Lire délivre

LES BOUQUINS DE LA-BAS.
Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Vos conseils sont bienvenus ! Oui, LIRE DELIVRE...

La sélection

Nos nouveautés

Humour et fiction

  • Numberland, le monde en chiffres

    Mitchell Symons (Marabout, 2014)

    Détendons-nous, jouons un peu, beaucoup, passionnément grâce à ce journaliste-écrivain anglais pour voit la vie en…chiffres. Avec un humour bien de chez lui, il nous raconte, au hasard des 28 chapitres, l’être humain, la musique, l’argent, l’amour, des anecdotes en tous genres. Ainsi 9,12 est la plus grande distance en mètres à laquelle quelqu’un ait craché un criquet mort avec la bouche ; ou encore 3 085 209 600 000 est le nombre de rouleaux de papiers peint qu’il faudrait pour recouvrir le désert du Sahara. Des données chiffrées, loufoques et drôles, il en existe des milliers dans ces pages. Parfaitement inutiles, donc nécessaires.

Histoire

  • Les Russes, l’esprit d’un peuple

    Marc Ferro (Tallandier, 2017)

    Historien, spécialiste de la Russie et de l’Union Soviétique, Marc Ferro a été un des premiers à avoir accès, en URSS, aux archives du Parti Communiste. Lors de ses nombreux voyages et recherches, il a vécu le stalinisme, la perestroïka, les bouleversements politiques et la vie quotidienne d’un peuple qu’il connait très bien. 2017 est l’occasion de parler de la Révolution de 1917 et du régime soviétique, apporter sa propre analyse et évoquer quelques souvenirs personnels, conversations avec les témoins de cet évènement considérable.
  • Que faire de 1917 ?

    Olivier Besancenot (Autrement, 2017)

    « Une centaine d’années plus tard, la révolution russe mérite d’être dégagée du mausolée ou de la fosse commune où l’ont respectivement enterrée le stalinisme et le capitalisme », écrit Olivier Besancenot. C’est donc à une contre-histoire de 1917, ce moment « qui a incarné un immense espoir politique », que s’est attelé le porte-parole du NPA, deux fois candidats à la présidentielle pour la LCR. Dans son livre, il a voulu redonner toute la place au véritable héros de cette période, « le peuple russe (…) qui s’est dressé contre le tsarisme et la guerre ». Il est question de liberté, d’émancipation et de l’espoir d’un affranchissement toujours aussi vifs hier qu’aujourd’hui.
  • Où en sommes-nous ?

    Emmanuel Todd (Le Seuil, 2017)

    "Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine" est une réflexion ambitieuse sur les dérèglements socio-économiques mondiaux auxquels nous assistons et les poussées de fièvre isolationniste qui y répliquent, du Brexit jusqu’à l’élection de Trump. Une fois encore, Emmanuel Todd mobilise dans ce livre les structures familiales et religieuses pour comprendre ce qui nous arrive, cette fois à l’échelle mondiale. Partout, il observe une même guerre des classes en train de se réactiver. Un sécessionnisme des classes supérieures par rapport aux gens du peuple tenus pour des « ploucs », et toujours davantage éloignés des prises de décision réelles.
  • Octobre 17, la révolution trahie

    Daniel Bensaïd (Lignes, 2017)

    Le centième anniversaire d’octobre 1917 est l’occasion pour les éditions Lignes de rassembler les textes de Daniel Bensaïd qui n’a cessé d’effectuer « un retour critique sur la révolution russe ». Entreprise nécessaire aux yeux de ce théoricien de trotskysme mort en 2010 qui s’est toujours intéressé à cet évènement considérable dont le vingtième siècle a dépendu. Parce que pour lui, l’avenir dépend de ce que nous faisons du passé. Parce qu’il a cherché à distinguer cette révolution de sa terrible postérité antirévolutionnaire, bureaucratique et stalinienne avec laquelle on s’est employé à la confondre. Ce livre est présenté par Sophie Wahnich.
  • Les balles du 14 juillet 1953

    Daniel Kupferstein (La Découverte, 2017)

    Il est des amnésies coupables. Il était temps que Daniel Kupferstein, réalisateur et documentariste, rappelle à nos mémoires un drame oublié pendant un demi-siècle : le massacre par des policiers français de nationalistes algériens célébrant la fête nationale à Paris. Six morts plus un militant CGT, des dizaines de blessés par balles tirées froidement par les forces de l’ordre. Ce livre de témoignages raconte aussi comment a été mis en place un incroyable mensonge d’état pour faire disparaitre cet évènement sanglant, tant en France qu’en Algérie. Une occultation qui joua un rôle dans le déclenchement par le FLN de la guerre de libération, un an plus tard, en novembre 1954.

