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La bibliothèque de "Là-bas"

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Les livres qui ont été mentionnés dans les émissions et les autres. Des bouquins que l’équipe vous recommande et dont il est possible que vous n’entendiez pas parler ailleurs… Une sélection complétée petit à petit.

Nouveautés

Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez !
Un livre de Jacques Lecomte (2017, éditions Les Arènes)

Arrêtez de tout voir en noir, de croire que tout est foutu. Lisez ce livre qui vous mettra du baume au coeur. Jacques Lecomte, président d’honneur de l’association française de psychologie positive, prof des sciences de l’éducation et de sciences sociales, publie des statistiques, des rapports internationaux pour dessiner un bilan sans appel : tout va bien mieux ! La démocratie est majoritaire dans le monde, la mortalité maternelle et infantile est divisée par deux, la variole est éradiquée, la couche d’ozone est reconstituée, le nombre d’homicides a baissé de 65 % en vingt ans. Pour un monde meilleur, une seule solution : l’optiréalisme.

Le tour de France de la corruption
Un livre de Jacques Duplessy et Guillaume de Morant (2016, éditions Grasset)

Pas de people, pas de stars, pas de noms connus du bottin mondain de grands de la corruption, mais des petits, des inconnus. Un élu qui en croque, un chef d’entreprise qui arrose, l’agent public qui favorise ses amis, un huissier de justice fraudeur,… C’est à cette France des passe-droits, à la corruption quotidienne, celle qu’on subit mais qu’on ne voit, que racontent ces deux journalistes. Ils ont parcourus les routes de l’hexagone, se sont arrêtés dans des grandes villes ou de petits villages, ont écouté des prévenus, des lanceurs d’alerte, des juges, des avocats et des policiers pour dessiner le visage de la corruption ordinaire.

Le djihad et la mort
Un livre d’Olivier Roy (2016, éditions du Seuil)

De Khaled Kelkal en 1995 à l’attentat de Nice en 2016 , Olivier Roy analyse la mort placée au coeur du projet du terroriste et /ou du djihadiste. « Elle n’est pas une possibilité ou une conséquence malheureuse de son action, elle est la finalité par excellence de son engagement », ajoute le directeur de recherche au CNRS qui se demande si le vrai danger, au-delà des dégâts infligés, n’était pas l’effet de terreur. Cette peur, c’est la peur de l’Islam. C’est surtout celle de l’implosion de nos propres sociétés, cette peur c’est la notre.

Misère de l’espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences
Un livre de Olivier Barancy (2017, éditons Agone)

Le Corbusier : un imposteur doublé d’un fasciste bon teint. Bon, ça on le sait. Le plus grave que démontre Olivier Barancy, architecte et auteur de cette enquête fondée sur l’analyse de la production bâtie ou théorique de Le Corbusier, c’est une oeuvre catastrophique, des projets au caractère totalitaire et une misère spatiale engendrée de son vivant jusqu’à aujourd’hui. Modèle des architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de béton, son monde cauchemardesque qu’il voulait édifier, fait les affaires des bureaucrates russes et chinois.

Les bonnes raisons de voter Mélenchon
Un livre de Jacques Généreux (2017, éditions Les Liens qui Libèrent)

Economiste, professeur à Sciences-po, co-fondateur du parti de gauche en 2008, Jacques Généreux va droit au but : son livre, explique t-il, n’est pas une explication scolaire ou militante du programme de Jean-Luc Mélenchon. C’est un appel à l’intelligence de chacun face à une crise protoïforme, économique, écologique, politique et morale. Pédagogue, il a pour ambition, non pas de faire l’éloge d’un ami, mais d’éclairer les citoyens parce que « même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave » proclamait Condorcet dont la phrase est mise en exergue. « Soyez sérieux cette fois-ci : arrêtez de voter n’importe comment ! » écrit Jacques Généreux. Pour la présidentielle, tout est dit.

Changer d’avenir, réinventer le travail et le modèle économique
Un livre des Economistes Atterrés (2017, éditions Les Liens qui Libèrent)

Repenser l’idée même de la croissance, de l’ubérisation de la société, du délitement de la protection sociale, de la profondeur de la crise… Ce collectif d’économistes et de citoyens donnent les clefs pour comprendre le caractère systémique de la crise et propose d’entrer dans un nouveau monde. Les Economistes Atterrés qui s’inscrivent résolument dans la transition écologique, proposent d’autres organisations du travail pour renforcer la solidarité et combattre le précariat. Des idées, des idées et encore des idées pour nous sauver de l’orthodoxie néolibérale. Et donner de solides arguments pour batailler contre.

L’illusion du consensus
Un livre de Chantal Mouffe ( 2016, éditions Albin Michel)

Pour la philosophe belge et professeur de théorie politique à l’université de Westminster à Londres, il est temps - et nécessaire - de combattre le consensus, plus précisément l’illusion qu’il puisse être une solution. Parce que pour Chantal Mouffe, la politique contient par essence des antagonismes. Les nier, « concevoir le but d’une politique démocratique en termes de consensus et de réconciliation n’est pas seulement erroné conceptuellement mais dangereux politiquement » écrit-elle dans sa préface. Quand, en effet, les luttes politiques perdent de leur signification, ce n’est pas la paix sociale qui s’impose, mais surgissent des antagonismes capables de saper les fondements mêmes de nos sociétés démocratiques. Pour les sauver et permettre de relever les défis auxquels la politique démocratique est aujourd’hui confrontée, il faut, bien au contraire, accepter l’impossibilité d’éradiquer la dimension conflictuelle de la vie sociale.

Années de rêves et de plomb. Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)
Un livre de Alessandro Stella (2016, éditions Agone)

Alberto, Angelo, Antonietta, Lorenzo. Quatre militants l’Autonomie Ouvrière, quatre jeunes qui rêvaient de futur, de Révolution et d’un monde meilleur. C’est à eux, enterrés à la va-vite en 1979 dans l’Italie du Nord, que ce livre est dédié. Pour leur redonner un nom et une histoire, cet essai revient sur la longue histoire des combats italiens, de mai 68, de Pinochet, de l’influence des Brigades Rouges, de la lutte armée et de ses limites, des années de plomb et de leur récit officiel. Alessandro Stella qui a été membre de l’Autonomie Ouvrière revendique en écrivant ces pages le droit de se souvenir, la nécessité de perpétuer un combat pour une société plus juste. Et de donner une autre version que celle construite par le pouvoir italien et placée sous le signe de la peur des « terroristes ».


Humour et fiction

Moi, présidente
Un livre de Gérard Mordillat (2016, éditions Autrement)

Sous le titre de ce livre il est écrit : sotie. Une sotie est une farce à caractère satirique jouée par des acteurs en costumes de bouffons, allégorie de la société du temps. On ne peut être plus clair. C’est exactement le jeu auquel se prête Gérard Mordillat en imaginant une nouvelle locataire de l’Elysée qui rétablit l’esclavage pour supprimer le chômage, impose la polygamie pour résoudre la crise du logement et impose aux mesures des ministres du Racisme Efficace et de la Précarité Raisonnable des mesures pour purger la France de toute la racaille ». Une farce, un cauchemar.

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Atlas de la France qui gagne
un livre de Didier Porte (Autrement, 2015)

Cet opuscule ridiculise définitivement la basse propagande anti-française distillée sournoisement par des officines au service du cosmopolitisme apatride, selon laquelle nous ne serions qu’une nation de feignasses hautement bordéliques et de jobards va-de-la-gueule, affligés de boîtes crâniennes dont la circonférence devrait leur permettre de figurer en bonne place au palmarès du concours annuel du marché de Cavaillon.

La boîte aux lettres du cimetière
un livre de Serge Pey (Zulma, 2014)

Tout commence et s’achève avec la porte de la maison d’enfance. Comment accueillir son monde, un 1er Mai, quand il n’y a pas de table assez grande – tous les bergers descendus de la montagne, les ouvriers agricoles, les camarades fomentant la grève générale ? À bout de bras, le père extirpe alors de ses gonds la lourde porte qu’il vient lui-même de construire et la couche sur deux tréteaux. Pour l’enfant ébahi, c’est le monde qui s’inverse…

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CLANDESTINO. Un reportage d’Hubert Paris, envoyé spécial - Tome 1
une bande-dessinée d’Aurel (2014, éditions Glénat)

Hubert Paris, journaliste au magazine américain Struggle, se rend en Algérie dans le cadre d’un reportage sur les migrants clandestins à travers le monde. Faussement flegmatique, se laissant porter par ses rencontres et ses découvertes, il découvre les accords internationaux, les fonctionnaires peu respectueux de leur rôle social, le recrutement de main d’œuvre clandestine et bon marché. Il rencontre également les « harragas », candidats à la traversée et suit leur périple afin de témoigner de leur histoire...

Moi et la reine d’Angleterre (et autres correspondances)
Un livre de Patrice Minet (2006, édition Berg international éditeurs).

Le livre n’est pas tout neuf (avant 2000) mais l’idée n’a pas pris une ride. Le principe est simple : l’auteur, un ancien du Café de la gare, acteur et dessinateur à ses heures, écrit à des personnalités. Pour montrer son respect et sa générosité, il glisse toujours 50 francs dans l’enveloppe. Ces lettres au ton gentil et naïf sont porteuses d’une proposition déconcertante. À la Reine d’Angleterre qu’il invite à prendre le goûter chez lui, au Père Lachaise à qui il demande l’autorisation de venir un ou deux jours par semaine pour s‘habituer au crématorium, à son boucher-charcutier qu’il propose de lui livrer un rumsteck à manger en cachette de sa mère. Certaines missives sont hilarantes, d’autres font sourire. Dans tous les cas, on ne s’ennuie jamais.

