L’ABONNEMENT, C’EST MAINTENANT ! Une lettre de Daniel Mermet

Le

« Ils nous ont enterrés, mais ils ignoraient que nous sommes des graines. »
Ernesto Cardenal

Chers amis, chers AMG,

D’abord mille fois merci à toutes celles et ceux qui ont fêté la victoire avec nous. Oui, cette victoire est la nôtre à tous, ceux qui nous écoutent depuis longtemps, ceux qui partagent nos bagarres d’aujourd’hui.

Rappelons-le, le 7 novembre dernier (jour du centenaire de la révolution russe !), après trois ans de procédures, la cour d’appel condamnait lourdement Radio France pour mon licenciement « sans cause valable et sérieuse » et pour près de 40 ans (!) de contrats abusifs en toute connaissance de cause.

Mais ce ne sont pas seulement des gestionnaires médiocres qui ont été condamnés, c’est bel et bien leur volonté de faire disparaître une émission qui dérangeait beaucoup trop, depuis beaucoup trop longtemps, beaucoup trop de monde du côté du beau monde.

C’est vrai, nous avons commis la faute de goût de faire entendre la voix des sans-voix, des chômeurs et des révoltés, de montrer dès le début, dès 1990, les ravages de la mondialisation, et de montrer aussi les colères et les résistances. Le Chiapas en janvier 1994, les grèves de l’hiver 1995 à Paris, la naissance d’Attac en 1998, le NON au référendum européen de 2005. Ce qui avait beaucoup agacé ce petit monde, c’était les films de Pierre Carles que nous avons soutenus dès 1998, c’était Les nouveaux chiens de garde de Serge Halimi en 1997.

À travers le monde, c’est nos reportages à contre-courant, Sarajevo, le Rwanda, la Tchétchénie, le Kosovo, Gaza ou Ushuaïa, à l’inverse des médias mainstream. C’était aussi des chercheurs et des intellos que nous avons contribué à faire connaître au grand public, les Pinçon-Charlot, Daniel Bensaïd dès 1998, Frédéric Lordon dès 2004, Noam Chomsky… sans parler des procès et des poursuites à nos trousses, Jean-Marie Le Pen, Thierry Desmarest (Total), la LICRA, Jean-Charles Naouri (Casino), Serge Dassault, oui, du beau linge et des procès que nous avons TOUS gagnés.

C’est avec tout ça qu’il fallait en finir. Notre manière de voir indisposait vraiment trop. Notre manière et la vôtre. Car le plus incommodant pour cette direction, c’était le succès populaire de LÀ-BAS, ( 500 000 auditeurs chaque jour en moyenne, 700 000 en mai 2012), c’est vous qui étiez trop nombreux, c’est vous les fautifs et les complices. Ceux qui partagent nos convictions mais aussi ceux qui, sans être d’accord, sont attachés à la diversité des manières de voir le monde et l’histoire immédiate.

Cette victoire nous est commune, elle montre qu’on ne perd pas toujours et ça fait du bien en ces temps désemparés. Après tout, LÀ-BAS a tout de même tenu 25 ans sur France Inter. Et depuis trois ans, nous continuons sur le net de plus belle, grâce à vous.

Et c’est maintenant cette victoire qu’il faut remporter !

Nous sommes depuis longtemps engagés dans cette guerre des idées, une guerre asymétrique face à une armée qui a tous les moyens, tous les tuyaux, toutes les données, tout le fric, tous les camouflages, toutes les ruses de la com’, tout pour fabriquer le consentement.

Il y a du boulot, mais tout dépend de vous. Les abonnements sont notre seule et unique ressource. Ça marche, mais nous pouvons faire beaucoup mieux avec vous. Participez au développement de LÀ-BAS, par vos abonnements, par vos dons, en offrant des abonnements, en faisant connaître LÀ-BAS, en faisant circuler l’info sur vos réseaux, en utilisant nos vidéos pour alimenter vos débats dans les repaires de LÀ-BAS…

Notre premier ennemi, c’est la résignation ambiante, c’est la perte de confiance dans la possibilité de changer les choses. Gilles Deleuze le disait : « les gouvernants ont plus besoin de nous déprimer que de nous opprimer ». Mais souvenez-vous, rien n’annonçait mai 68, et même Le Monde titrait quelques jours avant : « Quand la France s’ennuie… » Nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne nouvelle, la question est toujours de savoir si nous serons capables de sauter sur le cheval de l’histoire…

Rappelons-le, notre but n’est pas de monter notre petite entreprise pour redresser l’opinion dans l’autre sens. S’indigner ne suffit plus, dire non ne suffit plus, il faut sortir du cadre imposé. Sans négliger les luttes du présent, il faut préparer la grande évasion, la belle !