Biographie

  • Misère de l’espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences

    Olivier Barancy (Agone, 2017)

    Le Corbusier : un imposteur doublé d’un fasciste bon teint. Bon, ça on le sait. Le plus grave que démontre Olivier Barancy, architecte et auteur de cette enquête fondée sur l’analyse de la production bâtie ou théorique de Le Corbusier, c’est une oeuvre catastrophique, des projets au caractère totalitaire et une misère spatiale engendrée de son vivant jusqu’à aujourd’hui. Modèle des architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de béton, son monde cauchemardesque qu’il voulait édifier, fait les affaires des bureaucrates russes et chinois.
  • André Gorz, une vie

    Willy Gianinazzi (La Découverte, 2016)

    Il était urgent de retracer la vie et la pensée d’André Gorz, rédacteur aux Temps modernes, journaliste à l’Express et fondateur du Nouvel Observateur, penseur existentialiste, anticapitaliste, artisan de l’écologie politique et de la décroissance. Willy Gianinazzi s‘est attelé avec bonheur et pertinence au portrait de cet humaniste qui croyait qu’un autre monde était possible. Cette première biographie à la croisée de la littérature, de la philosophie et du journalisme est aussi l’occasion revisiter un demi-siècle de vie intellectuelle et politique. Un hymne à la liberté.
  • Victor Serge. Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques -1908-1947

    Victor Serge (Robert Laffont, 2001)

    Anarchiste né à Bruxelles en 1890, il rejoint la Révolution russe en 1919, avocat du bolchévisme et des acquis d’Octobre 17, il ne tarde pas à dénoncer Staline. Il passe du côté de Trotsky. Déporté dans l’Oural, il s’enfuit et devient la cible du Komintern ce qui ne l’empêche pas de dénoncer purges et procès, ainsi que les attaques de l’URSS contre les partisans du POUM qui se battent en Espagne. En 1937, il rompt avec Trotsky et finira au Mexique, indigent, esseulé, poursuivant sa trajectoire, celle d’ « un écrivain majeur qui sut dire non en écoutant sa seule conscience d’homme. »

Médias

  • Journaliste, syndicaliste, communiste. Trente-sept ans d’un combat dans l’audiovisuel

    Jean-François Téaldi (Tirésias-Michel Reynaud, 2017)

    C’est une histoire de l’audiovisuel français comme on ne vous l’avait jamais racontée, celle vue à travers le témoignage d’un journaliste qui a participé à toutes les discussions sociales importantes qui contribuèrent à assurer sa pérennité. Le récit de Jean-François Téaldi fourmille d’anecdotes inédites où l’on comprend qu’« il n’a pas été facile d’être communiste dans une télévisions publique longtemps contrôlée par le pouvoir politique » comme l’écrit l’ancien président de France télévisions, Hervé Bourges dans la préface à cet ouvrage de près de 400 pages. On croise également Jacques Médecin, Christian Estrosi, Bernard Tapie, Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou encore Nicolas Sarkosy. On apprend aussi comment se sont menés en interne les nombreux combats pour la défense des droits au… Lire la suite
  • Pour aboutir à un livre

    Eric Hazan (La Fabrique, 2016)

    « La fabrique d’une maison d’édition ». Le sous-titre de ce petit livre est on ne peut plus clair. On vous raconte les différentes étapes de l’édition, on vous décrit des acteurs – auteur, maquettiste, correcteur, imprimeur, diffuseur-, on vous présente le metteur en scène, celui qui porte le nom d’éditeur. Ce livre raconte aussi une aventure forcément folle « faite d’hésitations et de cahots, de bonheurs et de rencontres précieuses ». Éric Hazan en est le récitant. Il sait de quoi il parle puisqu’il dirige depuis presque vingt ans La fabrique, sa maison d’édition toujours soutenue par le désir collectif de subvertir à l’ordre établi.
  • Ma vie au poste. Huit ans d’enquête (immobile) sur la télé du quotidien

    Samuel Gontier (La Découverte, 2016)

    Journaliste à Télérama, chroniqueur, Samuel Gontier a regardé tous les jours la télé. Il a tenu huit ans ! Verdict ? Coupables, forcément coupables ces programmes qui occupent la majorité du temps d’antenne est aux antipodes des valeurs de rigueur dans le traitement de l’information et de respect de la dignité de la personne humaine. A le lire ces chroniques édifiantes, la télé est simpliste, sexiste, raciste, démagogue, servile. Mieux vaut en rire qu’en pleurer.
  • Mohicans

