Un texte de Gisèle Halimi paru dans le Diplo en août 2003

Gisèle Halimi : le « complot » féministe

Le

Puisque nous évoquons Gisèle Halimi dans le Mercredito de cette semaine, voici un texte paru dans Le Monde diplomatique en août 2003, qui peut étonnamment éclairer aujourd’hui :

Impossible de ne pas l’avoir vu, entendu, lu, remarqué. Feu nourri de toutes parts. Tirs à boulets rouges. La cible ? Le féminisme d’aujourd’hui : « Une escroquerie », une entreprise de « victimisation » des femmes, qui « fragilisent » les hommes, les transforment en « objets » de leurs « nouveaux maîtres », les féministes. Des livres, des manifestes bruyants et un relais hégémonique, obsédant, dans les médias [1]

Violence subie par les femmes. Nos procureurs en contestent l’importance et l’ampleur. Ils reprochent, en chœur, à la grande Enquête sur les violences envers les femmes en France (Enveff), rendue publique en 2001, de pratiquer l’amalgame entre ses différentes formes. Les auteur(e)s de la première enquête de ce genre en France — des chercheurs — sont accusé(e)s d’avoir recensé, sous la même rubrique de « violences conjugales », les atteintes psychiques et physiques subies. Depuis la violence psychologique jusqu’à la violence sexuelle [2]. Il s’agirait d’un trucage, une volonté d’exiger — indûment ? — protection et réparation, bref une attitude de « victimisation » selon ces censeur(e)s. Avec, comme but (et résultat), d’accabler des innocents : les hommes.

On peut se demander ce qui pousse certaines femmes, qui se proclament haut et fort féministes, à se soucier, sous couvert de prétendue rigueur scientifique, des « déroutes » masculines. Au détriment de la misère et du désespoir de la majorité des femmes dans le monde. Ignorent-elles l’écrasant rapport de forces, de dominant à dominé, entre hommes et femmes ? Cette relation socio-économique qui fait des femmes la majorité des chômeurs, des smicards, des travailleurs à temps partiel (dans ce ghetto de l’emploi, 83 % de femmes), des titulaires de contrat à durée déterminée (60 %), des grandes discriminées à l’embauche, à la promotion, des absentes de la direction des grandes entreprises ? La pauvreté (80 % de femmes) et leur précarité [3].

Ignorent-elles le rôle — réel et symbolique — de la domination masculine à l’origine même de la violence ? Une norme religieuse et culturelle autrefois répandue et encore tolérée de nos jours. L’homme violent, par la violence, marque son territoire et rappelle qu’il détient le pouvoir. En même temps qu’il signifie le lien entre virilité et sexualité [4].

Multiforme, la violence des hommes contre les femmes est universelle. Elle constitue même l’une des formes extrêmes des rapports entre les sexes dans le couple. La Conférence mondiale sur les droits humains de Vienne (1993) a reconnu leur existence et leur ampleur. Les a définis comme une « violation des droits humains ». A Pékin, lors de la IVe conférence mondiale des Nations unies sur les femmes (1995), les gouvernements représentés se sont engagés à établir des bilans, à lutter contre ces violences et à soutenir les victimes.

Pour les accusateurs d’aujourd’hui, l’accusée, c’est la femme battue. Elle qui sait que les diverses formes de violence n’ont pas de frontière, sauf sur le froid papier des rapports. Entre l’acharnement d’un interrogatoire (« Je t’avais interdit de voir cette amie », « Où étais-tu quand j’ai téléphoné ?... »), le mépris qu’on lui jette à la figure et qu’elle finit par intérioriser (« Tu es moche... », « Tu es conne... »), la bousculade ou la gifle qui suit, suivies elles-mêmes, si elle se rebiffe, d’un véritable passage à tabac, suivi enfin de la violence sexuelle, elle ne vit qu’une différence de degré, pas de nature. Le « continuum » de la violence. « En plus ou en moins », dit-elle. Interrogez-la, c’est la même souffrance, celle de l’inexistence comme être humain.

Peut-être eût-il été préférable de dissocier (autant que faire se pouvait), dans cette Enquête, les résultats des différentes formes d’agression. Mais le fondement en reste commun, l’existence d’une domination masculine qui « inscrit dans la définition de l’être humain des propriétés historiques de l’homme viril, construit en opposition avec les femmes » (Pierre Bourdieu).