Daniel Mermet
L’abonnement, c’est le moment

Le 21 janvier prochain avec vous, nous fêterons les trois ans de LÀ-BAS sur le net. Sans publicité, sans subventions, sans actionnaires, sans marchands de béton ou de canon, uniquement grâce à vous, le nouveau LÀ-BAS a réussi à décoller et à se développer, en radio, en vidéo, en débats, en reportages. Plus de 20 000 abonnés soutiennent et participent à ce nouveau LÀ-BAS. Voilà ce qui garantit notre réelle indépendance et nous protège de toutes les pressions financières ou politiques.

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HISTORIQUE

Là-bas si j’y suis a démarré il y a bientôt trente ans sur France Inter. Avec des centaines de reportages à travers le monde et plus de cinq mille émissions, ceux qui ont fait LÀ-BAS ont toujours été précurseurs sur la forme et sur le fond avec un grand succès populaire.

LÀ-BAS a reçu de nombreux prix, prix Ondas, prix de l’Audiovisuel Public, prix Goretta, prix de la SCAM. Daniel Mermet a reçu le prix spécial de la SCAM pour l’ensemble de son œuvre. Nous ne croyons pas au journalisme neutre qui neutralise, ni aux postures vertueuses qui dissimulent une soumission à l’ordre établi. Nos engagements ont toujours été le résultat de nos reportages et d’un travail journalistique respectueux des faits.

Mais il est vrai que nous avons toujours été plus près de jetables que des notables, plus près des routiers que des rentiers. Après bien des croche-pieds et des pressions, en juin 2014, Radio France a fini par supprimer cette « anomalie ». Mais aussitôt nous avons été poussés par une énorme vague de soutien. Confrères, syndicats, auditeurs, pour tous il s’agissait bien là d’une atteinte au pluralisme des médias. Il fallait faire taire des voix dissidentes. Pour Christiane Taubira, ministre de la Justice, c’était « une pensée mutilée ». Voilà ce qui nous a poussés de la trappe à la toile.


Et pour savoir ce qu’on a fait avec vos sous, consultez les comptes 2016 de LÀ-BAS :

Compte de résultats 2016

Chiffre d’affaires
Abonnements 1 033 000 €
Dons 2 000 €
TOTAL 1 035 000 €
Dépenses
Masse salariale 644 000 €
Frais de fonctionnement 170 000 €
Dépenses exceptionnelles 14 000 €
Amortissements et provisions 26 000 €
Impôts et taxes 49 000 €
TOTAL 904 000 €
Résultat de l’exercice131 000 €

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    C’est la révolte des pancartes. Non plus la sage banderole de manif suivie du cortège encadré. C’est des centaines, c’est des milliers de pancartes qu’on voit fleurir partout en France dans les manifs lycéennes. Des joyeux bouts de carton de récupération dans les rues de la grande start-up nation. Des pancartes que les flics essaient grotesquement de confisquer alors que les images circulent déjà à l’infini sur les réseaux. Mais les flics se les gardent peut-être bien pour décorer chez eux. « La France est soumise, pas la jeunesse », « danse pour tout ceux qui ont peur », « si tu veux la paie, prépare la grève », « non pas mal éduqué, juste mal écouté », « l’avenir, c’est pas ce qui arrive, c’est ce qu’on en fait », « si le viol c’est du sexe, un coup de pelle dans ta gueule, c’est du jardinage », « résiste, prouve que tu existes », « Mai-68 Part 2 »…

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    L’histoire de Christa Pike secoue toute la planète, bien au-delà des États-Unis. Au bout de trente ans dans le couloir de la mort, elle est exécutée le 30 septembre par injection de pentobarbital, un puissant barbiturique mais dont l’efficacité est incertaine.

