Lire délivre

Les bouquins de LÀ-BAS

La bibliothèque de LÀ-BAS. Des perles, des classiques, des découvertes, des outils, des bombes, des raretés, des bouquins soigneusement choisis par l’équipe. Lire délivre...

Vos avis et conseils sont bienvenus !

La sélection

Sociologie

  • Panique dans le 16e !

    Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot (La ville brûle, 2017)

    Dans le 16e arrondissement de Paris, un projet de centre d’hébergement pour sans-abri doit voir le jour. La réunion de présentation est fixée le 14 mars 2016. Elle tourne à l’émeute. Cette installation est un grand scandale absolu pour les grands bourgeois. Quoi ? Comment ? Qui ose s’approprier « leur » parc depuis le Second Empire ? Les sociologues des riches et le dessinateur Étienne Lécroart étaient là. Ils racontent. C’est drôle, effrayant, édifiant.

Travail et luttes sociales

  • Working

    Studs Terkel (Ça et là, Amsterdam, 2010)

    Working est un recueil d’entretiens de soixante-dix personnes qui parlent de leur travail, des sentiments qu’il lui inspire, réalisés en 1974, par un des journalistes radio les plus connus aux Etats-Unis, Studs Terkel. Avec intelligence, pertinence, humour et gravité, ils racontent les conditions de leur vie laborieuse. Ces témoignages oraux ont été adaptés en bande dessinés. Dix-huit dessinateurs ont mis en images une sélection de vingt-huit récits : une serveuse, une fermière, un mineur et sa femme, un ouvrier agricole, un syndicaliste, un fossoyeur, une nourrice, un éboueur, un pianiste d’ambiance, un courtier, un coiffeur, un joueur de base-ball, un musicien de jazz, etc…À travers eux, se dessine un portrait de l’évolution du travail. Ils enrichissent l’histoire sociale de l’Amérique.

International

  • Un chant d’amour. Israël-Palestine, une histoire française

    Alain Gresh (La Découverte, 2017)

    Alain GRESH est à la fois l’un des observateurs les plus engagés et les plus respectés sur le Moyen-Orient. Depuis longtemps il s’attache avec succès à expliquer cette histoire à un grand public. Cette fois, avec des dessins superbes d’Hélène ALDEGUER, « UN CHANT D’AMOUR » raconte le conflit israélo-palestinien sous l’angle de cette France qui abrite les communautés juives et musulmanes les plus importantes d’Europe.
  • Jours de destruction, jours de révolte

    Chris Hedges, Joe Sacco (Futuropolis, 2012)

    De la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota aux militants d’Occupy Wall Street, Joe Sacco et Chris Hedges ont parcouru les zones sinistrées des USA. Ils dressent un constat terrible des conséquences d’un capitalisme décomplexé sur les laissés pour compte du système, dans un pays dont le taux de pauvreté est le plus élevé des pays industrialisés.

Humour et fiction

  • Le Suaire. Récit en 3 tomes

    Éric Liberge, Gérard Mordillat, Jérôme Prieur (Futuropolis, 2018)

    Après Corpus Christi, soit un documentaire en douze épisodes faisant état des connaissances historiques sur Jésus de Nazareth, Jérôme Prieur et Gérard Mordillat se posent désormais une question essentielle : le Suaire, un linge de 4,42 mètres de long sur 1,13 de large et qui aurait enveloppé le corps du Christ à sa descente de la croix, est-il une relique sacrée ou une arnaque ? Avouez, vous n’y auriez pas pensé … Mais rassurez-vous, dans cette trilogie qui traverse le temps et l’espace, il y a de la passion, de l’amour, de l’excès, de la rivalité, du mensonge et une intrigue captivante. Plus sérieusement, cette bande dessinée portée par le magnifique dessin noir et blanc d’Éric Liberge, repose sur un minutieux travail d’historien comme savent le faire les deux auteurs.
  • Manif

    Mathieu Colloghan (Adespote, 2017)

    Tous ensemble, tous ensemble ! Les parcours bastille-république-nation, les slogans, les combats, les charges de CRS, les indignations, les rencontres heureuses et malheureuses… A chacun sa manif, la vôtre, la sienne, la nôtre. Dans cette BD qui raconte l’engagement politique à « hauteur d’homme », vous retrouverez l’ambiance, l’émotion, les coups de matraques et les coups d’apéro. Tout cela dessiné avec humour et tendresse, portés par un trait vif et maîtrisé.
  • Démokratía. Manga en 5 tomes

    Motorô Mase (Edition Kazé, 2016)

    Taku Maezawa, élève ingénieur, et Hisashi Iguma, spécialiste en robotique, mettent en commun leur connaissance pour créer Maï, un robot d’apparence féminine. L’idée est de demander à 3 000 personnes, recrutées au hasard sur le web, de décider à la majorité via un réseau social des faits et gestes de cette machine à forme humaine qui deviendrait ainsi le creuset d’un savoir collectif, la convergence de 3 000 intelligences… Le concept de Démokratía est révolutionnaire. Mais, évidemment, rien ne se passe comme prévu. les cinq tomes de ce manga démontrent que démocratie n’est pas toujours synonyme de raison.
  • Unlucky young men

