"Là-bas si j’y suis" côté coulisses

Le

Des auditeurs nous interrogent régulièrement sur le fonctionnement de notre émission, condition de travail, rémunérations, contrats, précarité, responsabilités...
Beaucoup d’erreurs préjudiciables à l’émission et à l’équipe circulent en effet, y compris à Radio France. Des syndicats ont ainsi publié des articles sur Là-bas qui dénotent une méconnaissance de nos conditions de travail.
Notre entreprise est divisée en autant de « catégories de personnels » qui souvent ignorent le fonctionnement des autres catégories, et notamment des cachetiers qui collaborent à la partie « programme » de France inter, ceux qu’on appelait hier « les saltimbanques ».
Afin de limiter malentendus et rumeurs, une mise au point nous semble utile sur la situation et le fonctionnement de Là-bas.

Des auditeurs nous interrogent régulièrement sur le fonctionnement de notre émission, condition de travail, rémunérations, contrats, précarité, responsabilités...

Beaucoup d’erreurs préjudiciables à l’émission et à l’équipe circulent en effet, y compris à Radio France.
Des syndicats ont ainsi publié des articles sur Là-bas qui dénotent une méconnaissance de nos conditions de travail.

Notre entreprise est divisée en autant de « catégories de personnels » qui souvent ignorent le fonctionnement des autres catégories, et notamment des cachetiers qui collaborent à la partie « programme » de France inter, ceux qu’on appelait hier « les saltimbanques ».

Afin de limiter malentendus et rumeurs, une mise au point nous semble utile sur la situation et le fonctionnement de Là-bas.

1 - CONCLUSIONS DE L’ENQUETE DU CHSCT

« Le dossier est vide, Daniel Mermet n’a pas franchi la ligne rouge »

Le 26 juin 2013, un long réquisitoire portant de lourdes accusations contre Daniel Mermet, contre les collaborateurs de l’émission et contre les syndicats de Radio France, a été publié sur un site alternatif sous la signature d’Olivier Cyran, en défense de deux collaborateurs non reconduits à la rentrée 2011.

Si certains auditeurs ont pu croire à ce délire accusatoire, d’autres, plus attentifs et mieux informés
ont vite dénoncé les grosses ficelles rédactionnelles et la mauvaise foi assumée de ce règlement
de compte entièrement à charge.

En réponse, des collaborateurs de l’émission ont publié des témoignages sur la réalité des conditions de travail et des rapports de Daniel Mermet avec l’équipe de Là-bas, ce qui a eu pour effet immédiat de dégonfler ce déballage délirant.

Et c’est finalement en septembre que l’article a été totalement discrédité par la conclusion de la longue et minutieuse enquête menée par le CHSCT de Radio France dont le président a finalement déclaré : « Le dossier est vide, Daniel Mermet n’a pas franchi la ligne rouge »(Télérama, 18 septembre 2013).

L’enquête du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) a été lancée en janvier 2012, à la requête de deux anciens cachetiers de l’émission dont la collaboration n’était pas reconduite.

Tout d’abord présentée par la direction de France Inter comme une recherche sur le lien entre précarité et risques psychosociaux à France Inter, une fuite a dévoilé que la cible était en fait Daniel Mermet, accusé de toutes les turpitudes par les deux anciens collaborateurs.

Les représentants élus des six syndicats, soit douze personnes, ont donc d’abord entendu les témoignages des deux collaborateurs plaignants qui avaient déposé de longues accusations écrites très détaillées.

Puis, en juin 2012, le comité a longuement interrogé tour à tour à huis clos, sept collaborateurs de l’émission (anciens ou en poste) à raison de deux heures environ chacun. Puis ce fut le tour de Daniel Mermet.
Feu roulant de questions, prises de notes, résumés, rapports, les douze élus syndicaux du CHSCT ont donc interrogé au moins dix personnes et entendu environ 25 heures de témoignages.

En conclusion, il n’y a aucune charge contre Daniel Mermet.

En effet, dès avril 2013, le président du CHSCT Christian Mettot, déclarait :
« le dossier est vide », ajoutant : « Mermet respecte le règlement intérieur ».

Olivier Cyran avait d’ailleurs lui-même fourni cette information à ceux qui étaient parvenus à la fin de son très long article.

L’information avait été confirmée à Daniel Mermet par sa direction, fin juin 2013.

En somme l’article est long mais le dossier est vide.