    Sanglée sur une civière, Christa prononce quelques mots pour dire qu’elle n’en veut à personne et qu’elle regrette ce qu’elle a fait. Puis première injection. On attend. Mais la mort ne vient pas. Les témoins présents l’entendent qui respire encore longuement derrière le rideau qui la dissimule à leur vue. On attend puis deuxième injection, elle respire toujours, très fort, les témoins disent que c’est elle-même qui supplie : « essayez plus haut, s’il vous plaît ». Mais elle reste en vie. Ses avocats avaient prévenu, en raison d’une maladie sanguine rare, la recherche d’une veine pour l’injection serait longue et atroce. L’exécution est suspendue. Dans le coma, elle est transportée non loin, à l’hôpital de Nashville. Six jours plus tard, lundi soir, alors qu’elle est diagnostiquée en état de mort cérébrale et que les appareils qui la maintiennent en vie vont être débranchés, elle se réveille et commence à parler. « Où suis-je ? Qui êtes vous ? »

    Stupeur. Elle est la première personne à survivre à l’injection de dose létale des produits utilisés pour les exécutions. Il y a plusieurs cas où il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois mais aucun condamné n’avait jusque-là survécu.

  • Gaza : trois ans de génocide Abonnés

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    Le 07 octobre 2026, jour anniversaire des massacres du 07-Octobre 2023, les frappes israéliennes sur Gaza ont tué cinq Palestiniens, portant à plus de 74 000 morts le bilan officiel – sans doute sous-estimé – des victimes tuées par les Forces de défense israéliennes en trois ans. Comment le monde peut-il laisser la « seule démocratie du Proche-Orient » commettre un génocide en direct sous nos yeux depuis trois ans ? Gérard Mordillat épingle les génocidaires et leurs complices.

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    LES FEUX DE POUBELLE N’INQUIÈTENT QUE LES ORDURES !

    Les pancartes disent tout. Comme des bulles de bande dessinée, des milliers de messages sur des bouts de carton, drôles, joyeux ou cinglants : LA JEUNESSE VISE LE BAC, LA BAC VISE LA TÊTE ! C’est en effet la misérable réplique d’un pouvoir qui a engendré le fascisme qui arrive en France et qui est prêt à entrer dans la collaboration.

    On l’oublie mais l’une des toutes premières manifs étudiantes, c’était le 11 novembre 1940 à Paris contre l’occupation allemande et contre le gouvernement de Pétain qui acceptait la collaboration. Une manif de lycéens et d’étudiants qui fut l’une des premières formes de résistance face à l’occupant et aux collabos après l’armistice du 22 juin 1940. Qui étaient ces rebelles ? Des gaullistes, des communistes, des scientifiques comme Paul Langevin. Ils avaient en commun une « certaine idée de la patrie » souillée par la soumission du pouvoir à l’occupant. Cette lâcheté des élites est la même aujourd’hui, quant à l’extrême droite, elle parade déjà.

    Certes, comparaison n’est pas raison, mais il y a au moins un rapprochement surprenant, c’est La Marseillaise reprise dans les cortèges aujourd’hui et le drapeau tricolore maquillé sur les visages d’une jeunesse qui emmerde le Front national et ce qui le porte au pouvoir, cette collaboration ordinaire.

    À la fin du film, c’est la Résistance qui gagne mais pas toujours, tout dépend de nous autres, c’est nous qui jouons dans le film et c’est aujourd’hui la jeunesse dans la rue qui écrit les sous-titres.

  • Les luttes lycéennes ont une histoire « Quand les élèves se révoltent » : une histoire de la jeunesse en lutte Abonnés

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    Francis Dupuis-Déri, enseignant à l’université du Québec à Montréal, publie avec Emmanuelle Dufour Quand les élèves se révoltaient. Manuel d’histoire avant l’Effondrement. Manuel d’histoire ? Élèves ? Révoltes ? Il n’en fallait pas plus pour éveiller la curiosité de Laurence De Cock, qui qui reçoit le chercheur québécois de passage en France.

  • Manifs aussi contre l’industrie agro-chimique et ses conséquences sanitaires ! DÉSARMONS L’INTERNATIONALE DU POISON ! Abonnés

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    ROMAN, 41 ANS, CANCER DE LA MÂCHOIRE, ÉTAIT PÈRE DE DEUX ENFANTS.