    Eiji Otsuka, Kamui Fujiwara (Latitudes-Ki-oon, 2016)

    Deux volumes, deux maîtres du manga qui ont conjugué leur talent pour dessiner et écrire cette saga japonaise, aux frontières du polar et de la chronique sociale. Dessins précis, mise en scène impeccable, lecture encouragée par une belle maquette qui joue avec le noir et blanc, Unluncky young men raconte le Tokyo des années 60 secoué par le terrorisme et les révoltes étudiantes qui tournent à l’émeute. Cette fiction-réalité très documentée mélange de véritable figures historiques (les écrivains Kenzaburo Oe et Yukio Mishima et le tueur en série Norio Nagayama) à un scénario où les deux héros fomentent l’attaque d’un fourgon transportant 300 millions de yens. Leur but : financer la production d’un film construit à partir du scénario de l’un d’eux et qui dresse la… Lire la suite
  • Kamasutra des grenouilles

    Tomi Ungerer (Éditions des Musées de Strasbourg, 2015, 2015)

    Par devant, par derrière, les grenouilles s’envoient en l’air. Sous le trait de crayon génial, lubrique et joyeux de Tomi Ungerer, à une, à deux, à trois, à plusieurs, elles s’adonnent à tous les plaisirs et positions du Kamasutra. Et cela se voit qu’elles aiment ça. Un régal de drôlerie et de plaisir communicatif.

Jeunesse

  • Les enfants fichus

    Edward Gorey (Le tripode, 2014)

    A pour Amy tombée au bas des escaliers ; B pour Basil surpris par des ours affamés ; C pour Clara lassée, décharnée et malade ; F pour Fanny vidée d’un baiser de sangsue ; Z pour Zillah petite ayant bu trop de gin… Cet abécédaire de morts d’enfants, dessiné à la plume en noir et blanc est écrit et illustré avec minutie, par un dessinateur fantastique, extravagant, excentrique, tragique, prolixe, aimant le ballet de Balanchine, Buffy contre les vampires, le Dit du Genji Raymond Queneau et Astérix. Edward Gorey, mort sur son sofa le 13 avril 2000, est peut-être l’un des dessinateurs le plus original du siècle dernier que cette réédition permet de découvrir en France. Les enfants fichus, The Gashlycrumb Tinies, un de ses premiers livres, est l’objet d’un véritable culte et… Lire la suite
  • Lettres des îles Baladar

    André François, Jacques Prévert (Gallimard jeunesse, 2007)

    La mer a ses îles préférées, qu’elle protège à grand renfort de brouillards et de tornades. On vivait heureux aux îles Baladar, jusqu’au jour où le Général Trésorier tenta d’y imposer sa loi. Un jour, en effet, les habitants du Grand Continent s’aperçurent que de l’or brillait sur l’île… Voilà, résumé par les éditions Gallimard ce texte illustré par André François, publié pour la première fois en 1977. La suite est délicieuse, pleine de poésie et d’humour, comme sait écrire Jacques Prévert.
  • Allumette

    Tomi Ungerer (L’École des loisirs, 1997)

    Les trois brigands, Jean de la lune. Qui ne connait pas Toni Ungerer, génial graphiste, créateur multiforme et auteur de livres pour enfants (il a dessiné pour les adultes, mais on ne peut rien en dire dans cette rubrique). Si Allumette, une adaptation – très libre – du conte d’Andersen vous a échappé, courrez l’acheter. Pour vos enfants, pour vous aussi tant les dessins et le texte sont jouissifs. Ne craignez rien, cela se termine bien. Les riches deviennent généreux, les politiques cessent de parler, les militaires se sentent inutiles, les dons affluent du monde entier. C’est une belle histoire, tout est donc inventé. Parce que dans la vraie vie …
  • L’invité douteux

    Edward Gorey (Gallimard / Collection Le Cabinet des lettrés, 1994)

    Dessins somptueux où le gothique se mêle à l’absurde, détail des intérieurs victoriens, surréalisme et fantastique, mystère des romans policiers et poésie de haïkus, maîtrise du trait en noir et blanc créant des clair-obscur : ce petit livre contient tout l’univers et la virtuosité d’Edward Gorey. L’invité douteux raconte l’arrivée dans un manoir d’une créature mystérieuse et taciturne, portant une écharpe bicolore et des baskets de cuir blanc. Les habitants, une famille aristocrate de cinq personnes, voient cet être à l’allure de pingouin bizarre et aux mœurs inattendues, s’installer chez eux et ne plus en partir. Voilà, c’est tout. C’est magnifique.
  • Crasse-Tignasse

    Dr. Heinrich Hoffmann (Les lutins de l’école des loisirs, 1979)

    Dans la préface à ce petit livre paru en 1846, Cavanna qui, en a fait la traduction, « avec quelques libertés », écrit : « la cruauté parfois brutale des histoires, leur moralisme simplet surprendront les parents d’aujourd’hui. J’ajouterai ceci : les enfants en raffolent, et plus c’est cruel, plus ils en redemandent. Tirez-en la conclusion qui vous plaira ». Il s’agit de petits textes en vers racontant dix historiettes, dont celle de Crasse-Tignasse, du méchant Frédéric, du garçon tout noir, du suceur de pouce, de Philippe-qui-gigote, de Jean-regarde-en-l’air, de Robert qui vole. Ces « histoires cocasses et drôles d’images » connurent un immense succès en Allemagne (une centaine d’éditons et de multiples traductions dans le monde). C’est manifestement avec gourmandise que Cavanna s’en était emparé.