2 - LA-BAS, CONDITIONS DE TRAVAIL

Pour 
comprendre les causes de cette « affaire » il est utile d’expliquer nos conditions de travail qui sont aussi celles des équipes qui assurent les programmes d’Inter. 


CDD / CDI /CDDU ?

A Radio France, les personnels administratifs, les techniciens, les attachés de production, les chargés de réalisation, ainsi que les journalistes des rédactions sont, pour la plupart, en CDI, les autres collaborateurs sont en CDD.

Le recours abusif au CDD est régulièrement dénoncé par les personnels et les syndicats, et donne lieu à des actions en justice au détriment de l’entreprise (1) ; ce qui a poussé Radio France à infléchir sa politique. A France Inter, les attachés de production et les metteurs en onde ont été intégrés en CDI au cours des dernières années. La critique de la gestion par la précarité se fait de plus en plus pressante.
Rappelons que Radio France est le premier employeur d’intermittents du spectacle en France (2).

Programme/ Info ?

A France Inter, l’« Information » et les « Programmes » constituent des univers différents marqués par des conditions salariales différentes.

L’Information : Assurée par des journalistes de la rédaction en CDI.
Mais aussi en CDD. Sur les 700 journalistes de Radio France, une centaine - surtout des débutants - sont en contrat précaire dans l’attente de leur titularisation.

Les Programmes : Chaque émission est animée par un « Producteur délégué » et des « collaborateurs spécialisés » qui sont des reporters et des chroniqueurs, tous précaires en CDD.

La plupart ont recours au régime des intermittents. Ils sont souvent journalistes avec carte de presse. C’est le cas des reporters de Là-bas comme de Daniel Mermet. Ils perçoivent également des droits d’auteurs (SCAM). Daniel Mermet n’a jamais demandé ses indemnités d’intermittent.

L’équipe de Là-bas comprend :

Le Producteur délégué

Le Chargé de réalisation

Le Coréalisateur

L’Attaché de production

Le Responsable du répondeur (mi-temps)

Et Cinq Reporters

Producteur délégué :

Le titre de Producteur délégué est trompeur. Son rôle se limite à animer une équipe et une émission dont il est souvent le créateur. Il en assure la responsabilité éditoriale, le choix et l’élaboration avec les reporters ; son rôle est celui d’un rédacteur en chef. Mais c’est la direction de France Inter qui fixe et contrôle étroitement le budget attribué à l’émission, le montant des salaires et des cachets des collaborateurs et qui établit les contrats.

Le producteur délégué n’est donc pas l’employeur étant lui-même rémunéré au cachet à l’émission avec un contrat en CDD pour la saison (Contrat de grille) que la direction peut choisir de ne pas renouveler. Il est donc dans la même précarité que les autres collaborateurs de l’équipe. Ainsi Daniel Mermet enchaîne les CDD depuis...1976 !
Selon Radio France cette répétition de CDD est parfaitement légale, car il s’agit de CDDU (CDD d’Usage). Cependant Radio France, tout comme France Télévision, sont régulièrement condamnés devant les tribunaux, la répétition de CDD équivalant à un CDI au regard de la loi, dès lors qu’il ne s’agit pas de remplacer un salarié absent ou d’emplois par nature temporaires comme les emplois saisonniers (vendanges par exemple).
Selon les syndicats, Radio France préfère cette solution moins coûteuse que des CDI, car pour compenser, les précaires en CDD ont recours aux indemnités chômage des intermittents du spectacle.

Le Chargé de Réalisation (Metteur en onde) :

A partir de 2006, les réalisateurs sont passés progressivement en CDI. Aujourd’hui il n’ y a plus de CDD en principe sur ce poste, sauf pour les remplacements.


Le Coréalisateur :

Par contre ce poste est en CDD (régime intermittent).


L’ Assistant (e) de production (Attaché de production) :

Poste en CDD non intermittent.
(2250 Euros brut, « avec les primes », selon l’administration)
Une porte d’entrée pour certains reporters ; Giv Anquetil, Pascale Pascariello et Charlotte Perry ont débuté à ce poste.

Le Répondeur :

N’exige pas de formation spéciale. C’est un mi-temps en CDD à 1 320 euros brut (tarif saison 2012/13). Souvent le collaborateur du répondeur fait aussi du montage, ce qui améliore ses revenus. Christophe Imbert, devenu réalisateur (CDI) a commencé au répondeur.
Ce poste donne la possibilité de recourir au régime des intermittents.
Donc, un CDI, trois CDD, intermittent ou non... Quatre postes, quatre statuts différents dans la même équipe !...