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Le chat botté
de Patrick Rambaud (Grasset, 2006)

Ce roman « raconte l’ascension d’un homme » Il va s’appeler Bonaparte.
Ce titre n’est pas tiré au hasard d’un conte de Perrault, mais des Mémoires de la duchesse d’Abrantès. Celle-ci, Laure Permon, était la fille d’une amie d’enfance de Laetitia Bonaparte. Petite fille, quand elle a vu pour la première fois le jeune Napoléon en uniforme, avec ses jambes maigres dans de trop grandes bottes, elle a éclaté de rire en s’écriant : « Le Chat botté ! » Le surnom est resté.

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Chavez Présidente !
un livre de Maurice Lemoine (Flammarion, 2005)

« Cette fiction se situe dans une imaginaire République bolivarienne du Venezuela. Les personnages qui la font vivre, tout comme le président Hugo Chavez, n’ont jamais existé. En conséquence, une quelconque ressemblance avec des événements du domaine de l’actualité ancienne ou récente, voire des individus vivants ou morts, relèverait d’une coïncidence pour laquelle l’auteur décline toute responsabilité. »

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Balkans-Transit
un livre de François Maspero avec des photos de Klavdij Sluban (Le Seuil, 1997)

Un long récit de voyage au cœur de l’Europe. « C’est peut-être cela, le pari du voyage ? Au-delà des émerveillements ou des angoisses de l’inconnu, retrouver le sentiment d’être de la même famille. » Avec cette phrase d’un certain Lord Cadogan en exergue, « N’allez pas à l’étranger, c’est un endroit horrible. »

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La ferme des animaux
un livre de George Orwell (Gallimard Folio, 1984)

« Tous les animaux sont égaux mais il y en qui le sont plus que d’autres. »
Coluche lui a emprunté la formule fameuse.
Il faut lire et relire Orwell, même si le totalitarisme a changé de masque. L’auteur préféré de Là-bas.


Histoire

Misère de l’espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences
Un livre de Olivier Barancy (2017, éditons Agone)

Le Corbusier : un imposteur doublé d’un fasciste bon teint. Bon, ça on le sait. Le plus grave que démontre Olivier Barancy, architecte et auteur de cette enquête fondée sur l’analyse de la production bâtie ou théorique de Le Corbusier, c’est une oeuvre catastrophique, des projets au caractère totalitaire et une misère spatiale engendrée de son vivant jusqu’à aujourd’hui. Modèle des architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de béton, son monde cauchemardesque qu’il voulait édifier, fait les affaires des bureaucrates russes et chinois.

Années de rêves et de plomb. Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)
Un livre de Alessandro Stella (2016, éditions Agone)

Alberto, Angelo, Antonietta, Lorenzo. Quatre militants l’Autonomie Ouvrière, quatre jeunes qui rêvaient de futur, de Révolution et d’un monde meilleur. C’est à eux, enterrés à la va-vite en 1979 dans l’Italie du Nord, que ce livre est dédié. Pour leur redonner un nom et une histoire, cet essai revient sur la longue histoire des combats italiens, de mai 68, de Pinochet, de l’influence des Brigades Rouges, de la lutte armée et de ses limites, des années de plomb et de leur récit officiel. Alessandro Stella qui a été membre de l’Autonomie Ouvrière revendique en écrivant ces pages le droit de se souvenir, la nécessité de perpétuer un combat pour une société plus juste. Et de donner une autre version que celle construite par le pouvoir italien et placée sous le signe de la peur des « terroristes ».

Le premier congrès des peuples d’Orient, Bakou 1920
Verbatim des sept jours de débat (réédition en 2016 par La Brèche et le Radar)

En septembre 1920, à Bakou, la capitale de la toute nouvelle république socialiste de l’Azerbaïdjan, se tient le premier congrès des peuples de l’Orient. Deux mille délégués venus de toute l’Asie centrale et de Moscou bien-sûr, débattent des problèmes posés par la Révolution d’Octobre et de la dynamique de la révolution permanente. Au programme : le rôle des femmes, du parti, des religions et particulièrement la musulmane, de l’internationalisme en actes, de l’alliance du prolétariat des pays industrialisés et des peuples opprimés… Il n’y aura pas de deuxième congrès, tous ceux qui ont porté le premier ont été assassinés d’un commun accord par Staline et les impérialismes. C’est pourquoi il faut lire ce livre qui avait été édité en 1921 par L’internationale Communiste et la Libération de l’Orient. Urgent et indispensable en ces temps de replis nationalistes.

Mélancolie de gauche
Un livre d’Enzo Traverso (2016, éditions La Découverte)

Professeur d’histoire intellectuelle à l’université Cornell d’Ithaca (New York), Enzo Traverso développe un long et captivant questionnement : quel est le rapport entre histoire et mémoire. L’occasion de redécouvrir la mélancolie de gauche qui, comme un fil rouge, traverse l’histoire révolutionnaire, d’Auguste Blanc à Walter Benjamin, de Louise Michel à Rosa Luxembourg. D’où le sous-titre à cet ouvrage riche en iconographie : la force d’une « tradition cachée » (XIXe-XXIe siècle).

Le fascisme de Benito Mussolini
Un livre présenté et postfacé par Gérard Mordillat et Hélène Marchal (2016, éditions Demopolis)

Relire le texte fondateur du fascisme italien paru en 1932, en le remettant en perspectives avec le programme du Front National. Pourquoi ? Parce que texte porteur de l’idéologie de Mussolini, irrigue, sous des formes nouvelles, le programme de l’extrême-droite française dont l’arrivée au pouvoir n’est plus seulement une hypothèse. Voilà l’entreprise à laquelle se sont attelés Gérard Mordillat et Hélène Marchal, faisant acte, non seulement de mémoire, mais de pédagogie pour que chacun se forge une opinion. Et comprenne, en ayant les clefs de lecture, « qu’en France, aujourd’hui, existent les prémisses d’un fascisme gouvernant l’action de l’état et des services publics ».

Une traversée de Paris
Un livre d’Éric Hazan (2016, éditions Le Seuil).

Au fil de la marche à travers les rues de Paris, surviennent des souvenirs. Fragments du passé très lointains, à la frontière de l’oubli, réactivés par la traversée de la capitale, du sud au nord, d’Ivry à Saint-Denis. Cette ligne entre l’ouest et l’est, comme un méridien capital, Éric Hazan avait cru la dessiner sans réfléchir. En fait, le hasard n’y est pour rien : ce tracé suit les méandres de sa propre existence.

Jésus selon Mahomet
un essai de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Le Seuil, 2015)

Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente. À partir de deux versets de la sourate IV qui évoquent la crucifixion de Jésus de manière inattendue, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur cherchent à reconstituer ce que l’on peut comprendre des origines de la prédication de Mahomet, de son développement dans un milieu païen très marqué pourtant par les références et les influences bibliques.

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Plus noir dans la nuit
un livre de Dominique Simonnot (Calmann-Lévy, 2014)

Plus noir dans la nuit relate une page oubliée de l’épopée des mineurs : la grande grève de 1948, la répression brutale qui suivit. Six morts, deux mille arrestations, autant de condamnations à la prison et des centaines de vies brisées. Norbert, Colette, Jeanne et les autres, qui ont vécu ces grandes heures de la mythologie ouvrière, racontent ici un monde à jamais englouti, un monde terrible et fraternel, et leur fureur d’en avoir été exclus.

L’affaire Jean Zay : la République assassinée
de Gérard Boulanger (Calmann-Lévy, 2013)

Jean Zay ? Ce nom n’évoque souvent rien de précis, si ce n’est parfois un collège ou un lycée. C’est pourtant ce très jeune ministre radical de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire qui créa, entre autres, le Festival de Cannes, le musée de l’Homme ou le musée d’Art moderne ; qui organisa l’Exposition universelle de 1937, lança la Cinémathèque française, rénova la Bibliothèque nationale, fi t restaurer le château de Versailles et la cathédrale de Reims ; qui fonda le CNRS, instaura l’obligation scolaire jusqu’à 14 ans, l’éducation physique et la médecine préventive à l’école ; et qui inventa l’ENA, n’en déplaise à Michel Debré…

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L’impossible neutralité - Autobiographie d’un historien et militant
de Howard Zinn (2006. Réédition 2013, Agone)

« Je peux comprendre que ma vision de ce monde brutal et injuste puisse sembler absurdement euphorique. Mais pour moi, ce que l’on disqualifie comme tenant de l’idéalisme romantique ou du vœu pieux se justifie quand cela débouche sur des actes susceptibles de réaliser ces vœux, de donner vie à ces idéaux.  »

Souvenirs et solitude
de Jean Zay (Belin, 2011)

Jean Zay (1904-1944), jeune ministre de l’Éducation nationale et des Beaux arts du Front populaire, fut constamment attaqué par l’extrême droite comme républicain, juif, protestant, franc-maçon et désigné comme l’homme à abattre. En octobre 1940 il est condamné à la déportation par le tribunal de Clermont-Ferrand aux ordres de Vichy, emprisonné à Riom, jusqu’au jour où – le 20 juin 1944 – des miliciens le font sortir de prison pour aller le massacrer dans un bois.

Les écrivains contre la Commune
Un livre de Paul Lidsky (2010, éditions La Découverte)

Le 18 mars 1871, une révolution populaire éclate à Paris. La Commune sera matée deux mois plus tard, le 28 mai, après une semaine sanglante où 30 000 hommes, femmes et enfants seront massacrés à mitrailleuse. Ce livre n’est pas l’histoire de cet épisode sanglant mais celle de la haine, de l’effroi et de l’hystérie qu’il a provoqué chez les hommes de lettres. À l’exception de Vallès, Rimbaud, Verlaine puis Hugo, tous ont été violemment contre la Commune : Théophile Gautier, Lecomte de L’Isle, Edmond de Goncourt, Ernest Feydeau, Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola. Ces textes quasiment ignorés agissent comme un révélateur, un miroir sans indulgence, des aspects méconnus et glaçants de ces écrivains, patrimoines de la littérature française.

