Rencontre avec Raoul Marc JENNAR

18 avril : journée mondiale contre TAFTA

Le , par L’équipe de Là-bas

TAFTA, TTIP, PTCI, CETA, GMT... Des codes qui cachent le même projet de libre-échange entre les États-Unis et la Commission Européenne. Un "partenariat" économique" qui vise à étendre les marchés nord-américains à toute l’Union Européenne, avec des règles et des normes entièrement basées sur le profit des actionnaires et de la finance, au détriment des citoyens et de l’environnement.

Aujourd’hui les grands choix politiques échappent à tout contrôle démocratique. Bien au-dessus du pouvoir politique, les grandes firmes transnationales avec de gros moyens et de puissants lobbies imposent leurs lois dans tous les secteurs, l’eau, le gaz, l’accès aux médicaments et aux soins, la nourriture, l’éducation, l’information... Nous pouvons agir. En quelques mois STOP TAFTA a recueilli plus de 1,5 million de signatures, des milliers de collectifs locaux, des personnalités de tous horizons se mobilisent, la partie n’est pas perdue. Tel le vampire Dracula, TAFTA ne supporte pas la lumière...

En 1998, une première tentative nommée AMI (Accord multilatéral sur l’investissement) avait été mise en échec grâce à la mobilisation citoyenne.

AUJOURD’HUI TOUS CONTRE TAFTA !

Rencontre avec Raoul Marc JENNAR.
Entretien : Daniel MERMET

18 avril : journée mondiale contre TAFTA
La liste de toutes les actions prévues samedi 18 avril est disponible sur : www.collectifstoptafta.org

Les différentes séquences de l’entretien :

Partie 1ère : TAFTA, c’est quoi ?

C’est un projet de traité en négociation entre les États-Unis, qui sont à l’initiative de l’idée, et l’Union Européenne, dont les 28 pays membres ont donné mandat à la Commission Européenne pour négocier en secret avec les États-Unis. Raoul Marc JENNAR rappelle les cinq objectifs de cette négociation :

1) « appliquer intégralement, totalement, complètement les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce »

2) « rendre compatible les normes et les réglementations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique », ce qui revient à « nous aligner sur les normes qui sont en vigueur du côté du plus puissant des partenaires, c’est-à-dire du côté américain. »

3) « privatiser la justice dès lors qu’il y a un conflit entre une firme privée et un pouvoir public, en matière de commerce, d’investissement, de marchés publics »

4) « supprimer les droits de douane, ce qui a des conséquences importantes en ce qui concerne l’agriculture

5) « rendre inutile toute espèce d’amendement au mandat de négociation », en confiant « à une structure institutionnelle supranationale le soin de négocier tout ce qui n’aura pas été intégré dans la présente négociation, qui ne passera plus pour ratification devant les États. »


Partie 2 : L’ALENA, un dangereux précédent

Pour les partisans de la création d’un grand marché transatlantique, l’Accord de Libre Échange Nord-Américain (ALENA) constitue le modèle de déréglementation à reproduire. Ce traité, signé en 1992 entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, a montré les dangers de la libéralisation des marchés. L’ALENA a appauvri les paysans mexicains, mis en concurrence avec le maïs industriel librement importé des États-Unis. Entre 3,5 millions et 5 millions de paysans ont perdu leur emploi, submergés par le maïs américain subventionné.

Aujourd’hui, face au risque de voir leurs décisions révoquées par des arbitres privés imposés par TAFTA, certaines communes, départements ou régions se sont déjà revendiquées "Zone HORS TAFTA" pour refuser d’appliquer les futures dispositions de l’accord.


Partie 3 : L’AMI, une lutte victorieuse

Après l’entrée en vigueur de l’ALENA en 1994, les États-Unis ont tout de suite tenté de reproduire ce modèle avec l’Europe, en négociant secrètement un Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) qui préfigurait en tous points le projet actuellement négocié. La mobilisation en France permit de rendre publics les objectifs de la négociation, et tel Dracula qui meurt à être exposé en plein jour, la révélation de cette négociation obligea Lionel Jospin à retirer la France des négociations en 1998, et à faire échouer cet accord.

https://vimeo.com/124192335


Programmation musicale :
- Discours du Président Directeur Général des États-Unis d’Europe, issu de l’album Mégalopolis, d’Herbert Pagani
- Sous le PS exactement, par le collectif A.A.R.D.Y. (Actions Artistiques pour une Réelle Démocratie Ya !)
- Le Grand Marché Transatlantique ne se fera pas, par La Parisienne Libérée

À lire :

- Le Grand Marché Transatlantique : la menace sur les peuples d’Europe, un livre de Raoul Marc Jennar (2014, Cap Bear Éditions)

- Europe/États-Unis : les enjeux de l’accord de libre-échange, un livre de Danièle Favari (2014, éditions Yves Michel)

- Grand Marché Transatlantique : Dracula contre les peuples, un livre de Patrick Le Hyaric (2013, éditions de l’Humanité)

- Le grand marché transatlantique : les multinationales contre la démocratie, un livre de Ricardo Cherenti et Bruno Poncelet, préfacé par Jean-Luc Mélenchon (2011, éditions Bruno Leprince)

- Comment l’AMI fut mis en pièces, un article de Christian de Brie dans Le Monde Diplomatique de décembre 1998


À suivre :

- Toutes les actions prévues samedi 18 avril dans le monde sont disponibles sur www.globaltradeday.org

- L’actualité de Raoul Marc JENNAR sur son site www.jennar.fr


Et n’oubliez pas que le répondeur attend toujours vos messages au 01 85 08 37 37.

Entretien : Daniel MERMET
Réalisation : Franck HADERER
Préparation : Jonathan DUONG

(vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique "Mon compte", en haut à droite de cette page)

Les Rendez-vous des Repaires

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  • En juillet, les participants choisissent le ou les thèmes dont ils veulent débattre en début de séance. Un coup de cœur ou un coup de gueule à partager ? C’est le moment !

    Metz
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