Vos commentaires modestes et géniaux

Gilets jaunes : les abonnés déroutés !

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Le mouvement des gilets jaunes déroute les AMG. Certains, enthousiastes, estiment que les revendications sont légitimes, et saluent « ce formidable élan social », initié « par des gens qu’on entend jamais, qui gagnent des salaires de misères ». D’autres y voient « des bouffeurs de syndicats », des fachos, des beaufs, « des mecs qui n’ont jamais fait une manif de leur vie », et regrettent que cette colère tourne au « poujadisme ». Une querelle qui illustre parfaitement les hésitations de la gauche sur les gilets jaunes. Florilège :

par Léone Micouleau
Je viens d’écouter votre reportage, c’est comme si on y était. Enfin une vrai approche de ce qui s’est réellement passé, loin des commentaires "radios’" et "télés"de nos chers "médias dominants". Merci, cela remet un peu les choses à leur vraie place. Nous n’en pouvons plus de leurs mensonges. À suivre l’évolution de ce mouvement ô combien important. Merci à Dillah Teibi.


par GH
Vu de Paris, cela vous parait peut-être bien sympathique, chez moi ce sont des mecs qui n’ont jamais fait une manif de leur vie, même pas pour soutenir leurs camarades licenciés, qu’ on entend le plus sur les rond-points.
Compréhensible au début, ça tourne trop au poujadisme, car celles et ceux qui souffrent vraiment sont en train de se faire bouffer par des grandes gueules qui ne pensent qu’à leur bagnole.

par Chantal Cambronne
Tout à l’heure, en sortant de l’hôpital d’Oléron Sainte-Marie, j’ai abordé un groupe de gilets jaunes, arrêtant les automobilistes et échangeant avec eux, calmement, posément. Ils étaient près du grand Leclerc. Cela a déjà été dit cent fois, mais cela m’a frappée en direct : c’était vraiment la France profonde qui était là, celle qu"on ne voit jamais à la télé, qu’on n’écoute pas, qui gagne des salaires de misère. J’ai réalisé aussi à quel point tant de gens travaillent très loin de chez eux (39 km, 60 km… c’est fou) Et je me suis souvenue de ma mère qui avait une heure et demie de transport tous les jours, à l’aller et au retour, pour aller travailler. Elle avait deux bus à prendre (région parisienne) et restait parfois presque tout le trajet debout…Pour elle, c’était cela le plus dur, être si longtemps hors de chez elle. Aujourd’hui je suis parmi les chanceux mais je me sens très solidaire.


par Erwin
Ouais, allons gueuler pour avoir plus de sousous pour payer la bagnole et continuer de foncer droit dans le mur où va ce monde de merde.
...
Et il faudrait être enthousiasmé par cet "élan" ? C’est tout ce qui nous reste ? Vraiment ?
À vomir.

par Emile Piquard
Quels témoignages ! Merci Dillah ! J’ai passé deux jours sur Lannemezan (65) en gilet jaune, moi le prof de philo au milieux des aides soignantes, retraité(es), routiers, petits patrons, smicard et rmistes, tous ces gens qui sortent de chez eux pour gueuler généralement pour la première fois, indifféremment abstentionnistes, électeurs récents de Macron, Le Pen, Mélenchon, Poutou... Le mot "politique" déclenche des réactions électriques dans ce contexte, et quasi personne ne veut en entendre parler. Mais quelle énergie, et souvent quelle détermination ! Tout ce monde qui relève la tête. C’est beau ! Pourvu qu’ils poussent le plus loin possible ! Il faut essayer quelque chose et malgré l’incertitude quant à la direction choisie, l’impulsion digne. Je préfère en être pour peser de ma petite contribution personnelle à donner une orientation à ce formidable élan social ! Quand la messe sera dite et que ce mouvement aura pris une consistance idéologique plus précise, si cela ce produit, je pourrais rester ou partir. Et il ne me choque pas d’être dans un combat avec quelqu’un qui sera peut-être mon adversaire, voire mon ennemi, dans d’autres circonstances...


par FIRMIN
Les gilets jaunes sont bien gentils à tous les sens de du termes. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait. Le futur pouvoir fasciste qu’ils vont aider à se mettre en place leur sera-t-il reconnaissant ? Ou bien vont-ils finir dans la broyeuse à poussins ? 
À suivre...

par Grégory Garcia
"Qu’ils viennent me chercher" qu’il disait, hein ?...
J’ai le sentiment qu’il existe chez "les gilets jaunes" une majorité d’abstentionniste à cause du sentiment d’abandon total exprimé. Mais "les gilets jaunes", seuls, ne suffiront pas. Il faudrait établir une jonction avec les prochaines "réformes" (retraite, chômage...). Ainsi, la mobilisation sociale pourrait bien être la plus importante depuis bien longtemps. Les "perdants" (comme moi et vous) des mobilisations contre la loi El Khomri pourraient prendre leur revanche avec les retraités, les chômeurs et d’autres. Et puis, dans ce mouvement, inutile d’opposer bêtement une "France rurale" à une "France urbaine", les "ploucs" aux métropolitains. Ce discours est tout bénef a l’extrême droite. Les pauvres le sont sans distinction de lieux, de zones géographiques. C’est donc bien un conflit de classes dont il s’agit.
Il faut absolument arrêter Macron dans ses choix idéologiques au service du Medef, de la finance, de l’actionnariat contre le salariat. Il est le marche pied de le Pen, le fossoyeur de la Sécu, le rêve de Denis Kessler, l’ennemi du salariat. Il faut un second mai 68, sinon on est foutu. Et celui là, il faudra le gagner.