« La bonne guerre », Race, Hard times
Des livres de Studs Terkel (2006- 2009, éditons Amsterdam)

Louis « Studs » Terkel, (1912-2008) est un des plus grands journalistes de radio. Il doit sa notoriété à l’émission de radio The Studs Terkel Program, (WFMT Chicago) au cours de laquelle il interviewait des personnalités et aux recueils d’entretiens qui forment une histoire orale des Etats-Unis au XXe siècle. Ses livres les plus célèbres sont "La Bonne Guerre" - Histoires orales d la Seconde Guerre mondiale. Race : What Blacks and Whites Think and Feel About the American Obsession, une histoire orales d’une obsession américaine. Et Hard Times - Histoires orales de la Grande Dépression. Ces centaines d’entretiens, récits de souvenirs et de confessions, retranscris dans ses livres, nous font éprouver l’entrelacement des histoires individuelles, des transformations socio-historiques et des évènements politiques. Ils dessinent à maints égards le monde dans lequel nous vivons. C’est en cela, et pour bien d’autres raisons, que ces recueils sont essentiels.

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Les anti-Lumières - Du XVIIIe siècle à la guerre froide
de Zeev Sternhell (Fayard, 2006)

Une généalogie d’une autre modernité, d’une autre pensée, celle des « anti-Lumières ». Si « les maux contre lesquels ont combattu les Lumières sont de tous les temps  », l’analyse de leurs contre-penseurs « éclaire les enjeux de notre temps  ».

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Le scandale des arts premiers - La véritable histoire du musée du quai Branly
de Bernard Dupaigne (Fayard, 2006)

Directeur du laboratoire d’Ethnologie du musée de l’Homme, Bernard Dupaigne est en colère. De l’autre côté de la Seine, le Président Chirac a fait ouvrir un Musée qui a vidé le sien de ses collections, afin de mettre en valeur la « beauté » de ces pièces et d’aider la France à tourner la page de son passé colonial. Ecrit à l’acide, ce livre présente un autre point de vue sur ce musée...

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Histoire universelle de Marseille - De l’an mil à l’an deux mille
d’Alèssi Dell’Umbria (Agone, 2006)

Si l’on regarde le monde à partir de ce lieu déterminé qu’est la ville, en prenant la peine de lever le voile que l’idéologie nationale a tendu entre le local et l’universel, on arrive à identifier où et comment agissent les mécanismes de la domination.
À présent que la ville elle-même est en voie de désintégration, comment est-il possible de partir du local pour atteindre à l’universel ? Cette analyse des rapports contradictoires d’une ville avec l’État-nation puis avec la mondialisation veut contribuer à poser la question.

Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours
de Howard Zinn (Agone, 2002)

Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.

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Culture post-coloniale 1961-2006 - Traces et mémoires coloniales en France
de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel (Autrement, 2005)

Cinquante ans après le début de la guerre d’Algérie et la défaite indochinoise, la France redécouvre son passé colonial. Néanmoins, il lui reste à découvrir qu’elle est aussi une société post-coloniale, que la colonisation a "fait retour" en métropole et a marqué en profondeur de nombreux champs de la culture, de la politique et le débat sur les mutations contemporaines de la société française...

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La campagne des Halles. Les nouveaux malheurs de Paris
de Françoise Fromonot (La Fabrique éditions, 2005)

Le quartier populaire des Halles est devenu « un morceau de banlieue intra muros, un bras de la périphérie branché sur son centre  ». Ce livre montre comment, une nouvelle fois lors de la dernière « campagne des Halles  », « le vide de la politique et de la culture municipales dans le domaine de l’urbanisme a laissé le champ libre aux intérêts politico-financiers (...) et à un faux-débat terminé en queue-de-poisson. »

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Les tabous de l’Histoire
de Marc Ferro (Nil Editions, 2002)

«  Repérer les tabous nous permet de saisir le non-dit des sociétés à travers la manière dont on nous raconte leur histoire. Tabous d’origine chrétienne, monarchique, républicaine ou soviétique évitent de se poser les questions qui troublent.  »

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La Commune : Histoire et souvenirs
de Louise Michel, (1898. Réédition La Découverte/poche, 2015)

Un grand classique de la littérature politique de la « Vierge rouge » (1830-1905) « Ecrire ce livre c’est revivre les jours terribles où la liberté nous frôlant de son aile s’envola de l’abattoir ; c’est rouvrir la fosse sanglante où, sous le dôme tragique de l’incendie, s’endormit la Commune, belle pour ses noces avec la mort, les noces rouges du martyre (...) Dans cette grandeur terrible, pour son courage à l’heure suprême lui seront pardonnés les scrupules, les hésitations de son honnêteté profonde. »


Biographie

André Gorz, une vie
Un livre de Willy Gianinazzi (2016, éditions La découverte)

Il était urgent de retracer la vie et la pensée d’André Gorz, rédacteur aux Temps modernes, journaliste à l’Express et fondateur du Nouvel Observateur, penseur existentialiste, anticapitaliste, artisan de l’écologie politique et de la décroissance. Willy Gianinazzi s‘est attelé avec bonheur et pertinence au portrait de cet humaniste qui croyait qu’un autre monde était possible. Cette première biographie à la croisée de la littérature, de la philosophie et du journalisme est aussi l’occasion revisiter un demi-siècle de vie intellectuelle et politique. Un hymne à la liberté.

Les clés retrouvées : une enfance juive à Constantine
un livre de Benjamin Stora (ed Stock, 2015)

La guerre est un bruit de fond qui s’amplifie soudain. Quand, en août 1955, des soldats installent une mitrailleuse dans la chambre du petit Stora pour tirer sur des Algériens qui s’enfuient en contrebas, il a quatre ans et demi et ne comprend pas. Quelques années plus tard, quand ses parents parlent à voix basse, il entend les craintes et l’idée du départ. Mais ses souvenirs sont aussi joyeux, visuels, colorés, sensuels.

François Maspero : les paysages humains
ouvrage collectif dirigé par Bruno Guichard, Alain Léger et Julien Hage (ed À plus d’un titre et La Fosse aux ours, 2009)

Pour beaucoup, les éditions François Maspero furent une véritable boîte à outils, une université pour tous, une porte ouverte sur le monde. Pendant plus de vingt ans, la librairie et la maison d’édition ont été au carrefour des interrogations, des espérances et des combats pour la construction d’un autre monde.

Jean Zay, l’inconnu de la République
d’Olivier Loubes (Armand Colin, 2013)

Aujourd’hui, alors que la référence aux « valeurs républicaines » est fréquente, mais ne dépasse souvent pas le stade de l’invocation, Jean Zay permet de répondre, historiquement, à la question dont dépend notre avenir : « Que signifie vivre en République ? Rien, sans engagement républicain. »

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Mémoires d’un vieux con
Roland Topor (1975. Réédition ed Wombat, 2011)

"On connaît aujourd’hui le processus de récupération d’ingestion, de déglutition, d’élimination, de réduction de toute œuvre subversive à la dimension d’un bibelot décoratif qui ne représente plus rien d’autre qu’un « objet de valeur » au sens strictement spéculatif. Mais Topor fait de la résistance, la benne à ordure de la Grande Récup n’est pas encore passée, il est encore temps de relire « La Cuisine cannibale » ou « Four roses for Lucienne » et aussi « Les mémoires d’un vieux con » et tout le reste de celui qui s’étonnait qu’un gramme de merde qui tombe dans un kilo de caviar, gâche tout, alors qu’en revanche, un gramme de caviar tombant dans un kilo de merde n’arrange rien".

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Les tribulations d’un idéologue
de Victor Leduc (Galaade Editions, 2006)

" Né communiste ", fils d’un ouvrier bolchevik qui doit quitter la Russie après la Révolution de 1905 et s’engage en 1914 dans l’armée française, Victor Leduc connaît dès les années 1930, au Quartier latin, ses premiers démêlés avec les ligues d’extrême droite… et la police. Résistant aux côtés de Jean-Pierre Vernant, Jeanne Modigliani ou Lucie Aubrac, il devient à la Libération directeur d’Action, hebdomadaire à la fois communiste et indépendant qui meurt au premier gel de la guerre froide. Permanent au Comité central, responsable des cercles d’intellectuels communistes, Victor Leduc nous fait pénétrer au coeur du laboratoire idéologique du PCF. De l’intérieur d’abord, puis en dehors du Parti, il poursuit le même combat pour la démocratie.

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L’ombre de Christian Ranucci - L’affaire du pull-over rouge 1974-2006
de Gilles Perault (Fayard, 2006)

Le jeune Christian Ranucci, guillotiné à l’âge de 22 ans, était-il innocent ? Ce livre apporte de nouvelles pierres à l’enquête, y compris, la possibilité de « l’intervention d’un présumé tueur en série  ».

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Georges Guingouin - Les écrits et les actes
de Marcel Parent (2006, Les éditions de la Veytizou - Le Temps des Cerises)

Marcel Parent analyse la pensée de Georges GUINGOUIN à travers son action et les articles de presse que le Premier Maquisard de France a laissés. C’est un homme debout qui a fait front à des attaques insoupçonnées des hommes de son Parti ou de la S.F.I.O. pour l’abattre. Seulement voilà, il a réussi à entrer vivant dans l’Histoire et ses détracteurs seront condamnés au désespoir et à l’oubli.

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La Kahina
de Gisèle Halimi (Plon, 2006)

Kahina, «  pasionara berbère tint en échec, pendant cinq années, les troupes de l’Arabe Hussein  ». C’est son nom qui donne le titre au volume qui clôt le cycle autobiographique de Gisèle Halimi, initié avec La Cause des femmes.