Reportage Là-bas :

Daniel Mermet et cinq autres journalistes au cachet assurent les reportages de l’émission.

Equipe actuelle : Giv Anquetil, Antoine Chao, Charlotte Perry, Gaylord Van Wymeersch, Anaëlle Verzaux.

Budget annuel cachets reporters (2012/2013) :
130 000 euros pour 10 mois soit 13 000 euros/mois
Ce qui permet d’assurer une dizaine de reportages chaque mois.

Les frais de déplacement relèvent d’un budget différent.
Un reportage de 25 minutes monté est payé 1 200 euros bruts (à quoi s’ajoutent les droits d’auteurs SCAM et les Congés spectacles). C’est (relativement) le meilleur tarif pour le reportage à Radio France.

(Jusqu’à la rentrée de septembre 2012, le tarif « reportage débutant » était de 1 000 euros)

Choix des sujets

Les sujets sont élaborés avec le producteur, sur sa proposition ou sur celle du reporter.
On estime à trois tiers la part de travail dans une émission : un tiers reporter, un tiers réalisation, un tiers producteur.

Chaque reportage, une fois commandé par le producteur, fait l’objet d’un ordre de mission et d’un contrat en CDD avec France Inter. Le reporter ne doit pas entreprendre son reportage sans que ce contrat soit établi avec l’administration de France Inter. Des cas d’urgence peuvent cependant être tolérés.

Dans des cas très rares où le reportage terminé n’est pas diffusé, le cachet est versé au reporter.

Nouveaux reporters

Le reportage radiophonique est un métier. Qu’il dure une minute ou une heure, le reportage radiophonique (comme le documentaire) est lié à l’identité originale de Radio France.

S’adressant à 600 000 auditeurs chaque jour, Là-bas est une émission exigeante sur le fond comme sur la forme. C’est « une hebdo tous les jours » avec une réalisation très élaborée et une pression soutenue comme celle d’une rédaction de presse quotidienne, ce qui exige un engagement et une cohésion de toute l’équipe.

Des divergences et des incompatibilités d’humeur peuvent se manifester comme dans n’importe quelle équipe et comme dans n’importe quelle entreprise humaine. Le caractère indépendant et critique de cette émission explique son succès et sa longévité mais aussi des inimitiés tenaces. Comme Pierre Bourdieu le disait de sa sociologie, « Là-bas est un sport de combat. »

Pour une personne motivée et déjà formée au journalisme, il faut plusieurs mois « sur le tas » pour maitriser la prise de son, le montage et s’initier aux formes du reportage.

Si les journalistes de la rédaction sortent le plus souvent des écoles de journalisme, en revanche pour les programmes, aucune formation n’est prévue par Radio France. C’est donc au producteur de se débrouiller pour trouver des reporters et les former. C’est une possibilité d’ouvrir la porte à des personnalités originales mais la formation est une charge de travail supplémentaire pour toute l’équipe. Cette formation est un atout pour le reporter qui pourra ensuite travailler pour d’autres émissions de reportage à Radio France ou ailleurs.
Les reportages étant payés à la diffusion, l’apprenti reporter n’est pas rémunéré pendant sa période de formation, malgré les demandes que nous faisons depuis des années.

Pour palier cette carence, il est arrivé que l’administration accepte de verser des cachets mensuels pendant la période d’essai et de formation d’un nouveau reporter. Ce fut le cas de Benjamin Fernandez qui, pendant sa période d’essai et de formation de trois mois a reçu un cachet de 1 500 euros brut (septembre, octobre, novembre 2011). Les exercices réalisés au cours de cette période de formation ne constituent pas toujours des reportages diffusables. Ainsi, l’exercice effectué par Benjamin Fernandez n’a pas été diffusé, mais il a été payé par le cachet mensuel qui lui a été versé.

Tarif des reportages

En moyenne, un reporter pigiste permanent expérimenté travaillant à plein temps, réalise deux à trois reportages par mois (2 400 à 3 600 euros brut, plus les droits d’auteur et les congés payés).
Au bout de 507 heures (au cours des 319 jours précédents), les reporters peuvent percevoir l’indemnité chômage des intermittents. C’est le cas des journalistes de l’équipe qui ont tous des cartes de presse.
Réalisateurs, assistants, reporters, traducteurs... depuis la création de l’émission en septembre 1989, environ une centaine de collaborateurs ont participé à l’émission (plus de 5 000 émissions aujourd’hui).
En 25 ans, il y a eu trois incidents concernant cinq personnes au total. Deux de ces incidents remontent à une dizaine d’années, les réponses ont été apportées et ces dossiers sont clos.

