Série de reportages

Colombie, la mort facile, les preuves de vie

Le , par Daniel Mermet

Colombie, la mort facile, les preuves de vie
Une série de reportages de Daniel Mermet et Giv Anquetil.
Du lundi 3 décembre au vendredi 14 décembre 2007, France inter, 15 heures 

En poster, en T shirt, en chanson, Ingrid Betancourt est devenue une icône nationale.

On peut la voir aussi comme l’icône idéale de la vacuité médiatique.

Passée l’émotion de « la preuve de vie », passée la souffrance familiale mille fois exhibée et les indignations des professionnels de l’indignation, qu’avons-nous appris depuis cinq ans sur les causes de cet enlèvement, sur le contexte politique, social, historique ? Sur les protagonistes du conflit armé qui depuis des décennies déchire et terrorise la Colombie ?

Yolanda, la mère d’Ingrid est constamment questionnée par les médias. Mais à condition qu’elle reste dans son rôle de mater dolorosa. Lorsqu’elle interpelle le président colombien en disant « Monsieur Uribe, je vous hais ! » la phrase ne passe pas.

On nous apprend qu’un alpiniste plante un drapeau à l’effigie d’Ingrid Betancourt au sommet du Kilimandjaro mais on ne parle guère de l’énorme scandale qui secoue le pouvoir en Colombie, les paramilitaires et la parapolitique.

Régulièrement, les journalistes déplorent le manque d’intérêt du public pour les pays lointains. Or, la figure de la « franco-colombienne » Ingrid ouvre une passerelle pour aller voir là-bas si j’y suis.

On sait que les otages sont prisonniers des Farc, la guérilla « marxiste ». Des terroristes, selon la liste établie par les Etats-unis. Quelle est leur histoire, leur lien avec le narcotrafic, la raison de leur impopularité alors qu’ils prétendent combattre pour le peuple ?

Et sait-on que les paramilitaires d’extrême droite figurent sur la même liste dressée par Washington ?

Tout comme la lutte contre le terrorisme (war on terror) a permis de renforcer l’hégémonie des Etats-unis dans le monde après les attentats de septembre 2001, la lutte contre la guérilla en Colombie a fourni le prétexte au développement d’un véritable terrorisme d’Etat.

Les unités paramilitaires regroupées au sein de l’AUC, (Autodéfense Unie de Colombie) sont responsables de la majorité (70%) des homicides. Entre 1997 et 2003, 5 millions d’habitants ont été spoliés de leur terre par les paramilitaires afin d’implanter des palmiers à huile dans le cadre du développement des agro carburants voulu par l’actuel pouvoir.

On estime à 4 millions le nombre de déplacés venus échouer dans les bidonvilles autour des grandes villes. En 1999 selon un rapport de l’ONU, 73% des massacres d’autochtones étaient imputables aux « Paras ». En 2006, 72 dirigeants syndicaux ont été assassinés en Colombie. En avril 2007, la multinationale Chiquita Brand était condamnée à payer 25 millions de dollars pour avoir financé des paramilitaires impliqués dans des meurtres de syndicalistes.

Et ceci avec l’étroite complicité de l’armée, avec la bienveillance de l’élite politique, avec le soutien et le financement des milieux d’affaire et du narcotrafic.

Aujourd’hui dans le cadre de la « démobilisation », les chefs paramilitaires parlent. La classe politique au pouvoir est éclaboussée jusqu’aux plus hautes autorités. Chef de la Police, chef des services secrets, membres du Congrès, maires, élus, sont accusés de soutien logistique, formation, financement, conduite d’organisations d’extrême droite.

En Mai dernier, dans ses déclarations à la justice, l’ancien chef paramilitaire d’extrême droite, Salvatore Mancuso dévoilait comment ces milices se sont développées à l’instigation de la classe dirigeante. « Le plan a été orchestré d’en haut. Le secteur privé a financé, les hommes politiques en ont tiré profit et l’armée tirait sur tous les opposants, guérilleros ou pas ».

Peu à peu, le cercle se resserre autour du président Uribe. Lâché par les démocrates états-uniens, même son ami W. Bush prend ses distances…

Or, curieusement, c’est le président du pays voisin qui fait l’objet de toute la vigilance des médias et des « intellectuels » français. Le vénézuelien Hugo Chavez est la cible quotidienne d’un peloton acharné de critiques qui –étrangement– n’éprouvent pas la même curiosité pour son homologue colombien.

Comment expliquer ce bien curieux déséquilibre ?
Comment les aider à diversifier un tant soit peu les cibles de leur courageux courroux ?

Avec cette question (et quelques autres) nous partons pour la Colombie…

Dans le sud, à Porto Asiz, dans le Putumayo, avec les familles des disparus et des massacres opérés par les paramilitaires en 1999. Avec les paysans victimes des fumigations voulues par le plan Colombie. Des milliards de dollars fournis par les Etats-unis depuis 1999 afin d’éradiquer la culture de la coca. Aujourd’hui le narcotrafic est toujours aussi prospère.