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Les abeilles et la guêpe
un livre de François Maspero (2002, Le Seuil)

Editeur et libraire (La joie de lire), Maspero a engendré et nourri l’espoir et les plus beaux combats de toute une génération, de la décolonisation à l’Amérique latine, du Vietnam aux bidonvilles de Nanterre. Avec ce livre, on découvre sa propre histoire et donc les raisons de ses révoltes et de ses luttes, même s’il nous fait croire que sa démarche n’est rien de plus que celle de don Pedro d’Alfaroubeira avec ses quatre dromadaires qui courut le monde et l’admira, comme l’affirmait Guillaume Apollinaire.

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Victor Serge. Mémoires d’un révolutionnaire. 1908-1947
de Victor Serge. Textes choisis par Jil Silberstein, présentés, annotés et indexés par Jean Rière (Robert Laffont, 2001)

Anarchiste né à Bruxelles en 1890, il rejoint la Révolution russe en 1919, avocat du bolchévisme et des acquis d’Octobre 17, il ne tarde pas à dénoncer Staline. Il passe du côté de Trotsky. Déporté dans l’Oural, il s’enfuit et devient la cible du Komintern ce qui ne l’empêche pas de dénoncer purges et procès, ainsi que les attaques de l’URSS contre les partisans du POUM qui se battent en Espagne. En 1937, il rompt avec Trotsky et finira au Mexique, indigent, esseulé, poursuivant sa trajectoire, celle d’ «  un écrivain majeur qui sut dire non en écoutant sa seule conscience d’homme.  »


Société

Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez !
Un livre de Jacques Lecomte (2017, éditions Les Arènes)

Arrêtez de tout voir en noir, de croire que tout est foutu. Lisez ce livre qui vous mettra du baume au coeur. Jacques Lecomte, président d’honneur de l’association française de psychologie positive, prof des sciences de l’éducation et de sciences sociales, publie des statistiques, des rapports internationaux pour dessiner un bilan sans appel : tout va bien mieux ! La démocratie est majoritaire dans le monde, la mortalité maternelle et infantile est divisée par deux, la variole est éradiquée, la couche d’ozone est reconstituée, le nombre d’homicides a baissé de 65 % en vingt ans. Pour un monde meilleur, une seule solution : l’optiréalisme.

Le tour de France de la corruption
Un livre de Jacques Duplessy et Guillaume de Morant (2016, éditions Grasset)

Pas de people, pas de stars, pas de noms connus du bottin mondain de grands de la corruption, mais des petits, des inconnus. Un élu qui en croque, un chef d’entreprise qui arrose, l’agent public qui favorise ses amis, un huissier de justice fraudeur,… C’est à cette France des passe-droits, à la corruption quotidienne, celle qu’on subit mais qu’on ne voit, que racontent ces deux journalistes. Ils ont parcourus les routes de l’hexagone, se sont arrêtés dans des grandes villes ou de petits villages, ont écouté des prévenus, des lanceurs d’alerte, des juges, des avocats et des policiers pour dessiner le visage de la corruption ordinaire.

Le djihad et la mort
Un livre d’Olivier Roy (2016, éditions du Seuil)

De Khaled Kelkal en 1995 à l’attentat de Nice en 2016 , Olivier Roy analyse la mort placée au coeur du projet du terroriste et /ou du djihadiste. « Elle n’est pas une possibilité ou une conséquence malheureuse de son action, elle est la finalité par excellence de son engagement », ajoute le directeur de recherche au CNRS qui se demande si le vrai danger, au-delà des dégâts infligés, n’était pas l’effet de terreur. Cette peur, c’est la peur de l’Islam. C’est surtout celle de l’implosion de nos propres sociétés, cette peur c’est la notre.

Principes d’une pensée critique
Un livre de Didier Eribon (2016, éditions Fayard)

Entre 2003 et 2015, Didier Éribon, philosophe et sociologue, prof à l’université d’Amiens, a prononcé plusieurs conférences en France et à l’étranger (Argentine, États-Unis). Ce recueil regroupe six essais qu’il a remanié et largement développés pour leur donner une cohérence : dégager les principes théoriques d’une pensée critique. Trois parties – Théorie du sujet ; Critique et politique ; Normes et droits – qui labourent le champ de son questionnement : la logique de domination, le sujet, les luttes, les identités et les structures sociales, les mouvements de lutte, l’assujettissement, les injures, la voix absente, les œuvres littéraires. Le tout sous-tendu par le déterminisme et l’immanence qui, seuls, permettent à une pensée de se dire critique donc politique.

Féminismes islamiques
Un livre de Zahra Ali (2015, éditions La fabrique)

Féminismes islamiques. Ce titre sonne comme un oxymore, habitués que nous sommes au stéréotype associant l’islam à l’oppression de la femme. Zahra Ali, doctorante à l’EHESS, engagée depuis de nombreuses années au sein d’associations féministes, antiracistes et musulmanes, témoigne du contraire. Elle raconte la lutte de croyantes, chercheuses et militantes engagées dans une démarche féministe à l’intérieur du monde religieux. De l’Égypte à l’Iran, du Maroc à la Syrie, en France et aux Etats-Unis, ce sont ces voix qu’elle nous fait entendre, celles de celles qui luttent pour l’égalité retournent les textes sacrés contre le patriarcat, s’élèvent contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent le droit des femmes.

La médiocratie
un livre d’Alain Deneault ( Lux éditeur, 2015)

Ils ne sont ni fiers, ni spirituels, ni même mal à l’aise. Ils contiennent leurs passions, ils n’ont aucune bonne idée, ils pensent mou et le revendiquent. Qui sont-ils ces zombis dont le nombre ne cesse de grandir et qui ont pris le pouvoir ? Les médiocres. Le philosophe canadien Alain Deneault leur consacre une étude où il s’attaque à cette « révolution anesthésiante » où « le moyen » est devenu la norme, le « médiocre » est un modèle.

Roms & riverains : une politique municipale de la race
d’Éric Fassin, Caroline Fouteau, Serge Guichard et Aurélie Windels (La Fabrique, 2014)

Ce livre montre comment l’État français, empêché par ses propres lois de traiter les Roms, citoyens européens, comme il traite les sans papiers tunisiens ou maliens, délègue aux municipalités la tâche de démolir les camps et de chasser leurs habitants. Il montre comment, pour ce faire, maires et adjoints s’appuient sur un réel ou supposé « ras-le-bol » des riverains. Il montre aussi, circulant comme des fantômes, les enfants roms, par terre avec leur mère sur un carton rue du Temple ou cheminant dans la nuit sur le bord de la nationale pour gagner l’école d’une commune éloignée qui accepte de les recevoir.

Xénophobie business : À quoi servent les contrôles migratoires ?
un livre de Claire Rodier, juriste, membre du Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s (GISTI) et du réseau Migreurop (La Découverte, 2012)

La surveillance des frontières s’est muée ces dernières années en un business hautement profitable. Jamais, en effet, les politiques sécuritaires n’ont aussi fructueusement dopé le marché. Du Sénégal à la frontière mexicaine, de Kiev à Paris ou Tel-Aviv, les rouages invisibles de cette nouvelle ruée vers l’or sont, pour la première fois, mis en lumière et analysés dans ce livre détonnant.

Raison & liberté
Un livre de Noam Chomsky (2010, éditions Agone)

Sur la nature humaine, l’éducation et le rôle des intellectuels. Le sous-titre de cet ouvrage réunissant onze textes pour la plupart inédits en France, illustre à lui seul la pensée que construit depuis de longues années Noam Chomsky, philosophe et linguiste. La préface signée par Jacques Bouveresse introduit les objets de pensée de Chomsky – la critique du néo-libéralisme et de la globalisation, le pouvoir, le changement social, la rationalité, le postmodernisme, la justice et bien évidement le langage…-. Cette introduction est aussi la défense - au sens de l’analyse des ressorts de l’accusation – qui font que ce penseur le plus influent aujourd’hui, héritier radical des Lumières est diffamé, méprisé et objet d’attaques extrêmement violentes.

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L’émeute de novembre 2005 - Une révolte protopolitique
de Gérard Mauger (Editions du croquant, 2006)

Novembre 2005 : parallèlement à l’émeute où s’affrontent « jeunes des cités » et policiers, se déroule une « émeute de papier » où se confrontent représentations hostiles ou favorables aux émeutiers : reportages et éditoriaux des journalistes, déclarations des hommes politiques, interprétations contradictoires des intellectuels.
Ce livre confronte les interprétations proposées aux faits établis.

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Le football, une peste émotionnelle
de Jean-Marie Brohm et Marc Perelman (Gallimard, 2006)

Le football-spectacle n’est pas simplement un « jeu collectif », mais une politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social qui permet la résorption de l’individu dans la masse anonyme, c’est-à-dire le conformisme des automates.

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Le Petit Alter - Dictionnaire altermondialiste
de Attac (Mille et une nuits, 2006)

En forme de dictionnaire, cet ouvrage propose de revenir sur les mots : entre autres, « exploitation  », « libéralisme », « capitalisme », mais « politique  », « citoyenneté  » et « droits ».
Certains des articles sont purement informatifs. Les autres, plus nombreux, proposent des analyses et des interprétations. Des analyses qui cherchent autant que possible à présenter différentes approches d’une question.

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La France invisible
de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux, Jade Lindgaard (sous la direction de) (La Découverte, 2006)

Des journalistes et des chercheurs proposent un dictionnaire « des idées non reçues », enquêtes, témoignages et analyses à l’appui. L’objectif ? « reformuler (...) des sentiments (...) en discours et actions politiques.  »

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La machine à exclure - Les faux-semblants du retour à l’emploi
de Noëlle Burgi (La Découverte, 2006)

Après une enquête menée dans une région d’Ile-de-France, Noëlle Burgi retrace l’évolution de la mesure temporaire que devait être le RMI lors de sa création, jusqu’à sa forme actuelle, où il est devenu une « faveur » accordée à des individus jugés responsables de leur situation.