par Michèle Mialane
Je suis une vieille germaniste et tout ça m’inquiète un peu. Un couple à plus de 5000 euros de retraite et qui regrette Fillon ? merde, son programme était pire que celui de Macron. Des bouffeurs de syndicats ? merde, je n’étais plus syndiquée depuis l’âge de 40 ans, minoritaire du SNES passée au SGEN que je fus, écoeurée par l’absence de démocratie dans les syndicats. Mais j’ai fait les manifs contre la "loi Travail", à 70 ans. Être à découvert le 5 du mois avec 3400 euros ? Quatre gosses, d’accord, mais ces familles-là sont aidées. Moi j’avais moins, j’étais seule avec deux gosses, je donnais un mois d’impôt sur le revenu. Je plains les chômeurs, les smicards, les ruraux enclavés, les banlieusards délaissés. Mais pourquoi regardent-ils TF1 et France 2 sur leurs écrans géants ? Presque personne ne pense plus dans ce pays. Nous nous sommes laissé bouffer par la société de consommation.

par tonia
Tous ces commentaires sont bien tristes ! 
Extra-terrestres ? Paumés ? Casés ? Désabusés ? 
C’est facile de juger assis dans son poltron !
Moi je suis émerveillée par cette simplicité déterminée …
Les gens (comme dit Mélenchon) ont-ils enfin faim ?


par Seb
Bonjour à vous. 
Je pense que ce mouvement des gilets jaunes est très hétérogène d’une région à l’autre, certains ayant des revendications justifiées, car étant dans une situation financière compliquée, d’autres ne pensant qu’au réservoir de leurs grosses voitures !!! C’est donc compliqué de se mettre dans un mouvement qui part un peu dans tous les sens.
Dans mon coin, le gars qui a "organisé" le 17 novembre, je peux difficilement le suivre car en regardant un peu son compte Facebook, il méprisait la grève de la SNCF du printemps, nous accusant de prendre en otage les usagers, je suis cheminot et j’ai participé à toute la grève cela a donc du mal à passer !! et il dénigre les syndicalistes demandant de les siffler si ils viennent sur les sites de blocages. Donc comprenant malgré tout le mouvement, beaucoup de choses me gênent, comme l’injonction de montrer son gilet pour passer sur certains sites bloqués, ainsi que les insultes des gens passant (ma fille allant au boulot ce week-end).
Je pense aussi que les médias jouent un rôle de miroir déformant mais comme dans tout mouvement attention au retour de bâton.Car je me suis fait une réflexion, si dans nos premières manifs du printemps,contre la reforme ferroviaire,le bilan à la fin de la journée avait été d’un mort et de 300 blessés, je me demande quel traitement médiatique nous aurait été réservé en tant que cheminot "privilégié".

par Bernard Griffon
Le peuple est beau lorsqu’il se lève, le verbe haut, revêtu de ses oripeaux auquel la colère donne une image de héros. Foin des comptes d’apothicaires recensant les nombres de manifestants, évaluant quels revenus permettraient selon les uns et ne permettent pas selon les autres de ne pas "crever de faim". Oui la télé et autres médias crapuleux ont cherché à tuer avec un certain succès l’intelligence et la curiosité chez le citoyen. Oui ce sont des gueux tantôt admirables et aussitôt déplorables puisque même armés des meilleures intentions ils n’en sentiront pas moins le fumier ou le gasoil au choix selon l’époque. Mais ces colères populaires, pour nous qui sommes des lutteurs éclairés du combat légitime, écoutons les et ne les méprisons pas.


par lulu
Je comprends tout à fait la colère exprimée. J’habite dans le rural et je fais 120 km par jour (A/R) pour aller bosser. Quand je me suis installée à la campagne en 2007, il y avait un train. Je faisais tout mon trajet en train. La ligne a été supprimée en 2016. Maintenant je fais 25 km en voiture pour prendre une autre ligne de train....qui va bientôt être supprimée elle aussi !!! 
Dans les AG des associations de défense du train on est 20 personnes !!!! 50 dans les manifs !! Beaucoup de monde s’en moquent... Ils sont où les gilets jaunes ?
Le droit du travail, la réforme ferroviaire, les hôpitaux, les retraites, ils étaient où les gilets jaunes ?
Il serait temps de se réveiller ! Ben oui Messieurs, Mesdames ! Le réveil est douloureux...

par Grégory Garcia
Lénine en 196 : « La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement - sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible - et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme, laquelle ne "s’épurera" pas d’emblée, tant s’en faut, des scories petites-bourgeoises. »

par Lamola
Il me semble déjà bien difficile de mettre tout le monde d’accord sur un site comme Là Bas... alors, sur l’ensemble de la société ?

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— Ça alors, chef, vous croyez ?
— Écoute le reportage de Dillah Teibi, tu vas tout comprendre. »

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