion, l’apprenti reporter n’est pas rémunéré pendant sa période de formation, malgré les demandes que nous faisons depuis des années.

Pour palier cette carence, il est arrivé que l’administration accepte de verser des cachets mensuels pendant la période d’essai et de formation d’un nouveau reporter. Ce fut le cas de Benjamin Fernandez qui, pendant sa période d’essai et de formation de trois mois a reçu un cachet de 1 500 euros brut (septembre, octobre, novembre 2011). Les exercices réalisés au cours de cette période de formation ne constituent pas toujours des reportages diffusables. Ainsi, l’exercice effectué par Benjamin Fernandez n’a pas été diffusé, mais il a été payé par le cachet mensuel qui lui a été versé.

Tarif des reportages

En moyenne, un reporter pigiste permanent expérimenté travaillant à plein temps, réalise deux à trois reportages par mois (2 400 à 3 600 euros brut, plus les droits d’auteur et les congés payés).
Au bout de 507 heures (au cours des 319 jours précédents), les reporters peuvent percevoir l’indemnité chômage des intermittents. C’est le cas des journalistes de l’équipe qui ont tous des cartes de presse.
Réalisateurs, assistants, reporters, traducteurs... depuis la création de l’émission en septembre 1989, environ une centaine de collaborateurs ont participé à l’émission (plus de 5 000 émissions aujourd’hui).
En 25 ans, il y a eu trois incidents concernant cinq personnes au total. Deux de ces incidents remontent à une dizaine d’années, les réponses ont été apportées et ces dossiers sont clos.

Dans les trois cas, Radio France a reconnu ses responsabilités en indemnisant les salariés (3).

Si l’on évoque ces cas, il faut alors aussi parler de tous les autres pour qui Là-bas a été et est une expérience largement positive.

Il faut rappeler que beaucoup d’excellents réalisateurs de France Inter y ont fait leur début et y ont appris leur métier : Bruno Carpentier, Christophe Imbert, Violaine Balet, Antoine Chao, Christian Rose, Khoï N’Guyen, Yann Chouquet, Anne Weinfeld, Lauranne Thomas, Antoine Dabrovski, Franck Haderer, Lucie Akoun...

Il faut parler des reporters qui ont commencé à Là-bas et sont devenus producteurs ; Sonia Kronlund, Joseph Confavreux, Olivia Gesbert sur France Culture.
Zoe Varier, Giv Anquetil, Hervé Pauchon sur France Inter...
Et de tous les autres qui ont poursuivi leur chemin et sont restés en liens amicaux avec l’équipe de l’émission.


Rentrée 2013

Le 21 juin dernier, Daniel Mermet recevait le Grand prix de la SCAM pour l’ensemble de son œuvre.
Les résultats Médiamétrie pour le second trimestre 2013 indiquaient que - alors que l’audience de France Inter décline - « Là-bas » continue d’être un record d’audience sur cet horaire avec 590 000 auditeurs soit quatre fois plus d’auditeurs depuis 2006.

Selon Médiamétrie, Là-bas a donc apporté 450 000 auditeurs supplémentaires à France Inter.

Or, fin juin 2013, à la fin de la dernière heure de l’émission de la saison, le directeur de France Inter Philippe Val annonçait brutalement que l’émission serait amputée d’une heure à la rentrée, le vendredi, sans discussion et sans contrepartie.

L’amputation du budget entraine une brusque chute de salaire de 20 à 25% pour toute l’équipe.

Pour les avocats consultés, au regard du droit du travail, « cette décision unilatérale pourrait s’analyser en modification substantielle des contrats de travail permettant aux salariés concernés de prendre acte de la rupture fautive du contrat à l’initiative de l’employeur. »

Pour le printemps 2014, l’équipe de Là-bas prépare une grande fête pour le 25 ème anniversaire de
l’émission.

LA-BAS,

Le 4 novembre 2013

Ce texte a été relu et amendé par une dizaine de collaborateurs de l’équipe, par des confrères syndiqués et par un avocat spécialisé. Daniel Mermet en a assuré la rédaction.