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Grandes fortunes - Dynasties familiales et formes de richesse en France
de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Petite bibliothèque Payot, 2006)

Qui dit grandes fortunes ne dit pas seulement argent. Lorsqu’elles sont anciennes, les fortunes économiques et financières sont aussi synonimes de culture et de sociabilité ; elles se trouvent au coeur des réseaux très denses, familiaux et extra-familiaux, aux ramifications internationales et aux échanges intenses, si bien qu’elles sont, en quelque sorte, mises en commun.

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Quartier Nord
de François Ruffin (Fayard , 2006)

A partir d’une enquête sur un accident du travail, dans lequel est mort l’employé d’un chantier d’insertion, noyé sous les gravats, François Ruffin décrit le fonctionnement du chantier, les responsabilités - non assumées - de la municipalité, etc. Il n’en reste pas là. A travers cette enquête à la recherche de témoignages, l’auteur nous embarque à la rencontre de Zoubir, Monsieur Rabi, Rodrigue et autres.

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La privatisation de la violence - Mercenaires & sociétés militaires privées au service du marché
de Xavier Renou (Agone, 2006)

« La marchandisation s’étend désormais au domaine de la « violence légitime », un secteur en plein essor qui représentait déjà un bénéfice annuel de plus de 100 milliards de dollars. »

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Quand Al-Quaïda parle - Témoignages derrière les barreaux
de Farhad Khosrokhavar (Grasset, 2006)

« Pour la première fois, des membres d’Al-Quaïda se révèlent dans leur vérité et leurs combats. A partir d’entretiens librement consentis dans les prisons françaises, Farhad Khosrokhavar dresse le portrait de ces nouveaux « fous d’Allah ».  »

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Le monde moderne et la question juive
de Egdar Morin (Le Seuil, 2006)

« La condition juive dans l’histoire moderne exige d’être traitée dans toute sa complexité, donc sa difficulté. Je me suis attelé à cette tâche, autant pour concevoir les temps modernes dont on ne peut abstraire le ferment juif, que pour concevoir.  » (Edgar Morin)

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Le mal-être arabe - enfants de la colonisation
de Dominique Vidal et Karim Bourtel (Agone, 2005)

« Deux décennies après la « marche des Beurs », où en est le mouvement des jeunes issus de l’immigration ? L’action commune entre musulmans et non-musulmans contre l’exclusion augure-t-elle d’un renouveau de leur action et de leur alliance avec les forces altermondialistes ? »

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Fragments mécréants - Mythes identitaires et république imaginaire
de Daniel Bensaïd (Editions Lignes et manifestes, 2005)

« Le lien social s’effiloche sous l’effet du chômage et de la précarité. Les solidarités sont lacérées par les discriminations et les ségrégations. Les repères politiques se brouillent et défaillent. Il en résulte une fuite désordonnée en arrière, vers les refuges identitaires mythiques, ou vers la réassurance républicaine imaginaire. » Réflexions pour un nouvel internationalisme...

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Faire mouvement
de Eric Hazan. Entretiens avec Mathieu Potte-Bonneville, (Les Prairies ordinaires), 2005

« ... ou comment faire surgir du dissensus dans les plaines de la domination  ».
Professionnels du consensus généralisé, philosophes télévisuels, prêcheurs de la paix des tombeaux, adeptes de la version policière du politique : telles sont quelques-unes des cibles d’Eric Hazan dans Faire mouvement.

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Humanisme et démocratie
d’Edward W. Said. Traduit de l’anglais (américain) par Christian Calliyannis (Fayard, 2005)

Dernier ouvrage achevé par Edward Said de son vivant. « La force du point de vue adopté par l’auteur vient de ce qu’il est solidement ancré dans le présent, qu’il se déploie exclusivement à partir de faits historiques et d’évènements marquant notre monde d’aujourd’hui (...)  ».

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Pierre Bourdieu. Interventions 1961-2001
de Pierre Bourdieu. Textes choisis et présentés par Franck Poupeau et Thierry Discepolo (Agone, 2002)

Pour « refuser la soumission profondément politique qu’implique l’acceptation inconsciente des lieux communs, au sens d’Aristote : des notions ou des thèses avec lesquelles on argumente, mais sur lesquelles on n’argumente pas.


Économie et finance

L’avenir du capitalisme
Un livre de Bernard Maris (2016, éditions Les Liens qui libèrent)

Bernard Maris, alias « Oncle Bernard » dans Charlie-Hebdo, fait partie des huit victimes assassinés le 7 janvier 2015 par les frères Kouachi. Plus d’un an après la mort de cet économiste épicurien, son ami le philosophe Dominique Lecourt publie, en forme d’hommage, la conférence qu’il avait prononcée à l’Institut Diderot en 2010. Bernard Maris y analysait les fondements et l’esprit du capitalisme et posait cette question : sommes-nous irrémédiablement condamnés à l’homœconomicus ou bien capables d’autres formes de vie ?

Nouvelles mythologies économiques
Un livre d’Eloi Laurent (2016, éditions Les Liens qui Libèrent)

« Loi travail », impératifs de « flexibilité » et de « compétitivité », « règles européennes aux quelles il faut se conformer », « adaptation de notre modèle social », « transition énergétique ruineuse ». Dans ce petit livre, Eloi Laurent, économiste critique, enseignant à Sciences-Po et à Stanford démolit une quinzaine de mythologies économiques que le pouvoir donne pour des vérités scientifiques mais qui ne sont en fait que les préjugés idéologiques.

Impérium
Un livre de Frédéric Lordon (2015, éditions La fabrique)

Impérium. En titrant ainsi son ouvrage de réflexions politiques, Frédéric Lordon reprend le concept développé par Spinoza pour qui l’imperium est « ce droit qui définit la puissance de la multitude ». L’occasion pour le philosophe, directeur de recherche au CNRS et initiateur de Nuit Debout, en dépliant méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé, de questionner l’avenir des idéaux comme l’internationalisme, le dépérissement de l’État, l’horizontalité radicale. D’où la nécessité de ne pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais de faire obstinément du chemin.

On achève bien les Grecs, chronique de l’euro 2015
Un livre de Frédéric Lordon (2015, éditions Les Liens qui Libèrent)

En janvier 2015, Syriza arrive au pouvoir et, le 13 juillet, signe sa fin en acceptant un accord sur la dette l’Eurogroupe. Sept mois qu’il fallait raconter - « marquer le coup » comme l’écrit Frédéric Lordon qui a tenu la chronique de l’« effet Syriza ». Analyse de son échec, description lucide et sans masque de la brutalité de l’Eurozone pratiquant chantage ouvert et humiliation sans pitié. Parce qu’il s’agissait de faire « un exemple pour montrer à tous ce qu’il adviendra à tout gouvernement authentiquement de gauche en Europe » écrit le philosophe-économiste,. Douloureux et instructif.

Tentative d’évasion (fiscale)
de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Zones, 2015)

Les deux sociologues, spécialistes de la grande bourgeoisie et des riches, se font enquêteurs de choc. Inspirés par Jérôme Cahuzac et Liliane Bettencourt, ils ont décidé, à leur tour, de planquer leur (maigre) magot. Un jeu de rôle édifiant qui va mener ces vrais-faux espions au cœur du système de l’évasion fiscale. Ils racontent en détail ce petit monde doré du pognon où spéculation financière, opacité cupidité et cynisme ne servent qu’à mobiliser les plus riches à accumuler toujours plus d’argent.

Le livre noir des banques
par Basta ! et Attac (ed Les Liens Qui Libèrent, 2015)

Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008, pris au piège de ses propres folies spéculatives. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ».
Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire !

Le business des faillites : enquête sur ceux qui prospèrent sur les ruines de l’économie française
de Cyprien Boganda (La Découverte, 2015)

Depuis dix ans, la multiplication des plans sociaux a engendré une véritable industrie de la faillite. Dressant un portrait édifiant des acteurs de ce secteur en croissance et revenant sur les affaires qui ont défrayé la chronique ces dernières années (Danone, Doux, Heuliez, PSA, Samsonite, Florange, etc.), l’enquête de Cyprien Boganda révèle les dessous de cette machine qui prospère sur les ruines de l’économie française.

Les Usurpateurs : comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir
de Suzan George (ed Le Seuil, 2014)

Lobbyistes au service d’une entreprise ou d’un secteur industriel, PDG de transnationales dont le chiffre d’affaires est supérieur au PIB de plusieurs des pays dans lesquels elles sont implantées, instances quasi-étatiques dont les réseaux tentaculaires se déploient bien au-delà des frontières nationales : toute une cohorte d’individus ---qui n’ont pas été élus, ne rendent de comptes à personne et ont pour seul objectif d’amasser des bénéfices— est en train de prendre le pouvoir et d’orienter en leur faveur des décisions politiques majeures, qu’il s’agisse de santé publique, d’agroalimentaire, d’impôts, de finance ou de commerce.

Bancocratie
de Éric Toussaint (ed Aden, 2014)

Ce livre permet de comprendre comment est survenue la crise, l’impact de la dérèglementation bancaire, la logique poursuivie par les banques privées, les manipulations et crimes auxquels elles se livrent régulièrement, les soutiens divers qu’elles reçoivent des gouvernants et des banques centrales. Écrit de manière simple, ce livre est un outil pour comprendre une dimension essentielle de la crise en cours.

La malfaçon : monnaie européenne et souveraineté démocratique
de Frédéric Lordon (Les Liens Qui Libèrent, 2014)

L’européisme est devenu le pire ennemi de l’Europe. Ne voulant plus que « l’Europe » intransitivement, c’est-à-dire sans le moindre égard pour ses contenus concrets, prêt s’il le faut à martyriser des peuples entiers, en Grèce, au Portugal ou en Espagne, il est devenu une obstination aveugle auquel il est temps de mettre un coup d’arrêt.

