L’homme qui murmurait à l’oreille des veaux et celui qui a fait péter la baudruche

Le

Jusqu’au bout nous avons espéré, mais on ne peut plus le cacher, Jean-Marc nous a quittés.
Oui, l’éditorialiste économique Jean Marc Sylvestre a quitté France inter. Sans esclandre, sans tapage, le hussard noir du capitalisme a rejoint la direction de l’information de TF1.

C’est la rentrée, mais malgré sourires et entrain, nous avons le cœur bien lourd. Car nous pensons à ces centaines de milliers d’auditeurs désemparés, sans guide et sans boussole désormais. Voilà 22 ans que chaque matin à 7h25, le Dalaï Lama du CAC 40 nous dit ce que nous devons penser. 22 ans qu’il réveille la France en lui parlant de l’horreur des 35 heures, des grèves qui prennent l’usager en otage, des privilégiés des régimes spéciaux, du Oui à la constitution européenne ou de la nécessité de « moderniser » le financement de la Santé et des retraites dans un pays archaïque où les entreprises sont écrasées par les charges.

Comment combler le manque que laisse cet infatigable télévangéliste du marché, cet humble propagateur de la foi ultralibérale ? Et quelle simplicité ! Jamais dans les couloirs de France inter on ne l’a vu arborer la légion d’honneur que son ami Nicolas Sarkozy lui avait remis en 2004. Toujours prêt à défendre les intérêts des nantis et des puissants et à nous enseigner la résignation par la modestie ou par l’évidence « Le libéralisme n’est pas une construction intellectuelle comme le marxisme, le monde a été créé ainsi, tel était le message de Jean-Marc, le libéralisme est inscrit dans la nature humaine, parfois violente et injuste », nous répétait-il (Interview à VSD, 20/01/05)

Pendant 22 ans, cet homme a murmuré à l’oreille des veaux. Un homme toujours prêt à lécher les maîtres du monde jusqu’entre les doigts de pieds là où ça sent pas toujours très bon.

Alors, bien sûr, France inter lui a trouvé un successeur. Mais de partout monte le choeur des auditeurs déboussolés « Pourvu que le prochain soit aussi caricatural ! », disent-ils. « Jean-Marc n’avait pas son pareil pour vous faire monter l’adrénaline dés le matin, c’était bon pour démarrer la journée ! Jean-Marc Sylvestre, c’est le type qui est la caricature de tout ce qu’il défend. Il a fait réagir tant d’auditeurs, tant de colères et tant de rigolades entre le café et la brosse à dents, qu’il a plus fait pour dévoiler l’horreur économique que pour la faire avaler… Jean-Marc, tu vas nous manquer ! Jean-Marc reviens ! »

Bref, Jean Marc nous abandonne, mais heureusement, nous avons une consolation, Philippe Val est toujours là, toujours sur France inter, le philosophe Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, celui qui a eu le courage de virer l’infâme dessinateur Siné ! La grande affaire de l’été à laquelle personne n’a pu échapper.

Ah, comme l’équipe de Là-bas était malheureuse d’être en vacances au milieu des vahinées, et de ne pas pouvoir soutenir l’ami de BHL et de Laurent Joffrin, celui qu’Alexandre Adler prend pour Emile Zola, celui qui a eu le courage de faire lyncher le vieux Bob Siné, tout comme il a réglé son compte au tout puissant Denis Robert , tout comme il a anéanti le révisioniste Noam Chomsky et tous les autres antisémites qui encombrent cette planète !

Car ils sont de plus en plus nombreux ces serpents, ils sont partout ! Ce n’est plus seulement Edgar Morin et Eric Hazan, plus seulement Pierre Bourdieu ou Hugo Chavez qui sont antisémites, plus seulement Bruno Guigue, Pascal Boniface, José Bové, Alain Badiou, Jacques Bouveresse, la rédaction du Monde diplomatique, Eyal Sevan ou Charles Enderlin, mais combien d’autres (sans parler de celui qui vous parle !) combien d’autres ?

C’est pourquoi, Charlie Hebdo a rejoint la chasse contre ces sorcières. Depuis des années, un petit réseau d’inquisiteurs zélés ont trouvé une ficelle très efficace pour discréditer ceux qui leur déplaisent, c’est de les accuser ou de les faire accuser d’antisémitisme. Un mot qu’ils jugent douteux, une critique de la politique israélienne, ou de la politique de Washington, ou de l’Otan, ou même de l’occident, et ils font de vous un nouveau Drumont, ou un nouvel Eichman.

Ils se disent « sionistes », ils disent défendre Israël mais ils sont de droite avant tout, même d’extrême droite, souvent proches des néocons américains, leur objectif c’est de salir leurs adversaires politiques, des gens classés à gauche, en les faisant passer pour antisémite. Ca ne marche jamais, devant les tribunaux ces accusateurs perdent toujours, mais peu importe, pour eux c’est la calomnie qui compte. C’est salir qui compte. Et ça, ça marche, toutes les personnes qu’on vient de citer ont subi des conséquences dans leur vie professionnelle ou privée.

C’est quelque chose d’ assez ignoble qui s’est collé à la vie politique, médiatique et intellectuelle en France, surtout depuis 2001, 2002. Quelque chose qui inhibe, qui pervertit l’information, qui bloque les débats, c’est une immense censure non dite. C’est un terrorisme intellectuel tout à fait comparable au Maccarthysme américain ou à la terreur que faisaient régner les staliniens français dans les années 1950-1960 .