Le « complot » se trame aussi sur fond de mise en accusation des hommes. Qui ont droit, entre tous les droits, à une femme « prostituable ». Contre les féministes abolitionnistes qui nient la réalité d’une prostitution libre. Certaines d’entre elles voudraient même — oh horreur — sanctionner le client, comme dans certains pays [5], et son « droit au plaisir ». Elles pensent que le marché, en l’absence de demande, verra son offre se tarir. A côté de certains livres-réquisitoires, quelques manifestes de femmes autoproclamées féministes (on aimerait connaître leurs titres et actions « en » féminisme...) affirment que l’on peut se prostituer librement et par plaisir. Elles oublient que celles qui l’avaient assuré, comme la célèbre Ulla, au milieu des années 1970, avouent aujourd’hui avoir menti pour « corporatiser la profession ». « Comment avez-vous pu nous croire ? », demandent-elles, accablées par tant d’ignorance. Aucune femme, sauf goût particulier de certains rapports sexuels, ne fait librement commerce de son corps... N’accepte d’être réifiée, consommable, objet entre les objets. La prostitution est le paroxysme du non-pouvoir d’une femme sur elle-même. Et tue la femme dans la femme [6].

Certaines prostituées peuvent se résigner avec le temps. Sont-elles devenues libres pour autant ? Elles n’oublient pas que la solitude, la misère les avaient poussées sur le trottoir. « Pire qu’une âme asservie, une âme résignée », pourrait répondre Péguy. Je crains, en fait, que nos signataires — intellectuelles privilégiées — n’aient fantasmé sur le rôle de Catherine Deneuve dans Belle de jour, de Luis Buñuel.

Reconnaissent-ils, nos détracteurs, l’existence du harcèlement sexuel des femmes ? Je l’ai souvent plaidé. Il réduit celles que nous défendons à des femmes qui se noient. Arrêts de travail, consommation d’antidépresseurs, difficultés de la preuve, mutisme forcé des collègues. Elles paient cher la volonté de sauvegarder leur dignité. Leur conseiller pour tout remède, comme je l’ai lu, de flanquer une paire de claques au coupable atteste une effarante méconnaissance des lois de l’entreprise.

Elisabeth Badinter évoque la « pulsion masculine » et moque le « militantisme féministe », qui croit pouvoir « [la] mettre au pas... » [7]. . Accuse les féministes — lesquelles et quelles organisations ? — de se livrer « au formatage de la sexualité ». Or donc, seuls les hommes auraient des pulsions souveraines. Il y va d’ailleurs de leur « identité ». Et tant pis pour les femmes et leur propre identité.

Nous touchons, sur le plan rationnel, à la contradiction majeure de ce genre de thèses. L’universalisme à tout crin de nos accusateurs ne craint pas de se mêler aux eaux troubles du différentialisme. Si chaque sexe reste dans son « univers », naîtra enfin la « connivence » entre les sexes. Féministes, arrêtez de vouloir barrer la route aux « pulsions » des hommes. Vous êtes responsables du « malaise masculin ».

Argument antiféministe par nature et objectivement réactionnaire. Qui tente de faire oublier que le féminisme, par ses combats, a jeté les bases d’un changement social important, avec plus de justice, plus d’égalité.

Mais ce n’est pas tout : le « complot » a même réussi à imposer la parité. Il a mis en échec l’universalisme républicain. Ce n’est pas le lieu de reprendre ce débat. Qu’il nous suffise de rappeler qu’un universalisme qui, pendant plus de deux siècles, a exclu les femmes de la citoyenneté puis du partage du pouvoir politique a fait la preuve de son « différentialisme » misogyne. A cet universalisme trompeur, nous substituons un double universalisme : hommes + femmes = humanité.

Selon ce réquisitoire, et pour faire bonne mesure, nous sombrerions dans le puritanisme et l’ordre moral. Nous tous — mouvements et personnalités féministes confondus — qui avons mené et gagné la bataille du choix de donner la vie (contraception et avortement). Qui avons signifié ainsi la dissociation de la procréation et de l’amour. C’est-à-dire le droit au plaisir. Nous qui avons réclamé — et obtenu — l’abolition de toute discrimination contre les homosexuels [8].