    Denis Robert (Julliard, 2015)

    "C’est l’histoire de deux êtres rares : Cavanna et Choron. C’est l’histoire d’un premier journal, puis d’un deuxième, d’un troisième : tous créés par une bande de kamikazes, ivres de liberté et bourrés de talent. Ces journaux ont amusé, éclairé, ouvert les yeux et les esprits de deux ou trois générations de lecteurs, de citoyens, d’électeurs, de journalistes. Hara-Kiri mensuel, Hara-Kiri hebdo, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel et le dernier : Charlie Hebdo... 1960-1985 : vingt-cinq années d’insolence, d’humour, de spontanéité et de subversion. L’époque étant ce qu’elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, la sueur, l’alcool, la liberté sont devenus des marques. C’est l’histoire de la dilapidation d’un héritage. Une histoire tumultueuse, magnifique, triste et honteuse. À mes yeux, elle est… Lire la suite
  • Médias : le peuple n’est pas condamné à TF1

    Vincent Goulet (Textuel, 2014)

    Les optimistes sont fous mais les fous ont souvent raison. Vincent Goulet, sociologue et spécialistes des médias et pratiques culturelles, fait partie de ceux qui assurent que « non, les médias ne sont pas des entreprises aux mains d’intérêts économiques et politiques destinés à abrutir les masses ». Pour nous, à Là-Bas, c’est une évidence, incarnée, démontrée, réalisée chaque jour. Mais cela va mieux en le disant.

Politique

  • L’optimisme contre le désespoir. Entretiens avec C.J. Polychroniou

    Noam Chomsky (Lux, 2017)

    « Nous avons deux options. Le pessimisme qui consiste à baisser les bras et, ce faisant, à contribuer à ce que le pire arrive. Ou l’optimisme, qui consiste à saisir les occasions qui se présentent et, ce faisant, à contribuer à la possibilité d’un monde meilleur ». A 88 ans, Noam Chomsky ne lâche rien, en rendant hommage à ceux et celles qui luttent avec acharnement contre les injustices qui fracturent la société. Dans cette série d’entretiens réalisés avec C.J. Polychroniou, cet intellectuel considérable réaffirme sa profonde conviction, ce qui l’a toujours animé dans ce monde en proie à mille fléaux : l’espoir est encore possible. Mieux, il est plus que jamais indispensable.
  • Éloge de la politique

    Alain Badiou (Flammarion, 2017)

    Qu’est-ce que la politique ? Que peut-elle nous promettre ? Nos démocraties libérales sont-elles toujours démocratiques ? Ces questions, Alain Badiou y répond avec clarté et précision dans ce livre élaboré à partir de ses conférences tenues au théâtre d’Aubervilliers en 2017. Il s’agit de cinq dialogues - ici avec la journaliste Aude Lancelin - qui abordent les sujets qui ont scandé l’année 2017 : l’élection présidentielle, la Révolution d’Octobre, l’« hypothèse communiste », la gauche, « Macron ou le coup d’état démocratique ». De quoi s’agit-il en fait dans ces pages qui déroulent la pensée de ce philosophe qui a placé la politique au cœur de son travail ? D’en faire l’éloge. Parce que, pour lui, la politique n’est pas que l’art souverain du mensonge, comme le disait Machiavel. « Elle doit pourtant être autre chose : la capacité d’une société à s’emparer de son destin, à inventer un ordre juste et se placer sous… Lire la suite
  • Où atterrir ?. Comment s’orienter en politique

    Bruno Latour (La Découverte, 2017)

    On ne comprend rien aux positions politiques dans le monde depuis 50 ans, si l’on ne donne pas une place centrale à la question du dérèglement climatique et surtout à sa dénégation. Tel est le point de vue développé par le philosophe Bruno Latour, l’un des penseurs français les plus connus au sein du monde anglo-saxon.
  • Notre révolution

    Bernie Sanders (Les Liens qui Libèrent, 2017)

    Tout savoir sur Bernie Sanders, le candidat aux primaires du parti démocrate et actuel leader de l’opposition à Donald Trump. Dans ce livre, il raconte sa campagne, rend hommage aux citoyens qui veulent lutter contre l’avidité et l’irresponsabilité du système capitaliste qui génère toujours plus d’inégalités. Dans ces pages, il développe une vision, une méthode concrète pour créer des nouveaux emplois, augmenter les salaires, bref, transformer les États-Unis et le monde. Pour Sanders, le premier homme politique américain à se revendiquer démocrate socialiste, ce n’est qu’un début, la révolution est en marche. A futur to believe in !
  • En quel temps vivons-nous ?