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Le Grand Marché Transatlantique : la menace sur les peuples d’Europe
un livre de Raoul-Marc JENNAR (ed Cap Bear, 2014)

Le 14 juin 2013, les gouvernements de l’Union européenne, ont demandé à la Commission européenne de négocier avec les États-Unis la création d’un grand marché transatlantique. Confier aux firmes privées la possibilité de décider des normes sociales, sanitaires, alimentaires, environnementales, culturelles et techniques, c’est désormais l’objectif des firmes transnationales et des gouvernements d’Europe et des USA dont ils sont l’instrument politique. C’est ce que révèle ce livre qui décrypte les 46 articles du mandat de négociation confié par les 28 gouvernements de l’UE à la Commission européenne.

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Elf la pompe Afrique
une pièce de Nicolas Lambert (ed L’échappée, 2014)

Elf, la pompe Afrique est à l’origine une pièce de théâtre extrêmement documentée sur l’affaire Elf, écrite à partir des vraies paroles des principaux protagonistes de ce scandale politico-financier qui a éclaté au milieu des années 1990 et auquel sont mêlés dirigeants du géant pétrolier, politiciens de premier rang et hommes d’affaires véreux.

600 milliards qui manquent à la France
d’Antoine Peillon (Le Seuil, 2012)
600 milliards d’euros : c’est la somme astronomique qui se cache depuis des décennies dans les paradis fiscaux, soit près de 10% du patrimoine des Français. Comment cette évasion fiscale massive a-t-elle été rendue possible ? Et pourquoi l’évasion de ce patrimoine fait-elle l’objet d’une telle omerta judiciaire, alors que les institutions de contrôle, la police, la justice, la douane, les services de renseignements, etc. en possèdent l’essentiel des preuves ? Exploitant une somme impressionnante de données ultraconfidentielles, l’auteur met pour la première fois au jour l’étendue, les circuits, les mécanismes secrets de cette gigantesque fraude fiscale.

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Le pari de la décroissance
de Serge Latouche (Fayard, 2006)

Provocation ou nécessaire évidence ? La décroisse est avant tout un moyen d’échapper au « totalitarisme économiciste, développmentiste et progressiste » afin de repenser le monde. Serge Latouche nous invite à en faire le pari...

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Le rapport Lugano - Jusqu’où ira le capitalisme ?
de Susan George, traduit de l’anglais (américain) par William Olivier Desmond (Editions de l’Aube, 2006)

Un rapport, rédigé sur la base d’une discussion imaginaire entre maîtres du monde. Des maîtres du monde inquiets... Ils ont raison de l’être : c’est ce que confirme le rapport !
Ce vrai-faux Rapport parvient à démonter les mécanismes pervers du capitalisme ultra-libéral et l’horreur écologique, sociale et économique qu’il engendre.


Travail

Changer d’avenir, réinventer le travail et le modèle économique
Un livre des Economistes Atterrés (2017, éditions Les Liens qui Libèrent)

Repenser l’idée même de la croissance, de l’ubérisation de la société, du délitement de la protection sociale, de la profondeur de la crise… Ce collectif d’économistes et de citoyens donnent les clefs pour comprendre le caractère systémique de la crise et propose d’entrer dans un nouveau monde. Les Economistes Atterrés qui s’inscrivent résolument dans la transition écologique, proposent d’autres organisations du travail pour renforcer la solidarité et combattre le précariat. Des idées, des idées et encore des idées pour nous sauver de l’orthodoxie néolibérale. Et donner de solides arguments pour batailler contre.

Comment résister aux lois Macron & Cie ?
Un livre de Richard Abauzit et de Gérard Filoche (éditions Le vent se lève,2016)

Ce livre analyse les suites de l’ANI du 11 janvier 2013, des lois Sapin, Macron et Rebsamen, le projet de loi El Khomri, les rapports Combrexelle, Mettling, Badinter. Il est un antidote contre la propagande de ceux qui veulent réduire le « coût du travail » et œuvrent non pas pour réduire le chômage mais pour accroître les dividendes.

Vive l’entreprise ? Le code du travail en danger
un livre de Gérard Filoche (Hugo et cie, 2015)

Dans ce livre Gérard Filoche démonte tout d’abord les préjugés que l’on entend à tout-va sur le Code du travail (il est trop gros, il empêche d’embaucher, freine la compétitivité, etc.) pour ensuite explorer la vie au travail en France au début du xxIe siècle et, à travers 200 anecdotes illustrées, exemple après exemple, thème après thème, l’effectivité du droit du travail et sa déconstruction en cours. Il s’appuie pour cela sur son expérience syndicale et celle de son métier d’inspecteur du travail….

Les inaudibles : sociologie politique des précaires
un ouvrage codirigé par Nonna Mayer et Céline Braconnier (ed Presses de sciences Po, 2015)

Ce livre va au-devant d’une population oubliée et hétérogène, celle des « précaires » : travailleurs pauvres, chômeurs en fin de droits, mères seules avec enfants, bénéficiaires des minima sociaux ou personnes en hébergement d’urgence. Il s’appuie sur une enquête réalisée lors de l’élection présidentielle de 2012, qui cherchait à comprendre et à mesurer l’impact de la précarité sur les rapports des individus à la politique, et sur des entretiens effectués dans des centres d’accueil de jour et lieux de distribution alimentaire à Paris, Grenoble et Bordeaux.

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« La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » Faut-il brûler le code du travail ?
de Gérard Filoche (Gawsewitch Editeur, 2006)

Devant cette réflexion pleine de bon sens de Laurence Parisot (dans le Figaro du 30 aout 2005), Gérard Filoche, inspecteur du travail de renom, s’interroge...

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Que les gros salaires baissent la tête !
de Jean-Luc Porquet (2005, Editions Michalon)

Les actionnaires veulent 15% de profit par an... c’est comme ça. Le problème, c’est que « c’est impossible à tenir à long terme, dans une société dont le taux de croissance est de 2% à 3%  ». La solution, pour les « pédégés  » ? «  Licencier, pressurer, délocaliser. » Pour eux, par contre, les recettes sont différentes...


Santé

La Vérité sur vos médicaments
de André Grimaldi, Jean-François Bergmann, François Chast, Claire Le Jeunne, Claire Hédon (Odile Jacob, 2015)

Les malades et leur entourage ne savent plus à quel saint se vouer. Qui croire ? Faut-il se méfier des médicaments ? Peut-on faire confiance à son médecin ? à son pharmacien ? Les responsables publics contrôlent-ils réellement l’industrie pharmaceutique ? Les experts sont-ils tous « achetés » ou « vendus » ? Consommons-nous trop de médicaments ? Comment s’y retrouver ?
Résultat de l’expérience croisée de 32 spécialistes et de l’analyse d’essais cliniques d’envergure mondiale, ce livre apporte des réponses scientifiquement validées.

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Faire des enfants demain
un livre de Jacques Testart (2014, aux éditions du Seuil)

Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3% des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ?
Devrons-nous aller jusqu’à compter sur la décroissance économique pour, mieux que les lois de bioéthique, imposer des limites à la démesure technoscientifique ?

L’hôpital en sursis : idées reçues sur le système hospitalier
de Frédéric Pierru et Bernard Granger (Le Cavalier Bleu, 2012)

L’hôpital public est en crise... Regard croisé d’un praticien hospitalier et d’un sociologue spécialiste des systèmes de santé, cet ouvrage nous offre une analyse précise et complète, détaillant tant les aspects historiques, économiques que les comparaisons avec les autres pays, sans oublier la dimension humaine de la vie quotidienne de l’hôpital.


Environnement

Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture
essai de Fabrice Nicolino (Les Échappés, 2015)

Fabrice Nicolino dresse un état des lieux de l’agriculture, soumise depuis un siècle à une folle industrialisation, au recours incontrôlé à la chimie et à des politiques productivistes désastreuses. Un livre incontournable pour retrouver la raison et imaginer une agriculture qui remette l’humain au centre de ses préoccupations.

La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique
un livre de Razmig KEUCHEYAN sociologue, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne (La Découverte, 2014)

Face à la catastrophe écologique annoncée, les bonnes âmes appellent l’humanité à « dépasser ses divisions » pour s’unir dans un « pacte écologique ». Cet essai s’attaque à cette idée reçue. Il n’y aura pas de consensus environnemental. Loin d’effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. Si vous voulez savoir où un stock de déchets donné a le plus de chances d’être enfoui aux États-Unis, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et autres minorités raciales. Interrogez-vous par la même occasion sur le lieu où se trouvent les quartiers pauvres… Ce « racisme environnemental » qui joue à l’échelle d’un pays vaut aussi à celle du monde…

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L’eau des multinationales - Les vérités inavouables
de Roger Lenglet et Jean-Luc Touly (Fayard, 2006)

Témoignages à l’appui, ce livre montre comment, grâce à la connivence avec des hommes politiques et des syndicalistes, à des comptes opaques, à des financements discrets, à des sociétés aux apparences trompeuses, les grandes compagnies de l’eau s’emparent de marchés et les conservent dans des conditions économiques douteuses. L’enquête évoque au passage les dessous d’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années : le transfert sur des comptes irlandais de milliards d’euros initialement destinés à la réfection des réseaux de distribution.

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La fabuleuse odyssée des plantes
de Lucile Allorge avec Olivier Ikor (Hachette littératures, 2003)

« Ce livre est le récit de la constitution de l’herbier national du Jardin des Plantes, qui rassemble aujourd’hui plus de 9 millions d’échantillons botaniques récoltés aux quatre coins de la planète. »

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L’empire de l’Eau
d’Yvan Stefanovitch (Ramsay, 2005)

Gouttes d’eau, gouttes d’or ? Lorsque vous payez votre facture, serait-il possible que vous contribuiez ainsi à alimenter les fonds des grands partis politiques français ? Tel est le fruit du mariage, depuis un siècle et demi, entre des élus et trois groupes privés : Bouygues, Vivendi (rebaptisé Veolia) et Suez-Lyonnaise des eaux.