Dans les trois cas, Radio France a reconnu ses responsabilités en indemnisant les salariés (3).

Si l’on évoque ces cas, il faut alors aussi parler de tous les autres pour qui Là-bas a été et est une expérience largement positive.

Il faut rappeler que beaucoup d’excellents réalisateurs de France Inter y ont fait leur début et y ont appris leur métier : Bruno Carpentier, Christophe Imbert, Violaine Balet, Antoine Chao, Christian Rose, Khoï N’Guyen, Yann Chouquet, Anne Weinfeld, Lauranne Thomas, Antoine Dabrovski, Franck Haderer, Lucie Akoun...

Il faut parler des reporters qui ont commencé à Là-bas et sont devenus producteurs ; Sonia Kronlund, Joseph Confavreux, Olivia Gesbert sur France Culture.
Zoe Varier, Giv Anquetil, Hervé Pauchon sur France Inter...
Et de tous les autres qui ont poursuivi leur chemin et sont restés en liens amicaux avec l’équipe de l’émission.


Rentrée 2013

Le 21 juin dernier, Daniel Mermet recevait le Grand prix de la SCAM pour l’ensemble de son œuvre.
Les résultats Médiamétrie pour le second trimestre 2013 indiquaient que - alors que l’audience de France Inter décline - « Là-bas » continue d’être un record d’audience sur cet horaire avec 590 000 auditeurs soit quatre fois plus d’auditeurs depuis 2006.

Selon Médiamétrie, Là-bas a donc apporté 450 000 auditeurs supplémentaires à France Inter.

Or, fin juin 2013, à la fin de la dernière heure de l’émission de la saison, le directeur de France Inter Philippe Val annonçait brutalement que l’émission serait amputée d’une heure à la rentrée, le vendredi, sans discussion et sans contrepartie.

L’amputation du budget entraine une brusque chute de salaire de 20 à 25% pour toute l’équipe.

Pour les avocats consultés, au regard du droit du travail, « cette décision unilatérale pourrait s’analyser en modification substantielle des contrats de travail permettant aux salariés concernés de prendre acte de la rupture fautive du contrat à l’initiative de l’employeur. »

Pour le printemps 2014, l’équipe de Là-bas prépare une grande fête pour le 25 ème anniversaire de
l’émission.

LA-BAS,

Le 4 novembre 2013

Ce texte a été relu et amendé par une dizaine de collaborateurs de l’équipe, par des confrères syndiqués et par un avocat spécialisé. Daniel Mermet en a assuré la rédaction.

N O T E S :

1- Une information passée inaperçue à France Inter et pourtant une première qui fera jurisprudence. Après 28 ans de CDD, Serge Levaillant producteur-animateur de l’émission « Sous les étoiles exactement » a été viré sans la moindre raison par le directeur de France Inter, Philippe Val, avant l’été. Mais le conseil des prud’hommes a condamné France Inter , non seulement à requalifier Serge Levaillant en CDI avec un rappel de primes sur cinq ans (22 500 euros) mais aussi avec obligation pour la station, de le payer et d’assurer la poursuite de son contrat à la rentrée. Autrement dit de le reprendre dans le groupe et de lui proposer une émission (Le Canard enchaîné, 7 août 2013).

2 - La SDP (Société des Producteurs) réussit malgré tout à exister. On y critique régulièrement ce système de précarité organisée comme un moyen pour la direction d’obtenir tacitement toute la docilité éditoriale désirée. Chaque année, au printemps, l’angoisse revient parmi les équipes des programmes dans l’attente du renouvellement ou non des contrats. Qu’il en soit ou non conscient, le producteur et son équipe intériorisent les limites à ne pas dépasser et se conforment aux attentes de la direction en place.

3 - De nombreux auditeurs se sont étonnés que ces deux collaborateurs aussi attachés à la défense du droit du travail n’aient pas poursuivi Radio France devant les prud’hommes comme ils en avaient la possibilité. En fait, s’ils ont renoncé à exercer leur droit, c’est que Radio France leur a donné un chèque de plusieurs « milliers d’euros » pour qu’ils ne fassent pas de vagues, comme l’indique Olivier Cyran dans son article.