    Des pancartes qui hurlent dans la manif contre SYNGENTA, leader mondial des pesticides et leurs conséquences sanitaires. À Saint-Pierre-la-Garenne dans l’Eure, 15 000 qui manifestent ce samedi 3 octobre.

    Écolos et agriculteurs ensemble, ce qui n’est pas toujours évident sauf que là, les paysans sont les premiers concernés.

    MA PETITE SŒUR JULIA, CANCER DU PANCRÉAS, 24 ANS.

    Soulèvements de la Terre, Cancer colère, Confédération paysanne, Greenpeace, Générations futures… ils sont tous là, et nous, Marième et Jeanne qui vous racontent tout en images.

    LES VICTIMES NE VEULENT PLUS MOURIR EN SILENCE.

  • La directrice de recherches en économie au CNRS publie « Riches ensemble ! » au Seuil Anne-Laure Delatte : « Le trou de la Sécu n’existe pas » Abonnés

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    La dette de la France est-elle un problème ? Les comptes de la sécurité sociale sont-ils déficitaires ? La dépense publique est-elle trop élevée en France ? Laurence De Cock reçoit Anne-Laure Delatte, directrice de recherches en économie au CNRS, qui publie Riches ensemble ! au Seuil.

    « La dette publique française s’envole à 119 % du PIB, du jamais-vu depuis 1946 ». Telle était l’alarme du journal Le Monde le 29 septembre 2026, suivi par la quasi-totalité des journaux français.

    Le même jour, le candidat à l’élection présidentielle Édouard Philippe proposait de repousser (encore) l’âge de départ à la retraite pour éviter que la France aille « taper dans le mur ».

  • « Les banques sont toutes détenues par des juifs » : Monsieur Serge Klarsfeld, qu’en dites-vous ? Abonnés

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    Mediapart vient de révéler des propos antisémites dont Jordan Bardella serait l’auteur alors qu’il avait 18 ans au début de sa carrière politique au sein du Front national.

    Adoubé aujourd’hui par Marine Le Pen comme son futur premier ministre si le Rassemblement national accédait l’an prochain à la présidence de la République, il rejette en bloc ces accusations. Selon l’enquête, il a par exemple écrit : « les banques sont toutes détenus [sic] par des Juifs ». Ou bien : « le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ». Ou encore : « les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».

    Actuel président du RN et député européen, Jordan Bardella a fermement démenti être l’auteur de ces propos et il engage une action en justice contre le média en ligne bien que les preuves de ces écrits authentifiés par huissier aient été publiées par Mediapart.

Une sélection :

Rencontre avec Francesca Albanese qui publie son rapport sur la torture en Palestine (vidéo et radio. Durée : 24’53) Francesca Albanese : « Israël a reçu un permis de torturer les Palestiniens » Accès libreVoir

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Cages de fer, attaques de chiens, tortures à l’électricité, viols collectifs avec matraques ou barres de fer, intestins éclatés…

À Genève, le 21 mars, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés FRANCESCA ALBANESE a présenté son dernier rapport « TORTURE ET GÉNOCIDE » dans les territoires palestiniens occupés.

Pas seulement bavure ou revanche, mais méthode systématique contre les Palestiniens dans les prisons mais aussi hors des lieux de détention, y compris sur des mineurs. Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une logique qui s’exerce sur les corps comme sur les conditions de vie.

Le rapport précise : « la torture est une caractéristique structurelle du génocide en cours commis par Israël et, plus largement, de l’apartheid colonial de peuplement ».

« Fils de pute », « enculé » Accès libreLire

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À sept reprises en moins de six minutes, en direct et en public, le 19 décembre 2025, le député d’extrême droite Charles Alloncle a répété « fils de pute », « enculé » dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public dont il est le rapporteur. Des termes rarement usités dans un cadre officiel qui lui ont valu des milliers de messages dans les réseaux d’extrême droite et dans tous les médias appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.

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Nous avons réuni tous nos articles sur Gaza depuis le 7 octobre 2023.
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Ignorance et ressentiment permettent toutes les manipulations et tous les chantages. Les partisans du génocide n’hésitent pas à instrumentaliser la mémoire juive pour accuser d’antisémitisme la moindre solidarité pour le peuple (…)