De ce procès instruit à charge émerge l’accusation globale de ségrégation, de haine, de guerre des sexes. Et de citer à l’appui les auteures américaines Andrea Dworkin et Catherine Mac Kinnon. Non traduites en France, elles s’insèrent dans une société et un féminisme d’outre-Atlantique radicalement différents des données françaises. Les féministes françaises n’ont jamais voulu exclure ou liquider les hommes. Leur projet global de société est essentiellement mixte. Les hommes doivent avoir l’« intelligence théorique » de leur libération à travers la nôtre. Nous les convaincrons. Et le procédé qui tend à nous culpabiliser revient à nier un fait culturel, celui de la spécificité du féminisme français.

Nos procureurs ont-ils voulu nous mettre en garde contre des dérapages éventuels ? Ce serait la (toute) petite utilité de leur propos. Etait-il nécessaire pour cela de réhabiliter par un discours « masculiniste » les stéréotypes de la femme castratrice ?

À moins que la réussite de quelques combats féministes inquiète ? J’aime beaucoup ce proverbe africain : « Quand on commence à lancer des pierres sur un arbre, c’est qu’il est en train de porter ses fruits. »

Gisèle Halimi
Avocate, présidente de « Choisir - La Cause des femmes », auteure notamment de La Nouvelle Cause des femmes, Seuil, 1997, et de L’Avocate irrespectueuse, Plon, 2002.

Notes

[1Alain Minc, Epître à nos nouveaux maîtres, Grasset, Paris, 2002 ; Elisabeth Badinter, Fausse route, Odile Jacob, Paris, 2003. Silence total des médias, en revanche, sur le récit passionnant du parcours d’une syndicaliste féministe, Annick Coupé, dans Lutte de classes, lutte des sexes, Agone, n° 28, 2003.

[2L’Enveff, qui a porté sur 6 970 femmes de 20 à 59 ans vivant en couple, est publiée par la Documentation française, Paris, 2003. Elle est contestée par Elisabeth Badinter (op. cit.) ainsi que par Marcella Yacub et Hervé Le Bras, dans Les Temps modernes, Paris, 1er trimestre 2003.

[3Lire « Femmes rebelles », Manière de voir, n° 68, avril 2003.

[4Cf. Daniel Welzel-Lang, Mythes de la violence, Indigo et Côté femmes, Paris, 1966.

[5Suède : loi du 1er janvier 1999.

[6Cf. Lilian Mathieu : « On ne se prostitue pas par plaisir », Le Monde diplomatique, février 2003.

[7Op. cit.

[8Loi n° 82-683 du 4 août 1982. Députée à l’Assemblée nationale, j’en fus moi-même, et à ma demande, la rapporteure.

Sur notre site

À voir

C'est vous qui le dites…Vos messages choisis par l'équipe

Les bouquins de LÀ-BASLire délivre

  • Voir

    La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

    Vos avis et conseils sont bienvenus !

Dernières publis

  • Le journaliste de Mediapart Mickaël Correia publie « Le Mensonge Total. Enquête sur un criminel climatique » au Seuil (VIDÉO | 47’21) « Quand TotalÉnergies met un euro dans les énergies vertes, il en met deux dans le pétrole et le gaz et il en distribue trois à ses actionnaires » Abonnés

    -

    Voir

    Une multinationale qui génère des milliards d’euros de bénéfices. Sans payer d’impôts ou presque. Grâce à la production d’énergies qui détruisent la planète. Pendant que les prix de l’énergie explosent pour le consommateur et que 12 millions d’habitants en situation de précarité énergétique n’ont pas les moyens pour se chauffer. Tout ça en faisant croire qu’elle est un « des acteurs les plus actifs de la transition énergétique » et avec la bienveillance des pouvoirs publics qui y voient « un atout économique majeur pour notre pays ». Mauvais scénario de science-fiction ? Récit des prévarications népotiques en cours dans un régime autoritaire ? Illustration d’une gigantesque manipulation de masse ?