Politique

Les bonnes raisons de voter Mélenchon
Un livre de Jacques Généreux (2017, éditions Les Liens qui Libèrent)

Economiste, professeur à Sciences-po, co-fondateur du parti de gauche en 2008, Jacques Généreux va droit au but : son livre, explique t-il, n’est pas une explication scolaire ou militante du programme de Jean-Luc Mélenchon. C’est un appel à l’intelligence de chacun face à une crise protoïforme, économique, écologique, politique et morale. Pédagogue, il a pour ambition, non pas de faire l’éloge d’un ami, mais d’éclairer les citoyens parce que « même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave » proclamait Condorcet dont la phrase est mise en exergue. « Soyez sérieux cette fois-ci : arrêtez de voter n’importe comment ! » écrit Jacques Généreux. Pour la présidentielle, tout est dit.

L’illusion du consensus
Un livre de Chantal Mouffe ( 2016, éditions Albin Michel)

Pour la philosophe belge et professeur de théorie politique à l’université de Westminster à Londres, il est temps - et nécessaire - de combattre le consensus, plus précisément l’illusion qu’il puisse être une solution. Parce que pour Chantal Mouffe, la politique contient par essence des antagonismes. Les nier, « concevoir le but d’une politique démocratique en termes de consensus et de réconciliation n’est pas seulement erroné conceptuellement mais dangereux politiquement » écrit-elle dans sa préface. Quand, en effet, les luttes politiques perdent de leur signification, ce n’est pas la paix sociale qui s’impose, mais surgissent des antagonismes capables de saper les fondements mêmes de nos sociétés démocratiques. Pour les sauver et permettre de relever les défis auxquels la politique démocratique est aujourd’hui confrontée, il faut, bien au contraire, accepter l’impossibilité d’éradiquer la dimension conflictuelle de la vie sociale.

Ils ont tué la gauche
Un livre de Pierre Jacquemain (2016, éditions Fayard)

En commençant son livre par un chapitre « Chronique d’une mort annoncée », Pierre
Jacquemain, rédacteur en chef adjoint de la revue Regards et ancien conseiller stratégie de Myriam El Khomri pendant cinq mois (de septembre 2015 à février 2016) ouvre les hostilités. Tout est dit ou presque. Comment ils ont tué les idées, ils ont tué le travail, ils ont tué la pensée, ils ont tué la politique. En somme, ils ont renoncé à faire ce que pourquoi ils ont été élus : mener une politique de gauche. Peut-être parce qu’ils devenus de droite.

Murmures à la jeunesse
Un livre de Christiane Taubira (2016, éditions Philippe Rey)

« Je ne suis sûr de rien sauf de ne jamais trouver la paix si je m’avisais de bâillonner ma conscience » écrit l’ancienne Garde des Sceaux de François Hollande. Dans ce petit livre, elle signe des pages incandescentes sur la nécessité de résister, d’affronter l’injustice et la bêtise dangereuse. Ainsi la déchéance de nationalité, mesure à laquelle elle s’est opposée et l’a fait démissionner du gouvernement. Elle revient également sur les attentats de 2015, ces jeunes qu’on embrigade pour les transformer en tueurs. Jeunesse, justement, à qui elle s’adresse pour lui redonner l’espoir, l’envie de penser et d’agir.

Notre mal vient de plus loin : penser les tueries du 13 novembre
un livre d’Alain BADIOU (2016, éditions Fayard)

Dans ce court essai, Alain Badiou revient sur les tueries perpétrées le 13 novembre à Paris et propose d’élucider ce qui est arrivé. Ce dont nous souffrons, c’est de l’absence à échelle mondiale d’une politique disjointe du capitalisme hégémonique. Tant qu’une proposition stratégique autre ne sera pas faite, le monde restera dans une désorientation essentielle. C’est un travail pour tous que d’essayer de faire que l’histoire de l’humanité change de direction et s’arrache au malheur opaque où en ce moment elle s’enfonce.

Le Rappel à l’ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires
un livre de Daniel LINDENBERG (nouvelle édition en 2016, éditions du Seuil))

Cette enquête sur les nouveaux réactionnaires, menée par Daniel Lindenberg, historien des idées et professeur de sciences-politique, révélait l’émergence d’une culture « néo-réactionnaire » dans le paysage français. C’était il y a quatorze ans. Aujourd’hui, la pertinence de cet essai prémonitoire valait bien une republication, agrémentée d’une postface inédite de l’auteur. Il raconte l’évolution – et l’extension - de ce tournant identitaire désormais revendiqué par des intellectuels de plus en plus nombreux et qui se réjouissent du « grand retournement » qu’ils ont provoqué dans le monde des idées.

Marine Le Pen prise aux mots : décryptage du nouveau discours frontiste
de Cécile Alduy et Stéphane Wahnich (Le Seuil, 2015)

À l’heure où Marine Le Pen s’impose sur la scène politico-médiatique et engrange des scores électoraux sans précédent, il est urgent de décrypter la logique de son discours et d’expliquer son efficacité rhétorique. Que dit-elle qui parle tant à tant d’électeurs ? Avec quels mots, quels mythes, quelles images parvient-elle à faire mouche là où la parole politique semble partout ailleurs discréditée ? Et dit-elle autre chose que son père ?
Pour la première fois, une analyse littéraire et statistique de près de cinq cents textes permet de mesurer très précisément l’originalité de cette nouvelle parole frontiste.

Le hareng de Bismarck ou le poison allemand
pamphlet de Jean-Luc Mélenchon (Plon, 2015)

Le « poison allemand » est celui que la politique du gouvernement Merkel diffuse dans l’économie de ses voisins. Un poison asphyxiant qui condamne ceux-ci à la misère, au chaos social et politique. Dans ce pamphlet, Jean-Luc Mélenchon appelle à assumer une confrontation franche des points de vue avec l’Allemagne actuelle pour stopper la marche au chaos en cours.

En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite un livre de Pierre-Yves Bulteau (l’Atelier, 2014)

Sur fond de crise économique et sociale persistante, l’extrême droite propage ses idées et désigne les boucs émissaires. Ce livre entend rétablir la vérité. Il analyse plus de 70 de ces idées reçues diffusées par l’extrême droite et les réfute une à une en s’appuyant sur des données solides. Au-delà des faits, il dévoile un discours de propagande selon lequel l’égalité des êtres humains ne serait pas une chance mais une menace.

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Comment peut-on être (vraiment) républicain ?
de Denis Sieffert (La Découverte, 2006)

La « République », un « signifiant flottant  » aux significations des plus progressistes aux plus réactionnaires ? Denis Sieffert s’interroge sur l’invocation de cette référence, notamment dans la « défense acharnée de la laïcité  ».

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Ca te passera avec l’âge
de Alain Krivine (Flammarion, 2006)

Tout au long de sa vie de militant, Alain Krivine s’est appliqué à faire mentir ceux qui avaient prédit que « ça passerait avec l’âge », comme si l’espoir n’était qu’une maladie de jeunesse... Mais comment traverser ce demi-siècle, des réseaux de soutien au FLN algérien, des barricades du Quartier latin, des révolutions à l’étranger aux combats de la LCR et aux manifestations altermondialistes, sans qu’au loin l’idéal d’un monde plus juste et libéré de toutes les oppressions n’indique le chemin à suivre ? C’est cette aventure collective qu’Alain Krivine a souhaité raconter afin d’en tirer des leçons pour aujourd’hui tant il est vrai qu’un révolutionnaire n’écrit pas ses mémoires, mais pense d’abord à l’avenir.

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Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary
de Guy Hocquenghem (réédition Agone, 2003)

S’adressant aux « ex-gauchistes, puis réalistes dogmatiques », Guy Hocquenghem achève son ouvrage par ces mots : « Tournons la page ; qu’elle soit votre linceul. Vérifie toi-même lecteur : la suivante, je te le jure, est blanche. »

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Manifeste du parti communiste
de Karl Marx et Friedrich Engels (1848. Réédition Flammarion, 1998)
« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !  ».
Publié pour la première fois en février 1848 à Londres, le Manifeste de Marx et Engels, à l’écriture si rigoureuse et tranchante, n’a rien perdu de sa vigueur critique ni de son intérêt philosophique.


Médias

Ma vie au poste. Huit ans d’enquête (immobile) sur la télé du quotidien
Un livre de Samuel Gontier (2016, éditions La Découverte)

Journaliste à Télérama, chroniqueur, Samuel Gontier a regardé tous les jours la télé. Il a tenu huit ans ! Verdict ? Coupables, forcément coupables ces programmes qui occupent la majorité du temps d’antenne est aux antipodes des valeurs de rigueur dans le traitement de l’information et de respect de la dignité de la personne humaine. A le lire ces chroniques édifiantes, la télé est simpliste, sexiste, raciste, démagogue, servile. Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Pour aboutir à un livre
Un livre d’Éric Hazan (2016, éditions La fabrique).

À lire le sous-titre de ce petit ouvrage - La fabrique d’une maison d’édition- tout est dit. Mais attention, ces pages ne sont ni un manuel technique, ni une dissertation sur les métiers du livre. Elles sont le récit d’une aventure semée d’embûches et de joies, de belles rencontres, de personnage essentiels (ou non). Une aventure commencée il y a vingt ans et guidée par le « souci collectif de subvertir à l’ordre établi ». C’est publié à La fabrique, évidemment.

Mohicans
un livre de Denis Robert (Julliard, 2015)

"C’est l’histoire de deux êtres rares : Cavanna et Choron. C’est l’histoire d’un premier journal, puis d’un deuxième, d’un troisième : tous créés par une bande de kamikazes, ivres de liberté et bourrés de talent. Ces journaux ont amusé, éclairé, ouvert les yeux et les esprits de deux ou trois générations de lecteurs, de citoyens, d’électeurs, de journalistes. Hara-Kiri mensuel, Hara-Kiri hebdo, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel et le dernier : Charlie Hebdo... 1960-1985 : vingt-cinq années d’insolence, d’humour, de spontanéité et de subversion. L’époque étant ce qu’elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, la sueur, l’alcool, la liberté sont devenus des marques. C’est l’histoire de la dilapidation d’un héritage. Une histoire tumultueuse, magnifique, triste et honteuse. À mes yeux, elle est exemplaire".

