Il y a cent ans, les Américains débarquaient. Un extrait du film « Howard Zinn, une histoire populaire américaine »

Trump, héros de Macron, un siècle après…

Le

L'entrée en guerre des Etats-Unis
par lesmutins.org

Pour le 14 juillet, Macron invite son ami Trump, histoire de célébrer l’entrée en guerre des États-Unis, au printemps 1917. Il y a juste un siècle, Zorro est arrivé, les méchants ont perdu, et la paix est revenue grâce au sacrifice héroïque des braves Américains. Pour ceux qui auraient des doutes sur cette version de l’histoire, voici un extrait de notre film, HOWARD ZINN, UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE. Pour ZINN et quelques autres, cette guerre fut surtout une formidable aubaine pour le capitalisme américain…

« Une baïonnette est une arme avec un travailleur à chaque extrémité. » Ainsi parlait le socialiste Eugene V. Debs avec ceux qui, aux États-Unis, dénonçaient dès 1914 cette « guerre capitaliste ». Jusqu’en 1917, l’Amérique resta vertueusement neutre, ce qui lui permit de faire de bien juteuses affaires avec les pays engagés dans la grande boucherie. Mais au début 1917, le vent s’est mis à tourner et l’engagement dans la guerre s’est imposé. Mais avec quelle armée ? Malgré l’énorme propagande pour convaincre les jeunes Américains d’aller se faire trouer la peau en Europe, les candidats ne se bousculaient pas et il fallut avoir recours à la conscription.

Il y avait urgence. Début 1917, la révolution russe mettait un bâton dans la roue de la fortune. La Russie sortant de la guerre, l’Allemagne pouvait se désengager du front de l’Est et se trouvait donc renforcée. La victoire semblait à sa portée face à une France épuisée .

Jusque là, tout avait été bénéfique pour les États-Unis, cette guerre était une aubaine autant pour la finance que pour l’industrie américaine. De 1914 à 1917, la production industrielle avait augmenté de 32 %, et le PNB de 20 %. Les banquiers – J.P. Morgan en tête – finançaient la guerre par des prêts énormes aux pays de l’Entente, des prêts qui encourageaient la poursuite de la guerre.

Des voix s’élevaient pour la suspension de ces prêts afin de « sauver des vies humaines », et pas seulement les voix de la gauche et des pacifistes. Si la guerre a besoin des banques, c’est d’abord les banques qui ont besoin de la guerre. Le secrétaire d’État William Jennings Bryan était opposé au soutien financier aux États en guerre, dès août 1914, il voulut interdire les prêts aux belligérants. Il déclara au président Wilson : « Le refus de prêts aux belligérants aurait naturellement tendance à hâter la conclusion de la guerre. »

Inutile de dire que son conseil ne fut pas suivi, il finit d’ailleurs par démissionner. La crainte de ne pas récupérer les prêts consentis et leurs avantages, en cas de défaite, fut la raison essentielle de cette entrée en guerre.

54 000 jeunes Américains y laissèrent leur vie, et autant moururent d’accident ou de maladie.

À la fin, en 1918, les États-Unis étaient devenus la première puissance mondiale – devant l’Europe –, et allaient devenir aussi « l’arsenal de la démocratie ».

Welcome Mister Trump !

Daniel Mermet

Howard Zinn, une histoire populaire américaine (Les Mutins de Pangée, 2015)

réalisation : Olivier Azam & Daniel Mermet
scenario : Olivier Azam & Daniel Mermet
image & montage : Olivier Azam
entretiens & commentaires : Daniel Mermet

son & traduction tournage : Giv Anquetil
archives : Brice Gravelle & Laure Guillot
production : Les Mutins de Pangée
compositing & étalonnage : Jean Coudsi – MC Multimedia
mixage son : Clément Chauvelle
supervisation musicale : Franck Haderer
post-production son : Brodkast Studio
musiques originales : Vincent Ferrand, Fred Alpi, Franck Haderer
Avec la participation de : Ciao Films

> distribution : Les Films des Deux Rives
> production : Les mutins de Pangée
avec : Là-bas si j’y suis

L'équipe de Là-bas attend vos commentaires ci-dessous !

Voir aussi

Howard Zinn, une histoire populaire américaine, un film de Daniel Mermet et Olivier Azam (Les Mutins de Pangée, 2015)

Sur notre site

Dans les livres

  • Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours

    Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.

Lire délivre

  • Voir

    LES BOUQUINS DE LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Vos conseils sont bienvenus ! Oui, LIRE DÉLIVRE...

Dernières publis

Une sélection :

Un cours d’Autodéfense intellectuelle pour l’été Apprenez la langue de l’adversaire avec Olivier BESANCENOT AbonnésVoir

Le

Ne dites pas « cotisations sociales », dites « charges sociales », ne dites pas « vagues de licenciement », dites « plan de sauvegarde de l’emploi », ne dites pas « guichetier », dites « chargé de clientèle ». On connaît quelques-unes de ces entourloupes langagières, mais on ne mesure pas assez comment cette perversion du langage contamine les esprits et nous fait avaler l’idéologie dominante à notre insu. Contre cette violence verbale, Olivier Besancenot publie un Petit dictionnaire de la fausse monnaie politique.

[Extrait VIDÉO 08’58 + entretien RADIO 59’30]

Humanité et fermeté sont les deux mamelles de la France AbonnésVoir

Le

« C’est un projet de loi totalement équilibré. » Voilà comment le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb défend son projet de loi « Asile et immigration ». Pourtant, une trentaine d’associations ont déjà dénoncé une circulaire que le ministre de l’Intérieur souhaite maintenir : ce texte, signé par les ministres Gérard Collomb et Jacques Mézard, demande aux fonctionnaires de l’Office français de l’immigration et de l’intégration de vérifier la situation administrative des immigrés dans les centres d’hébergement d’urgence.

Aude Lancelin reçoit Arthur Messaud, de la Quadrature du Net Google et Facebook contre la démocratie AbonnésVoir

Le

Difficile de mobiliser les citoyens sur la question de la protection des données personnelles, ou des dangers que font courir aux libertés publiques des géants du web comme Google ou Facebook. C’est ce que tente de faire La Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, qui intervient depuis 2008 dans les débats concernant la liberté d’expression, le droit d’auteur, ou encore de la régulation des télécoms.

Travailler beaucoup moins, beaucoup mieux. SANS EMPLOI (Raphaël Liogier) Revenu universel ? Le POUR AbonnésÉcouter

Le

Vous hésitez entre Macron le révolutionnaire et Valls le révolté ? Voici un peu d’air frais pour vous sortir de ce captivant dilemme, un air de retour du droit à la paresse. Car, oui, nous en faisons de plus en plus en en faisant de moins en moins. C’est une constante dans l’histoire, de l’invention de la roue jusqu’à la révolution numérique, nous avons cherché à nous libérer de la torture du travail.

Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, nous produisons suffisamment de richesses pour satisfaire tous les besoins humains. Une excellente nouvelle, non ?