Beaux livres

  • Les Shadoks, une odyssée en couleurs

    Thérèse Willer (Editions des Musées de la ville de Strasbourg, 2018)

    Ce livre est un hommage à ces drôles de bestioles, échassiers improbables qui envahirent le petit écran et divisèrent la France entre shadokophiles et shadokophobes. Apparus en avril 1968, dessinés par Jacques Rouxel et immortalisés par la voix de Piéplu, les Shadoks ont eu droit à une retrospective au musée de Strasbourg. Ce livre est celui de l’exposition qui montre leur dessins, les esquisses, la fabrication des petits films d’animation. Retour vers le futur. Surtout n’oubliez pas ce que disait leur créateur : « certains ont voulu voir je ne sais quoi dans les Shadoks : il n’y a rien ! C’est gratuit ! ». Là réside, peut-être, leur succès légendaire. Celui de l’exposition tient à la découverte de ces planches originales qui étaient en couleur, mais ça, les téléspectateurs ne le savaient pas : les écrans étaient alors en noir et blanc…
  • Alive

    Luz (Futuropolis, 2017)

    Est-ce pour transmettre à sa fille d’un an, sa passion du rock ? Est-ce un hymne à la vie, lui qui a échappé à l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015 ? Alive, l’album de Luz, dont le titre polysémique suffit à le résumer, témoignage à grands traits à l’énergie brute, le bonheur des concerts et des festivals fréquentés pendant plus de quinze ans. Les planches publiées dans cette anthologie (384 pages) ont été dessinées entre 1999 et 2015, augmentées de dessins récents et d’un entretien avec Philippe Manoeuvre dans les locaux de Rock & Folk, en 2016. Et ça déménage.
  • Du duel au duo. Images satiriques du couple franco-allemand de 1870 à nos jours

    ( Editions des Musées de la ville de Strasbourg, 2013)

    Images satiriques du couple franco-allemand. Tout est dit dans le sous-titre du catalogue de l’exposition consacrée aux échanges des deux pays à travers l’imagerie humoristique de 1870 à nos jours. Les dessins, surprenants, sont d’une acuité incroyable, la composition graphique, nouvelle et efficace. Cent cinquante œuvres de dessinateurs français et allemands y sont reproduites, (Bosc, Braunagel, Cabrol, Daumier, Kroll, Heartfield, Waechter, Willem, Flora, Siné, Zislin,…). Des textes et analyses permettent de comprendre pourquoi des revues - La Baïonnette et Charivari en France, Kladderadatsch et Simplicissimus en Allemagne - sont les outils privilégiés de la satire politique de part et d’autre du Rhin. Une ode à la liberté d’expression.

Une sélection :

Avec Éric Hazan, qui publie « Le tumulte de Paris » (La Fabrique) Éric Hazan : « Le danger, c’est que la Commune perde son sens révolutionnaire pour devenir une image d’Épinal » AbonnésÉcouter

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À Belleville, dans les rues où se tenaient les dernières barricades de la Commune de Paris, l’écrivain et éditeur Éric Hazan rend hommage aux insurgés, et remet les récupérateurs de mémoire à leur place. Cent-cinquantenaire de la Commune oblige, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a décidé de commémorer l’événement en grande pompe, à grand renfort de cérémonies officielles, du 18 mars au 28 mai. Le programme a même un nom : « Nous la Commune ! », et il a été vigoureusement dénoncé par les élus de droite au conseil de Paris… « Nous », vraiment ? Il ne faudrait pas que la mémoire de la Commune de Paris, à l’occasion de cet anniversaire, passe pour lisse, neutre, et finalement consensuelle.

Un entretien de Daniel Mermet avec John Shipton, le père de Julian Assange. VIDÉO et radio (PODCAST) LIBÉREZ ASSANGE ! LIBÉREZ PROMÉTHÉE ! La France doit accorder l’asile à Julian Assange AbonnésVoir

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La Haute-Cour de Londres a annulé, ce vendredi 10 décembre, une première décision qui empêchait l’extradition de Julian Assange aux États-Unis. La justice britannique devra donc statuer à nouveau sur la requête des États-Unis, qui veulent juger le fondateur de WikiLeaks pour avoir diffusé des documents confidentiels repris par les médias du monde entier. Aux États-Unis, Julian Assange risquerait 175 années de prison. Comment sauver Assange ? Il faut que la France lui accorde l’asile ! C’est ce que réclament beacuoup de ses soutiens, dont son père John Shipton, que nous avons rencontré le mois dernier lors de son passage à Paris.