    Jacques Rancière (La Fabrique, 2017)

    Que se passe-t-il dans une « démocratie » où l’on peut obtenir les pleins pouvoirs avec le soutien d’à peine plus de 10% du corps électoral ? Une abstention écrasante que celle observée aux dernières législatives doit-elle inquiéter, ou est-elle au contraire la prémisse d’un inévitable changement de régime ? Avec le philosophe de la politique Jacques Rancière, difficile de se raconter des histoires. Le regard est sans illusion, la lucidité dérange parfois. En quel temps vivons-nous ?, Conversation avec l’éditeur Éric Hazan, n’hésite pas à s’en prendre aux idées reçues confortables d’une certaine gauche. Contrairement à toute une mouvance anar, Jacques Rancière ne voit pas dans le désinvestissement des électeurs les signes annonciateurs d’un effondrement du système. Il ne voit nulle insurrection venir pour demain. Il ne voit pas non plus les « jours heureux » au bout de la 6ème République. Est-ce à dire que plus rien… Lire la suite

Économie et Finance

  • Bernard Maris expliqué à ceux qui ne comprennent rien à l’économie

    Gilles Raveaud (Les Échappés, 2017)

    Illustré par Coco, Juin, Félix, Riss, Vuillemin et Willem, les dessinateurs de Charlie, ce livre est un hommage à l’économiste iconoclaste, le prof de fac de Paris VIII-Saint Denis, assassiné le 7 janvier 2015. Gilles Raveaud, son ancien élève devenu collègue et ami, retrace à la vie et l’approche économique de Bernard Maris. Ces pages précises et simples, drôles parfois permettront aux inquiets ou récalcitrant de se familiariser avec cette discipline et de comprendre que l’économie peut être bien autre chose que celle assénée par une élite d’initiés qui, en brouillant pistes et chiffres, permettent à l’ultralibéralisme de prospérer. C’est « L’économie de Bernard Maris pour les nuls ».
  • Nouvelles mythologies économiques

    Éloi Laurent (Les Liens qui libèrent, 2016)

    « Loi travail », impératifs de « flexibilité » et de « compétitivité », « règles européennes aux quelles il faut se conformer », « adaptation de notre modèle social », « transition énergétique ruineuse ». Dans ce petit livre, Eloi Laurent, économiste critique, enseignant à Sciences-Po et à Stanford démolit une quinzaine de mythologies économiques que le pouvoir donne pour des vérités scientifiques mais qui ne sont en fait que les préjugés idéologiques.
  • L’Avenir du capitalisme

    Bernard Maris (Les Liens qui libèrent, 2016)

    Bernard Maris, alias « Oncle Bernard » dans Charlie-Hebdo, fait partie des huit victimes assassinés le 7 janvier 2015 par les frères Kouachi. Plus d’un an après la mort de cet économiste épicurien, son ami le philosophe Dominique Lecourt publie, en forme d’hommage, la conférence qu’il avait prononcée à l’Institut Diderot en 2010. Bernard Maris y analysait les fondements et l’esprit du capitalisme et posait cette question : sommes-nous irrémédiablement condamnés à l’homœconomicus ou bien capables d’autres formes de vie ?
  • Imperium

    Frédéric Lordon (La Fabrique, 2015)

    Impérium. En titrant ainsi son ouvrage de réflexions politiques, Frédéric Lordon reprend le concept développé par Spinoza pour qui l’imperium est « ce droit qui définit la puissance de la multitude ». L’occasion pour le philosophe, directeur de recherche au CNRS et initiateur de Nuit Debout, en dépliant méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé, de questionner l’avenir des idéaux comme l’internationalisme, le dépérissement de l’État, l’horizontalité radicale. D’où la nécessité de ne pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais de faire obstinément du chemin.
  • Tentative d’évasion (fiscale)

    Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot (Zones, 2015)

    Les deux sociologues, spécialistes de la grande bourgeoisie et des riches, se font enquêteurs de choc. Inspirés par Jérôme Cahuzac et Liliane Bettencourt, ils ont décidé, à leur tour, de planquer leur (maigre) magot. Un jeu de rôle édifiant qui va mener ces vrais-faux espions au cœur du système de l’évasion fiscale. Ils racontent en détail ce petit monde doré du pognon où spéculation financière, opacité cupidité et cynisme ne servent qu’à mobiliser les plus riches à accumuler toujours plus d’argent.