N O T E S :

1- Une information passée inaperçue à France Inter et pourtant une première qui fera jurisprudence. Après 28 ans de CDD, Serge Levaillant producteur-animateur de l’émission « Sous les étoiles exactement » a été viré sans la moindre raison par le directeur de France Inter, Philippe Val, avant l’été. Mais le conseil des prud’hommes a condamné France Inter , non seulement à requalifier Serge Levaillant en CDI avec un rappel de primes sur cinq ans (22 500 euros) mais aussi avec obligation pour la station, de le payer et d’assurer la poursuite de son contrat à la rentrée. Autrement dit de le reprendre dans le groupe et de lui proposer une émission (Le Canard enchaîné, 7 août 2013).

2 - La SDP (Société des Producteurs) réussit malgré tout à exister. On y critique régulièrement ce système de précarité organisée comme un moyen pour la direction d’obtenir tacitement toute la docilité éditoriale désirée. Chaque année, au printemps, l’angoisse revient parmi les équipes des programmes dans l’attente du renouvellement ou non des contrats. Qu’il en soit ou non conscient, le producteur et son équipe intériorisent les limites à ne pas dépasser et se conforment aux attentes de la direction en place.

3 - De nombreux auditeurs se sont étonnés que ces deux collaborateurs aussi attachés à la défense du droit du travail n’aient pas poursuivi Radio France devant les prud’hommes comme ils en avaient la possibilité. En fait, s’ils ont renoncé à exercer leur droit, c’est que Radio France leur a donné un chèque de plusieurs « milliers d’euros » pour qu’ils ne fassent pas de vagues, comme l’indique Olivier Cyran dans son article.

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    À l’université d’été de La France insoumise, la députée européenne Manon Aubry a affirmé « que taxer les riches, c’est pas suffisant. Et que si l’on veut être clair dans une société où on va remettre les choses à l’endroit, c’est qu’il ne faudra pas seulement taxer les riches, mais interdire les milliardaires. Parce que s’il n’y a plus de milliardaires, il n’y a plus personne qui détient les médias. S’il n’y a plus de milliardaires, il n’y a plus personne qui massacre la planète. (…) Si on regarde dans le détail, je veux vous convaincre aussi à quel point les milliardaires sont des formes de nuisibles. »

    Très bonne idée ! Interdire les milliardaires, c’est aussi protéger toute la faune chassée et pourchassée par les milliardaires dans leurs chasses de Sologne.

    Le procès qui s’ouvre les 7 et 8 septembre à Orléans contre le milliardaire et homme d’affaires Olivier Bouygues, pour destruction d’espèces animales protégées, en apporte une preuve éclatante.

    La Sologne est depuis longtemps le terrain de jeu des ultrariches. Abattre du gibier est le loisir préféré d’une petite trentaine de milliardaires qui ont ici leurs terres et leurs châteaux : Seydoux, Wertheimer, Bich, Vuitton, Provost, etc.

    Et donc aussi du milliardaire Olivier Bouygues, co-actionnaire du groupe qui détient TF1, Bouygues Telecom, Colas, Bouygues Immobilier, etc.

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    Réputée la plus inégalitaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’école en France ne fait que suivre l’augmentation des inégalités de patrimoine et de revenus qui atteignent leur plus haut niveau depuis trente ans. Inégalité sociale, linguistique, économique ou culturelle, la ségrégation scolaire s’installe dès l’école maternelle et persiste ; la pauvreté en France s’élève à 20 % pour les moins de 18 ans alors qu’elle atteint 15 % pour l’ensemble du pays.

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  • La vraie nature des cuistres L’entarteur Noël Godin s’est follement amusé Accès libre

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    Entartons ! Entartons les pompeux cornichons ! Noël Godin, le Belge aussi célèbre que Jean-Claude Van Damme et Plastic Bertrand comme il se présentait lui-même, est mort à Bruxelles ce dimanche 23 août à 80 ans. « L’anarchiste burlesque » qui a fait de la tarte à la crème une arme politique redoutable, bien au-delà de la blague potache, restera dans l’histoire celui qui, selon Pierre Desproges, a révélé « la vraie nature des cuistres ».