Avec Dona Amparo, chef Awa, avec Marina, jeune femme Kofane. En Colombie, 80% des 13 millions d’autochtones et des « afro colombiens » vivent en dessous du seuil de pauvreté, alors que les 25% des Colombiens les plus riches se partagent des revenus 30 fois plus élevés que les 25% les plus pauvres.

Avec la section des Droits de l’Homme de la Fiscalia, équivalent de la police judiciaire, une longue (!) marche pour exhumer et identifier les restes des innombrables victimes du conflit armé qui déchire le pays depuis quarante années.

À Bogota, tout sur les vêtements blindés, le Jésus dont les cheveux poussent chaque jour, le cinéma porno, la conversion d’Antoine Chao, les plus belles musiques du monde et les petites boutiques obscures.

Et Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, grande bourgeoise courageuse et engagée, (oui vous avez bien lu) qui, dans l’émission destinée aux otages (Voices del sequestro) sur radio Caracole, mêle sa voix à toutes celles qui, dans la nuit, envoient des messages sans retour pour des frères, des enfants, des bien-aimé(e)s muré(e)s dans la jungle.

Avec le chœur des jeunes auxiliaires de la police venus à la radio en uniforme pour chanter bon anniversaire à leur capitaine, prisonnier des Farc.

Avec les paysans de la Communauté de paix de San josé de Apartado animée par Xavier Giraldo, prêtre jésuite ami de Noam Chomsky. Superbe exemple de résistance, volontairement coincé sur la ligne de front entre la guérilla et les « paras ». Sous la pluie, une longue marche vers la ville à la mémoire des quatre paysans de la communauté, abattus au cours du dernier mois.

Avec Luz , entrée dans la guerillera à treize ans et qui vient d’en sortir au bout de 11 années en arme. Parle longuement d’Ingrid Betancourt, dont elle avait la garde et qu’elle rêve de soutenir lors des élections de 2010.

À Ciudad Bolivar, avec des paramilitaires en rupture, avec de joyeux retraités qui jouent à lancer des palets de plombs sur des pétards roses.

Avec Jorge Botero, journaliste et écrivain qui nous dévoile enfin ce que sera l’issue du conflit.

Plus une ancienne reine de beauté, plus un cheval maigre et sa charrette de fleurs, plus un déjeuner de soleil dans la Candelaria, plus, tout au long du voyage, remontant lentement des profondeurs, les Cien anos de soledad.

Daniel Mermet

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    Ami abonné, toi qui as roulé ta bosse dans le monde dit du travail, bourlingué de jobs en tafs, pratiqué mille boulots et connu tous les milieux, tu l’as forcément croisé au cours de tes pérégrinations professionnelles : je veux parler du « petit merdeux ». Le petit merdeux est jeune, parfois brillant, souvent bien né et beau gosse, presque toujours de sexe masculin et persuadé d’appartenir à une race de seigneurs, ce qui, croit-il, l’autorise à faire chier ses contemporains en toute impunité. Et au final, quand on lui appuie sur le nez, il en coule du jus de fraise Tagada !

  • Quand un auditeur analyse les infos Pour France Inter, « gilets jaunes » et antisémitisme ne font qu’un Abonnés

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    « Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois ! » C’est à Luc Ferry que reviendra le mérite d’avoir lancé le mot d’ordre désespéré d’une oligarchie prise de panique devant le soulèvement des « gilets jaunes ». Mais les forces de l’ordre ne sont pas seulement policières, il y a aussi des forces de l’ordre intellectuelles et médiatiques, au moins aussi violentes et qui s’exercent sans le moindre risque, en toute impunité.

    Sauf, malgré tout, quand un auditeur prend le temps d’analyser une tranche d’info. Il met alors en évidence la pratique de l’insinuation et de l’amalgame confusionnel qui vise à accuser les « gilets jaunes » d’antisémitisme, sans la moindre preuve. Utiliser cette arme revient à banaliser l’antisémitisme et donc à banaliser les actes antisémites. Voici le texte intégral que nous a adressé cet AMG, Olive Laporte.

    Mardi 12 février, le journal de 8 heures de France Inter, présenté par Laurence Thomas, annonce en premier titre « la hausse spectaculaire des actes antisémites en France, + 74 % en 2018 ». Si l’on est révolté par toute forme de racisme, on écoutera le sujet avec beaucoup d’attention. Et l’on constatera, non sans surprise, qu’il s’agit en réalité d’un reportage sur l’antisémitisme et le mouvement des « gilets jaunes ».

  • À ces femmes-là Abonnés

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    Dans ses Chroniques de Mai 68, l’écrivaine Mavis Gallant remarquait que la vente de livres à Paris avait bondi de 40 % en mai et juin 1968. On ne sait pas encore si les « gilets jaunes » ont acheté beaucoup de bouquins, en tout cas ils se renseignent, ils se documentent, ils s’informent, dans la vraie vie ou en ligne, sur les réseaux sociaux ou sur le site Là-bas si j’y suis ! Pour celles et ceux qui achètent encore des bouquins, en voici deux qu’on vous conseille, et pas seulement parce que Gérard Mordillat en est l’auteur.