Société

  • Confiscation. Des mots, des images et du temps

    Marie José Mondzain (Les liens qui libèrent, 2017)

    Comment redonner aux mots tous leur sens ? Comment lutter contre leur confiscation par la sphère politico-médiatique ? Marie José Mondzain, philosophe, directrice émérite au CNRS, poursuit dans cet ouvrage son analyse du rapport aux mots et à l’image, à leur signifiant et à leur détournement politique. Elle s’attèle au terme « radicalité » aujourd’hui à la “radicalisation" et à la "déradicalisation", aux gestes les plus meurtriers et plus fanatiques. Pour elle la radicalité fait appel, au contraire, au courage des ruptures constructives et à l’imagination la plus créatrice. Et elle se demande, comment rendre à la radicalité sa beauté virulente et son énergie politique ?
  • Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez !

    Jacques Lecomte (Les Arènes, 2017)

    Arrêtez de tout voir en noir, de croire que tout est foutu. Lisez ce livre qui vous mettra du baume au coeur. Jacques Lecomte, président d’honneur de l’association française de psychologie positive, prof des sciences de l’éducation et de sciences sociales, publie des statistiques, des rapports internationaux pour dessiner un bilan sans appel : tout va bien mieux ! La démocratie est majoritaire dans le monde, la mortalité maternelle et infantile est divisée par deux, la variole est éradiquée, la couche d’ozone est reconstituée, le nombre d’homicides a baissé de 65 % en vingt ans. Pour un monde meilleur, une seule solution : l’optiréalisme.
  • La mécanique raciste

    Pierre Tevanian (La découverte, 2017)

    Personne (ou presque) ne se dit raciste, mais le racisme augmente. Pour essayer de comprendre cet oxymore où se cogne déclaration d’intention et réalité des faits, ce prof de philosophie à Drancy en Seine-Saint-Denis, s’attaque aux causes qui perpétuent les discriminations dans des proportions massives. Chiffres, analyse de discours complaisants, mécanique de ses ressorts logiques, esthétiques et éthiques, tout est passé au crible. L’objectif n’est pas convaincre les racistes de ne plus l’être, mais d’armer les antiracistes, les vrais, ceux qui ne sont pas dupes du racisme vertueux des Républicains ou des faux semblants du racisme d’état. Au fond, il n’est question, ici, que d’une notion simple mais sans cesse évacuée : qu’en est-il de l’égalité… Lire la suite
  • Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme

    Christel Coton (Agone, 2017)

    Ce livre sur la grande muette est le résultat d’une enquête en immersion dans le milieu des galonnés de l’armée française. Christel Coton, maitre de conférences en sociologie à Paris Panthéon Sorbonne nous emmène dans l’univers inconnu des officiers. On y découvre une armée plus bavarde qu’on ne l’imagine, moins apolitique et technicienne. On y découvre également des gradés plus engagés et critiques sur leur fonction, plus militants et moins béni-oui-oui. Critique de cette institution où la posture est essentielle, où le capital symbolique, l’apparence se conjugue avec l’exhibition guerrière et leurs étalons.
  • Les prédateurs au pouvoir, main basse sur notre avenir

    Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot (Textuel, 2017)

    Le Pen, Fillon, Trump, Hollande, Macron… Quelques semaines avant l’élection présidentielle, les deux sociologues se livrent à leur activité préférée : brosser le portrait d’une caste dominante cynique et amorale. Avec l’argent comme arme principale, ils et leurs amis du Cac 40, mènent une guerre de classe d’une violence extrême. Prête à tout pour gagner, menée par la logique du « toujours plus », elle tisse la toile de ses intérêts, spéculations sur le réchauffement climatique, sur la vente d’armes, du commerce du sang et des services à la personne…Avec rage et pertinence, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, nous fournissent des outils pour nous permettre « d’enlever toutes les richesses et les pouvoirs d’une petite oligarchie dont la cupidité ampute l’anticipation de l’avenir de l’Humanité ». Ils nous crient l’urgence… Lire la suite

Travail

  • Changer d’avenir, réinventer le travail et le modèle économique

    Les économistes atterrés (Les Liens qui libèrent, 2017)