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La censure invisible
un livre de Pascal Durand (Actes Sud, 2006)

La censure nous semble une histoire classée, chacun peut s’exprimer, nous sommes en démocratie. Pas si sûr. Il y a d’autres formes de censure, d’autres ciseaux, pour tronquer, détourner, vider , alors même que ceux par qui passe cette censure en sont le plus souvent inconscients.

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Le temps de l’antipub
un livre de Sébastien Darsy (Actes Sud, 2005)

« Ce livre n’a pas fait l’objet d’une campagne publicitaire. Je m’en remets à l’appréciation de mes confrères journalistes qui, s’ils le jugent utile et pertinent, critiqueront en bien ou en mal cet essai. A vous de juger de la médiatisation dont bénéficie ce genre d’ouvrages...

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Les nouveaux chiens de garde
un essai de Serge Halimi (Edition actualisée et augmentée. Raisons d’agir, 2005)

Orfèvre et sniper à la fois, Halimi vise en pleine tête la connivence entre le petit monde intello-médiatique et le monde politique converti au néolibéralisme. Journalisme de révérence, information-marchandise, le critique américain Eric Alterman les appelle « les pom-pom girls du capitalisme ». Pour Serge Halimi « Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique ».


International

Le dernier tabou
Un livre de Pierre Daum (2015, éditions Solin Actes Sud).

Dans cette enquête longue de deux ans, Pierre Daum, journaliste et spécialiste du passé colonial de la France, révèle que « la majorité des harkis, bien qu’ayant traversé une période effroyable après guerre, n’ont pas été victimes de massacres et ont continué, non sans difficultés évidemment, leur vie en Algérie ». Fort de soixante témoignages d’anciens supplétifs de l’armée française mais aussi d’anciens appelés et engagés algériens restés dans leur pays après l’indépendance, ce livre permet de rétablir une vérité – non, tous les harkis n’ont pas été massacrés par les égorgeurs de l’ALN - et de faire entendre ces voix qui se sont tues pendant cinquante ans.

L’empire de la surveillance
un livre d’Ignacio Ramonet (2015, éditions Galilée)

Suivi de deux entretiens avec Julian Assange et Noam Chomsky

ENQUÊTE AU CŒUR DE LA SURVEILLANCE MONDIALE ! Les spectaculaires révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden ont permis au plus grand nombre de découvrir que la protection de notre vie privée est désormais menacée par la surveillance de masse à laquelle nous soumettent les merveilleux outils (smartphones, tablettes, ordinateurs) qui devaient élargir notre espace de liberté… Pourtant, on mesure encore mal à quel point, et de quelle façon, nous sommes espionnés. Et donc contrôlés.

La Palestine des ONG : entre résistance et collaboration
un livre de Julien Salingue (La Fabrique, 2015)

Le rôle des ONG palestiniennes est des plus ambigus. D’un côté, elles ont tenu une place notable dans le développement de la résistance populaire et elles continuent aujourd’hui à pallier les manques dans des domaines allant de la santé à l’agriculture, de la culture aux droits des femmes. Mais d’un autre côté les ONG palestiniennes contribuent, depuis l’entrée dans le « processus de paix » en 1993, à transformer en question humanitaire un problème politique. L’objectif n’est plus la libération collective mais l’amélioration des conditions d’existence de la population. Dans la Palestine des ONG, on apprend à vivre malgré la colonisation. Ce livre décrypte les mécanismes et les impasses de ce glissement. Il incite à recentrer la réflexion et l’action sur les droits du peuple palestinien et la lutte contre la colonisation.

Pensée et politique dans le monde arabe : contextes historiques et problématiques, XIX°-XXI° siècle
un livre de Georges Corm (La Découverte, 2015)

Cet ouvrage expose les multiples facettes de la pensée politique arabe depuis le XIXe siècle, inscrite dans la richesse d’une culture trop méconnue. Avec ce vaste panorama, vivant et érudit, Georges Corm atteste la vitalité de cette pensée et des grandes controverses qui l’ont traversée.
Inscrivant l’œuvre de ces penseurs dans le maelström des bouleversements géopolitiques et socioéconomiques ayant marqué le monde arabe depuis deux siècles, il explique comment les puissantes hégémonies externes, militaires, académiques et médiatiques ont contribué à marginaliser la pensée critique arabe. Cela a facilité l’installation hégémonique de la pensée islamiste, instrumentalisée par certains régimes arabes comme par leurs protecteurs occidentaux.

Atlas des migrants en Europe : géographie critique des politiques migratoires
un livre du réseau Migreurop (Armand Colin, 2012)

La nouvelle édition de l’Atlas des migrants en Europe propose une évaluation critique des politiques européennes d’asile et d’immigration établies depuis les années 1980.
Fruits d’un long travail de terrain auprès des migrants et des populations maintenues en centre de rétention, les cartes, textes, graphiques et photographies inédits ici rassemblés permettent de saisir et comprendre des réalités complexes et peu connues du grand public.

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Jours de destruction, jours de révolte
textes de Chris Hedges, récit et dessins de Joe Sacco (ed Futuropolis, 2012)

De la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota aux militants d’Occupy Wall Street, Joe Sacco et Chris Hedges ont parcouru les zones sinistrées des USA. Ils dressent un constat terrible des conséquences d’un capitalisme décomplexé sur les laissés pour compte du système, dans un pays dont le taux de pauvreté est le plus élevé des pays industrialisés.

Les mots et la terre - Les intellectuels en Israël
de Shlomo Sand (2006, Fayard)

Shlomo Sand s’interroge sur la contribution des intellectuels juifs et israéliens au processus d’élaboration de l’idée de nation juive qui a débuté bien avant que le mouvement sioniste ne s’organise et s’est prolongé bien après la création d’Israël.
Il étudie et met en cause un à un tous les mythes fondateurs de l’État d’Israël.

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Le grand retournement - Bagdad-Beyrouth
de Richard Labévière (Le Seuil, 2006)

« Faisant le récit des discrètes tractations franco-américaines, comportant des révélations sur la libération des journalistes français otages en Irak et sur la décapitation des services secrets français, cette enquête permet de comprendre la perte d’influence de la diplomatie française et ouvre des pistes pour résister ».

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Vers l’Orient compliqué
d’Antoine Sfeir (Grasset, 2006)

Un livre né d’un constat : « toutes les raisons stratégiques, géopolitiques ou même pétrolières » ne peuvent justifier le déploiement de l’armada américaine. Le projet de « Grand Moyen-Orient », né à Washington, serait-il donc pire qu’une démocratisation impossible (car imposée) ?

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Juifs et musulmans - Une histoire partagée, un dialogue à construire
de Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias (La Découverte, 2006)

« Inspiré par une démarche citoyenne, ce livre vient à point pour inviter à réfléchir ensemble sur ce qui nous unit autant que sur ce qui nous divise.  »

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Les emmurés - La société israélienne dans l’impasse
de Sylvain Cypel (La Découverte, 2006)

«  Ce livre, qui combine analyses, entretiens et témoignages personnels, étude du passé et lecture du présent, offre un portrait lucide et saisissant des Israéliens, dont on ne peut pas parler sans évoquer leur « autre »  : les Palestiniens. »

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Françalgérie, crimes et mensonges d’Etats
de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire (La Découverte, 2006)

La violence qui a ravagé l’Algérie à partir de 1992 nous a été présentée comme une guerre d’intégristes islamistes contre des militaires se battant pour sauver la démocratie. Quant à la France, elle se serait contentée d’une bienveillante « neutralité ». Comme le montrent, preuves à l’appui, les auteurs de ce livre, ce scénario est en fait une vaste construction médiatique...

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Nénèstes de Sibérie, les Hommes debout
Photographies de Franck Desplanques. Textes de Jean-Pierre Thibaudat et Franck Desplanques (Editions du Chêne, 2005)

« Après quinze années de voyages réguliers à l’écoute des éleveurs de rennes, des pêcheurs, des chasseurs et des habitants des villages les plus isolés [du grand nord de la Russie], le photographe Franck Desplanques nous livre images et témoignages, comme un hommage à ces hommes et à ces femmes qui, malgré la dureté de leur quotidien, les drames de leur vie, sont debout et fiers de vivre sur leur terre. »

Les veines ouvertes de l’Amérique latine
un livre d’Eduardo Galeano (1971. Réédition 2001, Poket)

Voici l’histoire implacable du pillage d’un continent.
Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d’un des espaces les plus prometteurs de l’univers.

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur au 01 85 08 37 37.

Les Rendez-vous des Repaires

  • Avec Dominique Prime, médecin généraliste, compétences en homéopathie et phytothérapie Ostéopathie, homéopathie, acupuncture, hypnose, naturopathie, shiatsu... Les médecines non conventionnelles sont multiples et ne sont pas toutes légalement encadrées. Beaucoup de critiques, de méfiance, de scepticisme (...)

    Saint-Lô

  • Rendez-vous le 28 mars pour le premier café-repaire de Caen ! Ce sera un café « vie privée » au Café Sauvage (36 rue Saint Manvieu, à Caen) : nous discuterons librement sur le thème de la protection de la vie privée à l’heure du numérique. Il s’agit de voir les bons comportements à avoir pour faire en (...)

    Caen
    36 rue Saint Manvieu

  • Pour cette édition du mois de mars autour du thème du gaz de schiste, nous accueillons le collectif « Stop Gaz de schiste 39 », qui milite : contre l’exploration et de l’exploitation de ressources d’hydrocarbure rocheuses (gaz et huile de schiste) pour le droit élémentaire de vivre dans un (...)

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