Or, tout ça vous le savez. Voilà des années qu’on en parle dans Là-bas si j’y suis. Tout le monde le sait. Et tout le monde se tait. Nous traversons des temps de résignation et de désespérance morne. Mais sous la lâcheté, ça fermente quand même, ça couve, ça pue c’est vrai, mais ça s’accumule comme du gaz dans une bonbonne.

Et voilà que début juillet, BOUM ! Val a fait péter la grosse baudruche !
Ce maladroit s’est pris les pieds dans ses grosses ficelles. Il est tombé dans son propre piège et une immense poubelle de merde l’a entièrement recouvert, lui et ses « collaborateurs ».

Quelle injustice ! Alors même qu’il est celui qui aura le plus efficacement mis en évidence l’ignoble imposture du chantage à l’antisémitisme. Il l’a fait involontairement, sans aucun doute. Mais peu importe. Car cette imposture est criminelle. La banalisation de l’antisémitisme est un crime contre la mémoire des victimes. A voir des antisémites partout, on en voit nulle part. La banalisation de l’antisémitisme détourne et rend impossible la vraie lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Ce détournement doit être combattu partout et par tous, au grand jour.

Beaucoup d’autres choses ont surgi et cette histoire n’est pas terminée.

Celle-ci et d’autres nous attendent au coin du bois, au coin de la rue, au bout du monde.

Tiens bon la rampe Sally Mara, Là-bas repart pour un tour !

Là-bas, le 1er Septembre 2008

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    À force de montrer des femmes précaires en grève, on finit par se faire une fausse image de l’honorable entreprise Elior Group. Rassurez-vous, tout le monde n’y est pas sous-traité ! Surtout pas le directeur général, Philippe Guillemot.

    En grève depuis le 11 avril, les femmes de chambre de l’hôtel de luxe NH Collection à Marseille occupent l’entrée de l’hôtel pour protester contre leurs conditions de travail. Malgré les pressions musclées de la police et de la direction, elles tiennent depuis bientôt huit semaines. Leur employeur, sous-traitant de cet hôtel de luxe, est le groupe ELIOR, un puissant groupe français de restauration, 132 000 « collaborateurs et collaboratrices » dans le monde, presque 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018 et adepte du « développement durable » et autres « principes d’éthique ».

    Treizième mois, paiement des heures supplémentaires, augmentation le dimanche, conditions de travail, reconnaissance de leur qualification : les revendications des femmes de chambre sont claires et légitimes.

    Pourtant, le 24 mai, la direction d’ELIOR a saisi le Tribunal de grande instance de Marseille pour exiger l’arrêt de la grève et une condamnation de 500 euros par gréviste. La police a relevé l’identité des femmes présentes sur le piquet avec une brutalité devenue courante.

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    Sois franc, ami abonné, conviens qu’à toi non plus il ne déplaît pas de voir et surtout d’entendre Gilbert Collard et Daniel Cohn-Bendit s’attribuer des noms de volatiles, tous plus infamants les uns que les autres, pendant une soirée électorale où tout le monde s’emmerde copieusement. À TF1 aussi, ils adorent ça, mais ils n’ont pas le droit de le dire. À Quotidien, ils ont le droit de tout dire, mais ils évitent néanmoins de pointer trop explicitement l’hypocrisie de leur chaine mère (TF1 donc) qui invite sur un même plateau deux multirécidivistes de l’esclandre et simule l’indignation horrifiée (Gilles Bouleau fait ça très bien) quand l’inévitable baston verbale se déclenche. Tout ça n’est ni très nouveau, ni très original, mais toujours amusant à voir à l’œuvre.

Une sélection :

Avec Gérard Filoche Et maintenant, l’assurance chômage ! AbonnésVoir

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Mercredi 20 février, les négociations sur l’assurance chômage ont été rompues, sans que les représentants de salariés et de patrons ne trouvent d’accord, ouvrant la voie à la reprise en main par l’État. C’est le genre d’infos qu’on voit passer rapidement, dont on entend vaguement parler à la radio, mais qu’on laisse filer, comme ça, sans y attacher plus d’importance, tant la question est vidée de son contenu politique par certains journalistes. Et pourtant : qui gère les 35 milliards d’euros de l’assurance chômage ? Qui décide de la façon dont sont indemnisés les chômeurs ? Pourquoi les négociations ont échoué, et qui y avait intérêt ? Voilà quelques questions simples que les médias dominants oublient de poser ! Heureusement, Gérard Filoche est là pour y répondre.

Émission spéciale de Gaylord Van Wymeersch avec l’historienne MAUD CHIRIO BRÉSIL : PERSONNE NE POURRA DIRE QU’IL NE SAVAIT PAS AbonnésVoir

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« PERSONNE NE POURRA DIRE CETTE FOIS QU’IL NE SAVAIT PAS. » La voix du film de Chris Marker sur le Brésil, en 1969, en pleine dictature militaire, résonne terriblement aujourd’hui. Alors qu’Emmanuel Macron approuve au Venezuela un coup d’État militairement soutenu par son ami Donald J. Trump, il salue au Brésil l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite qui reprend et restaure la dictature que dénonçait Chris Marker. Autoritaire, sexiste, homophobe, niant le réchauffement climatique, et surtout et avant tout « ultra-libéral », JAIR BOLSONARO a été élu le 28 octobre dernier à 55,13 %.

Troisième et dernier épisode : réquisitions et jugement ! GRAND PROCÈS DE MACRON : LE VERDICT ! AbonnésVoir

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