    Repenser l’idée même de la croissance, de l’ubérisation de la société, du délitement de la protection sociale, de la profondeur de la crise… Ce collectif d’économistes et de citoyens donnent les clefs pour comprendre le caractère systémique de la crise et propose d’entrer dans un nouveau monde. Les Economistes Atterrés qui s’inscrivent résolument dans la transition écologique, proposent d’autres organisations du travail pour renforcer la solidarité et combattre le précariat. Des idées, des idées et encore des idées pour nous sauver de l’orthodoxie néolibérale. Et donner de solides arguments pour batailler contre.
  • Vive l’entreprise ? Le code du travail en danger

    Gérard Filoche (Hugo et cie, 2015)

    Dans ce livre Gérard Filoche démonte tout d’abord les préjugés que l’on entend à tout-va sur le Code du travail (il est trop gros, il empêche d’embaucher, freine la compétitivité, etc.) pour ensuite explorer la vie au travail en France au début du xxIe siècle et, à travers 200 anecdotes illustrées, exemple après exemple, thème après thème, l’effectivité du droit du travail et sa déconstruction en cours. Il s’appuie pour cela sur son expérience syndicale et celle de son métier d’inspecteur du travail….
  • Comment résister aux lois Macron, El Khomri et Cie ?

    Gérard Filoche, Richard Abauzit (Le Vent se lève, 2013)

    Ce livre analyse les suites de l’ANI du 11 janvier 2013, des lois Sapin, Macron et Rebsamen, le projet de loi El Khomri, les rapports Combrexelle, Mettling, Badinter. Il est un antidote contre la propagande de ceux qui veulent réduire le « coût du travail » et œuvrent non pas pour réduire le chômage mais pour accroître les dividendes.
  • Que les gros salaires baissent la tête !

    Jean-Luc Porquet (Michalon, 2005)

    Les actionnaires veulent 15% de profit par an... c’est comme ça. Le problème, c’est que « c’est impossible à tenir à long terme, dans une société dont le taux de croissance est de 2% à 3% ». La solution, pour les « pédégés » ? « Licencier, pressurer, délocaliser. » Pour eux, par contre, les recettes sont différentes...

Environnement et Santé

  • Nouveauté !

    Homme augmenté, humanité diminuée

    Philippe Baqué (Agone Contre-feux, 2017)

    « D’Alzheimer au transhumanisme, la science au service d’une idéologie hégémonique et mercantile ». Ce sous-titre résume à lui-seul l’objet de l’enquête de Philippe Baqué que la maladie d’Alzheimer de sa mère a propulsé dans un monde inconnu, celui du business de la santé. Ce livre en forme de carnet de bord écrit à la première personne montre comment les laboratoires spéculent, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) se lancent dans des projets mégalomaniaques, comment s’élabore une société basée sur une conception eugéniste des corps et des consciences. Rassurez-vous, ce ne sera pas donné à tout le monde ! Dehors les pauvres, l’immortalité, c’est pour les riches.
  • Ce qui compte vraiment

    Fabrice Nicolino (Les Liens qui libèrent, 2017)

    Peut-on inverser le courant si puissant de la destruction du monde ? s’interroge dans son nouvel essai, Fabrice Nicolino. Prenant cinq exemples fondamentaux, le journaliste blessé dans l’attaque de Charlie Hebdo, assure que l’espoir est la seule solution. Des idées neuves, le journaliste en a plein ses filets, à propos des campagnes françaises, de la « restauration des écosystèmes dans le monde », de la « situation des mers et de la pêche », du « si grand malheur des eaux vives », des « animaux, nos frères lointains », et de « la beauté du monde ». « (…) Vous avez le droit de préférer le poulet à la dioxine, le pain aux pesticides (…) Moi je choisis la vie et la beauté de coquelicots dans les champs de blé… Lire la suite
  • Le cerveau endommagé

    Barbara Demeneix (Odile Jacob, 2016)

    Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale. Tel est le sous-titre de cet ouvrage scientifique qui s’attaque aux perturbateurs endocriniens. Biologiste, internationalement reconnue, médaille du CNRS pour l’innovation, Barbara Demeneix dresse la liste des effets dramatiques des produits chimiques sur le cerveau, le métabolisme, la reproduction. Effrayant. Le nombre d’enfants atteints de dérèglements hormonaux ne cesse d’augmenter ainsi que les désordres autistiques, les troubles de l’attention, l’hyperactivité. Pour elle, les capacités intellectuelles des générations futures seront sérieusement compromises. Il est urgent d’agir si on ne veut pas d’une humanité à qui il ne manquera que …l’intelligence. Ce livre est dense, documenté, rigoureux, parfois un peu trop technique. Il est… Lire la suite
  • La vérité sur vos médicaments