  • Avec Serge Halimi et Pierre Rimbert du Monde diplomatique Quand les « gilets jaunes » font tomber les masques Accès libre

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    Un retour au réel. Voilà ce que les « gilets jaunes » sont depuis trois mois : un retour des classes populaires dans le débat public, dont elles avaient été consciencieusement chassées. Cette exclusion des classes populaires du champ politique, les tenants de l’ordre néolibéral l’ont pensée, théorisée. L’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn l’écrivait noir sur blanc dans son livre La Flamme et la Cendre (Grasset, 2002 ) : « les couches sociales regroupées dans le terme générique d’“exclus” ne votent pas pour (la gauche), pour cette raison simple que, le plus souvent, elles ne votent pas du tout. Au risque de l’impuissance, (la gauche) se voit dans l’obligation de trouver à l’intérieur d’autres catégories sociales le soutien suffisant à sa politique. »

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    À Là-bas, on s’est dit que la com’ gouvernementale avait besoin d’un petit coup de main. Nos deux envoyés un peu spéciaux, Anaëlle et Gaylord, nouvelles recrues prometteuses de la Direction des systèmes d’information et de communication du ministère de l’Intérieur (ça existe vraiment) et militants des JAM, les Jeunes avec Macron (eux aussi existent vraiment), sont allés place Georges-Pompidou, à Paris, faire la retape pour la « loi anti-casseurs »… pardon, la « loi visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations ».

  • À 87 ans, TOMI UNGERER a dévissé son billard Tomi Ungerer, si je deviens aveugle un jour… Accès libre

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    Tous les enfants et les anciens enfants connaissent par cœur ses livres et ses dessins. Il en laisse des milliers. Cheveux blancs, chapeau noir, gueule superbe, et cette dent qui se débine, les médias en boucle saluent l’artiste Tomi Ungerer, le « conteur engagé ». Mais engagé dans quoi ? En hommage fraternel, voici la réponse en quelques dessins qui redonnent du goût au mot « subversion ».

  • ACTE XIII : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » Abonnés

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    D’ordinaire, la violence est utilisée pour discréditer un mouvement. Mais voilà, ça ne prend plus, et depuis treize semaines, une petite musique monte : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » « Le mouvement s’essouffle. » Chaque semaine, les experts sont unanimes, « le mouvement s’essouffle ». Et chaque semaine, le nombre de manifestants est en baisse, selon le chiffre du ministère de l’Intérieur - un détail que les experts oublient souvent d’indiquer. Ajoutez l’hostilité assumée de la plupart des médias et les accusations permanentes contre les « gilets jaunes » : homophobie, xénophobie, insultes raciales, infiltration par « les extrêmes » et même antisémitisme, suite à un tag découvert sur une vitrine alors qu’absolument aucun manifestant n’était présent dans ce quartier et que le tag – selon le commerçant lui-même – a été fait durant la nuit précédente !

  • Didier Porte Hebdo : chaque vendredi, la revue de presse indispensable ! Didier Porte se fait du souci pour Les Républicains Abonnés

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    Je te le dis sans barguigner, ami abonné, on vit une époque bien chamboulée, bien chtarbée. Ça déconne à plein tube de partout, tout particulièrement du côté Les Républicains, complètement à la ramasse depuis quelques mois. Leur chef reçoit Éric Zemmour en fanfare, comme si c’était l’arrière-petit-fils du Général. Un député Les Républicains du Pas-de-Calais s’invite à la télé de l’Assemblée nationale pour y faire des propositions constructives, comme la gouvernance par l’assassinat : un mode de gouvernance qui a certes cours dans de nombreux pays, mais bon, chez nous, on n’a pas encore trop l’habitude. Au moins d’en parler à la télé.

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« Le Président des ultra-riches », le nouveau livre des Pinçon-Charlot (Zones, 2019) LA VIOLENCE DES ARROGANTS : JUSQU’OÙ ? AbonnésVoir

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Rien à faire, malgré les gros moyens, la com’, les médias, la frime et les débats, l’entourloupe Macron ne marche plus. Il ne reste qu’à faire tirer contre le peuple, faire arracher les yeux et les mains des gueux, le samedi de préférence. Mais les gueux résistent et les Français sont avec eux. À l’appui de cette guerre de classes, les Pinçon-Charlot apportent des armes et des outils efficaces et tranchants contre cette oligarchie aux pieds d’argile. En attendant l’autopsie finale. Un entretien avec Monique Pinçon-Charlot, qui publie avec Michel Pinçon Le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron (Zones, 2019).

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Une série de reportages en dix épisodes Vous êtes seul, célibataire ? Là-bas vous aide à rencontrer quelqu’un ! [INTÉGRALE] AbonnésÉcouter

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Tout le monde ne se pose pas la question, mais beaucoup quand même : comment rencontrer quelqu’un ? Où choper un mec ? Où draguer une fille ? Dans la rue, dans un bar, au bureau ? Sur un site de rencontre, avec une application ? Pour une nuit, pour la vie ? Chacun ses trucs, mais au fait, comment font les autres ? Sophie Simonot est allée vous poser la question. Une série de reportages en dix épisodes, dans des milieux et des générations différentes, des réponses et des silences inattendus…