  • Macron, l’obsession commémorative Abonnés

    -

    Voir

    Simone Veil, Fred Moore, Jean d’Ormesson, Arnaud Beltrame, Claude Lanzmann, Charles Aznavour, Jacques Chirac, Jean Daniel, Samuel Paty, Daniel Cordier, Jean-Paul Belmondo, Hubert Germain, Michel Bouquet, Françoise Rudetzki, Pierre Soulages, Gisèle Halimi, Steven Greblac, Paul Medeiros, Manon Raux, Léon Gautier, Jean-Louis Georgelin, Hélène Carrère d’Encausse, Jacques Delors, Robert Badinter, Philippe de Gaulle et maintenant Maryse Condé… On ne compte plus les hommages nationaux et aux autres panthéonisations accordées par le président de la République à des personnalités disparues, des policiers morts en mission, des militaires tués ou des victimes du terrorisme. Emmanuel Macron est le président qui a présidé le plus de cérémonies d’hommage, bien plus que ses prédécesseurs. Qu’est-ce que cache cette inflation mémorielle ? Gérard Mordillat a une petite idée.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #26 : « Nuda » Abonnés

    -

    Voir

    C’est une chanson que vous ne connaissez pas encore, interprétée par une chanteuse que vous ne voyez jamais. Et pour cause : Nûdem Durak croupit dans les geôles turques depuis 2015. À l’époque, elle est condamnée par un tribunal pour « appartenance à un groupe terroriste ». Son crime ? Avoir chanté, en kurde, sous un portait d’Abdullah Öcalan, le leader du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan considéré par Ankara comme une organisation terroriste. « Parce que j’ai chanté des chansons, ils m’ont mise en prison », écrit-elle depuis sa cellule. Depuis quelques années, l’écrivain français Joseph Andras a impulsé une vaste campagne internationale pour sa libération, à laquelle Là-bas si j’y suis s’associe. Olivier revient aujourd’hui sur « Nuda », la chanson qui lui a coûté sa liberté.

  • De quoi Aya Nakamura est-elle le nom ? Abonnés

    -

    Lire

    C’est une affaire qui remonte à quelques semaines et qui ne vous a sans doute pas échappé : au choix d’Aya Nakamura pour chanter à la cérémonie d’ouverture de la très prochaine grande foire olympique ont succédé quelques polémiques bien senties dans les médias bien-pensants. Deux camps se sont immédiatement opposés. D’un côté, notre bonne vieille extrême droite raciste s’est sans surprise insurgée de ce qu’une femme noire aux origines douteuses puisse représenter notre bon pays chrétien lors d’un événement tout de même retransmis en mondovision. De l’autre, les autres. Ceux qui s’alarment de ce que le racisme le plus grossier puisse encore à ce point imprégner l’air du temps. C’est à ce camp-là que je veux m’adresser aujourd’hui. Le camp des antiracistes. Le mien. Le nôtre. Le camp des gentils.

  • Pour des commandos « Robin des Bois » ! Chronique VIDÉO/PODCAST Il faut prendre l’argent là où il est : chez les pauvres Abonnés

    -

    Voir

    Fini le chômeur qui se dore la pilule ! C’est la troisième fois sous Emmanuel Macron que le gouvernement s’attaque aux chômeurs dans l’optique de rééquilibrer les comptes publics. Mais ce qui étonne Dillah, c’est que Gabriel Attal ne regarde pas du côté des 84 % de Français favorables à la taxation des superprofits des entreprises. Pas non plus du côté de la semaine des 32 heures. Étonnant, non ?

  • Avec Peter MERTENS, secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique) qui publie MUTINERIE (Agone), VIDÉO et PODCAST MUTINERIE : remettre la lutte des classes au milieu du village mondial Abonnés

    -

    Voir

    Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins. Et ce vent du changement est déjà là. Pas de doute pour Peter Mertens, secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique), qui publie MUTINERIE : le vent est en train de tourner. « Nous sommes à la croisée des chemins, dans un monde polarisé qui peut basculer dans plusieurs directions. Il faut s’emparer des transformations du monde. Les monstres ne sont jamais loin. »

  • « Si j’aurais su », notre nouveau rendez-vous proposé par Laurence De Cock Philippe Meirieu : « Nous sommes dans une période non pas de grand remplacement mais de grand renoncement » Abonnés

    -

    Voir

    Qu’est-ce qu’un pédagogue ? Quelqu’un qui conjugue la théorie et la pratique. Jean-Jacques Rousseau n’était donc pas un « pédagogue », mais plutôt un philosophe de l’éducation. Philippe Meirieu, lui, est bien un pédagogue. C’est même lui qui en donne cette définition dans le deuxième épisode de ce nouveau rendez-vous proposé par Laurence De Cock.