    André Grimaldi, Claire Hédon, Claire Le Jeunne, François Chast, Jean-François Bergmann (Odile Jacob, 2015)

    Les malades et leur entourage ne savent plus à quel saint se vouer. Qui croire ? Faut-il se méfier des médicaments ? Peut-on faire confiance à son médecin ? à son pharmacien ? Les responsables publics contrôlent-ils réellement l’industrie pharmaceutique ? Les experts sont-ils tous « achetés » ou « vendus » ? Consommons-nous trop de médicaments ? Comment s’y retrouver ? Résultat de l’expérience croisée de 32 spécialistes et de l’analyse d’essais cliniques d’envergure mondiale, ce livre apporte des réponses scientifiquement validées.
  • La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique

    Razmig Keucheyan (La Découverte, 2014)

    Face à la catastrophe écologique annoncée, les bonnes âmes appellent l’humanité à « dépasser ses divisions » pour s’unir dans un « pacte écologique ». Cet essai s’attaque à cette idée reçue. Il n’y aura pas de consensus environnemental. Loin d’effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. Si vous voulez savoir où un stock de déchets donné a le plus de chances d’être enfoui aux États-Unis, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et autres minorités raciales. Interrogez-vous par la même occasion sur le lieu où se trouvent les quartiers pauvres… Ce « racisme environnemental » qui joue à l’échelle d’un pays vaut aussi à celle du… Lire la suite

International

  • Dire non ne suffit plus

    Naomi Klein (Actes Sud, 2017)

    Après La Stratégie du choc (2008), la journaliste canadienne s’empare d’un autre choc, celui provoqué par l’élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016. Choc immense, planétaire, effrayant. Noami Klein a jeté toutes ses forces dans la bataille pour comprendre ce qui pour elle n’est pas « une aberration de l’histoire », mais la suite logique d’un long processus au cours duquel se sont imposées les valeurs du capitalisme débridé, incarné par un président qui fait courir des risques majeurs à la planète. Ce livre qui analyse la destruction de l’état-providence sur fond d’attaques frontales contre les communautés vulnérables est aussi un livre de combat, au sens que « dire non ne suffit plus ». Il faut dire oui, c’est à dire tracer – et s’y tenir - la feuille de route des solutions alternatives et démocratiques à adopter « pour faire reculer les populismes et fixer un cap audacieux pour prendre soin du monde que… Lire la suite
  • Black lives matter

    Keeanga-Yamahtta Taylor (Agone/Contre-feux, 2017)

    « Plus qu’un moment, un mouvement » écrit Keeanga-Yamahtta Taylor, militante antiraciste, anticapitaliste et auteur de ce livre qui raconte les luttes du Black Lives Matter (BLM). Enseignante à l’université de Princeton, elle pose une question centrale : comment cette mobilisation afro-américaine contre le racisme systémique envers les noirs a-t-elle pu naitre sous le mandat du premier président… noir ? Pour comprendre la grande désillusion provoquée par Obama et la naissance du BLM en 2012, l’auteur plonge dans l’histoire des mouvements sociaux des années 60, analyse l’économie du racisme ainsi que l’essor d’une élite noir prompte à relayer les préjugés racistes et anti-pauvres. En protestant sans cesse contre le profilage racial, « l’inhumanité de la police » et son arsenal militaire, une justice prompte à acquitter les flics tueurs de noirs, le Black Lives Matter pourrait devenir le catalyseur et s’étendre… Lire la suite
  • La nouvelle question d’Orient

    Georges Corm (La Découverte, 2017)

    Georges Corm est historien et économiste. Il est également spécialiste du monde arabe auquel il a consacré de nombreux ouvrages. L’idée de son dernier essai est de faire comprendre les violences généralisées que connaissent un nombre grandissant des sociétés arabes depuis les années 2000, mais aussi le chaos et l’extension du terrorisme se réclamant de conceptions millénaristes de la religion musulmane dans de nombreux pays musulmans, en France, en Belgique et aussi aux Etats-Unis. Pour Georges Corm, il y a urgence à contextualiser, donner des clefs historiques, rappeler les débats, la rupture et la continuité de « la nouvelle question d’Orient ». Pour prendre conscience des causes qui ont conduit à ce « dérèglement de la raison… Lire la suite
  • Un boycott légitime. Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël

    Armelle Laborie, Eyal Sivan (La Fabrique, 2016)