  • Bertrand Russell, un libre-penseur contre la propagande officielle Bien redémarrer avec Bertrand Russell ! Abonnés

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    ENDOCTRINER, ÉVANGÉLISER, MANIPULER.

    Les stratégies pour dominer les foules sont connues depuis longtemps.

    On peut aujourd’hui ajouter : INFORMER.

    Certes des contre-feux existent. Là-bas y tient sa place modeste [1]. Mais les forces sont inégales.

    La propagande, nouvelle méthode de gouvernement qui s’empare des armes des publicitaires, ne se contente plus d’interdire les positions dissidentes, elle les étouffe par la pression économique et la distorsion des preuves.

    Elle offre ainsi un avantage indu sur le terrain des idées à ceux qui concentrent pouvoir et richesse.

    De graves menaces pèsent sur la liberté de penser.

    C’était en 1922 l’avertissement visionnaire du philosophe britannique Bertrand RUSSELL (1872-1970), témoin privilégié de l’essor des techniques modernes de propagande, qui seront cyniquement décrites par Edward Bernays quelques années plus tard dans son PROPAGANDA.

    Une occasion de (re)découvrir le parcours et l’œuvre d’un des intellectuels les plus stimulants pour aujourd’hui.

    Chantal Santerre et Norman Baillargeon présentent le parcours de celui qui disait : « trois passions, simples mais irrésistibles, ont commandé ma vie : le besoin d’aimer, la soif de connaître, le sentiment presque intolérable des souffrances du genre humain ».

    Auteur de 70 livres et d’au moins 3 000 articles, académiques ou autres, il conseillait : « ne craignez pas d’être excentrique dans vos opinions, car chaque opinion aujourd’hui acceptée fut un jour excentrique. »

  • Arnaques sentimentales : un reportage de Charlotte Perry. PODCAST RADIO Les arnacœurs Abonnés

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    « C’est une vieille maladie honteuse
    Un sacré manque d’amour qui creuse
    Dans nos villes, dans nos campagnes
    Ça gagne… »

    Alain Souchon a mis les mots dessus, il y a presque 50 ans.

    La solitude colle à l’humanité comme son ombre, pleurer des rivières est notre plus ancien blues.

    Mais tout ça, c’était avant.

    Avant l’informatique et les réseaux qui ont permis de faire de la solitude un énorme business. On parle d’un « capitalisme de la solitude ». L’escroquerie aux sentiments engendre des milliards d’euros. L’université du Texas avance un chiffre de 65 milliards d’euros entre 2020 et 2024. Témoignages, enquêtes, reportages se multiplient. L’Afrique de l’Ouest prend sa revanche, les « brouteurs » capables de vous tondre jusqu’à l’os avec un simple portable chantent le bonheur de « niquer la France/depuis l’étranger ».

    On arnaque par le cœur, par le cul et par le fric.

    Pour pratiquer l’arnaque aux sentiments, vous pouvez trouver des kits de phishing sur Telegram entre 75 et 300 euros. Vous apprendrez à utiliser l’IA, vous apprendrez le « boomer trap », le piège à séniors. Des milliers se font piéger chaque année, parfois jusqu’à la ruine complète.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! La victoire de Zohran Mamdani, un laboratoire pour la gauche Abonnés

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    Dans ces jours qui n’en finissent pas de déchanter, la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York le 4 novembre 2025 a été une formidable embellie. Crédité de 1 % un an auparavant, ce pétulant musulman est devenu le premier maire « socialiste » dans la plus grande ville américaine qui compte le plus de milliardaires au monde.

    Une brève éclaircie ou bien le début d’un durable contre-feu ?

    Enseignant à l’université Johns Hopkins, l’historien Tristan Cabello voit dans cette victoire un laboratoire pour la gauche.

    Alors que nos gauches s’entretuent avec application en offrant un boulevard aux réacs les plus déboutonnés, il y a là sans doute pour nous du grain à moudre, surtout à la veille des municipales.

    Gel des loyers, bus gratuits, crèches abordables.