    Philippe Meirieu est chercheur et militant en pédagogie, membre du parti Les Écologistes, ancien conseiller régional de la région Rhône-Alpes et actuellement vice-président des Céméa, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active. Cela fait quarante ans que Philippe Meirieu travaille et milite sur les questions de pédagogie.

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #25 : « Hasta siempre, Comandante » Abonnés

    -

    Voir

    « Aquí se queda la clara
    La entrañable transparencia
    De tu querida presencia
    Comandante Che Guevara »

    Il est rare qu’un chant hagiographique soit aussi bouleversant. C’est pourtant le cas avec cette chanson écrite par le chanteur cubain Carlos Puebla au moment où le Che quitte définitivement la vie politique cubaine pour apporter sa contribution à d’autres fronts révolutionnaires, au Congo et en Bolivie. Olivier Besancenot revient cette semaine sur cette chanson écrite en 1965, une année charnière dans la vie du Che et dans l’histoire de Cuba. C’est d’ailleurs à la révolution cubaine que la chanson emprunte son titre : hasta la victoria siempre !

  • Hier le Rwanda, aujourd’hui Gaza Rwanda, douleur fantôme Accès libre

    -

    Lire

    Rwanda, douleur fantôme. C’est une douleur dans la main qu’elle n’a plus. Chaque année, au printemps, la douleur revient et tout un cortège d’images reviennent la hanter jusque dans le noir de la nuit, dit-elle. Surtout pour les anniversaires, les dix ans, les vingt, les trente ans comme ces jours-ci. Génocide du Rwanda, trente ans. Les médias ressortent les mêmes articles, les mêmes spécialistes, les mêmes écrivains roublards, les mêmes débats, les mêmes images – attention – qui peuvent choquer surtout les enfants.

  • La revue de presse indispensable du vendredi Balkany chez Hanouna : de l’art de transformer un coupable en victime Abonnés

    -

    Voir

    « Face à Hanouna », c’est la nouvelle émission proposée depuis deux mois par C8, chaîne du groupe Bolloré. Enfin, « nouvelle », pas exactement, puisqu’il s’agit de la déclinaison le samedi et le dimanche de l’émission phare « Touche pas à mon poste ! », les deux étant présentées par un Cyril Hanouna qui ne s’arrête donc jamais, même pas le week-end. Dimanche 24 mars, le débat de l’émission était consacré à la « polémique » (encore une) Michel Sardou. Et qui Cyril « Baba » Hanouna avait-il trouvé pour venir défendre le chanteur ? Un amoureux de la chanson française, un proche de l’artiste, un ami d’enfance : Patrick Balkany. Âmes sensibles, s’abstenir.

  • Arrêtons de nous faire rouler par « Big Tobacco » (VIDÉO | durée : 17’17) TABAC : PAS DE LIMITE, ON VEUT LE CANCER POUR TOUS ! Abonnés

    -

    Voir

    Vive le libéralisme ! La France vient de supprimer le seuil d’une cartouche de cigarettes qu’un particulier était autorisé à rapporter d’un autre pays de l’Union européenne. Notre gouvernement avait le choix entre s’aligner sur le droit européen qui autorise de ramener 4 cartouches de cigarettes, c’est déjà beaucoup, ou de ne donner aucune limite. Macron a décidé, aucune limite. Les candidats au cancer du poumon sont heureux. Il faut rappeler que le tabagisme qui est la première cause de mortalité évitable en France tue chaque année 75000 fumeurs. Ajoutons que fumer provoque 9 cancers du poumon sur 10 !