    BDS pour Boycott Désinvestissement Sanctions. Soit une campagne internationale lancée en 2014 par 171 organisations non gouvernementales palestiniennes et relayée dans le monde entier, appelant à exercer des pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d’aboutir à la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, l’égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens. Le DBS se concentre désormais sur une de ses composantes : les institutions universitaires et culturelles israéliennes. C’est pour lever des idées fausses à son sujet, le justifier et prôner le droit à l’exercer qu’Eyal Sivan, cinéaste israélien et Armelle Laborie, productrice de documentaires, ont signé cet essai. Entreprise pédagogique « défendre la liberté d’appeler au boycott ne va pas à l’encontre de la liberté critique ou de… Lire la suite
  • L’ordre et le monde. critique de la Cour pénale internationale

    Juan Branco (Fayard, 2016)

    Née à l’orée du XXIe siècle, la Cour pénale internationale a pour mission de juger les plus grands criminels de notre temps, responsables de génocides, de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Lourde et belle tâche que celle de lutter contre l’impunité et d’amener les bourreaux à répondre de leurs actes. Sauf que cette organisation n’a jamais été à la hauteur de ses ambitions. Pire, son existence même est mise en cause. Juan Branco, docteur en droit et par ailleurs conseiller juridique de Julian Assange, y a travaillé plus d’un an, d’abord comme stagiaire puis comme assistant spécial et officier de liaison du Premier Procureur de la Cour Pénale Internationale. Ce livre est le résultat de son enquête où le droit côtoie la philosophie, le constat d’un (dis)fonctionnement juridique fait écho à l’état de notre… Lire la suite

Lire délivre

  • Voir

    LES BOUQUINS DE LA-BAS.
    Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Vos conseils sont bienvenus ! Oui, LIRE DELIVRE...

Les Rendez-vous des Repaires

  • La commercialisation des données personnelles est devenue un marché juteux qui intéresse les sociétés vivant de publicités. Comment le système fonctionne-t-il ? Comment s’en protéger au mieux ? L’installation de compteurs communicants tels que le Linky pour l’électricité interroge sur l’utilisation des (...)

Une sélection :

De notre envoyé spécial au-delà du périphérique Dillah TEIBI, notre correspondant de guerre sociale Attention, ça bouge dans les quartiers ! AbonnésÉcouter

Le

Vous connaissez les pyramides, Venise et le palais du grand Lama, mais Aulnay-sous-Bois, vous connaissez, le nord d’Aulnay-sous-Bois ? C’est le genre d’endroits où les médias font des reportages sur la drogue, le voile, le viol et les djihadistes, c’est là que les sociologues engagés font leur « terrain », c’est là que les candidats aux élections viennent tous les cinq ans, c’est là que le président des riches, récemment, a rendu visite pour faire des selfies avec les habitants.

Entretien avec Daniel Mermet Pierre Souchon, encore vivant ! AbonnésVoir

Le

PIERRE SOUCHON, ENCORE VIVANT ! Soudain il pète tout, il casse tout dans la ville. Trois fois, il est interné en psychiatrie, Pierre est bipolaire, c’est aussi un brillant journaliste. Depuis longtemps, il voulait raconter ça de l’intérieur, sa folie, et la vie autour, l’hôpital, l’Ardèche, les arbres, son mariage chez les bourgeois. Un livre superbe, des pages sans précautions, dures et belles.

Le premier reportage dessiné de LÀ-BAS ! (5 épisodes) 42 nuances de libéralisme AbonnésLire

Le

Ça va continuer ainsi (avec un peu moins d’étudiants présents) jusqu’au week-end. Là, les étudiants sont enfermés dans l’école pour réaliser un enduro de projets ; interdiction de sortir de la salle, d’avoir un sac, de téléphoner, etc.…
Derrière la coolitude générale, la matraque n’est pas loin.Midi. Une table où personne ne se parle : manger vite et y retourner. Une autre où tous regardent leur téléphone.Mais (...)

Déborah, championne du monde de bodybuilding ET thanatopractrice Le culte du corps, à la vie, à la mort (1/2) AbonnésÉcouter

Le

« Vous dansez Mademoiselle ?… vous êtes charmante, on doit vous le dire souvent… Oh, mais vous êtes musclée !… Ah, vous êtes championne de bodybuilding ? Ah, je me disais aussi… Et dans la vie, vous faites quoi ?… pardon ? Thanato… euh… thanatopractrice ?… euh, le truc sur des cadavres ?… vous les maquillez… vous les préparez… vous les videz de leur sang ?… euh… et ben, bonne soirée, euh… je sais même pas votre prénom… Déborah ?… Et ben au revoir Déborah ! »