    C’est en répondant aux galères populaires que Mamdani a réussi. Avec bien moins de moyens financiers, il a battu Andrew Cuomo, figure de l’establishment démocrate, le parti qui, en méprisant les préoccupations des modestes, a favorisé l’élection de Trump.

    Accusée bien sûr d’antisémitisme et de soutien du Hamas, toute la jeunesse de la communauté juive de New York a voté pour lui.

    Et surtout Mamdani a laissé tomber les « culture wars », les guerres culturelles, c’est-à-dire les conflits identitaires et moraux qui masquent un agenda économique pro-patronat. Des débats dont notre gauche culturelle se gave depuis longtemps, loin des soucis du populo beauf et mal élevé.

    Un entretien contre la déprime générale avec une surprise à la fin…

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Johnny Cash : « The Ballad of Ira Hayes » Abonnés

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    Connaissez-vous l’histoire d’Ira Hayes ? Né en 1923 dans la réserve indienne de Gila River, en Arizona, le jeune Ira Hayes s’engagea à 19 ans dans les Marines. Démobilisé après la fin de la Seconde guerre mondiale, Ira Hayes ne parvint jamais à se réinsérer dans la vie civile et mourut d’alcoolisme dix ans plus tard. L’histoire banale d’un soldat atteint de stress post-traumatique comme tant d’autres ? Pas tout à fait banale, puisqu’Ira Hayes est l’un des six soldats que l’on aperçoit lever le drapeau sur Iwo Jima le 23 février 1945, dans la fameuse photographie de Joe Rosenthal. Ce qui lui valut une gloire éphémère et un destin tragique auxquels le grand Johnny Cash consacra une ballade : La Ballade d’Ira Hayes.

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Les Américains sont-ils en train de lâcher Israël ? Accès libre

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    Mais que se passe-il aux États-Unis ? Les New-Yorkais élisent un maire qui qualifie Israël d’État d’« apartheid » et la guerre à Gaza de « génocidaire ». L’influenceuse d’extrême droite Candace Owens invite dans son podcast Norman Finkelstein, l’auteur de L’Industrie de l’Holocauste très critique de l’ « exploitation » par Israël de la souffrance des juifs. L’ancien présentateur star de Fox News, Tucker Carlson, proche de Trump, reçoit pendant plus de deux heures John Mearsheimer, universitaire remarqué pour son ouvrage Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, qui dénonce « l’orientation de la politique étrangère américaine » par des organisations comme l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

  • Tout un été Là-bas : que de l’amour ! Pour une nouvelle abolition des privilèges Abonnés

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    Alice de Rochechouart, c’est la grande noblesse, les grandes écoles, les grands moyens et pourtant elle part en guerre contre les privilèges. Ceux d’aujourd’hui, ceux qui n’ont pas été abolis en 1789, ceux qui n’ont fait que prospérer depuis.

    Oui, souvenez-vous, le quatorze juillet, le peuple avait pris la Bastille mais il voulait plus, il voulait l’égalité et d’abord du pain. Alors dans son élan, il a ouvert la chasse au noble. La vraie chasse. Et d’eux-mêmes, comme par enchantement, dans la fameuse nuit du quatre août, les nobles ont dit d’accord, et ils ont aboli leurs privilèges, d’accord, fini le régime féodal.

    Une victoire et même une révolution. Mais les racines étaient profondes, d’autres privilèges sont apparus, des espèces souvent inconnues. On a beau couper et arracher, ça repousse.

    Aujourd’hui, les inégalités sont plus monstrueuses que jamais et le plus monstrueux, c’est tout ce qui réussit à nous faire encaisser les privilèges d’aujourd’hui. En soutenant l’extrême droite dans sa marche vers le pouvoir, les grandes fortunes entendent légitimer et augmenter leurs gentils privilèges.

    Alors ? L’impuissance a gagné, on a renoncé ?

    Pas Alice de Rochechouart. C’est ce qu’elle explique à Marième.

    Tremblez privilégiés, vos jours sont comptés !

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

Nouvelle rubrique TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA ! Accès libreLire

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TOUS NOS ARTICLES SUR GAZA !
Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
76 articles (!) Vidéos et podcasts, beaucoup en accès libre.
Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)