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  • Soyons plus répressifs : interdisons les manifs ! Abonnés

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    À Là-bas, on s’est dit que la com’ gouvernementale avait besoin d’un petit coup de main. Nos deux envoyés un peu spéciaux, Anaëlle et Gaylord, nouvelles recrues prometteuses de la Direction des systèmes d’information et de communication du ministère de l’Intérieur (ça existe vraiment) et militants des JAM, les Jeunes avec Macron (eux aussi existent vraiment), sont allés place Georges-Pompidou, à Paris, faire la retape pour la « loi anti-casseurs »… pardon, la « loi visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations ».

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    D’ordinaire, la violence est utilisée pour discréditer un mouvement. Mais voilà, ça ne prend plus, et depuis treize semaines, une petite musique monte : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » « Le mouvement s’essouffle. » Chaque semaine, les experts sont unanimes, « le mouvement s’essouffle ». Et chaque semaine, le nombre de manifestants est en baisse, selon le chiffre du ministère de l’Intérieur - un détail que les experts oublient souvent d’indiquer. Ajoutez l’hostilité assumée de la plupart des médias et les accusations permanentes contre les « gilets jaunes » : homophobie, xénophobie, insultes raciales, infiltration par « les extrêmes » et même antisémitisme, suite à un tag découvert sur une vitrine alors qu’absolument aucun manifestant n’était présent dans ce quartier et que le tag – selon le commerçant lui-même – a été fait durant la nuit précédente !

  • Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte se fait du souci pour Les Républicains Abonnés

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    Je te le dis sans barguigner, ami abonné, on vit une époque bien chamboulée, bien chtarbée. Ça déconne à plein tube de partout, tout particulièrement du côté Les Républicains, complètement à la ramasse depuis quelques mois. Leur chef reçoit Éric Zemmour en fanfare, comme si c’était l’arrière-petit-fils du Général. Un député Les Républicains du Pas-de-Calais s’invite à la télé de l’Assemblée nationale pour y faire des propositions constructives, comme la gouvernance par l’assassinat : un mode de gouvernance qui a certes cours dans de nombreux pays, mais bon, chez nous, on n’a pas encore trop l’habitude. Au moins d’en parler à la télé.

Une sélection :

« Le Président des ultra-riches », le nouveau livre des Pinçon-Charlot (Zones, 2019) LA VIOLENCE DES ARROGANTS : JUSQU’OÙ ? AbonnésVoir

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Rien à faire, malgré les gros moyens, la com’, les médias, la frime et les débats, l’entourloupe Macron ne marche plus. Il ne reste qu’à faire tirer contre le peuple, faire arracher les yeux et les mains des gueux, le samedi de préférence. Mais les gueux résistent et les Français sont avec eux. À l’appui de cette guerre de classes, les Pinçon-Charlot apportent des armes et des outils efficaces et tranchants contre cette oligarchie aux pieds d’argile. En attendant l’autopsie finale. Un entretien avec Monique Pinçon-Charlot, qui publie avec Michel Pinçon Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron (Zones, 2019).

À La Courneuve, les « gilets rouges » de la CGT réinventent un service public au service du public AbonnésÉcouter

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« L’électricité, c’est la vie, et nous, on est des "gilets rouges" ! » La formule est de Nicolas Noguès, un militant CGT. Avec des collègues syndicalistes, il occupe une ancienne boutique EDF à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Leur opération a débuté le 14 novembre 2018, soit trois jours avant le premier acte des « gilets jaunes ». Alors c’est vrai, c’est moins spectaculaire. Et du coup, il y a moins de journalistes pour couvrir l’événement. Pourtant, là aussi, dans ce coin du 93, il est question de proximité et d’accès aux services publics pour des usagers sacrifiés sur l’autel de la dématérialisation.

Une série de reportages en dix épisodes Vous êtes seul, célibataire ? Là-bas vous aide à rencontrer quelqu’un ! [INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

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Tout le monde ne se pose pas la question, mais beaucoup quand même : comment rencontrer quelqu’un ? Où choper un mec ? Où draguer une fille ? Dans la rue, dans un bar, au bureau ? Sur un site de rencontre, avec une application ? Pour une nuit, pour la vie ? Chacun ses trucs, mais au fait, comment font les autres ? Sophie Simonot est allée vous poser la question. Une série de reportages en dix épisodes, dans des milieux et des générations différentes, des réponses et des silences inattendus…