  • Chaque mardi, OIivier Besancenot raconte les chansons de notre histoire Chants de bataille #24 : « Here’s to you » Abonnés

    -

    Voir

    « Here’s to you, Nicola and Bart,
    Rest forever here in our hearts,
    The last and final moment is yours,
    That agony is your triumph. »

    Tout le monde ou presque connaît ces quatre vers, qui sont les uniques paroles de cette chanson répétées en boucle par Joan Baez. Ce qu’on sait moins, c’est que cette chanson a d’abord été composée par Ennio Morricone pour un film. C’est même deux chansons que Joan Baez a enregistrées en 1971 pour le film de Giuliano Montaldo, Sacco et Vanzetti, qui raconte l’histoire des deux anarchistes italiens condamnés – sans preuves – à mort et exécutés en 1927.

  • Gérard Mordillat : « Vive l’école publique ! » Abonnés

    -

    Voir

    C’est un séparatisme qui ne dit pas son nom, mais qui est déjà à l’œuvre de manière éclatante dans la capitale : à Paris, 40 % des lycéens sont scolarisés dans un établissement privé. À l’échelle nationale, la proportion d’élèves scolarisés dans le privé est moindre, mais elle ne cesse de croître. Tout ça est la lointaine conséquence de la loi Debré, adoptée le 29 décembre 1959, qui institutionnalisa le financement public de l’enseignement privé. Durant l’année 1959 déjà, de nombreuses manifestations avaient eu lieu pour s’opposer à ce détournement de fonds publics au profit de l’enseignement privé. Et devinez : qui se trouvait parmi les manifestants ? Gérard Mordillat, bien sûr.

  • SI J’AURAIS SU ! Un nouveau rendez-vous LÀ-BAS avec LAURENCE DE COCK CONTRE LA DESTRUCTION DE L’ÉCOLE PUBLIQUE DANS LE 93 ! Abonnés

    -

    Voir

    Laurence de Cock reçoit trois enseignantes du 93, Servanne, Louise et Amandine qui n’ont pas envie de laisser le pouvoir aux destructeurs de l’école publique. Leur but est clair : lutter à fond contre cette destruction, montrer les dégâts, et appeler toutes et tous à la castagne. Oui, entre privé et public c’est la vraie lutte des classes.

Une sélection :

Avant le grand procès de Macron, le 07 mai, un tour dans les archives de Là-bas (juin 2006) BHL : LE PROCÈS DU POMPEUX CORNICHON Accès libreÉcouter

Le

Attendu par le monde entier, le Grand Procès de Macron aura donc lieu le 7 mai à la Bourse du travail de Paris à 18 heures. C’est le sixième procès du tribunal de Là-bas, créé en ...2003 à l’initiative du dessinateur CABU et de l’équipe de LA-BAS. Enregistrés au théâtre Dejazet à Paris devant des salles combles, d’importantes personnalités ont comparu : CHIRAC Jacques (2003) SARKOZY Nicolas (2005), KOUCHNER Bernard (2008), DSK Dominique (2011). C’est le procès du français le plus entarté au monde, LEVY Bernard-Henri dit BHL diffusé en juin 2006 que nous vous proposons de (re)découvrir aujourd’hui.

Le 13 mars 2010 Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas... FERRAT, C’EST NOUS TOUS ! Des chansons, des archives, des inédits… Accès libreVoir

Le

Il y a 13 ans, le 13 mars, Jean Ferrat prenait le dernier train. On n’oublie pas, car Ferrat, c’est nous tous. La montagne, c’est chez nous, les marins de Potemkine, c’est nos frères, ma môme, c’est la mienne, la nuit et le brouillard, c’est en nous, c’est nous qui ne guérissons pas de notre enfance, c’est nous qui aimons à perdre la raison.

Une série d’histoires dans les luttes pour l’émancipation, racontées par Olivier Besancenot Qui a inventé le 8 mars ? AbonnésVoir

Le

C’est maintenant à peu près acquis pour tout le monde, le 8 mars n’est pas la journée « de la femme », mais la « journée internationale des droits des femmes ». Un jour de manifestations et de grèves qui semble connaître un nouveau souffle avec le mouvement féministe récent, qui lutte autant contre les violences sexistes et sexuelles que pour réduire les inégalités salariales et améliorer les conditions de travail des métiers majoritairement exercés par des femmes. Mais saviez-vous qu’aux origines de cette journée du 8 mars se trouvait l’Internationale socialiste des femmes ?